Dossier d’œuvre architecture IA76003423 | Réalisé par
Real Emmanuelle (Contributeur)
Real Emmanuelle

Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, depuis 1992. Spécialité : patrimoine industriel.

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  • patrimoine industriel, patrimoine industriel de l'agglomération d'Elbeuf
  • patrimoine industriel, patrimoine industriel reconverti de l'Eure et de la Seine-Maritime
Salle de boxe et bureaux - reconversion de l'usine Blin et Blin
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Normandie - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Seine-Maritime - Elbeuf
  • Commune Elbeuf
  • Adresse 40 rue Poussin
  • Cadastre 2022 AM 171

Cet immense atelier de tissage entièrement reconstruit dans les années 1950 est inscrit dans la grande opération de reconversion de l’usine menée par l’OPAC à la demande de la ville au début des années 1980 après la fermeture de l'usine. Le projet architectural du cabinet Reichen et Robert, chargé de l'opération, réduit de 60% sa surface au sol afin de créer un espace public ouvert (la place des Rataqueux) et une aire de stationnement. Les quatre travées de sheds conservées doivent quant à elles devenir un parking couvert.

En 1987, la ville d’Elbeuf rachète le bâtiment à l’OPAC pour lui trouver une réutilisation plus rentable : une petite partie accueille la maison des Syndicats et le reste est loué comme local de stockage à la Société TTE (Transformation de Textiles Enduits) jusqu’à son départ au début des années 2000.

En 2006, la communauté d’agglomération d’Elbeuf propose une nouvelle reconversion du bâtiment, qui est alors en grande partie désaffecté. Le projet porte sur un double programme : la création d’une salle de boxe dans la partie ouest du bâtiment et la restructuration des bureaux intersyndicaux existants, suivant une nouvelle affectation des espaces, dans sa partie est.

A l’issue du concours de maîtrise d’ouvrage, le projet architectural de l’agence Antistatik (Clara Brander) est retenu. Celui-ci prévoit le traitement global de l’enveloppe du bâtiment et des interventions distinctes pour les aménagements intérieurs.

A l'issue des travaux, en 2009, le bâtiment abrite une salle de boxe de 558 m² et des bureaux sur 433 m2. Le coût de l'opération s'est élévé à 900 000 € HT.

Cet ancien atelier de tissage en béton couvert en shed est reconstruit dans les années 1950 sur le même modèle et la même emprise de l'atelier précédent servant de filature. Pour sa reconversion en salle de boxe et bureaux, l’agence Antistatik chargée du projet prévoit le traitement global de l’enveloppe du bâtiment et des interventions distinctes pour les aménagements intérieurs.

Les façades et toitures existantes sont conservées et mises en valeur afin de préserver l’aspect industriel du bâtiment et l’homogénéité du quartier Blin. Les accès aux différentes structures (salle de sports et bureaux) s’effectuant par la rue Poussin, la façade du bâtiment à cet endroit fait l’objet d’un traitement particulièrement soigné. Les travaux de rénovation (par sablage, rejointoiement et imperméabilisation du mur) révèlent les modénatures et décors de briques bicolores d’origines, identiques aux bâtiments voisins. Les larges baies et portes créées dans les encadrements existants ouvrent cette façade, initialement aveugle, sur l’espace urbain, sans modifier le rythme des travées.

La conservation des sheds pour assurer l’éclairage zénithal des espaces intérieurs constitue une priorité du projet. Les défauts d’étanchéité nécessitent cependant une réfection complète de la couverture. La pente sud des sheds est reconstituée en réutilisant les tuiles existantes et équipée de panneaux photovoltaïques pour produire une partie des besoins énergétiques de la salle de boxe. Cette intervention s’inscrit dans une démarche HQE.  La pente nord des sheds est dotée d’un vitrage en polycarbonate, léger, quasiment incassable et transparent. Enfin, le maintien du mur en brique sur la rue Poussin nécessite la modification du premier shed et l’installation d’un châssis de contreventement.

Les aménagements intérieurs prévoient, dans la partie ouest du bâtiment, des bureaux conçus sur le principe de bureaux-boîtes (sans couvercle). La partie est accueillant la salle de boxe fait quant à elle l'objet de transformations minimales hormis la création côté sud d’une mezzanine servant d’espace d’accueil qui utilise le dénivelé du terrain entre les façades sud et nord. L'activité sportive nécessite la reprise du sol en béton avec un revêtement antidérapant dont la couleur bleue affirme la nouvelle identité du lieu. Les éléments techniques, comme les panneaux radiants et les câblages, sont délibérément laissés apparents et détachés de la structure et des plafonds. Cette reconversion en salle de boxe, pour le moins inattendue, est d'autant plus réussie qu’elle s’appuie sur une intervention architecturale volontairement minimaliste qui optimise l’adéquation entre le programme et le bâtiment existant.

  • Murs
    • béton
    • brique
  • Toits
    tuile mécanique, verre en couverture
  • Étages
    en rez-de-chaussée
  • Couvrements
    • charpente en béton armé apparente
  • Couvertures
    • shed
  • Typologies
    Reconversion
  • État de conservation
    établissement industriel désaffecté
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • CREMNITZER, jean-Bernard, DUCROUX, Michel. Référentiel reconversion du patrimoine industriel. Rapport, Département de la Seine-Saint-Denis, Direction de la culture, du patrimoine, du sport et des loisirs, Service du patrimoine culturel, 2010, 40 p.

    p. 33 à 38

Bibliographie

  • REAL, Emmanuelle. Reconversions : l'architecture industrielle réinventée. Rouen : Conseil Régional de Haute-Normandie, coll. Images du patrimoine 281, 2013, 304 p.

    p.226 à 229
Date(s) d'enquête : 2013; Date(s) de rédaction : 2015
(c) Région Normandie - Inventaire général
Real Emmanuelle
Real Emmanuelle

Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, depuis 1992. Spécialité : patrimoine industriel.

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