Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, depuis 1992. Spécialité : patrimoine industriel.
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Photographe à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, de 1981 à 2022.
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Chambre de Commerce et d'Industrie Rouen Métropole
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Vallée de la Basse-Seine
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Hydrographies
la Seine
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Commune
Le Grand-Quevilly
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Adresse
Bouldevard de Stalingrad
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Cadastre
1982 AB 21,27 à 29
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Dénominationsusine de construction navale
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AppellationsChantiers de Normandie
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Parties constituantes non étudiéesatelier de fabrication, quai, bureau, conciergerie, voie ferrée, château d'eau, cale, école professionnelle
En 1893 dans un contexte de relance de la construction navale en France (loi du 30 janvier 1893 prorogeant celle de 1881), l’armateur rouennais Prentout-Leblond et l’ingénieur Jean Laporte décident de lancer la construction en série de voiliers longs courriers à coque métallique, dont la production est délaissée par les autres chantiers.
L’étroitesse du capital réunit les contraint à faire preuve d’ingéniosité pour l’aménagement et le fonctionnement du site. Prenant modèle sur les chantiers anglais, ils réduisent au maximum les frais de fonctionnement et mettent en place une organisation la plus performante possible pour réduire les délais de fabrication.
Pour bénéficier des installations portuaires et ferroviaires existantes, le chantier est établi à Grand Quevilly en aval du port de Rouen sur une parcelle de 48 312 m2 achetée à M. Cossé-Brissac le 11 novembre 1893. Le site est assez vaste pour accueillir tous les ateliers et aires de stockages (parcs à bois et à tôles) nécessaires et dispose surtout d’une façade de 250 mètres le long de la Seine (et du chemin de halage maintenu en place) pour y établir les cales de lancement.
Immédiatement après l’acquisition du terrain, des travaux de remblaiements sont lancés avec l’aide des services des ponts et chaussées pour rendre le site insubmersible et les infrastructures opérationnelles. Les cales sont creusées en biais par rapport au lit du fleuve afin d’assurer le lancement de navires de 130 m de long. Les cales, qui coupent en tranchée le chemin de halage, sont équipées de passerelles mobiles en bois pouvant supporter le poids des voitures les plus lourdes, pour maintenir libre le passage entre chaque lancement de navires. Trois groupes de bâtiments sont construits en l’espace de quatre mois dans un souci constant de maîtrise des dépenses.
Un premier contingent de 160 ouvriers est débauché des grands chantiers navals de Saint-Nazaire, Nantes et Le Havre, avec pour mission d’assurer par la suite la formation, par la transmission de leurs savoir-faire, des nouvelles recrues embauchées localement.
Le 11 juillet 1894, le jour de l’inauguration officielle des Chantiers, le navire GENERAL-MELLINET est en construction. La présence de nombreuses personnalités politiques prouve l’intérêt local pour le développement de la construction navale. Les chantiers de Normandie sont victimes de leur succès en 1895 – 1896. La production est limitée au nombre de cales, et certaines nouvelles commandes ne peuvent être satisfaites immédiatement. A une époque où les armateurs investissent très rapidement pour bénéficier des primes, le moindre retard à la construction est très mal perçu et la réputation du chantier en pâti immédiatement. L’exemple du navire REINE-BLANCHE commandé par Raoul Guillon illustre la situation. Le marché est passé en juillet 1895, mais le navire n’est mis sur cale qu’en février 1896 ! Cette fois c’est le manque de matières premières ou de main d’œuvre qui semble être en cause puisque la cale 1 reste vide. La coque du REINE-BLANCHE est construite en trois mois pour tenter de rattraper le retard, là où généralement cinq mois sont nécessaires. L’effort n’a pu être fourni qu’en embauchant des équipes de rivetage supplémentaires. De 700 ouvriers en 1895, l’effectif des chantiers passe à 1 100 ouvriers en 1896. Les coûts de production soigneusement calculés par Jean Laporte s’envolent… Par ailleurs les chantiers se consacrent à de nombreuses activités annexes qui perturbent son effort principal à un moment où toute la vie du chantier doit se tourner vers la production des grosses unités. L’activité de réparation envahit le chantier : les barges et chalands sont hissés sur la berge par des pontons grues, étayés, et réparés sur les bords de la Seine. Les chantiers fabriquent par ailleurs de nombreuses pièces qui n’apparaissent plus dans les carnets de commandes : " caisse à eau " en 1895, 12 chalands démontables " pour l’expédition de Madagascar " également en 1895. La presse précise : " les chalands devront être construits et livrés en deux mois et demi, les chantiers vont donc travailler jour et nuit ".
En 1896 – 1897, Jean Laporte et les actionnaires des Chantiers de Normandie se trouvent confrontés à plusieurs problèmes. La concurrence s’est organisée pour profiter de la loi de 1893. Les armateurs des Pays-de-la-Loire font désormais confiance aux entreprises locales, qui ont réorienté leur production vers la construction en série de grands voiliers. Les chantiers havrais (principalement les Forges et Chantiers de la Méditerranée, FCM, à Graville) produisent également de remarquables voiliers vraquiers. Jean Laporte ne parviendra jamais à percer ce marché régional et à obtenir de nouveaux débouchés. La commande du navire SAINTE-MARIE pour le port de Dieppe reste sans lendemain et la société Prentout-Leblond et Boniface, pourtant actionnaire des Chantiers de Normandie, ne commande qu’un navire : le QUEVILLY.
En 1897 la baisse des coûts du fret ralentit la demande de construction neuve et pénalise immédiatement la construction navale. Jean Laporte est contraint de quitter les Chantiers et doit endosser toutes les responsabilités de l’échec. La société dépose le bilan le 23 décembre 1897.
Le contexte économique redevient favorable vers le début de l’année 1898. La perspective de pouvoir obtenir de manière certaine la construction de plusieurs voiliers, favorise la constitution d’une nouvelle société. Un nouveau conseil d’administration de sept personnes, issues de la sidérurgie et de l’armement naval, est aussitôt nommé avec à sa tête M. Doremieux. Henri Wilkinson, technicien, vérificateur pour le Lloyd’s Register au Havre, connaît bien les Chantiers de Normandie. Sa fille est la marraine du navire DUNKERQUE et lui-même vient de superviser la construction du QUEVILLY. En juin 1898, le conseil d’administration le nomme directeur technique de la Nouvelle Société Anonyme des Chantiers de Normandie. Les chantiers investissent dans l’achat de terrains jouxtant ceux déjà acquis en 1893. En janvier 1900, 14 288 m2 de terrain sont achetés pour l’agrandissement des bâtiments et du parc à tôles. De nouvelles voies de chemin de fer sont posées dans le chantier dont la capacité de production est augmentée. L’entreprise est remise en route avec seulement 300 ouvriers, mais ce chiffre augmente très rapidement car elle est désormais en mesure de construire des navires jusqu’à 8 000 Tx de jauge brute et 10 000 T de portée en lourd, aussi bien des vapeurs que des voiliers standardisés en fer, acier et composite. Cependant, la société doit toujours faire appel à des fournisseurs extérieurs pour équiper ses navires en machines et chaudières. Sous la direction d’Henri Wilkinson, les chantiers construisent onze voiliers dont cinq pour l’armateur Henri Prentout-Leblond. Ils fournissent également deux vapeurs de 5 200 T : le navire CHARLES THIEBERGIEN en 1900 et le navire LA LOIRE en 1901.
