Photographe à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, de 1981 à 2022.
- patrimoine industriel, patrimoine industriel de l'agglomération d'Elbeuf
- patrimoine industriel, patrimoine industriel reconverti de l'Eure et de la Seine-Maritime
- (c) Région Normandie - Inventaire général
Dossier non géolocalisé
-
Aire d'étude et canton
Seine-Maritime - Elbeuf
-
Commune
Elbeuf
-
Adresse
23 cours Gambetta
-
Cadastre
2022
AM
192
-
Dénominationsmusée, archives, centre de formation
-
AppellationsFabrique des Savoirs
-
Dossier dont ce dossier est partie constituante
-
Parties constituantes non étudiéesatelier de fabrication
L’îlot Gambetta constitue la partie est de l’usine Blin et Blin. Il s’étend sur une parcelle de 4 300 m² bordée par les rues Poussin, Oursel, Gallieni et Gambetta. La quasi-totalité de l'espace est occupée par deux ateliers de fabrication contigus, édifiés à des époques différentes et représentatifs de typologies architecturales bien distinctes. Le premier, construit en 1872 au moment de l’installation de la famille Blin à Elbeuf, est un bâtiment à étages en maçonnerie de brique dont la haute façade vitrée domine l’avenue Gambetta. Sa forme et sa structure sont caractéristiques de l’architecture textile du 19e siècle : un bâtiment étroit et vertical (40 m de long sur 12 m de large et 4 niveaux de grande hauteur), des façades porteuses en brique, une ossature constituée de poutres transversales reprises au centre par des poteaux en fonte au rez-de-chaussée, en bois sur les étages. Initialement dédié au stockage des bobines de fil et au tissage des draps de laine il connaîtra diverses affectations au grès des restructurations de l’usine.
Le second est un immense bâtiment de 3300 m² qui occupe la majeure partie de la parcelle et enserre l’atelier à étages. Il est édifié en 1953 dans le cadre des dommages de guerre d’après les plans de l’architecte parisien A. Langaigne qui applique les principes de l’architecture moderne et de l’architecture industrielle : une structure constituée de poteaux-dalles en béton armé qui libère entièrement les espaces intérieurs et une charpente métallique portant un toit en sheds. Au total, trois niveaux d’atelier bâtis sur un sous-sol que dissimulent des façades en béton et brique rouge semblant quasiment aveugles. La mise en service de cet atelier moderne entraîne une réorganisation de l’activité au sein de l’usine Blin pour y transférer toutes les opérations préparatoires au tissage (dans les étages) et le stockage des fils dans les parties basses.
Après la fermeture de l’entreprise Blin et Blin en 1975, un grand projet de reconversion de l’usine est engagé par la ville en 1979, incluant l’îlot Gambetta. L’atelier des années 1870 est réaménagé en supermarché et en locaux associatifs, celui des années 1950 en parking. La construction d’une rampe d’accès pour les voitures entraine la destruction de deux travées sur la façade ouest du bâtiment moderne. C'est la principale modification apportée à l’existant. Contrairement au programme de logements sociaux réalisé dans la partie centrale de l’usine, la reconversion de l’îlot Gambetta est un échec. Les deux ateliers se retrouvent à nouveaux abandonnés.
En 2004, l’agglomération d’Elbeuf devient propriétaire de l’îlot Gambetta et lance un nouveau projet de restructuration du site. Le programme rassemble au sein d’un même équipement : un pôle de formation réunissant plusieurs organismes, une MJC et un pôle culturel comprenant le musée d’Elbeuf, un centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine et un centre d’archives intercommunales. Le regroupement de ces trois pôles dans un même lieu a plusieurs objectifs : optimiser la fréquentation du site, favoriser les échanges et surtout réaliser des économies d’investissements en mutualisant les moyens. Le nouvel équipement doit investir les deux ateliers, soit une friche de 12 000 m². La pointe nord de l’îlot Gambetta, qui devait accueillir l’office de tourisme (non réalisé), n’est pas concernée.
Cette opération s’inscrit dans la continuité du processus de reconversion de l’usine Blin et Blin amorcé à la fin des années 1970 avec un programme de logements sociaux, suivi de la création de plusieurs équipements publics : une médiathèque en 1989, un IUT en 1999 et une salle de boxe en 2009. Elle montre l’engagement de la collectivité dans la préservation du patrimoine industriel, identitaire du territoire elbeuvien et sa volonté de poursuivre le processus de revitalisation du quartier Blin. En effet, à l’instar des opérations précédentes, la restructuration de l’îlot Gambetta en équipement public mixte, baptisé la Fabrique des savoirs, doit agir au niveau du quartier comme élément moteur et renforcer son attractivité.
A l’issue du concours de maîtrise d’œuvre, le projet est attribué en 2005 au cabinet Archidev qui réalise alors la restructuration du cirque-théâtre d’Elbeuf. Le parti architectural concilie la préservation du patrimoine, la création contemporaine, la dimension environnementale et l’insertion urbaine du nouvel équipement. La complexité du programme nécessite une répartition claire et autonome des trois pôles à l’intérieur des bâtiments mais aussi au niveau du quartier. La MJC est installée à l’extrémité sud de l’atelier moderne, le long de la rue Poussin. Le pôle Formations est implanté à l’est, rue Oursel. Le pôle Culture occupe l’atelier à étages et une grande partie du bâtiment moderne qui lui est adossé. Un jardin intérieur sert de séparateur. A l’intérieur de l’édifice, chaque entité est organisée de façon verticale et dispose de circulations indépendantes. De même, chaque pôle bénéficie d’un accès particulier. Les entrées sont disposées sur les rues Oursel et Gambetta bordant l’îlot à l’est et à l’ouest, afin de favoriser les échanges avec le reste du quartier et donner vie à la rue Oursel jusqu’alors délaissée. Le traitement des abords et notamment du cours Gambetta, principale voie d’accès à la Fabrique des savoirs est inclus dans le programme. La Fabrique des savoirs est inaugurée, après deux ans de travaux, en octobre 2010.
