Dossier d’œuvre architecture IA61002510 | Réalisé par
Maillard Florent (Contributeur)
Maillard Florent

Chercheur associé au Parc naturel régional du Perche depuis 2011, en charge de l'étude et de la valorisation du patrimoine bâti.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
  • enquête thématique régionale, architecture rurale du Parc naturel régional du Perche
maison de maître dite château de La Lande et ferme
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Normandie - Inventaire général
  • (c) Parc naturel régional du Perche

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Parc naturel régional du Perche - Tourouvre
  • Commune La Lande-sur-Eure
  • Lieu-dit La Lande-sur-Eure
  • Adresse 1 rue de l'Étang
  • Cadastre 1831 B 101, 102, 103, 104  ; 2025 220 B 40, 221
  • Précisions Longny-les-Villages
  • Dénominations
    maison, ferme
  • Genre
    de maître
  • Appellations
    château de La Lande
  • Parties constituantes non étudiées
    cour, portail, parc, communs

Cette maison de maître apparaît sur le plan cadastral de 1831. Elle appartient alors à Charles François Éloi Levassor de Sazeray (1786-1864), qui en a hérité de son père, Éloÿ Levassor de Sazeray (1761-1839), tous deux marchands drapiers.

L’édifice est en grande partie reconstruit vers 1873, comme en atteste une mention des matrices cadastrales, passant de 18 portes et fenêtres à 28. Cette campagne de reconstruction est à mettre à l’actif de Jacques Eugène Levassor de Sazeray (1833-1919), petit-fils de Charles François Éloi et négociant en laine à La Lande-sur-Eure. Les travaux consistent en la surélévation du logis d’un étage carré, la construction des communs et l’aménagement paysager du parc et du jardin. À son décès survenu en 1919, la propriété échoit à sa fille unique, Claire Thérèse Levassor de Sazeray (1862-1925), mariée en 1884 à Charles Drieux (1850-1900). Elle la transmet à son tour en 1927 à son fils, André Joseph Eugène Drieux (1889-1969), propriétaire d’industrie à Caudebec-lès-Elbeuf (Seine-Maritime). D’après les recensements de population, ce dernier emploie en 1936 le couple Viette comme aides de culture, ainsi qu’un jardinier et son épouse comme concierge. Domicilié à La Lande-sur-Eure dès 1946, André Drieux y décède en 1969. Par la suite, la propriété est vendue et sort de la famille Levassor-Drieux.

Situé au centre du village, directement au sud de la mairie et du monument aux morts, la maison de maître comprend le logis au nord-ouest, les communs au sud-est, ainsi que le parc arboré au sud-ouest et au sud de la parcelle et le potager au nord-ouest. L’ensemble est accessible par un portail monumental formé de deux piliers en brique de section carré.

Le logis, construit en léger retrait par rapport à la chaussée, se compose d’un bâtiment principal encadré de deux corps de bâtiment. Seul le corps de bâtiment sud-est est en rez-de-chaussée. À l’opposé, celui situé au nord-ouest est en rez-de-chaussée surélevé, surmonté d’un étage carré. Il servait probablement à l’origine de logement de domestique (concierge, jardinier, cuisinière). Le bâtiment central, également en rez-de-chaussée surélevé et à un étage carré, dispose aussi d’un étage de comble. L’emploi de deux briques différentes – l’une plus ancienne, plus fine et moins calibrée, l’autre plus récente, plus épaisse, plus régulière et présentant des marbrures – permet de distinguer les deux phases de construction, ainsi que les ouvertures correspondantes. Côté nord-est, deux anciennes portes du bâtiment central présentent un décor particulier surmontant leur linteau. Il s’agit de silex taillés en carré et posés de manière régulière entre les rangs de briques. Ce type de décor se rencontre également à Senonches (Eure-et-Loir) sur des maisons de maître de la fin du 18e siècle et du début du 19e siècle. À l’intérieur, des réaménagements réalisés dans les années 1980 ont perturbé la distribution et ont fait disparaître les cheminées, les planchers et l’escalier d’origine.

Plus au sud-est se situent les communs répartis autour d’une cour ouverte au nord-ouest. Un premier bâtiment au nord abrite quatre écuries et un ancien logement de palefrenier. Il est prolongé de manière perpendiculaire au sud par une sellerie, un toit à porc surmonté d’un pigeonnier de comble, d’une vaste remise à quatre grandes arcades en plein cintre et d’une grange. Face au premier bâtiment, de l’autre côté de la cour, se trouve un hangar dont la charpente repose sur des poteaux de bois. Un édicule indépendant, face à la remise, servait initialement de niches à chiens.

Les murs sont probablement en moellons de silex couverts d’un enduit plein. Les encadrements des ouvertures et les chaînages d’angle sont en brique, tout comme les souches de cheminée et les corniches. Les toits à longs pans, brisés pour le bâtiment central du logis, et à croupe sont couverts en ardoise (logis) ou en tuile plate (communs).

Un grand parc arboré, suivi d’un bosquet, se développe au sud de l’ensemble. Des allées irrégulières parcourent le parc boisé d’essences locales (chênes, frênes, etc.) et exotiques (séquoia géant).

  • Murs
    • silex moellon enduit
  • Toits
    ardoise, tuile plate
  • Étages
    en rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans croupe
    • toit à longs pans brisés croupe brisée
    • toit en pavillon
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour en charpente
  • Jardins
    bosquet
  • État de conservation
    bon état
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler

Bien que les réaménagements récents ne permettent pas d’appréhender la distribution initiale du logis, cette maison de maître conserve son volume générale du début des années 1870, ses communs formant un bel ensemble architectural et son parc arboré à l’anglaise. Le site présente un grand intérêt patrimonial à l’échelle de la commune nouvelle de Longny-les-Villages. Des similarités sont observables avec la maison de notable de la Linardière à Longny-au-Perche, notamment dans la disposition des bâtiments (parties ferme et domestique bien séparées par le portail d’entrée, jardin potager relégué à l’ouest, etc.).

Documents d'archives

  • AD Orne. 3 NUM LN 220/520W34_24. La Lande-sur-Eure : listes nominatives des recensements de population (1946).

    Archives départementales de l'Orne, Alençon : 3 NUM LN 220/520W34_24
  • AD Orne. 3 P 3-220/1 => 3 P 3-220/6. La Lande-sur-Eure – matrices cadastrales (1831).

    Archives départementales de l'Orne, Alençon : 3 P 3-220/1 => 3 P 3-220/6

Documents figurés

  • AD Orne. 3 P 2-220/1 => 3 P 2-220/8. La Lande-sur-Eure – plans cadastraux (1831).

    Archives départementales de l'Orne, Alençon : 3 P 2-220/1 => 3 P 2-220/8
Date(s) d'enquête : 2025; Date(s) de rédaction : 2025
(c) Parc naturel régional du Perche
(c) Région Normandie - Inventaire général
Maillard Florent
Maillard Florent

Chercheur associé au Parc naturel régional du Perche depuis 2011, en charge de l'étude et de la valorisation du patrimoine bâti.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.