Cependant, dès la fin de l’année 1900, les difficultés financières se font de nouveau sentir. Mauvaise gestion de l’entreprise, investissements trop importants par rapport à la taille modeste du chantier, frais d’exploitation encore trop lourds sont les arguments avancés. Face à un avenir incertain, les actionnaires des Chantiers de Normandie réunis le 26 novembre 1900 en assemblée extraordinaire, votent de manière quasiment unanime la liquidation et la dissolution de l’entreprise. A cette fin, le conseil d’administration nomme un comité chargé de sa liquidation en privilégiant si possible la solution de la fusion avec un autre chantier. Le chantier Penhoët est un géant de la construction navale qui emploie près de 4500 ouvriers sur son site de Saint-Nazaire. Confronté à une augmentation de ses commandes, notamment celles de la Compagnie Générale Transatlantique et celles de la Marine Nationale, le chantier cherche un site pour y produire des unités moyennes. Le Chantier du Grand-Quevilly est à vendre. Le rachat aura lieu au début 1901 pour 550 000 F. La direction de la Société Anonyme des Chantiers et Ateliers de Saint-Nazaire Penhoët prévoit pour l’établissement quevillais de profondes transformations : rationalisation du travail, modernisation de l’outillage, agrandissement des bâtiments. D’importantes sommes d’argent sont investies pour renforcer le potentiel des ateliers et permettre la construction de navires de 175 m de long. Une nouvelle salle à tracer est construite en 1904 et agrandie en 1913. Le petit et le gros outillage comme les machines-outils sont augmentés et modernisés. La puissance des engins de levage tels que les grues de cale ou les ponts roulants des bâtiments est également augmentée.
Parallèlement, l’organisation du travail au sein des ateliers est transformée. Les matières premières suivant une marche raisonnée, doivent circuler d’une manière optimale du parc de stockage jusqu’aux cales de construction, en passant successivement par les différentes postes de travail installés à l’intérieur d’un atelier couvert d’une longueur totale de 500 m. En 1912, les premiers éléments de ce projet sont mis en place. Un parc à tôles est aménagé dans le prolongement de l’atelier mécanique. A la veille de la guerre, la capacité annuelle de production des chantiers atteint 45 000 T de jauge brute.
Après avoir fait construire huit voiliers aux chantiers de Normandie, Penhoët qui en élabore vingt-deux pendant la même période, cesse brutalement la production en 1902. Les Chantiers sont alors orientés vers des commandes destinées à la marine nationale (torpilleurs de 38 m en concurrence avec ceux produits par les chantiers Augustin Normand du Havre). Entre 1905 et la Première Guerre mondiale, beaucoup d’unités de service sont construites par l’entreprise quevillaise : chaloupes, canots, remorqueurs, pontons grues… La complémentarité des deux structures est évidente lors d’une commande de 1906 : alors que Penhoët produit le navire ERNEST-RENAN, un croiseur cuirassé de 13 000 T, Grand-Quevilly construit ses annexes de bord, deux canots à vapeur de 10 m. Quelques cargos de 100 m sont également lancés à cette époque, ainsi que de petits paquebots destinés à des gouvernements étrangers. La production et la modification en série de chalands démarre également à partir de 1909.
Pour faire face au manque de matières premières en provenance de l’Est et pour répondre à la demande de l’Etat, l’usine fabrique des obus dès 1914. La main d’œuvre nécessaire à cette tâche, faiblement qualifiée et sous payée, est recrutée comme chez Schneider au Havre parmi des travailleurs étrangers ou des femmes, appelées " obusettes ". La reconversion est simple et permet de pallier l’absence d’une main d’œuvre spécialisée partie sur le front. L’autre particularité de l’époque est le développement massif du secteur de réparations. Prévue dès l’origine dans les statuts de la société, la réparation n’a jamais été marginale. Elle prend vers 1916 – 1917 une ampleur imprévue. Rouen devient le premier port mondial et une base avancée britannique à cette époque. Le trafic est intense et la guerre sous-marine et les mines utilisées par les Allemands pour forcer le blocus qui leur est imposé par les alliés fait de gros dégâts aux navires de toutes nationalités. Le port de Rouen, bien à l’abri du conflit, est le lieu idéal pour faire réparer des unités sans risquer un bombardement fatal… Les chantiers louent les structures du port de Rouen (pontons grues, docks, slip…) pour faire face à la demande.
Vers 1917, les commandes peuvent être de nouveau honorées, mais très sporadiquement, grâce à la réquisition de matériaux en provenance des arsenaux nationaux. Les remorqueurs de mer MAMOUTH et MASTODONDE sont construits pour la Marine Nationale. Les chantiers de Normandie sont totalement désorganisés à l’armistice de 1918. Les commandes passées au début de 1918 par le gouvernement pour remplacer la flotte de commerce française (les cargos MARIN, MECANICIEN, MINEUR, MARINIER) ne sont honorées que vers la fin de l’année 1919. Le cargo KENTUCKY commandé en 1916 ne sort qu’en 1921 ! Les chantiers perdent la commande de trois avisos pour la Marine Nationale et se rabattent sur la construction de pontons grues… La construction de trois cargos (LA MARSEILLAISE, C.I.P., MOTRIX) permet de passer un cap difficile au début des années vingt.
La crise en personnel qualifié est plus longue à résoudre et la crise mondiale de surproduction, qui touche les américains et les britanniques, n’épargne pas la construction navale dans son ensemble et les chantiers de Normandie en particulier vers 1921 – 1922. Les cours s’effondrent, les industries tentent une reconversion d’urgence. Pour relancer son économie, l’entreprise doit s’orienter vers de nouveaux secteurs de construction qu’elle obtient notamment auprès de l’État. De 1922 à 1923, les Chantiers de Normandie produisent ainsi des cabines téléphoniques pour le compte des P.T.T. L’aménagement intérieur de wagons postaux fait travailler les secteurs menuiserie et tuyauterie de 1922 à 1924. Profitant du développement local d’entreprises, les chantiers navals produisent des réservoirs pour l’industrie pétrolière qui connaît une formidable expansion après la guerre. Des autoclaves sont réalisés pour l’industrie papetière, des silos pour les terminaux céréaliers. Après l’acquisition de licences auprès des entreprises TITAN et GUSTO, les chantiers deviennent même spécialistes d’engins de levage, d’engins flottant de travaux publics (grues, pontons grues, barges…).
