Photographe à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, de 1975 à 2021.
- patrimoine industriel, patrimoine industriel de l'agglomération d'Elbeuf
- patrimoine industriel, patrimoine industriel protégé MH
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Archives municipales d'Elbeuf
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Seine-Maritime - Elbeuf
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Commune
Elbeuf
-
Adresse
2 rue aux Boeufs
-
Cadastre
1831
D
574
;
1992
AH
80, 154, 160
;
2022
AH
80, 154, 255
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Dénominationstissage, usine d'apprêt des étoffes
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Précision dénominationtissage de laine
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Appellationsmanufacture Petou, usine Bellest Clarenson et Lebret s.a., usine Barbedienne et Cie, usine Clarenson
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Destinationsimmeuble à logements
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Parties constituantes étudiées
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Parties constituantes non étudiéescheminée d'usine, bureau, cour, magasin industriel, chaufferie, salle des machines
L’origine de cet établissement drapier remonte au XVIIIe siècle avec la construction d’une importante manufacture de drap de laine, dédiée au tissage, autour de laquelle va progressivement se développer l’activité. Au début du XIXe siècle, ce tissage appartient au fabricant Georges-Paul Petou, originaire de Louviers, qui devient maire d’Elbeuf en 1823 et est élu député de la Seine-Inférieure de 1824 à 1839. Sous son impulsion, l’établissement est agrandi et mécanisé : un atelier de filature est adjoint au tissage et une machine à vapeur d’une puissance de 20 cv est installée sur le site. Elle est alimentée par une chaudière d'une capacité de 20, 971 m3. La cheminée en brique, symbole de cette modernisation, est encore en place aujourd’hui.
L'inventaire après décès de Georges-Paul Petou, enregistré et déposé chez maître Barrabé, notaire à Elbeuf, par acte du 5 Juin 1849, décrit le site ainsi : l’usine est constituée de "2 grands corps de bâtiments avec les cours y tenant à usage de fabrique de draps, d’atelier, d'habitation avec pompe à feu et autres machines servant à l'exploitation du dit fonds, situés à Elbeuf, rue de l'Hospice et des Echelettes, contenant ensemble 20 ares 33 centiares formant les parcelles 570, 571, 573 et 574, section D du plan cadastral". L’ensemble ayant été acquis pendant mariage, c'est à dire postérieurement à 1806, date à laquelle il épousa Elisabeth Constance Bourdon. Il est regrettable que les héritiers "connaissant parfaitement la situation des affaires du défunt et en quoi consistait sa fortune, ne jugèrent point à propos de faire d’inventaire", document qui aurait donné une description détaillée des différents bâtiments et équipements de l'usine.
Le folio 1518 de la matrice cadastrale des propriétés bâties de 1831 à 1882 confirme que Georges-Paul Petou est propriétaire d'une "fabrique avec sol et cour" sur les parcelles 573 et 574, section D. Cette fabrique est, avant même son décès, louée à MM. Osmont et Boinard pour la somme annuelle brute de 9 000 F.
En 1853, Edmond Bellest reprend l’exploitation de l’établissement et lui donne une nouvelle impulsion : des bâtiments à usage d’atelier, de bureau et de magasin industriel sont édifiés le long de la rue aux Bœufs. En 1855, l'usine compte 200 ouvriers travaillant en atelier contre 150 travaillant au dehors.
En 1880, son successeur Henri Bellest s’associe à MM. Clarenson et Lebret pour assurer l'exploitation de l'usine. L’activité, cantonnée jusqu’alors à la fabrication d’articles unis tels que les draps d’uniforme, est réorientée vers la production de tissus pour la mode dit « nouveautés ». Le succès que rencontrent leurs articles nouveautés (primés à plusieurs reprises lors d’expositions internationales ou universelles comme celles de d'Amsterdam en 1883 et de Paris en 1889) entraine le développement de l’entreprise. Une partie de la production est exportée vers les marchés étrangers notamment l'Extrême-Orient. En 1889 est établie une liste des établissements industriels d'Elbeuf dans laquelle les associés déclarent employer 368 ouvriers dans l'usine de la rue aux Bœufs. Il est fait état, dans le registre des patentes de 1900 pour la seule activité de filature (de laine cardée), de l'utilisation de 400 broches occupant 55 ouvriers.
Au début du XXe siècle, la société Bellest, Clarenson et Lebret possède 3 usines à Elbeuf, figurant en entête de leur papier à lettre. L’usine primitive, spécialisée dans le tissage et les apprêts emploie alors 360 ouvriers. En 1909, trois chaudières sont déclarées, alimentant les trois machines à vapeur dédiées à chaque activité (filage, tissage, apprêt). La maison Bellest, Clarenson et Lebret devient une société anonyme en 1914. En 1930, l'usine dispose de 18 machines à fouler et laver.
Au lendemain de la Première Guerre mondiale, le site est racheté par la société Barbedienne et Cie. Elle y emploie encore 250 ouvriers en 1946, mais l’effectif décline régulièrement jusqu'à la fermeture définitive de l’usine en avril 1961.
