L'usine d'ammoniac synthétique que la société Chimique de la Grande Paroisse se propose de construire à Grand-Quevilly comprendra : un four de fabrication d’ammoniac par synthèse directe sous pression avec ateliers annexes d'extraction d'hydrogènes de gaz de fours à coke et d'extraction de l'azote de l'air.
Elle emploiera le procédé G. Claude décrit ci après : on prépare un mélange gazeux composé de trois parties d'hydrogène et d'une partie d'azote. L'hydrogène est extrait par liquéfaction à basse température et sous pression des gaz de fours à coke fournis par la cokerie de la société des Hauts Fourneaux de Rouen établie à Grand-Quevilly. L'azote est tiré de l'air atmosphérique par liquéfaction et distillation de l'air liquide. Le mélange gazeux ainsi constitué est comprimé à 900 atmosphères et traverse successivement des tubes de catalyse placés en série et maintenus à une température voisine de 600°. Ces tubes, de haute résistance mécanique, sont en outre pour plus de sécurité enfermés dans un blockhaus en béton armé. L'ammoniac liquide produite est stockée dans des récipients en fer. L'industrie de l'ammoniac synthétique exige une assez grande quantité d'eau pour le refroidissement des appareils. Les eaux usées sont évacuées dans l'égout de la cokerie de la société des Hauts Fourneaux de Rouen. Les usines de fixation de l'azote présentent un intérêt de 1er ordre aussi bien du point de vue de l’agriculture que du point de vue de la défense nationale. Pour cela l'usine devra être entièrement close des murs, les ateliers d’extraction d’hydrogène et d'azote ainsi que les ateliers de catalyse devront être aussi éloignés que possible des habitations, ils devront être bien ventilés et de construction légère.