La verrière est offerte par une famille pour remercier le Sacré-Coeur de sa protection, suite au retour de cinq fils, rescapés de la Première Guerre mondiale.
Le vitrail s'inspire d'un lavis de l’illustrateur A. de Linay publié sous forme de planche (n° 963) sous le titre Pour la Foi, le Droit et la Justice ! par Letaille et Boumard fils, éditeurs pontificaux (Chéron, Delauney 2018). L’atelier Lorin de Chartres promeut le modèle en le déclinant et en le modifiant à l’envi entre 1917 et 1932. Les registres de l’atelier mentionnent des «œuvres patriotiques» pour le remploi de la scène et un support de type pantographe (1924, n° 3377), laissant supposer que la vignette a été redessinée afin d’être transposée à différentes échelles grâce à cet ingénieux procédé.
Les vitraux, pour semblables qu’ils puissent paraître, ne sont jamais identiques. Les fonds végétaux, les bordures et les motifs centraux offrent une grande variété de combinaisons,permettant de proposer au commanditaire une œuvre «unique», bien qu’issue d’une grande série (voir Villiers-sous-Mortagne (Orne, IM61004011) ; Pleines-Œuvres (Calvados) ; Giéville (Manche, IM50002673) et Créteville (Manche, IM50002670). Gasville (Eure-et-Loir), Planguenoual (Côtes-d’Armor), constituent également des exemples intéressants, hors Normandie.
Responsable du service éducatif de l'Inventaire Basse-Normandie de 2007 à 2018. Recherches (Master2) sur les vitraux commémoratifs de la Première Guerre mondiale.