Le conflit mondial va, paradoxalement, bénéficier au tissu économique de l’agglomération rouennaise. La situation géographique de l’agglomération (fleuve, port maritime, proximité de Paris), son maillage de voies ferrées, et l’éloignement des zones de conflit font que bon nombre d’industries du Nord ou de l’Est se replient sur la région de Rouen. Pour faire face à la pénurie de main d’œuvre qualifiée au lendemain de la guerre est créée en 1920, une école d’apprentissage qui fonctionnera jusqu’en 1965. L’école a pour vocation de former des professionnels de la construction navale dans tous les corps de métier. Cette main d’œuvre spécifique est considérée comme hautement qualifiée et jouit d’un prestige reconnu dans toute la région. En permettant aux classes les plus modestes d’atteindre le Certificat d’Aptitude Professionnelle (C.A.P.) elle participe pleinement à la légende naissante de l’ascension sociale gagnée au sein de l’entreprise par le travail salarié.
En 1932, un violent incendie embrase le secteur bois. Isolée au Gord depuis 1918, cette zone sensible est entièrement détruite en quelques heures. L’expérience des années précédentes a été utile : aucun autre bâtiment n’est touché. La reconstruction totale de la scierie, de la menuiserie et du parc à grumes bloque la production pendant plusieurs semaines. L’ameublement des chalands est sous-traité durant cette période.
Le 4 juin 1936, le travail cesse sur le chantier : les revendications des ouvriers portent sur l’augmentation de 50 c par heure de travail et sur la suppression des retenues qui reposent sur un calcul de pièces à fournir quotidiennement et obligent l’ouvrier à faire des heures supplémentaires non payée en cas de retard. Très tôt, la municipalité socialiste de Grand-Quevilly soutient les grévistes. Son maire Tony Larue met en place un système de quête qui permet le ravitaillement des ouvriers grévistes (450 grévistes sur 700 ouvriers). Le 12 juin, le travail reprend : les ouvriers ont obtenu la semaine de quarante heures, des congés payés et un contrat collectif.
La production est alors réorientée vers la fabrication d’unités fluviales. La cale n° 5 est dédoublée dans les années trente afin de permettre la production en série de chalands. L’atelier de tuyauterie qui longe la Seine est reconstruit sur place et prolongé. La direction s’installe dans un bâtiment extrêmement moderne en 1938-39. Des sous-stations électriques sont construites pour renforcer la puissance énergétique de l’usine. Tous les appareils de levage sont remplacés et modernisés. La rénovation des grands ateliers, entamée dès 1918, se poursuit. L’antique atelier de Jean Laporte cède la place à une ligne de bâtiments modernes constitués de charpentes en acier, de murs en brique et de toits en sheds. L’atelier de tôlerie rejoint celui des forges et tous deux ne forment plus qu’une ligne de production cohérente. Malgré cela, à la fin des années Trente, le chantier constitue, en matière de confort et de sécurité pour l’ouvrier, un ensemble particulièrement vétuste et dépassé. L’activité de réparation navale permet aux Chantiers de Normandie de passer au travers des périodes les plus sombres de son existence, notamment lors des chutes de commandes. L’entreprise loue les quatre docks du port de Rouen, gigantesques plateformes flottantes permettant d’accueillir un navire entier. Ces derniers proviennent de dommages de guerre réclamés aux allemands, après la Première Guerre mondiale. Soucieux de pouvoir répondre à des demandes en provenance de gros navires, les Chantiers doublent la capacité de l’un d’entre eux en 1932, le faisant passer de 8 000 à 14 000 T, obtenant ainsi un radier de 181 m de long. Mais le travail aux docks est à la fois pénible et périlleux. Pris dans des couloirs ventés, les ouvriers travaillaient jours et nuits en extérieur pour pouvoir tenir les délais négociés entre la direction et l’armateur. Le secteur réparations étant extrêmement compétitif, la direction ne manquait jamais une occasion pour communiquer sur les prodiges réalisés par ses ouvriers dans des délais contraints.
La crise de surproduction qui a démarrée en octobre 1929 aux Etats-Unis frappe le vieux continent en 1931. Les Chantiers de Normandie n’échappent pas à la chute brutale des commandes. Seul le cargo ARDECHE est commandé dans l’année. Les effectifs passent de 1296 en 1929 à 724 en mars 1933. La direction décide d’abandonner la construction des navires de mer pour privilégier deux activités : le développement de la réparation navale en augmentant la capacité des docks flottants de 7 à 14 000 T et la production en série de chalands et péniches. 50 chalands de 38,50 m rigoureusement identiques sont produits en deux ans. Les chantiers se diversifient et fabriquent des wagons, des bouées, des cabines de téléphone. Au fil des années, les activités non navales deviennent une activité à part entière. La période précédant la Seconde Guerre mondiale est marquée par la transformation rapide de la flotte de pêche en patrouilleurs pour la Marine Nationale. Les chantiers se voient livrer de vieux canons de marine qu’ils installent sur des plates-formes adaptées en toute hâte sur des chalutiers.
Le 9 juin 1940 les troupes allemandes entrent à Rouen. L’ordre d’évacuer le chantier est donné le 6 juin. En se repliant, l’armée française crève les réservoirs de pétrole du port de Rouen. Un immense incendie se déclenche et menace pendant plusieurs heures l’usine désertée. Les dégâts sont considérables : les cales sont détruites, les grues Titan les plus proches de la Seine se sont effondrées, les magasins généraux, ultimes survivants de l’ère Laporte, sont entièrement détruits. Sur l’eau le spectacle est consternant : le chalutier ISLANDE et le cargo LYON, en voie d’achèvement, sont entièrement détruits par le feu. Quand les ouvriers reviennent sur les lieux, l’usine est aux mains de l’occupant. Les allemands développent un programme de construction de pétroliers de moyen tonnage, élaboré sur le plan du navire LEON-MARTIN. Sur un programme de six navires, ils parviennent à construire entre 1941 et 1944, 4 pétroliers répondant au nom de code : S10, T10, U10 et V10. Par ailleurs, l’occupant exige l’achèvement des navires en cours : le LYON, l’ISLANDE, le NANTES, le NIOBE et le DAPHNE. L'occupant détruit une partie importante des installations lors de son départ en août 1944.
Afin de retrouver le niveau d’avant-guerre, deux plans se succèdent dans le temps. Le premier prend fin en 1953, l’État étant à l’origine des principales commandes de navires, il devient de ce fait le premier moteur du secteur à cette période. Le second plan, au contraire, répond aux demandes de navires émanant des armateurs français et étrangers. A cet effet, des mesures de crédit et de subvention sont lancées par les pouvoirs publics afin de soutenir le développement industriel de la France. Le premier plan de modernisation et d’équipement sous l’égide de Jean Monnet (1888-1979) se réalise entre 1945 et 1952. Ces aides au développement industriel permettent une augmentation conséquente de la production nationale dans le secteur de la construction navale : la production est multipliée par trois entre 1948 et 1960. Ce mouvement entraîne une hausse du nombre de salariés travaillant dans cette branche. A la fin des années 1950, la construction navale française compte près de 39 000 salariés. Ainsi dès 1957, la flotte française est réorganisée, l’objectif de l’État est donc atteint. Il faut cinq années d’effort pour qu’en 1950, les Chantiers de Normandie retrouvent leur capacité d’avant-guerre. Cette année-là, la direction fête le cinquantième anniversaire de son rachat par Penhoët. Elle peut dresser un bilan très positif de son action. Les appontements sont reconstruits en béton armé, les cinq cales de lancement entièrement rénovées sont désormais desservies par six grues Titan dont trois de 20 T. Elles sont reliées à un réseau ferré de trois km et disposent d’une distribution d’énergie électrique, d’air comprimé et d’eau.