Abandonnée pendant près de trente ans, la manufacture Petou est dans un état de délabrement avancé et vouée à la démolition, lorsque la ville d’Elbeuf, particulièrement attachée à son patrimoine industriel, en fait l’acquisition en 1989 en vue d’une réutilisation hypothétique (en local associatif, musée, centre d’archives…). L’édifice est confié à une association de sauvegarde du patrimoine, le Centre d’Histoire Sociale, qui entreprend le dégagement de l’ossature et la restauration de la façade principale dans le cadre d’un chantier d’insertion. L’opération lancée en 1991est brutalement interrompue faute de moyen financier et de réel projet de reconversion. En janvier 1994, la manufacture et la cheminée qui lui est attenante sont inscrites, en totalité, à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques. Les travaux engagés précédemment restent néanmoins suspendus et aucun projet de réutilisation ne voit le jour.
En 2005, plus de dix ans après l’arrêt du chantier de restauration, émerge enfin un projet de reconversion.
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Période(s)
- Principale : 18e siècle , daté par travaux historiques
- Principale : 19e siècle , daté par travaux historiques
L'édifice d'origine qui s'étend sur la parcelle 574 de la section C du cadastre napoléonien se compose de deux parties : la partie Ouest, correspondant à la portion située sur la parcelle 154, section AH du cadastre actuel, était déjà transformée en logement avant l’étude d’Inventaire et fortement remaniée, n’est pas concernée le projet de protection au titre des Monuments Historiques.
La partie Est qui nous intéresse s'étend sur 240,5 m2 (37 m de long sur 6,5 m de large). Elle occupe la parcelle 80, section AN du cadastre actuel. Il s’agit d’un bâtiment construit en pan de bois hourdis de brique, sur un sous-bassement de brique et s’élevant sur 3 étages carrés surmontés d'un grenier-étente. Sa façade longue de 18 travées est éclairée par une cinquantaine de baies rectangulaires et cintrées à l'étage de comble (dont bon nombre semblent d'origine). Les allèges des fenêtres ont en général des décharges en croix de Saint-André et en chevron au 3e étage. Les poteaux de fond s'arrêtent au 3e étage et sont repris par des poteaux plus minces ce qui pourrait indiquer une 2e campagne de construction et expliquerait la différence de traitement des allèges des deux derniers niveaux.
A l'origine la façade du bâtiment était recouverte d'un essentage en ardoise. Cette disposition fonctionnelle protégeait des intempéries les façades les plus exposées. L’extrémité Est du bâtiment a été modifiée, notamment sur les 3 premiers niveaux, afin de construire les locaux maçonnés abritant la chaudière et la machine à vapeur. Alors gue l'ensemble est construit en brique, le niveau de soubassement est en grand appareil calcaire. Il s'agit vraisemblablement d'un réemploi.
Attenante à cette partie la cheminée en brique d'une quinzaine de mètres de hauteur est toujours en place. Le choix d'un bâtiment très long à étage est une réponse fonctionnelle aux nécessités de la production textile et aux conditions techniques de cette activité au XVIIIe siècle puis au XIXe siècle : chaque niveau est consacré à une étape de fabrication (tissage séchage des draps dans le grenier étente). La longueur de l'édifice répond, elle aussi, aux exigences de l'activité : pour placer d'abord les diverses mécaniques (métiers et tables) qu'il faut à cette fabrication, puis pour tendre des pièces d'étoffe pouvant mesurer plusieurs dizaines de mètres. Le besoin d'éclairer chaque métier de tisserand explique le nombre important des baies en façade Sud du bâtiment, la façade Nord étant aveugle. L'énergie vapeur introduite dans l'entreprise Petou dans la 1ere moitié du XIXe siècle, n'apporte pas de modification architecturale notable de la façade du bâtiment. C'est toute fois à la même époque que l'édifice est exhaussé de 2 étages.
L'arrivée de l'énergie vapeur se manifeste plus spécifiquement par l'édification d'une chaufferie, d'une salle abritant la machine à vapeur (occupant la partie remaçonnée sur les 2 premiers niveaux du bâtiment) et d'une cheminée. Dans le bâtiment, la transmission de la force s'effectue par un arbre vertical mu par la machine à vapeur. Cet arbre principal actionne à tous les étages par le moyen de renvoi d’angle des arbres de transmission horizontaux qui distribuent la force aux divers métiers par l'intermédiaire de poulies et de courroies.
Durant la seconde moitié du XIXe siècle l'usine est augmentée d'un bâtiment à usage de conciergerie, de bureaux et de magasin industriel, construit en brique bicolore et charpente métallique, sur un étage couvert d’un toit en pavillon, qui occupe la parcelle 255, section AH du cadastre actuel.
