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laminoir-tréfilerie des Fonderies de Romilly, puis scierie de la société les Bois Utiles, dite usine de Besle

Dossier IA27002684 réalisé en 2016

Fiche

Œuvres contenues

Précision dénominationlaminoir de laiton
tréfilerie de laiton
Appellationsusine de Besle, usine des Bois Utiles
Destinationslogement
Parties constituantes non étudiéesatelier de fabrication, bâtiment d'eau, bief de dérivation, vanne
Dénominationslaminoir, tréfilerie, scierie, usine de bimbeloterie
Aire d'étude et cantonbassin hydrographique de l'Andelle - Romilly-sur-Andelle
Hydrographiesbief de dérivation l'Andelle
AdresseCommune : Romilly-sur-Andelle
Lieu-dit : Le Grand Moulin
Cadastre : 1835 B 756 ; 2018 AD 340

L'usine de Besle est fondée en 1816 à l'emplacement du grand moulin à foulon dit de Hollande ou de Besle (qui lui donnera son nom) créé en 1713 par les frères Lancelevée et racheté en 1792 par la société des fonderies de Romilly, lui même construit à l'endroit du moulin à blé du Pré attesté dès le XIIe siècle comme propriété de l’abbaye de Lyre.

L'usine de Besle est la troisième unité de production mise en place par cette société. Elle comprend, à ces débuts, un laminoir double entraîné par deux roues hydrauliques de 4 pieds de largeur (soit 1,20 m) développant chacune une puissance de 20 CV. C'est là que sont laminées les plaques de cuivre et de laiton produites dans l'usine initiale de Perpignan. En 1819, pour augmenter sa capacité de production, l'usine de Besle est dotée d'une troisième roue hydraulique. L'installation de ce nouveau moteur permet de développer l'activité de tréfilage en complément du travail de laminage. Les deux activités sont menées conjointement sur le site jusqu'en 1833, date à laquelle le laminage est abandonné. L'usine de Besle se consacre alors exclusivement au tréfilage du laiton pour la production d'épingles. Comme les autres unités de production qui constituent les Fonderies de Romilly, elle est réglementée par l'ordonnance royale de 22 janvier 1843.

L'activité de tréfilage du laiton y perdure jusqu'en 1896, lorsque la société Létrange qui a succédé à la société des Fonderies de Romilly en 1857, arrête définitivement le travail du métal non ferreux et met en vente les six unités de production encore en fonctionnement bien que très vétustes.

L'usine de Besle est aussitôt rachetée par Clérisse Barette, un entrepreneur issu d'une longue lignée de foulonniers implantés dans la basse vallée de l'Andelle qui possède encore plusieurs moulins à foulon établis à Romilly-sur-Andelle, notamment au hameau des Moulins Pouchet. Clérisse Barette fait également l'acquisition auprès de la société Létrange de l'usine de Repainville.

Après plusieurs années de chômage, il transforme l'ancienne tréfilerie non pas en foulon mais en scierie et en confie l'exploitation à Auguste Nicolas. L'usine est partiellement détruite par un incendie en 1908. Elle est reconstruite rapidement et équipée d'une machine à vapeur pour compléter l'unique roue hydraulique encore en place. En 1912, Gaston Barette (fils) loue la scierie à un charpentier, Frédéric Miché qui y développe la fabrication de caisses et de cannes, ces dernières étant commercialisées à Paris. L'usine est finalement rachetée par la société Miché et Cie à la fin des années 1920, et Frédéric Miché assure la direction de l'entreprise jusqu'en 1936.

L'usine reste peu active jusqu'en 1941 date à laquelle Gaston Philbert, entrepreneur de construction métallique à Pont-Saint-Pierre s'associe à Maurice Cavelier, directeur de production de la filature de coton Levavasseur, pour racheter bâtiments et machines en place. L'acte de vente est signé le 14 décembre 1941 chez Maître Séguret, notaire à Pont-Saint-Pierre. Dans la foulée, les deux associés fondent une société anonyme au capital de 500 000 F, baptisée Les Bois Utiles, qui a pour objet "toutes les opérations se rattachant soit directement, soit indirectement au commerce et à l’industrie du bois tant en France qu’à l’étranger".

Après l'incendie de la filature Levavasseur en 1946, Maurice Cavelier se retrouve au chômage et décide de prendre la direction de la scierie. On y fabrique alors toutes sortes de caisses en bois (clayettes, caissettes, caisses à poisson…), mais aussi de la boissellerie (escabeaux, boîtes aux lettres…). Au milieu des années 1950, l'activité occupe une trentaine d’ouvriers. Après le décès de Maurice Cavelier en 1970, sa veuve confie la gérance de la société à M. Devilliers. La scierie fonctionne encore une dizaine d'années avant que M. Devilliers ne la loue à son tour à un marchand de bois. Une grande partie des bâtiments est alors détruite.

