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lnventaire général du patrimoine culturel de Normandie

Fondé en 1964 par André Malraux, l’Inventaire a pour mission de recenser, étudier et faire connaître le patrimoine urbain et rural, architectural et mobilier de la France. Cette mission est portée depuis 2007 par les Régions.

Découvrez ses acteurs en Normandie !
Les missions de l'Inventaire du patrimoine de Normandie

En Normandie, la documentation scientifique rassemblée depuis 50 ans par les chercheurs, sous forme de dossiers normalisés, est progressivement mise en ligne sur ce site.
Laissez-vous entraîner en quelques clics vers la richesse du patrimoine normand au travers de 4 000 dossiers illustrés par 24 700 photographies.

Les études en cours

Caen, l'abbaye-aux-Dames
Le patrimoine industriel du bassin de l'Andelle
Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande
Parc naturel régional du Perche, l'architecture rurale


Et les plus anciennes...

Alençon, la bibliothèque et la préfecture
Les orgues de la cathédrale de Bayeux
L'ancien canton de Bellême
L'ancien canton de Bretteville-sur-Laize
Bricquebec
Caen, l'église Saint-Georges du château
Cherbourg-Octeville
Le haras du Pin et les voitures hippomobiles
Le patrimoine industriel aux alentours de Caen, de Lisieux, de l'Orne et à Montsenelle
Le patrimoine de la villégiature de Lion et Hermanville-sur-Mer - Bagnoles-de-l'Orne et Tessé-la-Madeleine - les casinos (14 et 50)
La communauté de communes de Sèves-Taute
L'ancien canton de Trun


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Lumière sur

usine de quincaillerie, tréfilerie dite établissements Bohin

Pas moins de cinq usines hydrauliques étaient en activité à Saint-Sulpice-sur-Rise au 19e siècle et jusqu'au milieu du 20e siècle. Sur le site de la Fonte, où se trouvait sans doute un haut fourneau au 16e siècle, le marquis de L’Aigle avait, dès 1780, fait construire une tréfilerie. Un semblable établissement est attesté en 1825 à environ 300 mètres en aval, au lieu-dit la Fosse. Un laminoir à cuivre, affecté en 1867 à la fabrique de pointes et d’épingles, avait été aménagé en 1820 par le baron de Saillard à l'emplacement d'un moulin à tan, dont un toponyme conserve la mémoire. En 1819, les frères Bouilland transformèrent le moulin à farine établi dans le bourg, non loin de l'église, en usine de boucles de sellerie ; on y produisait en 1850 plumes métalliques, aiguilles et broches à tricoter. Enfin, en 1840, César Hurel procéda à la conversion du moulin à grains de Bouviers en tréfilerie.

Benjamin François Bohin se porta acquéreur en 1866 de l’usine des frères Bouilland. Né à L’Aigle le 20 juin 1822, fils de Pierre Noël Bohin, ébéniste, et de Louise Prudence Lemot, dont l'un des frères, Benjamin Jacques Lemot, exerçait la profession de coutelier, il meurt le 30 janvier 1911. La légende assure que Benjamin Bohin avait créé à Saint-Sulpice, en 1833 (alors âgé de 11 ans), un atelier d’objets de bois, boîtes fantaisie, bibelots et jouets. En réalité, il travailla d'abord avec son père, qualifié, dans un brevet pris en 1846 « pour des boites ou étuis à deux compartiments propres à contenir des allumettes chimiques et autres objets analogues », de « fabricant de boîtes ». Il fit lui-même breveter en 1855 un « nouveau système de fabrication de boites métalliques pour allumettes, bougies, épingles, boutons etc. », perfectionné trois ans plus tard, ainsi qu'un « système de fermeture à double développement applicable aux lunettes et autres objets ».Etablissement Bohin, machine à empaqueter les aiguilles.- Photographie, vers 1952, tirée de : IVe région économique, Basse-Normandie, études et travaux, 1952-53, n°55.Etablissement Bohin, machine à empaqueter les aiguilles.- Photographie, vers 1952, tirée de : IVe région économique, Basse-Normandie, études et travaux, 1952-53, n°55.

Désireux de capter le marché des aiguilles à coudre, détenu par l’Angleterre et l’Allemagne, Benjamin Bohin y envoie son fils Paul Julien François (L'Aigle, 4 juin 1851 - Nice, 26 octobre 1920) étudier les techniques mises en œuvre dans les usines et faire l'acquisition de machines. Benjamin et Paul acquièrent bientôt l'ensemble des usines de Saint-Sulpice, diversifient leur production, prennent plusieurs brevets (en 1876 pour le polissage des broches à tricoter, en 1883 pour la fabrication d’épingles, agrafes, œillets, anneaux et autres articles analogues en couleur, en 1895 pour des épingles de sûreté et des boîtes protectrices à distribution...) et conçoivent leur propres machines, telle celle, en 1906, capable de réaliser la fabrication complète des aiguilles. En 1889, à l'Exposition universelle, une médaille d'or est décernée à l'entreprise Bohin pour la qualité de ses aiguilles.

Détruite par un incendie en 1877, l'usine de Saint-Sulpice est reconstruite en 1880. Consommant du laiton et du fer franc-comtois et champenois (le fer normand était trop cassant), elle employait vingt-trois ouvriers en 1868, 34 en 1873. Aux produits de mercerie, qui avaient fait la réputation de l'entreprise, s'ajoutaient au début du 20e siècle articles de quincaillerie (l'usine de la Fosse était affectée en 1927 à la production de serrures et cadenas), articles métalliques de papeterie, pièces pour le secteur médical et les industries textiles... En 1914, 600 salariés s'activaient dans les usines Bohin, la plus grande fabrique d’épingles en France. Le remarquable état de conservation de l'Atelier de fabrication (1) et déversoir, vue prise du sud ouest.Atelier de fabrication (1) et déversoir, vue prise du sud ouest.usine de Saint-Sulpice a justifié sa protection au titre des Monuments historiques en 1995.

LesMachine à trier les aiguilles par taille.Machine à trier les aiguilles par taille. Bohin restèrent à la tête de l'entreprise jusqu'en 1997, date du dépôt de bilan. Rachetée cette même année par Didier Vrac, celle-ci est scindée en deux sociétés : Bohin France (aiguilles, épingles, bracelets pelote, agrafes de confection, trombones et autres attaches pour la papeterie) et Bohin Industrie (secteurs du médical, de l'électronique, de la plasturgie, de la musique, du tatouage, et de l'aérospatial). A la tête de Bohin France, Didier Vrac conçoit, en collaboration avec les ouvriers, le projet d'un musée au sein de l'usine. La restauration des bâtiments du futur musée est confiée à l'architecte Jean-Marie Mandon (réhabilitation de l’ancienne manufacture d’armes de Châtellerault, de la chocolaterie Poulain à Blois, de la Seita à Châteauroux, construction d'un FRAC à Angoulême...), le projet muséographique au scénographe François Confino (musée Charlie Chaplin en Suisse, mémorial de l'esclavage à Pointe-à-Pitre, musée de l'automobile à Turin, Escale Atlantique à Saint-Nazaire, galeries du Natural History Museum of Los Angeles...). La « Manufacture Bohin » a ouvert ses portes en 2014.

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