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hôpital de la Marine et de la Guerre, puis centre hospitalier des armées René Lebas, actuellement centre administratif

Dossier IA50001349 réalisé en 2006

Fiche

Œuvres contenues

Appellationsde la Marine et de la Guerre, centre hospitalier des armées René Lebas
Dénominationshôpital
Aire d'étude et cantonCherbourg-Octeville - Cherbourg
AdresseCommune : Cherbourg-Octeville
Adresse : 61 rue de l'
Abbaye
Cadastre : 2008 BH 374

La nécessité de disposer à Cherbourg d'un vaste hôpital militaire, capable d'accueillir les malades des troupes en garnison à l'arsenal et ceux des navires de la flotte française, est ressentie dès le dix-huitième siècle. A la fin de la Révolution, une telle institution est installée dans l'abbaye du Voeu, acquise par la Marine le 20 octobre 1791. L'ancien ensemble monastique, abandonné par les bénédictins depuis 1774, s'avère cependant trop petit et peu adapté. On projette donc en 1821 de construire à son emplacement un nouvel hôpital. En 1841 une étude est menée par l'ingénieur des Ponts et Chaussées Méry pour l'implanter dans l'arsenal, mais ce projet est abandonné après la révolution de 1848. Ce n'est finalement que le 9 août 1858, que l'empereur Napoléon III ordonne, lors de sa venue au port de Cherbourg, la construction d'un nouvel hôpital mixte de la Marine et de la Guerre, situé hors des terrains militaires. Neuf hectares sont acquis dans ce but en 1859 tandis qu'une commission élabore le programme précis de cette construction. Celle-ci s'appuie sur les établissements de Brest et de Rochefort, sur celui de Lariboisière à Paris ainsi que sur les réalisations antérieures de l'ingénieur Méry. Se basant sur ses recommandations, l'ingénieur des Ponts et Chaussées Pasquier-Vauvilliers réalise les plans. Il propose de construire un grand bâtiment, dit de l'administration, relié par des passerelles métalliques à quatre pavillons qui lui seraient perpendiculaires. Ils seraient complétés par des promenoirs, par le bâtiment des bains et par la chapelle. Ce grand complexe pourrait accueillir environ mille deux cents patients. Pour des raisons budgétaires, le comte de Chasseloup-Laubat, ministre de la Marine, décide que seuls deux pavillons seront construits, seules les fondations des deux autres étant mises en place. Le chantier débute au milieu de l'année 1865. Les travaux sont réalisés par les entrepreneurs Jules Bataille pour les objets métalliques et A. Courtignon puis Etienne-Dominique Montagnan pour les autres lots. Les ingénieurs des Ponts et Chaussées Brosselin puis Lestelle sont chargés du contrôle. Le 15 février 1869 la moitié est de l'hôpital est inaugurée et jugée apte à accueillir plusieurs centaines de malades en attendant l'achèvement complet des travaux. Ceux-ci sont terminés au mois de juin 1871. Le besoin d'un espace réservé aux malades contagieux se faisant sentir, un baraquement est installé sur la moitié sud des fondations du pavillon est prévu par Pasquier-Vauvilliers. Un édifice définitif est construit en deux campagnes pour le remplacer, en 1905-1907 et en 1909-1910. Conçus sous la direction de l'ingénieur des Ponts et Chaussées Paul Minard, directeur des Travaux Hydrauliques et futur concepteur du port en eau profonde de Cherbourg, il renferme quatre salles strictement isolées. Celles-ci ne sont cependant pas jugées suffisantes et, en 1911-1912, on ajoute un autre bâtiment sur les fondations ouest, réalisant ainsi l'ensemble du plan initialement prévu. On construit à la même époque, dans la cour ouest, une salle d'opérations. Durant la Première Guerre mondiale, l'hôpital accueille un total de 49 000 soldats blessés ou malades. Après la fin de la guerre, le rez-de-chaussée de l'aile ouest du bâtiment administratif est entièrement remanié pour accueillir le service de radiologie. De 1940 à 1944, les médecins de l'hôpital civil de Cherbourg, le service de Santé de la Marine, et celui de la Luftwaffe se partagent l'édifice. L'hôpital est désaffecté en 2002 et occupé depuis par divers services administratifs.

Période(s)Principale : 3e quart 19e siècle
Secondaire : 20e siècle
Dates1865, daté par source, porte la date
Auteur(s)Auteur : Brosselin Gustave Pierre
Brosselin Gustave Pierre (1832 - )

Date de retraite : 1902.

