Le 3 Juin 1917 ELISABETH fait route à l’est à environ 3 nœuds, à 27 milles dans le SW de Lizard.
Il est armé par Tiberghien et Fils, de Tourcoing, et arrive de Pisagua, au Chili, avec 2680 tonnes de nitrate.
Il est placé sous le commandement du capitaine Joseph PRIGENT, CLC, inscrit à Morlaix. Le capitaine Prigent a sous ses ordres 22 hommes d’équipage, ainsi que deux passagers (inscrits maritimes rapatriés après hospitalisation à Iquique).
Faible brise de sud et longue houle de SW.
A 17h00, un sous-marin est aperçu à 2,5 milles dans le nord. En moins de deux minutes, il tire trois coups de canon. Le premier obus tombe à 50 m à tribord arrière, le 2e à bâbord et le 3e à tribord avant. Le voilier est bien encadré.
Le capitaine fait alors amener les perroquets volants et mettre la barre toute à gauche pour empanner.
Le navire étant vent arrière, les baleinières sont mises à l’eau. Celle de tribord prend 14 hommes sous les ordres du capitaine et celle de bâbord, plus petite, 10 hommes sous les ordres du second. Le capitaine quitte le voilier en dernier avec les papiers du bord.
Puis les canots restent à environ 50 m du voilier, le capitaine espérant pouvoir reprendre possession de son navire si le sous-marin s’éloignait.
Les embarcations restèrent sur place, sans rien voir, jusqu’à 17h50. Personne ne vit le sous-marin qui avait du plonger et émerger de l’autre côté du voilier. Mais à 17h50, ils perçurent trois explosions assez fortes, distinctes, et faisant à chaque fois monter une colonne de fumée noire. ELISABETH prit immédiatement de la gite sur tribord, puis coula en dix minutes.
Les canots se mirent en route, passant sur les lieux où flottaient quelques épaves. C’est alors que le sous-marin fit surface près des embarcations. Le capitaine Prigent fut alors interrogé par un individu (sic) portant manteau et casquette et parlant très correctement anglais (nota : on peut supposer que cet individu est le commandant du sous-marin !)
Il demanda nom du navire, cargaison, provenance et destination, mais pas les papiers.
Le sous-marin mesurait environ 40 m et portait un canon d’environ 100 mm sur l’avant ainsi que deux armes de très petit calibre sur le kiosque, une de chaque côté.Il y avait un périscope, une filière pare-mines double de chaque bord. La peinture, grise, était propre. Le sous-marin a disparu, en demi plongée, route vers l’ouest.
Les embarcations mirent alors à la voile et arrivèrent le 4 Juin à 04h00 à 8 milles dans l’ouest de Lizard où elles furent recueillies par un patrouilleur anglais qui déposa les naufragés à Falmouth.
Chargé d'études à l'Inventaire général du patrimoine culturel depuis 1991. Ingénieur d'études (DRAC Haute-Normandie jusqu'à la loi de décentralisation), puis ingénieur et ingénieur principal, Région Normandie.
Spécialités : vitrail (correspondant du centre Chastel pour la Haute-Normandie), patrimoine rural, construction navale, patrimoine militaire (fortifications du mur de l'Atlantique dans le cadre du PCR mur de l'Atlantique), patrimoine aéronautique, patrimoines commémoratifs.