Photographe à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, de 1981 à 2022.
- patrimoine industriel, patrimoine industriel de l'agglomération d'Elbeuf
- patrimoine industriel, patrimoine industriel protégé MH
- patrimoine industriel, patrimoine industriel reconverti de l'Eure et de la Seine-Maritime
- (c) Région Normandie - Inventaire général
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Seine-Maritime - Elbeuf
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Commune
Elbeuf
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Adresse
17 rue Camille Randoing
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Cadastre
2022
AN
274, 276, 277
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Dénominationsimmeuble à logements
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Parties constituantes étudiées
En 2006, la ville d’Elbeuf accepte la proposition de la société Histoire et Patrimoine, qui est déjà engagée dans la reconversion de l’ancienne manufacture elbeuvienne Petou, d’acquérir l’usine Gasse et Canthelou pour y aménager des appartements. L’objectif de mixité sociale annoncée par le projet, avec appartements à loyers différenciés, permettant d’offrir des logements de grande qualité à des habitants ayant des ressources modestes, constitue un atout de poids.
Le programme élaboré à la suite d’une étude de faisabilité, prévoit la réalisation, en deux temps, de 81 logements dans les différents ateliers de l’usine. La première tranche de travaux concerne les ateliers à étages où sont aménagés 58 logements collectifs. La seconde porte sur les ateliers couverts en sheds transformés en 23 logements individuels et sur les ateliers en fond de parcelle réutilisés quant à eux en parking de 59 places. Comme pour la manufacture Petou, les déductions fiscales et les aides à la restauration adossées à la réhabilitation d’immeubles à haute valeur patrimoniale ont largement conditionné la mise en œuvre de cette opération.
La maitrise d’œuvre de l’opération est confiée au cabinet Philippe Lemonnier qui assure déjà pour la société Histoire et Patrimoine, la reconversion de la manufacture Petou.
Le projet architectural proposé s’appuie sur l’alliance de l’ancien et du moderne en recherchant un équilibre entre respect de l’existant et la démarche créative. La protection des bâtiments au titre des monuments historiques requiert la consultation et l’avis des services patrimoniaux de l’Etat pour tous les travaux extérieurs, qu’il s’agisse d’interventions radicales ou de restaurations scrupuleuses. Les travaux de reconversion sont lancés en 2006 et l'opération est achevée en 2010. La même année, l'architecte Philippe Lemonnier se voit décerner le prix régional d’architecture et d’urbanisme Auguste Perret. Ce prix, attribué tous les deux ans par la Direction régionale des affaires culturelles de Haute-Normandie et par le Conseil d’architecture, d’urbanisme et d’environnement de la Seine Maritime, récompense des projets d’urbanisme, de paysage et d’architecture de haute qualité réalisés en région.
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Période(s)
- Principale : 1er quart 21e siècle , daté par source
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Dates
- 2010, daté par source
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Auteur(s)
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Auteur :
Lemonnier Philippearchitecte attribution par sourceLemonnier PhilippeCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
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Auteur :
Le projet architectural de la reconversion de l'usine Gasse et Canthelou s’appuie sur la conservation d’un maximum d’éléments bâtis étant donnée la protection du site au titre des Monuments Historiques. Celle-ci autorise néanmoins la destruction des bâtiments les plus vétustes et de ceux de moindre intérêt architectural ou considérés comme gênant pour le projet.
Concernant les ateliers à étages, les prescriptions de l’architecte des bâtiments de France s’attachent essentiellement au traitement et à la reconstitution des façades et toitures afin de remettre en valeur les matériaux d’origine. Les façades sur rue, en brique apparente, sont simplement nettoyées par gommage et rejointoyées. Les façades sur cour font l’objet d’un décapage minutieux pour remettre à jour la brique rouge dissimulée sous un enduit en ciment. Les fenêtres d’origine sont remplacées par des baies moderne à châssis en bois – simulant des ouvrants à guillotine - et munies de double vitrage. La toiture des bâtiments est conservée et la couverture revêtue d’ardoise naturelle. L’aménagement intérieur, non soumis à prescription, réutilise la structure poteaux-poutres en bois d’origine renforcée seulement par des planchers en béton connectés sur le solivage. Les hauteurs sous plafond ainsi que les larges baies des anciens ateliers sont conservées et confèrent aux appartements une qualité d’espace et de lumière devenue rare dans l’offre immobilière actuelle. Un ascenseur vitré et panoramique installé dans le bâtiment principal offre une vue sur l’ensemble des toitures de la partie en sheds. Cette desserte est complétée par trois cages d’escalier. L’un d’eux réutilise un escalier en bois existant adossé à un mur en brique également conservé.