Source : Archives nationales de France consulté le 5 octobre 2017, Ministère des travaux publics, Ingénieurs des Ponts-et-Chaussées (1748-1932), Inventaire-index (F/14/11466), URL : http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr/chan/chan/fonds/edi/sm/sm_pdf/F14%20Ingenieurs%20Ponts.pdf


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ingénieur civil attribution par source
Auteur : Lestelle Alfred Charles
Lestelle Alfred Charles (1843 - 1910)

Né le 3 avril 1843 à Mulhouse (Haut-Rhin), son père Thomas également ingénieur civil. 1863 : École Polytechnique. 1865 : Ecole des Ponts et Chaussées. Il débute à Metz, puis après 1870, à Cherbourg. Détaché à la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest, il s’occupe de la construction de plusieurs lignes.

Sources consultés le 9 novembre 2017 :

Site internet de l’École centrale École polytechnique, Anciens élèves, URL : http://bibli-aleph.polytechnique.fr/F/?func=find-b&request=LESTELLE+Alfred+Charles+1863&find_code=WPE&adjacent=N&local_base=BCXC2

Site internet de l’École nationale des Ponts et Chaussées, Liste générale des élèves du corps et des élèves civils de l’École des ponts et chaussées 1744-1930, URL : http://chaire-ville.enpc.fr/sites/default/files/eleves_corps_civils_courspreparatoires_1744_1930_maj06.07.2016.pdf.


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ingénieur des Ponts et Chaussées attribution par source
Auteur : Méry de Bellegarde Edouard Henri François
Méry de Bellegarde Edouard Henri François (1805 - 1866)

Né le 6 mai 1805 à Mondaye (seine-et-Maritime), date de décès à vérifier. 1823 : École Polytechnique. 1825-1826 : École des Ponts et Chaussées. 1845 : ingénieur ordinaire faisant fonction d'ingénieur en chef. 1846 : ingénieur en chef, sous-directeur des travaux hydrauliques, membre de la Société académique de Cherbourg. Publie un mémoire en 1840 intitulé "Sur l’équilibre des voûtes en berceau" (Annales des Ponts et Chaussées, 1840, vol. 1, p. 51-70, Gallica). Retraite le 13 mai 1865. Frère de Amédée-Louis (1802-1866), également ingénieur des Ponts et Chaussées.

Sources consultées le 9 novembre 2017 :

Almanach royal et national pour l'année 1845, Paris : Chez A. Guyot et Scribe, 1845, ouvrage numérisé par Google, p. 178 ; 1846, p. 185.

Marthe Felletin, Inventaire-index des ingénieurs des Ponts-et-Chaussées, Paris : Archives nationales de France, 1993, 2008, p. URL : http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr/chan/chan/fonds/edi/sm/sm_pdf/F14%20Ingenieurs%20Ponts.pdf.

Site internet de l’École nationale des Ponts et Chaussées, Liste générale des élèves du corps et des élèves civils de l’École des ponts et chaussées 1744-1930 et des élèves des cours préparatoires 1875-1920, URL : https://www.enpc.fr/download/152794.

Autres sources :

Site internet de Bestrema, consulté le 9 novembre 2017, URL : http://bestrema.fr/epure-de-mery/.


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ingénieur des Ponts et Chaussées attribution par source
Auteur : Pasquier-Vauvilliers Jean Baptiste Félix
Pasquier-Vauvilliers Jean Baptiste Félix (1820 - )

Ingénieur en chef de première classe des Ponts et Chaussées, adjoint à l'inspection générale des travaux maritimes, Pasquier-Vauvilliers est désigné en qualité de Commissaire au gouvernement, pour assister le ministre de la Marine et des colonies devant la Chambre des députés et devant le Sénat, dans la discussion du projet de loi relatif à la création d'un port à la Pointe-des-Galets (Ile de la Réunion) et à l'établissement d'un chemin de fer reliant ce port à Saint-Pierre et à Saint-Benoît. Date de retraite : 26 mai 1885.

Sources :

Site internet Mnesys, L'Union républicaine du Finistère, 7 février 1877, consulté le 6 octobre 2017, URL : http://mnesys-viewer.archives-finistere.fr/accounts/mnesys_cg29/datas/medias/collections/bibliotheque/presse/4MI077/FRAD029_4MI_077_1877_02_02_001_1877_02_28_004.pdf.

Archives nationales de France consulté le 6 octobre 2017, Ministère des travaux publics, Ingénieurs des Ponts-et-Chaussées (1748-1932), Inventaire-index, cote : F/14/2294/2.


