L'abbé Godefroy fait appel à la manufacture de Choisy-le-Roi, dirigée par Georges Bontemps. Ce dernier confie à Henri Gérente le soin de dessiner les premières verrières, commandées pour le chœur. Les trois premiers vitraux sont posés le 28 Septembre 1842. En novembre-décembre, les cinq baies de l'abside sont livrées, ainsi que les premiers personnages en pied des fenêtres hautes de la nef, exécutés par Gérente. Le résultat déçoit l'abbé Godefroy qui rompt sa collaboration avec Gérente en mai 1843. Le suisse Gaspard Gsell, alors cartonnier à Choisy-le-Roi, se voit confier la relève.
Après l'achèvement de l'édifice, l'abbé Godefroy prend la décision de remplacer trois baies du sanctuaire et passe commande à Gaspard Gsell qui a fondé son propre atelier en 1847 et reprit la clientèle de vitraux de la manufacture de Choisy-le-Roi, désormais fermée. Les baies sont posées entre 1851 et 1853. Il faut donc distinguer l'artiste Gsell, affilié à la manufacture de Choisy-le-Roi, qui correspond à la deuxième phase du chantier des vitraux après Gérente, avant la troisième phase du chantier, l'achèvement par l'atelier Laurent & Gsell, de Paris, où le même Gaspard Gsell travaille en tant qu'artiste.
La baie d'axe, l'Arbre de Jessé, offerte en 1842 par le marquis de Belbeuf, est récupérée en 1859 et installée dans huit baies de sa chapelle, qui deviendra par la suite l'église paroissiale Notre-Dame de Belbeuf, Seine-Maritime. Les baies 1 et 2 qui la flanquaient trouvent place dans l'église de Falaise, Calvados, en 1875 (voir annexe).
repères chronologiques :
1842 à 1848 : réalisation des vitraux par Bontemps & Lemoine, Choisy [3]
1842, novembre-décembre : pose de cinq baies de l'abside, Arbre de Jessé, puis des premiers personnages en pied des fenêtres hautes de la nef, exécutés par Gérente.
1843, mai : suite au désaccord de Godefroy, changement du référent vitrail de Choisy, Gaspard Gsell remplace Gérente.
1844 : exécution des vitraux du chœur, début de la construction des figures de la haute-nef, puis des bas côtés, par Gsell (avec l'aide d'Arthur Martin, pour l'ornementation des motifs des fonds). Le vitrail de la Sainte-Vierge (Baie 7), déjà exécuté, est exposé à l'Exposition des Produits de l'Industrie française, Paris [4]. Pour le dessin de ce vitrail, Gsell est associé à Jean Étienne Frédéric Giniez (1813–1867).
1849 à 1858 : fin du chantier et restauration de certaines fenêtres par l'atelier Laurent & Gsell, Paris [5].
1849 mars 30 : livraison de quatre fenêtres des bas-côtés.
1851 décembre 12 : pose d'une fenêtre du sanctuaire, Arbre de Jessé, en remplacement de celle de Gérente.
1853 juillet 27 : pose de deux fenêtres du sanctuaire en remplacement de celles de Gérente.
août 12 : restauration d’une rosace.
octobre 19 : restauration de dix fenêtres, endommagées par la grêle.
1912 : dégâts : des voleurs brisent des vitraux suite intrusion dans église [6]
19 avril 1944 : "tempête" durant la nuit, qui ravage les vitraux (souffle du bombardement ?).
1950 : restauration de tous les vitraux sous la direction des architectes MM. Lagnel et Lecerf ; travaux confiés au maître-verrier rouennais Jean-Baptiste Devisme (1884-1954) [7]. Contexte : occasion de la fin de restauration des vitraux, suite aux ravages de la nuit 19 avril 1944. Difficultés de restauration : tous cartons disparus ; reconstitution entière de plusieurs médaillons [8].
1993 : Demande de protection grillagée des vitraux bas par le conservateur régional des M.H. Yves Lescroart. Demande de subvention, restauration confiée à M. Barre, maître verrier à Amiens, et devis par l'entreprise Blondel (métallerie). Egalement pour vitraux sacristie [10].
NOTES
[3] Archives Diocésaines, Carton n°4 Cahier de comptabilité du chantier, commande des vitraux
[4] BONTEMPS, Georges, Exposition de 1844. Verrerie-Cristallerie de Choisy-le-Roi. Rapport présenté à MM. les membres du Jury de l’exposition des produits de l’industrie, Paris, impr. de Ducessois, 1844, p. 9-10.
[5] Archives Diocésaines, Carton n°4 Cahier de comptabilité du chantier, commande des vitraux.
[6] « Dépêche de notre correspondant de Rouen », Le Petit Journal, 25 février 1912.
[7] Base répertoire peintres-verrier Marie Savoldelli.
[8] MILLERET, R.-G., « À Bonsecours, les vitraux de la basilique retrouvent leur splendeur. Voici leur curieuse histoire », s. n., 2 août 1950. vu dans les A. D.
[9] M.P.P., Charenton, Archives des Monuments Historiques, Dossier des édifices de Seine-Maritime protégés au titre des M.H., Bonsecours, Basilique Notre-Dame, D/1/76/5-3.
[10] Idem.
Doctorante contractuelle en première année (en 2024), sous contrat OPUS-Observatoire des Patrimoines de l’Alliance Sorbonne Université. Thèse, sous la direction de Jean-François Luneau : porte sur la carrière de Georges Bontemps (1799-1883) et sur l’histoire de la manufacture de verre de Choisy-le-Roi.
Préalablement : Recherches sur le peintre et maître-verrier Richard Burgsthal (1884-1944) dans le cadre des mémoires de master sous la direction de Jérémie Cerman et Michel Hérold.
Travail sur les vitraux de la cathédrale Notre-Dame de Paris dans le cadre du chantier scientifique piloté par le CNRS, suite à l’incendie survenu en avril 2019.