Concernant les ateliers en rez-de-chaussée couverts en shed, l’ossature d’origine associant des poteaux en fonte et des poutres en fer est conservée, volontairement laissée apparente et renforcée pour recevoir la structure métallique portant des mezzanines. La toiture en shed, trop dégradée, est refaite à l’identique, selon les mêmes pentes et recouvert de tuiles mécanique en terre cuite. L’assouplissement des contraintes patrimoniales sur cette partie de l’usine a permis à l’architecte de s’affranchir du respect scrupuleux de l’enveloppe existante et de bénéficier d’une liberté créative indispensable pour adapter en habitat une typologie d’architecture industrielle qui se prête moins facilement à une reconversion en logement. En effet, ces ateliers construits en rez-de-chaussée sur de grandes surface au sol et dotés d’un éclairage exclusivement zénithal exigent une intervention plus radicale. Ici l’architecte opte pour le percement du bâtiment sur toute sa largeur en supprimant deux travées de toiture en sheds. Cet évidement répond à deux objectifs : augmenter l’apport de lumière dans les appartements par l’installation de grandes baies latérales et créer des courettes intérieures, perpendiculaires à la cour centrale, qui constituent des espaces d’accès et de circulation transversale. Ils assurent en effet une liaison piétonne, mais aussi visuelle entre la cour intérieure et la rue Chennevière, à l’est de l’îlot. Pour optimiser l’éclairage intérieur des appartements, chaque travée de shed sur la cour intérieur est également évidée pour recevoir de hautes baies à châssis métallique. Les murs pignons sont reconstitués selon leur mise en œuvre d’origine : piles et soubassement en brique, remplissage en moellon. Pour conserver le caractère industriel des lieux, les façades sur les courettes intérieures sont recomposées suivant un rythme d’ossature métallique rapportée et d’habillage en brique de parement. De larges châssis métalliques font entrer la lumière sur les rez-de-chaussée et les niveaux en duplex. L’apport en lumière naturelle est complété par l’insertion de châssis ouvrant de grande dimension sur les pans nord de la toiture en sheds qui étaient à l’origine entièrement vitrés. Dans les courettes, un aménagement de platelage en lames de bois non jointives permet de dissimuler l’ensemble des regards nécessaires aux différents raccordements aux réseaux. Des plantations sont prévues en alternance afin d’agrémenter visuellement les vis-à-vis.
La démolition de la chaufferie permet de dégager l’arrière cour ainsi que les ateliers et la salle des machines sur lesquels elle s’appuyait. Ces espaces redevenus accessibles et lumineux (des baies sont rouvertes en façades) sont transformés en logement. La reprise des façades en brique de l’ancienne salle des machines s’accompagne d’un travail de restauration minutieux : reconstitution des bandeaux de pierre, reprise des baies et conservation des différents éléments métalliques laissés volontairement apparents, dont une petite passerelle réutilisée comme balcon. L’ancienne salle des machines est divisée en trois niveaux et transformée en salles de séjour pour différents appartements. Au dernier étage, les grandes baies cintrées reconstituées à l’identique offrent une vue imprenable sur la rue intérieure et toute la partie nord du site.
Une attention particulière est portée aux espaces extérieurs. La cour de l’ancienne usine est conservée comme axe de circulation et largement mise en valeur : les appentis sont détruits pour dégager l’espace, le sol couvert initialement de matériaux hétérogènes (empiècements de bitume et pavés) est entièrement reconstitué en béton désactivé. Des pavés anciens posés au droit des bâtiments et dans la partie centrale de la cour renforce son aspect de rue, auquel contribue également l’alignement de candélabres. La proposition initiale de l’architecte de ponctuer la cour par une enfilade d’arbres plantés a été écartée afin de préserver l’ambiance industrielle du lieu et d’optimiser la vue sur la passerelle et la cheminée de l’usine. On regrette néanmoins que la mutation de cet ancien îlot industriel clos en espace résidentiel privé fermé aux passants continue à couper le site du reste de la ville.
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Murs
- brique
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Toitsardoise, tuile mécanique
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Étages3 étages carrés, étage de comble
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Couvrements
- charpente en bois apparente
- charpente métallique apparente
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Élévations extérieuresélévation à travées
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Couvertures
- toit à longs pans croupe
- toit à longs pans pignon couvert
- shed
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TypologiesReconversion
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État de conservationétablissement industriel désaffecté
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Statut de la propriétépropriété privée
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Référence MH
- (c) Région Normandie - Inventaire général
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Bibliographie
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REAL, Emmanuelle. Reconversions : l'architecture industrielle réinventée. Rouen : Conseil Régional de Haute-Normandie, coll. Images du patrimoine 281, 2013, 304 p.
p. 92 à 99.
Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, depuis 1992. Spécialité : patrimoine industriel.
Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, depuis 1992. Spécialité : patrimoine industriel.