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ingénieur civil attribution par source
Auteur : Minard Paul
Minard Paul (1858 - 1941)

Source :

Site internet Académie de marine consulté le 6 octobre 2017, URL : http://www.academiedemarine.com/refondateurs/Minard.php.


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Personnalité : Bonaparte Charles-Louis-Napoléon
Bonaparte Charles-Louis-Napoléon (1808 - 1873)

Empereur sous le nom de Napoléon III (1851-1870).


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Personnalité : Chasseloup-Laubat Prosper de
Chasseloup-Laubat Prosper de (1805 - 1873)

Justin Napoléon Samuel Prosper, comte, puis 4e marquis de Chasseloup-Laubat, né à Alexandrie (Italie) le 29 mai 1805 et mort à Versailles (Yvelines) le 29 mars 1873. Ministre de la marine et des colonies du 24 novembre 1860 à 1869.


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Auteur : Bataille Jules entrepreneur attribution par source
Auteur : Courtignon Alexandre
Courtignon Alexandre (1827 - 1890)

Né le 29 septembre 1827 à Paris. Décédé le 24 février 1890 à Cherbourg. Marié le 16 décembre 1851 avec Adèle Huet (1830-1892) à Chartres. Entrepreneur de l'église Notre-Dame-du-Voeu, Cherbourg.

Source : site internet Geneanet, consulté le 9 novembre 2017, URL : https://gw.geneanet.org/pdelaubier?lang=fr&n=courtignon&nz=de+laubier&ocz=0&p=alexandre&pz=pierre.


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Auteur : Montagnan Etienne-Dominique entrepreneur attribution par source

L'hôpital maritime est organisé selon un plan en grille. Au nord, parallèlement à la rue de l'Abbaye, prend place le grand bâtiment d'administration, long de 202 mètres, dont la façade de style éclectique s'inspire des réalisations de la Renaissance italienne et de l'architecture classique française. Au sud, séparée de ce dernier par la rue Basse, une grande cour centrale est bordée sur ses quatre côtés par deux grands « pavillons de malades », le bâtiment des bains et la chapelle. Des galeries de circulation encadrent le jardin intérieur qui s'y trouve. Trois passerelles métalliques couvertes relient cet ensemble au grand bâtiment administratif. De part et d'autre les deux derniers « pavillons de malades » forment deux cours latérales. Celle qui se trouve à l'est est divisée en plusieurs espaces par des murs. L'autre est en grande partie occupée par le pavillon Kedraudren.

Murscalcaire pierre de taille
granite pierre de taille
schiste moellon enduit
Toitardoise
Plansplan symétrique
Étagessous-sol, 3 étages carrés, étage de comble
Couvrementscharpente métallique apparente
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Couverturestoit à deux pans
toit brisé en pavillon
dôme polygonal
Escaliersescalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours en charpente métallique
escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours
Jardinsparterre de gazon
État de conservationdésaffecté
Techniquesferronnerie
sculpture
Représentationsarmoiries
Précision représentations

Le pavillon central du bâtiment d'administration est couronné sur sa façade principale, au nord, par un fronton. En son centre prennent place les armoiries de l'Empire, encadrées par les attributs de la Marine et de la Guerre.

L'hôpital maritime de Cherbourg, unique survivant des hôpitaux de port du XIXe siècle, depuis la disparition de Clermont-Tonnerre à Brest et Saint-Mandrier à Toulon, se signale par son organisation, son plan réfléchi et structuré. Il marque un moment de la réflexion sur la conception de l'hôpital. Celle-ci inclut la recherche d'une plus grande fonctionnalité, d'un plus grand confort de vie du malade, et l'apparition des théories hygiénistes qu'illustre la présence des promenoirs. L'ensemble est également à signaler dans l'histoire des techniques en raison de l'utilisation du fer dans les charpentes et de la fonte dans les escaliers. Enfin, son environnement est globalement très peu modifié, étant uniquement entamé par l'adjonction d'extensions dans une cour intérieure ou en bordure du parc.

Statut de la propriétépropriété publique
Intérêt de l'œuvreà signaler
(c) Région Normandie - Inventaire général (c) Région Normandie - Inventaire général - Faisant Etienne - Allavena Stéphane
Allavena Stéphane

Chercheur (Conservateur du patrimoine) à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Basse-Normandie de 2005 à 2012, en charge de l'étude sur la ville de Cherbourg-Octeville (Manche).


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