En 1948, un groupe de nouveaux bâtiments sort de terre, le long du boulevard qui borde l’usine à l’Est. Il comprend l’infirmerie, la nouvelle école d’apprentissage et un garage pour les véhicules d’entreprise. Les magasins généraux, ruinés lors de l’incendie de juin 1940, sont reconstruits en dur. Un nouvel atelier, destiné à la production d’éléments préfabriqués de coque est mis en service en 1951 et l’atelier tuyauterie est augmenté à l’endroit de l’ancienne école d’apprentissage en 1953. L’année précédente, l’usine s’est dotée d’une nouvelle entrée, très moderne et d’un poste de garde dont les formes évoquent irrésistiblement l’architecture navale, l’horloge formant symboliquement la “ cheminée ” d’un navire. De nombreux petits ateliers annexes sont construits ou rénovés (peinture, électricité, fours thermiques…). Les commandes d’État pour recréer la flotte nationale détruite provoquent une suractivité des chantiers navals français. Les Chantiers de Normandie connaissent alors leur âge d’or avec les commandes des chalutiers, des cargos “ d’Orbigny ”, des bananiers, mais aussi des commandes pour la Marine Nationale et les Services Publics. Les Chantiers occupent près de 2 000 ouvriers sur site. Les lancements s’enchaînent sur un rythme presque mensuel. Jusqu’au milieu des années 1950, le secteur réparation bénéficie d’un essor formidable et notamment la tôlerie et les moteurs. La direction fait apposer une enseigne qui proclame crânement au faîte d’un atelier “Ship and Engine Repairs”. Le traçage, opération qui consiste à reporter sur les tôles le plan de découpe et d’assemblage, connaît une révolution technologique. Jusqu’au début des années 1950, le traceur utilisait une grande règle en bois et reportait sur les tôles la forme des pièces à découper. Ce métier, particulièrement respecté, nécessitait une excellente formation de base. Le traçage optique, en utilisant une projection lumineuse réduit le délai de fabrication et les risques d’erreur. Le bureau des études se dote d’une salle de dessinateurs optiques et d’une cabine de projection en 1951. Les dessinateurs réalisent des plans destinés à être projetés en négatif dans la salle de découpe. Il ne reste plus au traceur qu’à suivre les marques lumineuses projetées sur les tôles. La soudure électrique expérimentée en construction navale avant la Seconde Guerre mondiale se développe considérablement dans ce secteur grâce à l’expérience des liberty-ship américains. Certaines opérations jusque-là réservées au rivetage sont désormais entièrement réalisées par le système de soudure à l’arc. En 1950 l’équipement de matériel électrique comprend deux groupes de convertisseurs fixes de 2 400 ampères, cinq groupes transportables de 1 500 ampères et 70 postes individuels. Pour la réparation, il existe huit groupes électrogènes et cinq compresseurs mobiles. Cet équipement permet notamment de reconstruire intégralement les réservoirs que les chantiers avaient fourni aux industries rouennaises avant le conflit. Fin 1948, les Chantiers comptent 80 soudeurs à l’arc pour seulement 28 riveurs. Le pistolet à goujons, utilisé dès 1948 permet d’installer de manière extrêmement rapide et efficace les tiges filetées qui maintiennent les planchers de bois sur le pont en acier du navire. Il constitue un excellent exemple de l’adaptation de la soudure électrique au monde de la construction navale. La préfabrication permet de rationaliser la chaîne de production et d’accélérer le montage des éléments.
En 1955, la société des Chantiers et Ateliers de Saint-Nazaire qui regroupe Penhoët, Grand-Quevilly, le Havre et Dieppe absorbe une partie des Chantiers de la Loire établis à Saint-Nazaire. Cette nouvelle société devient les Chantiers de l’Atlantique. Une division nouvelle est créée au sein de ce groupe sous le nom de Chantiers Réunis de Loire Normandie qui comprend les ateliers de Grand-Quevilly, de Dieppe et du Havre.
Entre 1957 et 1959, les Chantiers Réunis de Loire Normandie récupèrent les personnels des Etablissements Lemoitié et Plachois et reprennent les ateliers mécaniques Worms et Cie du Havre, augmentant ainsi la capacité du secteur réparation. Les chantiers perdent successivement les commandes de quatre minéraliers et d’un cargo, alors que, dans la même année, ils lancent l’AMPHIOPE, un navire de plus 180 m de long, le plus grand jamais construit aux Chantiers de Normandie.
En 1962, les Chantiers Réunis de Loire-Normandie décident en application des prescriptions de l’Etat (Livre blanc de la construction navale), de concentrer l’activité à Nantes et de développer en Normandie les activités de conversion. Officiellement, après la commande des cargos ZARZIS et DOUGGA, les Chantiers de Normandie doivent abandonner la production de navires sous peine de voir cesser l’attribution de subventions. Ainsi les constructions en polyester, testées dès 1960, sont développées sur le site de Grand-Quevilly. En 1967, cinq sections placées dans l’atelier de menuiserie sont ainsi créées : marine, aéronautique et électronique, industrie, bâtiment, loisirs. Les secteurs aciers sont reconvertis dans la fabrication de wagons, épandeurs agricoles, appareils de levage…
L’année 1963 marque la fusion entre les Chantiers Réunis de Loire-Normandie et les chantiers Dubigeon. La nouvelle société prend le nom de Dubigeon-Normandie. Elle comprend le secteur construction à Nantes, un secteur réparation à Brest et les trois établissements de Haute-Normandie (Quevilly, Dieppe, Le Havre) pour la réparation et la conversion.
En 1965, face aux difficultés rencontrées en matière de gestion, les établissements havrais et dieppois sont placés sous l’autorité du seul directeur des Chantiers de Normandie, M. Etchegaray. L’expérience des Chantiers de Normandie en matière de construction de grandes structures en acier permet la réalisation d’une gigantesque plate-forme de forage de 50 m de côté. En 1963, les chantiers Dubigeon-Normandie enlèvent le marché de la construction de la 23e plate-forme de forage construite sous licence Le Tourneau U.S.A. L’énorme chantier mobilise toute l’entreprise pendant plusieurs mois, jusqu’au lancement qui constitue un morceau de bravoure. La plate-forme est “lancée ” par glissades successives sur un immense tas de sable artificiel, sans cesse reconstitué devant elle par les bulldozers. Elle est entière, avec ses trois jambes télescopiques destinées à reposer sur les fonds marins, mais NEPTUNE 1 reste inachevée. En effet, pour pouvoir passer sous le pont de Tancarville, les jambes n'ont pu être élevées à plus de 50 m, alors que la longueur définitive doit être de 74 m ! Les 3 000 T et les 55 m de côté de la plate-forme sont remorqués en Seine en juin 1965. NEPTUNE 1 est achevée au Havre et prend son service pour une première mission inattendue : une étude pour un tunnel sous la Manche. La plate-forme prend ensuite son service sur la côte est de l’Angleterre.
