Dossier d’œuvre objet IM50002672 | Réalisé par
Delauney Sophie
Delauney Sophie

Responsable du service éducatif de l'Inventaire Basse-Normandie de 2007 à 2018. Recherches (Master2) sur les vitraux commémoratifs de la Première Guerre mondiale.

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Duplessis Marie
Duplessis Marie

Etudiante du Master II Histoire spécialité métiers du patrimoine historique et culturel, Université de Caen Normandie, stagiaire du 2 mars au 30 juin 2015. Chercheuse associée pour le Centre André Chastel (CNRS) de 2015 à 2016, spécialité vitrail. Chargée de projets pour la Région Normandie depuis 2020.

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Aubin Lucas (Contributeur)
Aubin Lucas

Etudiant Sciences Po Aix (2024-2025), stagiaire Inventaire.

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  • recensement du vitrail
  • enquête thématique régionale, vitraux commémoratifs et ex voto de la guerre de 1914-1918
Ensemble de 2 verrières mixtes et commémoratives de la guerre de 1914-1918 : Vierge consolatrice et Pour l'Humanité et la patrie
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Normandie - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Manche - Val-de-Saire
  • Commune Fermanville
  • Emplacement dans l'édifice Baies 15 et 16 (nef)
  • Dénominations
    verrière
  • Titres
    • Vierge consolatrice
    • Pour l'humanité et la patrie
  • Appellations
    de la guerre de 1914-1918

Le projet d'acquérir pour l'église deux verrières en souvenir des morts de la guerre fut présenté aux habitants de Fermanville le jour de la cérémonie d'inauguration du monument aux morts communal, le 28 juillet 1921. L'abbé Edmond Lesseaux, curé de Fermanville, ouvrit une souscription qui permit rapidement de passer commande à la maison Merklen d'Angers. Parmi les modèles que lui proposa l'atelier, l'abbé choisit le tableau de William-Adolphe Bouguereau représentant la Vierge Consolatrice (musée des Beaux-Arts de Strasbourg), oeuvre présentée au Salon des Beaux-Arts de 1877 (le sujet de la toile lui avait été inspiré par la mort de son fils), ainsi que la célèbre peinture de Jean-Joseph Weerts intitulée Pour l'Humanité et la Patrie également présentée au Salon en 1895 (lieu de conservation inconnu). Les deux vitraux furent posés en mai et bénis en septembre 1922. Ils inauguraient un programme de remplacement de toutes les baies de l'église par des vitraux figuratifs. Fortement détériorés par les bombardements de 1944, ils furent restaurés par Maurice Bordereau, repreneur de l'atelier Merklen puis Desjardins en 1934.

  • Période(s)
    • Principale : 2e quart 20e siècle
  • Dates
    • 1922
  • Stade de création
    • copie
  • Lieu d'exécution
    Commune : Angers
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Merklen Georges
      Merklen Georges

      Source : DELAUNEY Sophie. Inventaire critique des vitraux commémoratifs de la Première Guerre mondiale en Basse-Normandie, volume 1, master 2 Histoire de l'Art, 2014-2015.

      Ancien élève de l'École nationale des Beaux-Arts de Paris, décoré de la croix de guerre, Georges Merklen (1889-1925) reprend en 1919 le fonds de l’atelier angevin Clamens. Il connait un essor rapide, obtenant des commandes dans tout le Grand Ouest, grâce à une stratégie publicitaire agressive (un encart publicitaire est diffusé chaque semaine dans le quotidien Ouest-Éclair). Fort de son succès, il s’associe avec l'architecte André Mornet pour créer sur Angers un « consortium des artisans de l'art sacré » regroupant vitrail, mobilier, statuaire, mosaïque, fresques et architecture. En novembre 1923, il poursuit son expansion en rachetant l'atelier et toute la clientèle de François Haussaire, maître-verrier parisien. Il espère ainsi pénétrer le marché parisien qui lui reste fermé. Il participe en 1925 à l'exposition des Arts décoratifs où il présente l’une de ses plus belles œuvres exécutée au Djebel-Kouif, pour la chapelle construite par la Société des Phosphates de Constantine. En 1925 il décède brusquement à 36 ans et son atelier est repris par un architecte diplômé, Roger Desjardins, lui aussi ancien élève de l'École nationale des Beaux-Arts. Desjardins réutilisera quelque temps, en les réactualisant sensiblement, certains cartons de Merklen : celui du soldat mourant soutenu par deux camarades devant le Christ sur la croix exécuté par Desjardins pour l’église de Saint-Maur (Cher) reprend la composition générale de la verrière exécutée par Merklen à deux reprises dans la Manche, pour les églises Saint-Germain d’Héauville et Saint-Martin d’Isigny-le-Buat.