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Murs
- brique
- bois pan de bois
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Toitstuile mécanique
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Étages3 étages carrés, étage de comble
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Couvrements
- charpente en bois apparente
- charpente métallique apparente
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Élévations extérieuresélévation à travées
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Couvertures
- toit à longs pans pignon couvert
- toit en pavillon
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Escaliers
- escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours sans jour en charpente
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Énergies
- énergie humaine produite sur place
- énergie thermique produite sur place
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TypologiesReconversion
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État de conservationétablissement industriel désaffecté, restauré
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Statut de la propriétépropriété privée
propriété de la commune
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Intérêt de l'œuvreà signaler
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Éléments remarquablesatelier de fabrication, cheminée d'usine
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Protectionsinscrit MH, 1994/01/13
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Précisions sur la protection
Protection de l'atelier et de la cheminée, à l'exclusion de la partie réhabilitée (cad. AH 80)
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Référence MH
L'atelier de fabrication est construit en pan de bois avec un comble est à usage de grenier étente.
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Archives départementales de Seine-Maritime
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Bibliothèque municipale de Rouen
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Archives municipales d'Elbeuf
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Archives municipales d'Elbeuf
- (c) Région Normandie - Inventaire général
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- (c) Région Normandie - Inventaire général
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Documents d'archives
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Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 8 M 45
AD Seine-Maritime. Série M ; sous-série : 8 M 45. Rapport du Comité cantonal d'Elbeuf à la commission impériale d'exposition universelle de Paris de 1855.
Renseignements relatifs aux établissements Bellest Edouard. -
Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 8 SP
AD Seine-Maritime. Série S ; sous-série : 8 SP. Registre des déclarations d'appareils à vapeur depuis mars 1865 à février 1889.
N°1046, déclaration de chaudière, 1879. -
Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 8 SP
AD Seine-Maritime. Série S ; sous-série : 8 SP. Registre des déclarations d'appareils à vapeur, février 1900 à mai 1913.
N°1577, déclaration de chaudière, 1900. -
Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 8 SP
AD Seine-Maritime. Série S ; sous-série : 8 SP. Registre des déclarations d'appareils à vapeur, février 1900 à mai 1913.
N°2848 à 1850, déclaration de chaudières, 1909. -
Archives municipales, Elbeuf : 2 F 213
AM Elbeuf. Série 2 F. Sous-série 2 F 213. Etablissements industriels, liste rédigée en 1889.
Nombre d'ouvriers, 1889 -
Archives municipales, Elbeuf : G 1284
AM Elbeuf. Série G. Sous-série G 1284. Matrice des contributions foncières mobilières, registre des patentes de 1900.
Nombre d'ouvriers et machines en place, 1900. -
Archives municipales, Elbeuf : G 1309
AM Elbeuf. Série G. Sous-série G 1309. Matrice des contributions foncières mobilières, registre des patentes de 1930.
Nombre d'ouvriers et machines en place, 1930. -
Archives municipales, Elbeuf : J 1344
AM Elbeuf. Série J. Sous-série J 1344. Relative à l'hygiène publique et la salubrité de la ville, autorisation d'appareils à vapeur pour les divers industries elbeuviennes (1830-1855).
Autorisation pour chaudière et machine à vapeur, 1853.
Bibliographie
-
DAUMAS, Maurice. L'archéologie industrielle en France. Paris : Robert Laffont, Coll. Les hommes et l'histoire, 1980, 463 p.
p. 284 -
Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : F 480
HERICOTTE, Edith. Elbeuf, cité du drap. Rapport de stage aux Anciens Etablissements Bellest, Clarenson et Lebret. Ecole Supérieure de Commerce, 1946, 75 p.
-
L'histoire de l'industrie et du commerce en France, l'effort économique français contemporain. Paris : ed d'Art et d'Histoire, 1923.
p. 41-42 -
REAL, Emmanuelle. Elbeuf, ville drapière. Connaissance du patrimoine de Haute-Normandie. Inventaire Général ADAGP. Collection Itinéraires du Patrimoine n° 50 (revu et augmenté), 2004, 64 p.
-
REAL, Emmanuelle. L’industrie et la ville : l’exemple d’Elbeuf XVIIe-XXe siècles. In : La draperie en Normandie du XIIIe siècle au XXe siècle. Mont-Saint-Aignan : Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2003, p. 407-428.
Périodiques
-
Bibliothèque municipale, Rouen
L'Illustration économique et financière, n° spécial Seine Inférieure, 1923, p. 81-88
p. 128 -
A. B. Elbeuf...en bref. Paris-Normandie, 03/05/1991.
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AVENEL, Y., BURCHELL, C. Les cités normandes du draps Elbeuf-Louviers. In: La Revue de Rouen, n° 10, 8e année, 1956, pp. 8-30.
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REAL, Emmanuelle, WALLEZ, Elisabeth. Du repérage à la protection. In : Bulletin de la Société d’Histoire d’Elbeuf, 1993, p. 25-30.
Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, depuis 1992. Spécialité : patrimoine industriel.
Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, depuis 1992. Spécialité : patrimoine industriel.