En 1968-1969, les Chantiers de Normandie qui désirent conforter leur image dans la réparation navale absorbent les établissements de Varnier situés sur l’île Lacroix à Rouen, puis sur l’Union Maritime, un an plus tard. Les établissements du Havre absorbent quant à eux la société Joly Hergget et Leroy. Les Chantiers de Normandie construisent des portes-écluses à la chaîne, semblant ne jamais pouvoir reprendre la construction navale.
En 1970-1972, le site de Grand-Quevilly, contournant les prescriptions nationales, reprend timidement la production de navires dits “ techniques ” : les bacs de Duclair et de Quillebeuf, les dragues PUEBLA et ROBERT PEYRONNET voient le jour sur le slip qui sert désormais d’unique cale. Les bateaux ne sont plus lancés, mais mis à l’eau… Les commandes sont principalement à destination de l’étranger, tant pour les navires techniques civils (dragues, barges, transport de véhicules), que militaires (batrals). Un magnifique navire de flexoforage et trois beaux remorqueurs sont construits entre 1972 et 1984, période où l’espoir de reprise renaît.
En 1978, les Chantiers de Normandie sont intégrés à une nouvelle société : les Ateliers Français de l’Ouest, A.F.O. qui regroupe les A.F.O. Saint-Nazaire-Donges, les A.F.O. de Brest, les Chantiers Ziegler frères de Dunkerque et les Chantiers de Normandie avec leurs trois établissements. M. J. Etchegaray devient le PDG et président du Conseil d’administration de la Direction Générale d’A.F.O. Avec l’arrivée au gouvernement de Jacques Chirac en mars 1986 et d’Alain Madelin au ministère de l’industrie, les aides à la construction navale sont stoppées. En juillet 1984, Laurent Fabius, premier-adjoint du maire de Grand-Quevilly, Tony Larue, est nommé premier ministre. Une enveloppe de 35 MF est offerte aux Chantiers de Normandie dans le cadre de l’aide à la construction navale. Les deux commandes obtenues via le gouvernement sont alors surnommés “ bateaux Fabius ”. Mais l’espoir retombe peu à peu. Le navire hydrographique prévu en 1985 ne sera jamais construit, faute de financements. Les Chantiers de Normandie n’ont plus une seule commande en vue.
En 1985, la société Manche S.A. (PDG Guy Roux) reprend le secteur construction navale des Chantiers de Normandie. La société A.R.N.O. (Ateliers de Réparations du Nord-Ouest) se porte acquéreur du secteur réparation.
En 1986, la société Manche S.A dépose le bilan. Quelques mois plus tard, l’usine se trouve coupée en deux : A.R.N.O. continue son activité. Tout le reste de l’usine est vidé : tout le matériel est vendu aux enchères et les grues sont ferraillées.
Les Chantiers de Normandie cessent définitivement leur activité le 17 septembre 1986. En 1995-1997, les bâtiments qui appartenaient à Manche S.A sont rasés, celui de la direction tombe en dernier. En 1999-2000, A.R.N.O. déplace son activité en amont vers Rouen. Les tous derniers bâtiments sont rasés en 2000.
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Période(s)
- Principale : 4e quart 19e siècle , daté par travaux historiques , (détruit)
- Principale : 1er quart 20e siècle , daté par travaux historiques , (détruit)
- Principale : 2e quart 20e siècle , daté par travaux historiques , (détruit)
- Principale : milieu 20e siècle , daté par travaux historiques , (détruit)
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Dates
- 1893, daté par travaux historiques
- 1987, daté par travaux historiques
- 1904, daté par travaux historiques
- 1912, daté par travaux historiques
- 1918, daté par travaux historiques
- 1919, daté par travaux historiques
- 1921, daté par travaux historiques
- 1931, daté par travaux historiques
- 1932, daté par travaux historiques
- 1933, daté par travaux historiques
- 1939, daté par travaux historiques
- 1946, daté par travaux historiques
- 1947, daté par travaux historiques
- 1948, daté par travaux historiques
- 1949, daté par travaux historiques
- 1950, daté par travaux historiques
- 1951, daté par travaux historiques
- 1952, daté par travaux historiques
- 1953, daté par travaux historiques
- 1954, daté par travaux historiques
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Auteur(s)
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Personnalité :
Laporte Jeanpersonnage célèbre attribution par sourceLaporte JeanCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Ingénieur naval français. Né en Gironde en 1859 dans une famille de menuisier, Jean Laporte entre à l’école des Arts et métiers d’Anger en 1874 pour y obtenir son diplôme d’ingénieur trois ans plus tard. Il poursuit son cursus en intégrant l’école centrale des Arts et Manufactures de Paris et devient ingénieur en construction navale en 1880. Il entre alors dans l’importante structure de construction navale Claparède située à Saint-Denis. Le jeune ingénieur se voit envoyé à Petit-Quevilly, car l’entreprise parisienne cherche à s’étendre en la Seine-Inférieure en 1881. Elle échoue cependant en 1886. Par ailleurs, le port de Rouen s’aggrandit considérablement à cette époque et absorbe le site choisi en fermant le débouché de Petit-Quevilly vers la Seine. Jean Laporte retourne à ses bureaux d’étude, cette fois pour le compte des Chantiers de la Loire, à Saint-Denis et Paris. Détourné un moment de la construction navale, l’ingénieur peut donner la pleine mesure de son talent en 1891, en rejoignant le site nantais de cette entreprise. Deux ans plus tard, poussé par Henri Prentout-Leblond et Gaston Boulet, il décide de tenter sa chance en revenant, sur les lieux de sa première expérience. Quatre années d’efforts se soldent cependant par la faillite, fin 1897, de la société qu’il a montée à Grand-Quevilly. L’ingénieur retourne vers sa terre natale et tente un nouveau départ à Port-de-Bouc, Bouches-du-Rhône, avec la création des Chantiers de Provence. Après le succès de cette ultime entreprise, il annonce son retrait des affaires en 1925 et revient sans rancune prendre sa retraite en Normandie dont est originaire son épouse. Il devient maire de la commune de Duclair, où il meurt en 1933. Jean Laporte aura travaillé à l’élaboration de près de 170 navires au cours de sa carrière.
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Personnalité :
La Genèse
Les cales sont creusées en biais par rapport à la berge afin d’allonger la course des navires dans le fleuve et d’éviter l’île Sainte-Barbe située juste en face des chantiers. Passant en tranchée dans le chemin de halage, elles doivent être équipées de passerelles mobiles en bois pouvant supporter le poids des voitures les plus lourdes, pour maintenir libre le passage entre chaque lancement de navires. Pendant ce temps les premiers bâtiments nécessaires à la production des navires sortent de terre.
En 1894, trois groupes de bâtiments sont construits en l’espace de quatre mois, dans un souci constant de maîtrise des dépenses. Les maçonneries sont réalisées par l’entrepreneur Ernest Baron.