L'atelier de découpe qui subsiste aujourd'hui est transformé en logement. Le bâtiment d'eau et la roue hydraulique sont toujours en place.

Période(s)Principale : 1er quart 19e siècle , daté par travaux historiques
Principale : 1er quart 20e siècle , daté par travaux historiques
Principale : 3e quart 20e siècle , daté par travaux historiques
Dates1816, daté par travaux historiques
1819, daté par travaux historiques
1909, daté par travaux historiques
Auteur(s)Personnalité : société des Fonderies de Romilly propriétaire, commanditaire attribution par source
Personnalité : société Létrange et Cie propriétaire attribution par source
Personnalité : MM. Miché et Cie propriétaire attribution par source

L'atelier subsistant consiste en un vaste bâtiment en brique de type halle construit en rez-de-chaussée et disposant d'une grande hauteur sous sa charpente en bois apparente. Subsiste également le bâtiment d'eau abritant la roue hydraulique qui lui est accolé.

Mursbrique
Étagesrez-de-chaussée
Couvrementscharpente en bois apparente
Couverturestoit à longs pans pignon couvert
Énergiesénergie hydraulique produite sur place roue hydraulique verticale
État de conservationremanié
Statut de la propriétépropriété d'une personne privée
Éléments remarquablesmachine énergétique (étudiée dans la base Palissy)

Annexes

  • Détail des sources.

    Plan de la tréfilerie et du laminoir de cuivre jaune dits établissements du Besle avec les roues existante et la roue projetée, 1816.

    AD Eure. 19 S 2.

    Plan du moulin à foulon dit de Hollande appartenant aux Fonderies de Romilly avec projet de nouvelle usine, laminoir, destinée à travailler le cuivre jaune, 1816.

    Conversion du moulin à foulon dit de Hollande en laminoir : ce moulin est directement en aval du Moulin de M. Chardon (un des moulins Pouchet).

    AD Eure. 18 S 53.

    Arrêté préfectoral, 20 février 1817.

    Autorisant la conversion du moulin à foulon dit de Hollande (disposant d’une roue seulement) en un laminoir double mis en activité par deux roues de 4 pieds de largeur chacune et destiné à travailler le cuivre jaune. Cette conversion suppose la reconstruction complète du moulin. La retenue des eaux et leur volume, la dimension et hauteur du déversoir, vannes de coursier et de décharge sont quant à eux inchangés.

    AD Eure. 18 S 53.

    AD Eure. 19 S 2.

    Plan détaillé de l’usine de Besle à usage de laminoir et tréfilerie avec le projet d’adjonction d’une troisième roue hydraulique, 3 octobre 1819.

    AD Eure. 18 S 53.

    Ordonnance royale, 20 septembre 1820.

    Autorisant l’établissement d’une 3e roue de 4 pieds de largeur au laminoir double qui a remplacé le moulin de Hollande.

    AD Eure. 18 S 53.

    Rapport du Capitaine Morin sur la Reconnaissance d’itinéraire (routier) de Rouen à Paris, 1825.

    « La belle fonderie de cuivre de Romilly située sur la rivière de l’Andelle entre les communes de Pont-Saint-Pierre et Pitres au pied de la côte des Deux Amants, créée en 1782 par le Sieur Camus de Limare pour les fournitures de la Marine, formée en compagnie en 1785, s’est successivement étendue, et aujourd’hui c’est la plus considérable en France dans son genre. Elle occupe en longueur un espace d’1 km, contient dans son emplacement les quatre différents ateliers propres à fondre et travailler le cuivre…. (tous mus par la rivière Andelle).

    La quatrième chute (qui entraine l’usine dite de Besle) fait tourner :

    -2 grandes roues qui donnent le mouvement à un laminoir simple où se laminent les bandes de cuivre pour les fils.

    -2 fonderies pour le fil de laiton

    -16 tenailles et 2 tambours de tréfilerie

    -1 grosse cisaille pour couper le cuivre

    On fabrique principalement dans cette tréfilerie le fil pour les épingles.

    Le fil de laiton se lamine d’abord en longues bandes minces qui sont passées à la fenderie pour être séparées en lanières étroites afin de passer à la filière et d’y prendre la forme d’un fil rond.

    Archives de l’Armée – Vincennes

    Mémoire ampliatif, 2 décembre 1833.

    Présenté par les propriétaires des Fonderies de Romilly. Ces derniers rappellent qu’ils ont changé en 1816 la destination du moulin dit de Hollande et bâti une grande tréfilerie de laiton à la place.

    AD Eure. 19 S 2.