-
Période(s)
- Principale : 1er quart 21e siècle , daté par source
-
Dates
- 2010, daté par source
-
Auteur(s)
- Auteur : architecte signature
-
Auteur :
Agence d'architecture Archidevagence d'architecture signatureAgence d'architecture ArchidevCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
La reconversion de l’atelier à étage en espace culturel a nécessité le remplacement des planchers d’origine et le renforcement de son ossature en bois par moisage de profilés en acier. Au rez-de-chaussée, les poteaux intermédiaires en fonte sont remplacés par des piliers en acier. Ce travail de consolidation permet de satisfaire aux contraintes de portance exigées pour les établissements recevant du public. L’atelier couvert en shed est transformé, côté musée, en zone d'exposition permanente. Sur 1300 m² sont présentées les collections de machines textiles et d'archéologie. Le principe d’aménagement intérieur repose ici sur la mise en valeur de l’architecture industrielle des deux bâtiments : réouverture des communications existantes, transparence, lisibilité des volumes et des matériaux, conservation des sheds et des portées monumentales des poutres en acier. Le visiteur peut ainsi découvrir d’un seul regard tous les espaces d’exposition et apprécier les différentes typologies architecturales du site. Pour répondre aux exigences de conservation du musée, la couverture des sheds est refaite à neuf. Les tuiles d’origine sont remplacées par du bac acier double peau de couleur orange rappelant celle des tuiles. Les nouvelles vitres sont à double vitrage et dotées d’un filtre UV. La restructuration du bâtiment moderne a également imposé le renforcement des fondations et des dalles en béton armé par la pose de plats en fibre de carbone.
Pour préserver l’identité patrimoniale du site industriel d’origine, le projet s’appuie sur la mise en valeur des façades initiales mais s’affranchit d’une conservation à l’identique. Ainsi l’atelier à étages, qui représente le pôle Culture, est amputé d’une travée pour les besoins du projet. En contrepartie, les travées conservées sont soigneusement restaurées. Les maçonneries de briques et têtes de tirants métalliques sont nettoyés. Les baies obstruées au rez-de-chaussée sont restituées. Les fenêtres existantes à petits bois et guillotine sont remplacées, par commodité, par des menuiseries à large châssis en aluminium et double vitrage. Sur les façades de l’atelier moderne, l’intervention concilie restitution et adaptation. Les travées éventrées dans les années 1980, lors du réaménagement du bâtiment en parking, sont reconstruites à l’identique en brique et béton afin de retrouver la composition initiale des façades et de redonner au bâtiment sa symétrie d’origine. Les nouvelles fonctions de bureaux et salles de cours (MJC et pôle Formations) appellent cependant quelques modifications. Les façades d'origine étant quasiment aveugles (exception faite du brise-soleil côté sud), il est impératif de créer des baies afin d’apporter de la lumière à l’intérieur du bâtiment. Au rez-de-chaussée, les espaces entre les poteaux porteurs sont largement vitrés. Il en va de même du brise-soleil en béton filant au premier étage de la façade sud. Sur les faces latérales, des baies verticales sont ouvertes en déposant les remplissages de briques rouges existants. Ces interventions discrètes ne dénaturent ni la modénature et ni les proportions du bâtiment mais renforcent au contraire le rythme répétitif des façades.
-
Murs
- brique
- béton béton armé
-
Toitstuile mécanique, acier en couverture, verre en couverture
-
Étages2 étages carrés
-
Couvrements
- charpente métallique apparente
- charpente en béton armé apparente
-
Élévations extérieuresélévation à travées
-
TypologiesReconversion
-
État de conservationétablissement industriel désaffecté
-
Statut de la propriétépropriété publique
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Métropole Rouen Normandie
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Métropole Rouen Normandie
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Métropole Rouen Normandie
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Métropole Rouen Normandie
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Métropole Rouen Normandie
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Métropole Rouen Normandie
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Métropole Rouen Normandie
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Métropole Rouen Normandie
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Métropole Rouen Normandie
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Métropole Rouen Normandie
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Métropole Rouen Normandie
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Métropole Rouen Normandie
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Métropole Rouen Normandie
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Métropole Rouen Normandie
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Métropole Rouen Normandie
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Métropole Rouen Normandie
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Métropole Rouen Normandie
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Métropole Rouen Normandie
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Métropole Rouen Normandie
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
Bibliographie
-
REAL, Emmanuelle. Reconversions : l'architecture industrielle réinventée. Rouen : Conseil Régional de Haute-Normandie, coll. Images du patrimoine 281, 2013, 304 p.
p. 252-259.
Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, depuis 1992. Spécialité : patrimoine industriel.
Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, depuis 1992. Spécialité : patrimoine industriel.