Bâtiment 1 : Atelier de 178 m. de longueur sur 26 m. de largeur, construit en pin du Nord, couvert de tuiles et libre de tout poteau intérieur. Il abrite les forges, fours, la salle des machines (rouleau, cisailles, perceuses, découpeuses, riveuses à air comprimé), une machine à vapeur en fournit l’énergie.
Bâtiment 2 : 72 m sur 12 m. construit en charpente et galandage sur socle maçonné et couvert de pannes. Bureaux administratifs, magasins d’outillage, salle de dessin. A l’étage : salle de traçage des coques et gabarits
Bâtiment 3 : charpente couvert de pannes. scierie et atelier de menuiserie
Bâtiment 4 : construit en briques et couvert de pannes. huiles et peinture
Bâtiment 5 : construit en charpente galandée et couverture de tuiles. apparaux de la mâture
Bâtiment 6 : maison en brique du gardien et entrée
Le périmètre des chantiers est clôturé par une palissade en bois goudronné de 2,33 m de hauteur afin d’éviter les actes de malveillance dans cette partie un peu isolée de Grand Quevilly. Les ateliers sont dotés de 1 500 m de rails pour wagonnets Decauville de manière à faciliter le déplacement des lourdes pièces. Les Chantiers de Normandie sont en outre reliés aux voies ferrées de la compagnie de l’Ouest qui dessert les quais de la rive gauche ce qui permet d’acheminer directement à l’intérieur de l’établissement les matières premières nécessaires à la construction des navires.
Le long de la berge deux appontements d’armement de 16 m sur 12 m sont aménagés pour permettre l’accostage les navires après leur lancement et recevoir leurs derniers équipements. Mais ces deux installations sont également destinées à l’accueil des navires en réparation et le débarquement des matières premières acheminées par bateau.
Un cas particulier : la charpente de l’atelier
L’étude des charpentes est confiée à Edouard Duveau, ingénieur civil à Rouen et leur édification échoit à l’entreprise d’Ernest Villette.
C’est par la singularité de sa charpente que se distingue le principal bâtiment des chantiers. Le cahier des charges est très rigoureux pour ce bâtiment aux dimensions exceptionnelles :
L’architecture et la construction dans l’ouest, n° 1, janvier 1907
“ Il s’agissait en l’espèce de construire un bâtiment à bon marché, d’une grande largeur, sans poteaux intérieurs qui auraient pu gêner l’installation des machines et assez léger pour pouvoir être supporté par le sol qui est très mauvais. Dans ces conditions, une construction en bois était tout indiquée. C’est donc avec du bois de sapin du Nord dans les échantillons de sciage qu’on se procure facilement à Rouen et quelques pièces en chêne du pays que ce hangar fut construit (…) Lors du levage de cette charpente, certaines personnes du métier, habituées aux forts échantillons généralement employés dans les charpentes, voyant ces fermes à l’aspect grêle et composées de bois d’échantillons si faibles, s’attendaient à les voir fléchir ou même à se briser sous la charge de la couverture en tuiles et la poussée du vent ; et cependant, elles ont parfaitement bien résisté à tous les ouragans qui ont sévi depuis douze ans et à la charge de neige qui a couvert le toit, sans avoir souffert ni s’être déformé…”.
Lettre manuscrite d’Ernest Vilette, maître charpentier, né à Canteleu le 23 juin 1850.
“ je dois mentionner un remarquable travail de charpente dû à M. Edouard Duveau, dont la complaisance ne m’a jamais fait défaut chaque fois que j’y ai fait appel. Je veux parler de la magnifique charpente des Ateliers des Chantiers de Normandie, dont M. Gaston Boulet était président du conseil d’administration et M. Laporte directeur technique. La charpente en bois d’une disposition spéciale, composée principalement de pièces moisées, avait 26 mètres du sol au faîtage. Elle était construite en madrier de sapin du Nord de 8 x 23 et 105 x 23 et formait un immense hall de 120 m de longueur. Une partie de ce hall fut incendié vers 1912 et ne fut pas reconstruite de la même façon. Le surplus fut démoli pendant la guerre, puis remonté sur un terrain voisin appartenant à la société des Chantiers. Ce travail unique en son genre dans la région était absolument remarquable ”.
Outillage et équipements
Pour la pose des mâts des bateaux en construction, les chantiers disposent de la mâture de 26 m de hauteur provenant du bassin du commerce du Havre (place Louis XVI). D’une puissance de levage de 40 T, cette grue, construite en 1842 par François Mazeline, demeure l’engin le plus puissant du port de Rouen, aussi est-elle utilisée par le commerce pour le déchargement des lourds colis.
L’outillage des Chantiers de Normandie a été réuni de manière à satisfaire dans les meilleures conditions de prix, de qualité et de temps les commandes. La plupart des machines outils installées dans l’atelier ont été fourni par l’entreprise Godinot de Rouen. Celles-ci se composent de 12 poinçonneuses et cisailles, un gros rouleau de 55 T pour le laminage des plaques de tôles, un rouleau spécial pour le formage des mâts, des riveuses à air comprimé avec des prises d’air tous les dix mètres à l’intérieur de l’atelier, des raboteuses, des tours, des meules, des scies à métaux capables de couper des poutres d’acier de 20 cm d’épaisseur. 6 forges et 2 fours à réchauffer au bain de sable pour ramollir certaines pièces métalliques et faciliter leur travail sont également installés.
L’énergie nécessaire au fonctionnement de ces machines est fournie par un puissant moteur à vapeur installé à l’extrémité de l’atelier.
Pour sa part, le bâtiment servant de scierie et de menuiserie abrite plusieurs raboteuses, scies à rubans et autres machines de débitage nécessaires à la confection des bardages du pont et des emménagements des navires. L’énergie nécessaire à leur fonctionnement est produite par une seconde machine à vapeur d’une puissance de 40Cv.
Dès l’origine le chantier est largement éclairé pour pouvoir travailler avec des équipes de nuit : 30 lampes à arc et 100 lampes à incandescence fournissent la lumière nécessaire.
1922 : Vers des chantiers compétitifs et modernes
Si les Chantiers tournent à plein régime d’une crise à l’autre (1921 – 1931), c’est que de profondes mutations structurelles insufflées par Penhoët sont intervenues à temps.
1917 : total surface : 79 000 m², 12 000 m² d’ateliers, 8 000 m² de bâtiments. Le pourtour total des chantiers s’étend sur 1,7 kms.