    Section : B

    N° du plan : 743-756

    Lieu-dit : le grand moulin

    Edifice : fabrique de talon (hangar, outillage fixe, cheminée)

    Propriétaire : Albert Lancelevée

    Revenu :

    Obs : nouvelle construction en 1903, incendie de l’usine en 1908 – usine avec machine à vapeur reconstruite en 1910

    AD Eure. 3 P 7-799 Cadastre Romilly 1834

    Pétition par la Compagnie des Fonderies, avril 1838.

    Demandant la reconstruction des usines dite de Besle, des Ponts et du Perpignan

    AD Eure. 18 S 53.

    Plan du moulin du Besle actuellement à usage de tréfilerie, 24 août 1838.

    AD Eure. 18 S 53.

    Pétition des administrateurs des Fonderies, 27 avril 1838.

    Demandant l’autorisation à reconstruire les barrages de trois de leurs usines de Perpignan, des Ponts et du Besle.

    AD Eure. 18 S 53.

    Ordonnance royale, 22 janvier 1843.

    Titre en vertu duquel la société anonyme des Fonderies de Romilly est autorisée à maintenir en activité les 8 usines qu’elle possède dans la commune

    AD Eure. 18 S 53.

    AD Eure. 19 S 2.

    Lettre de MM. Létrange et Cie au Préfet de l’Eure, 14 novembre 1892.

    Déclarant qu’ils possèdent une chaudière locomobile provenant du constructeur Calla à Paris installée dans leur atelier de réparation, une chaudière à vapeur dans leur atelier de tréfilerie provenant des ateliers Renaux et Bonpain de Rouen, une chaudière à vapeur dans leur atelier des Tuyaux soudés provenant des ateliers Calla à paris, d’une chaudière à foyer amovible dans leur atelier d’emboutissage provenant des ateliers Renaux et Bonpain et d’une chaudière mi fixe tubulaire provenant des ateliers Chaligny et Guyot à Paris dans leur atelier de laminage.

    AD Eure. 5 M 310.

    Situation en 1896 :

    A cette date la société Létrange et Cie a mis en vente les différentes usines que regroupaient les fonderies de Romilly et celles-ci sont devenues propriétés de 5 industriels ayant des intérêts opposés.

    L’usine Besle est rachetée par Barette Ainé et exploitée par Auguste Nicolas.

    AD Eure. 18 S 53.

    Plan de situation des usines dites Moulins Pouchet, de Repainville, le Besle, des deux Amants, Bétille et des Ponts sur l’Andelle et des moulins Cabot et de la Nation sur une dérivation, 3 juin 1901.

    AD Eure. 19 S 2.

    Plan général des usines de Romilly, 1/2000e, 22 mars 1912.

    AD Eure. 18 S 53.

    Plan détail des usines de Romilly, 22 mars 1912.

    AD Eure. 18 S 53.

    Plan de situation des usines dites des deux Amants, Bétille et des Ponts sur l’Andelle et du moulin de la Nation sur une dérivation, 19 juillet 1913.

    AD Eure. 19 S 2.

    État récapitulatif des usines hydrauliques existantes au 31-12-1926.

    Usine Besle ou Hollande, Miché et Cie, autorisée par ordonnance du 22 janvier 1843, 0,89 m de hauteur de chute, 26 kw de puissance brute.

    AD Eure. 1 J 465.

    Étude ADEME, 2000

    Transmission mécanique en bon état, servant il y a quelques années pour actionner de façon mécanique les machines de la scierie.

    Coll. JM Pingault

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Eure. Série S. Sous-série 18 S : 18 S 53. Cours d'eau et usines hydrauliques. Rivière de l'Andelle. Romilly-sur-Andelle.

    Plan du moulin à foulon dit de Hollande appartenant aux Fonderies de Romilly avec projet de nouvelle usine (laminoir) destinée à travailler le cuivre jaune, 1816.
  • AD Eure. Série S ; sous-série 19 S : 19 S 2. Cours d'eau et usines hydrauliques. Rivière de l'Andelle.

    Plan de la tréfilerie et du laminoir de cuivre jaune dits usine de Besle avec les roues existantes et la roue projetée, 1816.
  • AD Eure. Série S ; sous-série 19 S : 19 S 2. Cours d'eau et usines hydrauliques. Rivière de l'Andelle.

    Arrêté préfectoral, 20 février 1817.
  • AD Eure. Série S. Sous-série 18 S : 18 S 53. Cours d'eau et usines hydrauliques. Rivière de l'Andelle. Romilly-sur-Andelle.

    Arrêté préfectoral, 20 février 1817.
  • AD Eure. Série S. Sous-série 18 S : 18 S 53. Cours d'eau et usines hydrauliques. Rivière de l'Andelle. Romilly-sur-Andelle.

