Les axes principaux du centre-ville s’organisent de la même façon : une rue bordée d’immeubles constitue un front bâti continu et des passages ou des cours-passages lotis permettent un accès au ruisseau. Dès l’origine, ce secteur se compose d’îlots structurés pourvus d’un habitat suffisamment régulier pour y révéler une urbanisation et des lotissements planifiés.
La rue de la République présente un parcellaire étroit, en lanière, alors que la rue Sadi-Carnot offre de plus larges parcelles occupées par des hôtels particuliers avec une densité moindre de population. La rue Notre-Dame-du-Pré, bombardée pendant la Seconde Guerre mondiale, ne présente plus que quelques exemples de bâtiments anciens. On y repère encore quelques belles demeures mais également des habitats plus modestes destinés aux ouvriers travaillant sur le port ou dans les tanneries proches. Moins urbanisée, la rue abrite plus d’activités de production que les deux précédentes. Les rues secondaires comportent des passages aujourd’hui peu accessibles et plus difficilement lisibles. Ils desservent tous de l’habitat et rejoignent un des canaux de la ville sur lesquels étaient installés lavoirs, latrines et « échaudières », petits quais prévus pour le déchargement des bateaux. Un passage, aujourd’hui privatisé mais lisible sur le plan cadastral de 1835, longe l’arrière des maisons situées sur le côté nord de la rue des Pâtissiers et donne à chacune accès à la rivière. Quelques rares exemples subsistent également rue Sadi-Carnot.
Des passages, de petite largeur, permettent l’accès à des maisons généralement situées sur un seul côté de la ruelle, l’autre étant constitué du mur de séparation de la parcelle voisine. Quand ils sont de plus grande ampleur, ces passages forment des cours et font à la fois office de lieu de circulation et de sociabilité avec une distribution de l’habitat de chaque côté de la voie. L’actuelle rue de l’Épée offre une particularité : jusqu’au 19e siècle, elle n’est pas mentionnée, car elle est considérée comme une allée commune. Elle n’en est pas moins représentative du tissu pontaudemérien du Moyen Âge et de l’Ancien Régime, par sa taille mais également par sa distribution de maisons en pan de bois. L’accès des passages et cours depuis la rue se fait le plus souvent par un passage d’entrée, dont la largeur varie en fonction de l’importance du bâtiment sur rue. L’escalier desservant les étages de cet édifice est situé en fond de parcelle. Accessible depuis l’arrière, il peut également distribuer les étages du bâtiment sur cour.
Un deuxième type de circulation et de distribution entre rue et canal est encore visible aujourd’hui, rue de la République, et plus rarement rue Sadi-Maison, 8 rue Sadi-Carnot.Carnot. L’axe traversant, d’une plus grande largeur, se compose d’une cour bordée de chaque côté de maisons qui illustrent les différentes époques de construction à Pont-Audemer. L’entrée se fait par un passage couvert depuis l’immeuble sur rue.
Un ensemble important de caves atteste une occupation avec fixation d’un parcellaire au 15e siècle. Toutes ont la particularité d’être semi-enterrées, charpentées avec corbeau de pierre pour supporter les poutres et maçonnées en pierre de taille de belle qualité et moellon. Elles sont situées principalement sous les immeubles sur rue avec une porte d’entrée sur le mur latéral sous le passage ou bien sur la façade arrière de l’édifice, depuis la cour. Certaines comportaient deux escaliers intérieurs : l’un donne au rez-de-chaussée de l’édifice, au fond de la boutique ou en arrière-boutique, le second permet un accès direct dans la cour. La présence de caves sous les bâtiments sur cour est moins systématique.
Ce parcellaire en lanière est moins fréquent dans la rue Sadi-Carnot essentiellement bordée par des hôtels particuliers. La partie est de la rue est particulièrement représentative de ces constructions et aménagements commencés au 15e siècle et s’étalant jusqu’au 18e. Le cadastre de 1835 montre cependant un côté ouest un peu plus dense, notamment au nord de la rue de la Licorne et en bas de la rue Sadi-Carnot, non loin de la Risle. On trouve encore aujourd’hui trace de ce parcellaire plus allongé et constitué de cours-passages.
Maison, 35 rue de la République.Les demeures de cette artère que l’on nomme communément hôtels présentent une organisation particulière. La parcelle se compose d’un bâtiment avec façade sur rue flanquée d’un large porche donnant accès à une première cour vaste et bordée d’un habitat, soit indépendant, soit formant aile en retour du bâtiment principal. Ce premier espace est clos par un édifice plus modeste que l’on traverse par un passage ou une porte pour atteindre une seconde cour longeant le ruisseau et elle-même parfois lotie. La façade sur rue présente une architecture soignée, en pan de bois, en pierre de taille ou bien en brique et pierre : les périodes de construction ou de remaniement vont jusqu’à la fin du 18e siècle, voire le début du 19e. Les bâtiments sur cour, plus modestes, sont généralement en pan de bois et de belle facture. Ils peuvent être à usage domestique ou commercial.