Les Bâtiments
Le hangar à profilés dont la construction a débuté en 1912 est achevé. Désormais, deux groupes de bâtiments complémentaires se font face : l’ancien grand atelier érigé en 1894 par Jean Laporte et les nouveaux bâtiments construits par Penhoët sur les terrains nouvellement rachetés (parc à tôles, hangar à tôles, hangar à profilés). En 1918, le grand atelier de Jean Laporte, déjà endommagé par un incendie en 1912 est reconstruit en commençant par sa partie sud (chaudronnerie). Un immense bâtiment érigé dans le style des nouveaux locaux désirés par Penhoët, poutrelles métalliques, briques et toit en sheds, absorbe inexorablement l’ancienne construction, fidèle à la loi industrielle et portuaire qui veut que tout secteur en extension se développe avant tout sur lui-même, ne laissant guère de place au passé. Le nombre initial de dix sheds est plus que doublé en 1925. Le grand atelier qui abrite les secteurs couverts de la tôlerie et de la chaudronnerie n’est plus qu’à quelques mètres des hangars à tôles et parc à profilés. La direction de Penhoët souhaite établir le lien afin de poursuivre la rationalisation de la chaîne de production entamée dès le rachat des chantiers normands. C’est chose faite vers 1925.
Débordant enfin de l’enceinte “ naturelle ” créée par le boulevard, les Chantiers déblayent la cour intérieure et installent leur secteur menuiserie – scierie dans un triangle situé au delà du quai des colonies et appelé “ le Gord ”. L’incendie de 1912 n’est sûrement pas étranger à cette décision.
L’outillage dans les ateliers et le long des cales a été considérablement modernisé. Fort de leur expérience dans le domaine des engins de levage, les Chantiers sont équipés de grues électriques allant de 2,5 à 4 tonnes, d’une portée de 17 m 500 à 26 m. quatre d’entre elles sont sur les cales, une autre évolue sur l’appontement en bois construit au côté de l’appontement dit “ aval ” qui soutient toujours la puissante mâture venue du Havre en 1894. Des ponts roulants de 5 tonnes desservent sur toute leur longueur chacun des nouveaux ateliers. Electricité, force hydraulique et pneumatique animent le chantier et ses instruments. Les moteurs, l’atelier électrique, les compresseurs, l’accumulateur et les transformateurs ont remplacé l’antique moteur à vapeur situé au bout de l’atelier, une nouvelle ère débute.
La production est réorientée vers la fabrication d’unités fluviales, la cale n° 5 est dédoublée dans les années 30, afin de permettre la production en série de chalands. Le bâtiment tuyauterie qui longe la Seine est reconstruit sur place. La Direction se dote d’un bâtiment extrêmement moderne en 1938-39. Des sous-stations électriques renforcent le potentiel de l’usine. Tous les appareils de levage sont remplacés et modernisés. L’antique atelier de Jean Laporte cède la place à une ligne de bâtiments modernes, constitués de poutrelles d’acier, de briques, de toits en sheds. L’atelier de tôlerie rejoint celui des forges et tous deux ne forment plus qu’une ligne de production cohérente.
Une école d’apprentissage est créée en 1920 pour faire face à la pénurie de main-d’œuvre qualifiée au lendemain de la Première Guerre mondiale. L’école a pour vocation de former des professionnels de la construction navale dans tous les corps de métier. Cette main-d’œuvre spécifique, hautement qualifiée, jouit d’un prestige incontesté dans toute la région.
Le logement
Dès 1920, la Société des Habitations à Bon Marché (S.H.B.M.) érige ses premiers logements ouvriers à Grand-Quevilly et se porte acquéreur de nombreux terrains à proximité de l’usine. Alors que les travailleurs célibataires sont regroupés dans un centre, l’ingénieur dispose déjà de sa maison en 1925. La loi Loucheur étend l’expérience au milieu des années 30 en aidant les entreprises à améliorer les conditions d’hébergement. Après 1945, la nouvelle Société Immobilière de la Construction Navale (S.I.C.N.) décide la construction de 150 logements de 3 à 4 pièces. La cité Planchon, avec sa rue des Chantiers et sa rue Jean-Laporte, est réhabilitée à cette époque. Des jardins sont mis à la disposition des ouvriers. Après 1954, la Direction abandonne l’onéreux système des logements ouvriers pour participer à la construction de logements H.L.M. à Grand-Quevilly. La mise à disposition d’un logement équivalent à une annexe du contrat de travail tend à disparaître, même si l’entreprise conserve un droit de regard sur la location. A cette même époque, les Chantiers de Normandie facilitent l’accession à la propriété par des prêts à faible taux acquis à condition que l’ouvrier reste 25 ans dans l’entreprise, sous peine de remboursement.
Après les destructions de la Seconde Guerre mondiale
Il faut cinq années d’efforts pour qu’en 1950 les Chantiers de Normandie retrouvent leur capacité d’avant-guerre. Les appontements ont été reconstruits en béton armé. Les cinq cales de lancement entièrement rénovées sont désormais desservies par six grues Titan dont trois de 20 tonnes. Elles sont reliées à un réseau ferré de trois kilomètres disposant d’une distribution d’énergie électrique, d’air comprimé et d’eau.
En 1948, le long du boulevard, un groupe de nouveaux bâtiments est sorti de terre. Il comprend l’infirmerie, la nouvelle école d’apprentissage et un garage pour les véhicules d’entreprise. Les magasins généraux, ruinés lors de l’incendie de juin 1940, sont reconstruits en dur. Un nouveau bâtiment, destiné à la préfabrication d’éléments de coque voit le jour en 1951 et le bâtiment tuyauterie vient remplacer l’ancienne école d’apprentissage en 1953. L’année précédente, l’usine est dotée d’une nouvelle entrée, très moderne, et d’un poste de garde dont les formes évoquent irrésistiblement la construction navale. L’horloge d’entrée forme symboliquement la “ cheminée ” de l’ensemble. De nombreux petits bâtiments annexes apparaissent sur le site ou sont rénovés : peinture, électricité, fours thermiques…
Les nouvelles technologies
Le traçage, opération qui consiste à reporter sur les tôles le plan de découpe et d’assemblage, connaît une révolution technologique. Jusqu’au début des années 50, le traceur utilisait une grande règle de bois et reportait sur les tôles la forme des pièces à découper. Le traçage optique, en utilisant une projection lumineuse, réduit le délai de fabrication et les risques d’erreur. Le bureau des études se dote d’une salle de dessinateurs optiques et d’une cabine de projection en 1951. Les dessinateurs réalisent des plans destinés à être projetés en négatif dans la salle de découpe où le traceur suit les marques lumineuses projetées sur les tôles. Certaines opérations jusque-là réservées au rivetage sont désormais entièrement réalisées par le système de soudure à l’arc. En 1950, l’équipement de matériel électrique comprend deux groupes de convertisseurs fixes de 2 400 ampères, cinq groupes transportables de 1 500 ampères et 70 postes individuels. Pour la réparation, il existe huit groupes électrogènes et cinq compresseurs mobiles. Fin 1948, les Chantiers comptent 80 soudeurs à l’arc pour seulement 28 riveurs.
Le pistolet à goujons, utilisé à cette époque, permet d’installer de manière extrêmement rapide et efficace les tiges filetées qui maintiennent les planchers de bois sur le pont en acier du navire. Il constitue un excellent exemple de l’adaptation de la soudure électrique au milieu de la construction navale.