      Merklen fut particulièrement sollicité pour des commandes commémoratives, pour lesquelles il proposait des formules académiques parfaitement dans le goût de la France rurale : les plus courues étaient les verrières mixtes, comme à la Ferté-Frênel où il exécuta trois verrières en 1923 dans le cadre du programme décoratif, confié à Louis Barillet, de la chapelle dédiée aux victimes de la guerre. Outre un Saint Sébastien et une scène du Martyre de saint Etienne, Merklen réactualisa pour le vitrail de la guerre le thème de la Vierge de Pitié : figurée à mi-corps, de face, elle soutient un soldat mort, relevant de sa main gauche le coin du drapeau tricolore qui enveloppe la dépouille. L’inventaire général de Picardie a recensé une œuvre presque identique dans l’église de Genvry. Merklen proposait également des verrières-tableau traitées dans la grande tradition figurative, comme celle de Ducey qui réinterprète sans grande originalité le thème du soldat mourant recevant d’un aumônier militaire les derniers sacrements. Toutefois, le dessin traité dans une veine assez naïve et l’exécution sont de grande qualité : la composition s’équilibre d’une alternance de verticales et d’horizontales, la scène est animée d’une dynamique créée par des formes modelées à la grisaille légère et soulignées par un réseau de plomb assez lâche ; enfin les couleurs nuancées et chatoyantes n’occultent pas la lumière, donnant à l’ensemble une impression de grande douceur. À noter que Merklen devait probablement dessiner les visages des soldats à partir de photographies, tant ils paraissent réalistes. Le verrier avait fait sienne la technique de la copie, proposant aux commanditaires de faire leur choix à partir de reproductions d’œuvres célèbres : l’abbé Edmond Lesaulx, qui lui commanda deux verrières-souvenir pour l’église de Fermanville, opta ainsi pour la célèbre gravure de Weert Pour l’humanité et la Patrie, ainsi que pour la Vierge consolatrice de Bouguereau. En moins de 10 ans, Merklen s’est imposé dans tout le Grand Ouest comme l’un des maitres du vitrail commémoratif.

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      peintre-verrier
    • Auteur de la source figurée : d'après, peintre
    • Auteur de la source figurée :
      Weerts Jean-Joseph
      Weerts Jean-Joseph

      Peintre français d'origine belge.

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      d'après, peintre

Les deux baies sont en plein cintre.

  • Catégories
    vitrail
  • Structures
    • baie libre, en plein cintre
  • Matériaux
    • verre transparent, peint, grisaille sur verre
    • plomb, réseau
  • Iconographies
    • scène, trône, femme, enfant, mort Vierge
    • scène, apparition, soldat, Première Guerre mondiale, agonie, cheval, drapeau Christ en croix
  • Précision représentations

    Les deux baies sont cernées d'une large bordure composée de feuillage, entourant une scène dans la partie supérieure de la baie, complétée en bas par la liste de soldats tués au combat avec une inscription commémorative. Baie 15 : la Vierge de douleur, assise sur un trône orné d'une croix, console une femme effondrée sur ses genoux. A leurs pieds repose le corps sans vie d'un jeune enfant. A l'arrière-plan, paysage désolé et ciel animé de flammes. Baie 16 : apparition du Christ en croix à un soldat tombé à terre, mourant sur le champ de bataille. Le cuirassier, dont la jambe gauche est coincée sous son cheval mort, porte le pantalon rouge groseille des premiers mois de la guerre. Dans un dernier souffle, il brandit fièrement le drapeau tricolore. En arrière-plan, ciel sombre et tourmenté.

  • Inscriptions & marques
    • dédicace
    • signature
    • date
  • Précision inscriptions

    Transcription baie 15 : "C. GOSSELIN / A. GUERARD / S. GUERRAND / G. HAUTUT / A. LECLERE / A. LECONTE / J. LECORPS / C. MANGON / J. MARION / E. MORIN / O. NOEL / JB. SIMON / J. TARDIF / V. TOUPOTTE" "EN SOUVENIR DES SOLDATS ET MARINS DE FERMANVILLE MORTS POUR LA FRANCE 1914-1918" "G. MERKLEN / PINXIT / ANGERS / 1922" ; baie 16 : "M. HOUYVET LT / A. ANTOUARD / C. BELLOT / P. BOURDET / J. BROCHARD / L. BROCHARD / A. CAMPSERVEUX / JB. CORBET / F. DOGON / F. DOREY / O. FATOME / A. GALLIEN / J. GEFFROY / O. GODEL" "EN SOUVENIR DES SOLDATS ET MARINS DE FERMANVILLE MORTS POUR LA FRANCE 1914-1918".

  • État de conservation
    • bon état
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune

Documents d'archives

  • Archives diocésaines de Coutances. Dossier paroissial de Fermanville. Livre paroissial. 

Bibliographie

  • CHERON, Philippe, DELAUNEY, Sophie. Vitraux de Normandie, une histoire de la Grande Guerre, Images du patrimoine n° 301, éditions Lieux-dits, 2018, 136 p.

  • FISSOT Patrick (dir.), DIGARD Arnaud, GAUTIER René (coll.). Les Manchois dans le Grande Guerre Mémorial 14-18, Collection Inédits & introuvables du patrimoine normand, éditions Eurocibles, Saint-Lô, 2008, 732 p.

  • Mémorial 14-18, Collection Inédits & introuvables du patrimoine normand, éditions Eurocibles, Saint-Lô, 2008. 

Périodiques

  • Semaine religieuse du diocèse de Coutances et Avranches, 15 septembre 1927. 

Date(s) d'enquête : 2015; Date(s) de rédaction : 2016, 2025
(c) Région Normandie - Inventaire général
Delauney Sophie
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Responsable du service éducatif de l'Inventaire Basse-Normandie de 2007 à 2018. Recherches (Master2) sur les vitraux commémoratifs de la Première Guerre mondiale.

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Duplessis Marie
Duplessis Marie

Etudiante du Master II Histoire spécialité métiers du patrimoine historique et culturel, Université de Caen Normandie, stagiaire du 2 mars au 30 juin 2015. Chercheuse associée pour le Centre André Chastel (CNRS) de 2015 à 2016, spécialité vitrail. Chargée de projets pour la Région Normandie depuis 2020.

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Aubin Lucas
Aubin Lucas

Etudiant Sciences Po Aix (2024-2025), stagiaire Inventaire.

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