A son premier voyage, commandé par le capitaine Dieulangard, il alla sur lest, de l'entrée de la Manche à Hobart, en 69 jours seulement. Une très belle traversée.M. Dieulangard — un souqueur de toile réputé —fit encore trois campagnes consécutives à bord et passa son commandement au capitaine Jules Rioual en 1907.
Le navire fut acheté en 1912 par la Société Nouvelle d'Armement et M. Rioual conserva son poste ; il devait d'ailleurs l'occuper jusqu'à sa mort.
L'ERNEST REYER arriva au Cap au mois de janvier 1916, venant de Seattle en 99 jours, et chargea 3.490 tonnes de maïs en sacs pour l'Europe. Pendant son séjour au Cap, le capitaine Rioual était obsédé par un pressentiment : il pensait qu'il n'arriverait jamais à destination et ne reverrait pas la France. Avant d'appareiller, il s'en ouvrit à l'un de ses amis, le colonel H. L. Jones, et lui confia une lettre à envoyer à sa femme lorsque sa mort serait connue.Le pressentiment de M. Rioual ne l'avait pas trompé : l'ERNEST REYER, qui avait quitté Capetown pour Falmouth à ordres le 22 février, ne reparut jamais.
Outre le capitaine Jules Rioual, l'état-major comprenait MM. J. L. Pulce, second capitaine, Gilles Le Bars et Yves Camard, lieutenants. L'équipage était composé de 23 matelots, dont 5 étrangers, et de 2 novices.Le 13 mai, à 13 milles dans le NNW d'Ouessant, une embarcation de l'ERNEST REYER fut découverte et, le 19, une de ses bouées de sauvetage était recueillie à 8 milles dans le NNW d'Ouessant. On attribua la disparition du trois-mâts à la guerre sous-marine.Le 26 juillet 1916, le Lloyd's annonçait sa perte corps et biens.Ce ne fut qu'après la guerre que l'on connut exactement le sort du malheureux voilier. Dans le rapport d'opérations du lieutenant de vaisseau E. Wilhelms, commandant le sous-marin allemand U-69, dont c'était la première croisière, on put lire que l'ERNEST REYER avait été coulé le 17 avril 1916 devant l'entrée de la Manche, par 49° 12' N et 008°10'W, à 128 milles environ d'Ouessant. Il comptait alors 55 jours de mer depuis son départ d'Afrique du Sud.
En 1921, trois capitaines de grands voiliers très connus, MM. Gourio, Ybert et Malbert, achetèrent l'ancienne corvette BAYONNAIS, réformée par la Marine Nationale l'année précédente. Ils firent gréer ce navire de 34 ans en trois-mâts goélette et lui donnèrent le nom de leur malchanceux camarade : CAPITAINE JULES RIOUAL.
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KTB U 69 17.4.191616 h 48 (heure allemande)
Vent W force 9 à 10 Mer force 9Rafales force de l'ouragan, pluie, visi médiocre.
En vue un trois-mâts carré. Invité à mettre en panne par signaux. Le signal est aussitôt compris et le bateau met en panne. Puis, il repart sous le vent sous toutes ses voiles, cherchant manifestement à s'échapper. Le contraignons avec le canon à mettre en panne. L'usage du canon est presque impossible en raison de l'état de la mer qui balaye constamment le pont. Le chef de pièce resté seul au canon doit le servir attaché avec grande difficulté. Le voilier met en panne. Il s'agit du voilier français (en acier) Ernest Reyer de Nantes de 2708 tjb, lourdement chargé de salpêtre. Il est accordé à l'équipage une heure pour évacuer le navire.
Après débordement des canots, essayons de couler le navire au canon mais ce n'est pas possible en raison de l'état de la mer. Coulé le navire avec une torpille au point 49.07N 07.49W.Vu l'état de la mer, 4 heures étaient nécessaires pour couler le navire.
Chargé d'études à l'Inventaire général du patrimoine culturel depuis 1991. Ingénieur d'études (DRAC Haute-Normandie jusqu'à la loi de décentralisation), puis ingénieur et ingénieur principal, Région Normandie.
Spécialités : vitrail (correspondant du centre Chastel pour la Haute-Normandie), patrimoine rural, construction navale, patrimoine militaire (fortifications du mur de l'Atlantique dans le cadre du PCR mur de l'Atlantique), patrimoine aéronautique, patrimoines commémoratifs.