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Murs
- brique
- fer
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Toitstôle ondulée
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Couvertures
- shed
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État de conservationdétruit
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Statut de la propriétépropriété d'une société privée
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Documents d'archives
-
Musée national de la Marine, Paris
Archives, Musée national de la Marine, Trocadéro.
fonds Chantiers de Normandie -
Médiathèque, Grand-Quevilly
Médiathèque, Grand-Quevilly. Fonds Chantiers de Normandie (1911-1975).
Fonds Chantiers de Normandie
Bibliographie
-
ALEXANDRE, Alain, CROGUENNEC Michel. Histoire d’usines, 180 ans de vie industrielle dans l’agglomération rouennaise. Ed. L’écho des vagues, 2013, 320 p.
p. 176 à 183. -
QUENEDEY, Jean-Patrice. Rouen constitue un grand centre métallurgique. In La revue de Rouen, 1947, n°6.
-
LUTHI, Henri. Le port de Rouen grand centre de construction navale (suite). In La revue de Rouen, 1951, n°34.
-
CHERON, Philippe. Les archives des Chantiers de Normandie : les applications multimédia, in La construction navale et sa mémoire, Archives et patrimoine, éd. Archives départementales de la Seine-Maritime, 2005.
-
CROGUENNEC, Michel. Les chantiers de Normandie, 1893-1987. Mémoire de maîtrise d’histoire contemporaine, Université de Rouen, Institut d’histoire, 1993, 188 p.
-
CROGUENNEC, Michel. L'actionnariat des Chantiers de Normandie à travers les sources notariales, in La construction navale et sa mémoire, Archives et patrimoine, éd. Archives départementales de la Seine-Maritime, 2005.
-
CROGUENNEC, Michel. Les Chantiers de Normandie (1893-1987) - Un siècle de construction et de réparation navale en Seine-Maritime. Darnétal, Petit-à-Petit, 2008, 260 p.
-
Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen
GHIENNE, Claire, GUILLEMOT, Brigitte (Dir.). La construction navale et sa mémoire. Archives et patrimoine. Rouen, AD Seine-Maritime ed., Actes des journées d'études tenues à l'Hôtel du Département les 28 et 29 novembre 2002, 427 p.
-
Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : BIB 1379
GROUPE D’ÉTUDE D’HISTOIRE LOCALE DE GRAND-QUEVILLY. Grand-Quevilly, 1000 ans d’histoire. Luneray, 2000, 119 p.
-
QUEVAL, Stéphanie. Identités professionnelles et trajectoires ouvrières aux Chantiers de Normandie (1945-1986). Thèse de doctorat de sociologie, Université de Rouen, GRIS, 2005, 457 p.
-
QUEVAL, Stéphanie. L'identité des ouvriers de la construction navale, in La construction navale et sa mémoire, Archives et patrimoine, éd. Archives départementales de la Seine-Maritime, 2005.
-
REAL, Emmanuelle. Le paysage industriel de la Basse-Seine. Rouen : Connaissance du patrimoine de Haute-Normandie, Service régional de l'inventaire du patrimoine culturel de Haute-Normandie, coll. Images du patrimoine 249, 2008, 263 p.
p. 78 à 83. -
LANCESTRE, Patricia. La mise en valeur des archives des Chantiers de Normandie et ses difficultés, in La construction navale et sa mémoire, Archives et patrimoine, éd. Archives départementales de la Seine-Maritime, 2005.
Périodiques
-
LUTHI, Henri. Le port de Rouen grand centre de construction navale. In La revue de Rouen, 1951, n°33, p. 10-14.
-
CAYZEELE, Catherine. Le développement de l’industrie dans les cantons de Sotteville et de Grand-Couronne (1840-1914). In: Études Normandes, 23e année, n°279, 1974, pp. 1-16.
p. 13 -
CROGUENNEC, Michel. Rouen : les Chantiers de Normandie. In : Le Chasse-Marée, histoire et ethnologie maritime, N°112, 1997, p. 2-13
-
DANTAN, Alain. Le développement de l'industrie dans les cantons de Sotteville et de Grand-Couronne 1914-1939. In: Études Normandes, 23e année, n°280, 1974. pp. 1-23.
p. 3-4 -
MAILLARD, Jean-Louis. La construction navale au Havre de 1830 à nos jours. Études Normandes, n°3, 1980, pp. 41-68.
p. 60 -
Seine-Inférieure. L’Illustration économique et financière, n° spécial, 1923.
p. 59
Documents multimédia
-
CHERON Philippe & coll. Les Chantiers de Normandie, la construction navale à Grand-Quevilly, 1894-1986. Ministère de la Culture DRAC Haute Normandie - Biplan éditions, cédérom, 2000.
Lien web
- IA76000548 - Ancien dossier d'inventaire numérisé, dont inventaire des archives municipales de Grand-Quevilly
- IA76005282- Dossier d’inventaire numérisé - Les principales évolutions, période 1915-1935
- IA76005283 - Dossier d’inventaire numérisé - Les destructions de l'incendie de 1932
- IA76005284 - Dossier d’inventaire numérisé - les grandes constructions, 1938-1940
- IA76005285 - Dossier d’inventaire numérisé - Destructions de juin 1940
- IA76005286 - Dossier d’inventaire numérisé - Destructions de 1945
- IA76005287 - Dossier d’inventaire numérisé - Constructions, reconstructions et modifications, période 1945-1951
- IA76005288 - Dossier d’inventaire numérisé - Destructions et constructions, période 1952-1958
Annexes
-
Rouen : des chantiers navals depuis l’antiquité
-
Rouen au 18e siècle : des chantiers artisanaux face à la concurrence du Havre
-
1882-1886 : Claparède : première tentative industrielle de construction navale à Rouen
-
Carrefour technologique au 19e siècle : voile et vapeur
-
1860-1880 : la tentation anglaise
-
la réaction du législateur : les lois de 1881 et 1893
-
1894, Le point de vue des anglais sur les primes, Rouen, la construction navale en France. Extrait du rapport du consul O’Neil dans The Gazette, 21 juin 1894
-
1955-1986 : le déclin des Chantiers de Normandie
Chargé d'études à l'Inventaire général du patrimoine culturel depuis 1991. Ingénieur d'études (DRAC Haute-Normandie jusqu'à la loi de décentralisation), puis ingénieur et ingénieur principal, Région Normandie.
Spécialités : vitrail (correspondant du centre Chastel pour la Haute-Normandie), patrimoine rural, construction navale, patrimoine militaire (fortifications du mur de l'Atlantique dans le cadre du PCR mur de l'Atlantique), patrimoine aéronautique, patrimoines commémoratifs.
Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, depuis 1992. Spécialité : patrimoine industriel.
Chargé d'études à l'Inventaire général du patrimoine culturel depuis 1991. Ingénieur d'études (DRAC Haute-Normandie jusqu'à la loi de décentralisation), puis ingénieur et ingénieur principal, Région Normandie.
Spécialités : vitrail (correspondant du centre Chastel pour la Haute-Normandie), patrimoine rural, construction navale, patrimoine militaire (fortifications du mur de l'Atlantique dans le cadre du PCR mur de l'Atlantique), patrimoine aéronautique, patrimoines commémoratifs.