Dossier d’œuvre architecture IA14000955 | Réalisé par
Lecherbonnier Yannick
Lecherbonnier Yannick

Chercheur à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Basse-Normandie de 1982 à 2001. Spécialité : patrimoine industriel. Chef du service Régional de l'Inventaire de Basse-Normandie de 2001 à 2016, puis de Normandie jusqu'en 2018.

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Dupont Stéphanie
Dupont Stéphanie

Chercheuse à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Basse-Normandie, puis de Normandie, depuis 2010. Spécialité : patrimoine industriel.

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  • patrimoine industriel, patrimoine industriel de l'arrondissement de Caen
minoterie Ch. Anger et L. Solange, puis E. et J. Lemanissier, puis Lemanissier, Dupuis et Cie, puis AMO - Moulin de Calix, actuellement Axiane
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Normandie - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Calvados - Caen
  • Hydrographies l' Orne
  • Commune Caen
  • Adresse 19 avenue Victor Hugo
  • Cadastre 2015 LZ 13, 16, 17
  • Dénominations
    minoterie
  • Appellations
    Ch. Anger et L. Solange, E. et J. Lemanissier, Lemanissier, Dupuis et Cie, AMO - Moulin de Calix, Axiane
  • Parties constituantes non étudiées
    atelier de fabrication, silo, magasin industriel, atelier de réparation, bureau, logement de contremaître

Associés dans la société "Ch. Anger et L. Solange" constituée le 20 avril 1881, Charles Anger et Léon Solange font édifier, à proximité du canal, une minoterie à meules, autorisée le 27 avril 1882 et entraînée par une machine à vapeur. Peu de temps après son lancement, la production est stoppée le 13 octobre par un incendie qui ravage les bâtiments. Reconstruite selon autorisation du 11 décembre 1883, la minoterie est remontée selon un système à cylindres par le constructeur Teisset de Chartres. Désignée dès le début du 20e siècle comme la minoterie la plus importante du département, elle développe une capacité d'écrasement quotidienne de 500 quintaux en 1915, date à laquelle Edmond et Joseph Lemanissier succèdent à leur oncle, Charles Anger, seul propriétaire depuis la mort de Solange en 1892. Les farines, produites par une trentaine d'employés, sont alors commercialisées dans le Calvados, la Manche et au marché du Havre. En 1926, Jean Dupuis, ingénieur Arts et métiers diplômé de l'Ecole nationale supérieure de meunerie, est intégré au personnel. Nommé directeur, il fait procéder à la construction d'un nouveau silo à blé en 1928, achevé l'année suivante, à la modernisation du système de nettoyage l'année suivante, puis fait renouveler l'ensemble de l'équipement de production du moulin trois ans plus tard. L'entreprise Teisset-Rose-Brault procède à l'installation de 32,50 m de cylindres, de 10 plansichters et de 5 sasseurs doubles mus par électricité, permettant d'atteindre une capacité d'écrasement de 600 quintaux par jour en 1936 (contingent de 152 537 quintaux). La minoterie est presque entièrement détruite par les bombardements alliés du 13 juin 1944. Sa reconstruction est conçue autour du silo de 1928, seul bâtiment encore en place, et suivant l'implantation de la future voie ferrée. La construction des premiers bâtiments est confiée à l'ingénieur-conseil A. Valès, celle du moulin et des magasins est réalisée par l'entreprise H. Rabot et B. Dutilleul (Nord, 59, Croix) et s'achève en 1948 (date portée). Le matériel est reconstitué à l'identique par la SOCAM (Société de construction d’appareils de meunerie) mais bénéficie d'un système de convoyage pneumatique. L'entreprise prend à cette époque la raison sociale "Lemanissier, Dupuis et Cie". En 1952, l'établissement est doté d'une station d'étuvage, destinée à l'exportation des farines et permettant de conquérir des marchés en Angleterre, en Pologne, à Ceylan ou dans les colonies françaises. Quatre ans plus tard, une unité de fabrication d'aliments pour bétail est implantée. La capacité d'écrasement atteint les 800 quintaux quotidiens en 1958, l'activité occupant 41 personnes. Au milieu des années 1960, un nouveau silo à farine est édifié par l'entreprise Lapouza et Brisson, puis un silo à blé par Ruffa. Le nombre des appareils à cylindres est de 17 en 1972, alors que celui des plansichters est réduit à 5. Un changement de direction est opéré avec l'entrée au capital du groupe meunier breton Celbert en 1986, également acquéreur des Moulins de Saint-Gabriel à Saint-Gabriel-Brécy. Les deux minoteries sont regroupées au sein de l'Association des moulins de l'Ouest (AMO). L'année suivante seul le site de Caen, baptisé "Moulin de Calix", est conservé pour la production en raison de ses capacités de stockage et de son embranchement ferroviaire. Une partie des machines de Saint-Gabriel-Brécy y est alors transférée ; la capacité d'écrasement monte à 2 800 quintaux par jour. Un magasin pour l'ensachage est construit en 1990, les silos sont agrandis cinq ans plus tard. En juillet 2008, le groupe AMO est acquis par Axéréal et rejoint sa filiale meunière Axiane. L'équipement est alors principalement constitué de machines de marque Bühler (Suisse), dont trente appareils à cylindres et quatre plansichters. En 2009, 47 personnes travaillent à la minoterie.

Anciennement desservis par une voie ferrée longeant l'avenue Victor-Hugo, les bâtiments de la minoterie s'étendent sur plus de 7 700 m2. Celui des bureaux situé à gauche de l'entrée, et, face à lui, les magasins et le moulin sont édifiés en briques sur une ossature de béton, alors que les silos et les cages d'escaliers sont traités en béton enduit. Eclairés par de larges baies et couverts de toits en terrasse, le magasin comporte cinq étages carrés et l'atelier de fabrication six, soulignés par des bandeaux de béton non saillants au niveau des nez-de-planchers. Au centre du moulin, une cage d'escalier et d'ascenseur donne d'un côté accès aux espaces de nettoyage et de préparation du blé, de l'autre aux machines de transformation et au laboratoire. Les quais de chargement sont protégés par de larges auvents de béton. S'ajoutent à cet ensemble six silos de 110 tonnes et deux de 25 tonnes pour le stockage du blé, dix silos de 120 tonnes, huit de 60 tonnes et deux de 50 tonnes (destinés au tirage en sac) servant aux farines. Donnant sur la rue Dumont d'Urville, un fournil a été construit pour permettre les essais de cuissons.

  • Murs
    • brique
    • béton béton armé
    • béton enduit
    • essentage de tôle
  • Toits
    tuile mécanique
  • Étages
    sous-sol, 1 étage carré, 5 étages carrés, 6 étages carrés
  • Couvertures
    • terrasse
    • toit à longs pans pignon découvert
    • toit à longs pans croupe
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre
  • Autres organes de circulation
    ascenseur
  • Énergies
    • énergie thermique produite sur place
    • énergie électrique achetée
    • énergie électrique produite sur place
  • État de conservation
    bon état
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Éléments remarquables
    machine énergétique (étudiée dans la base Palissy), machine de production (étudiée dans la base Palissy)

Cette minoterie, encore en service, représente l'un des plus anciens sites de production de Caen. Elle reste l'une des dernières activités de la presqu'île de Caen, début de la zone portuaire.