    Plan détaillé de l’usine de Besle à usage de laminoir et tréfilerie avec le projet d’adjonction d’une troisième roue hydraulique, 3 octobre 1819.
  • AD Eure. Série S. Sous-série 18 S : 18 S 53. Cours d'eau et usines hydrauliques. Rivière de l'Andelle. Romilly-sur-Andelle.

    Ordonnance royale, 20 septembre 1820.
  • Archives de l’Armée. Vincennes. Rapport du Capitaine Morin sur la Reconnaissance d’itinéraire (routier) de Rouen à Paris, 1825.

    Reconnaissance d’itinéraire (routier) de Rouen à Paris, 1825.
  • AD Eure. Série S ; sous-série 19 S : 19 S 2. Cours d'eau et usines hydrauliques. Rivière de l'Andelle.

    Mémoire ampliatif, 2 décembre 1833.
  • AD Eure. Série P ; Sous-série 3 P : 3 P 7 799. Romilly-sur-Andelles. Matrices, registre des augmentations et diminutions.

    Section B, parcelles 743-756.
  • AD Eure. Série S. Sous-série 18 S : 18 S 53. Cours d'eau et usines hydrauliques. Rivière de l'Andelle. Romilly-sur-Andelle.

    Pétition de la société des Fonderies de Romilly, avril 1838.
  • AD Eure. Série S. Sous-série 18 S : 18 S 53. Cours d'eau et usines hydrauliques. Rivière de l'Andelle. Romilly-sur-Andelle.

    Plan du moulin du Besle actuellement à usage de tréfilerie, 24 août 1838.
  • AD Eure. Série S. Sous-série 18 S : 18 S 53. Cours d'eau et usines hydrauliques. Rivière de l'Andelle. Romilly-sur-Andelle.

    Pétition des administrateurs des Fonderies de Romilly, 27 avril 1838.
  • AD Eure. Série S ; sous-série 19 S : 19 S 2. Cours d'eau et usines hydrauliques. Rivière de l'Andelle.

    Ordonnance royale, 22 janvier 1843.
  • AD Eure. Série S. Sous-série 18 S : 18 S 53. Cours d'eau et usines hydrauliques. Rivière de l'Andelle. Romilly-sur-Andelle.

    Ordonnance royale, 22 janvier 1843.
  • AD Eure. Série M ; Sous-série 5 M : 5 M 310. Établissements industriels, dangereux et insalubres. Appareils à vapeur.

    Lettre de MM. Létrange et Cie au Préfet de l’Eure, 14 novembre 1892.
  • AD Eure. Série S. Sous-série 18 S : 18 S 53. Cours d'eau et usines hydrauliques. Rivière de l'Andelle. Romilly-sur-Andelle.

    Situation en 1896.
  • AD Eure. Série S ; sous-série 19 S : 19 S 2. Cours d'eau et usines hydrauliques. Rivière de l'Andelle.

    Plan de situation des usines dites Moulins Pouchet, de Repainville, le Besle, des deux Amants, de Bétille et des Ponts sur l’Andelle et des moulins Cabot et de la Nation sur une dérivation, 3 juin 1901.
  • AD Eure. Série S. Sous-série 18 S : 18 S 53. Cours d'eau et usines hydrauliques. Rivière de l'Andelle. Romilly-sur-Andelle.

    Plan général des usines de Romilly-sur-Andelle, 1/2000e, 22 mars 1912.
  • AD Eure. Série S. Sous-série 18 S : 18 S 53. Cours d'eau et usines hydrauliques. Rivière de l'Andelle. Romilly-sur-Andelle.

    Plan détaillé des usines de Romilly-sur-Andelle, 22 mars 1912.
  • AD Eure. Série S ; sous-série 19 S : 19 S 2. Cours d'eau et usines hydrauliques. Rivière de l'Andelle.

    Plan de situation des usines dites des deux Amants, de Bétille et des Ponts sur l’Andelle et du moulin de la Nation sur une dérivation, 19 juillet 1913.
  • AD Eure. Série J ; Sous-série 1 J : 1 J 465. État récapitulatif des usines hydrauliques existantes au 31/12/1926 dans l’Eure.

    Usine Besle ou de Hollande, Miché et Cie propriétaire.
Bibliographie
  • SYNDICAT INTERCOMMUNAL DU BASSIN DE L'ANDELLE. Plan Pluriannuel de Restauration et d'Entretien de l'Andelle et de ses affluents 2015-2019. 369 p.

    p. 32-35 (ROE 542)
(c) Région Normandie - Inventaire général (c) Région Normandie - Inventaire général - Real Emmanuelle
Real Emmanuelle

Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, depuis 1992. Spécialité : patrimoine industriel.


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