Dossier d’œuvre objet IM14006281 | Réalisé par
Delauney Sophie
Delauney Sophie

Responsable du service éducatif de l'Inventaire Basse-Normandie de 2007 à 2018. Recherches (Master2) sur les vitraux commémoratifs de la Première Guerre mondiale.

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Chéron Philippe (Contributeur)
Chéron Philippe

Chargé d'études à l'Inventaire général du patrimoine culturel depuis 1991. Ingénieur d'études (DRAC Haute-Normandie jusqu'à la loi de décentralisation), puis ingénieur et ingénieur principal, Région Normandie.

Spécialités : vitrail (correspondant du centre Chastel pour la Haute-Normandie), patrimoine rural, construction navale, patrimoine militaire (fortifications du mur de l'Atlantique dans le cadre du PCR mur de l'Atlantique), patrimoine aéronautique, patrimoines commémoratifs.

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  • recensement du vitrail
  • enquête thématique régionale, vitraux commémoratifs et ex voto de la guerre de 1914-1918
ensemble de 2 verrières (historiée, hagiographique) commémoratives de la guerre de 1914-1918 : Soldats au pied du Christ en croix, Saint Georges terrassant le dragon (baies 5 et 8)
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Normandie - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Calvados - Lisieux
  • Commune Fumichon
  • Adresse rue de l'Eglise
  • Emplacement dans l'édifice baie 5, baie 8 (nef)
  • Dénominations
    verrière
  • Titres
    • Soldats au pied du Christ en croix
    • Saint Georges terrassant le dragon
  • Appellations
    de la guerre de 1914-1918

Ces deux verrières sont posées en 1918 avant même la fin de la guerre. La première, offerte par le don d'une famille endeuillée, est caractéristique de la production de l'atelier bayeusain Mazuet avant la guerre (baie 8, Saint-Georges, iconographie choisie en lien avec le prénom du défunt Georges Bossey, soldat du 28e RI décédé dans la Meuse en janvier 1917).

La seconde (baie 5, Apparition du Christ en Croix) offerte par souscription paroissiale, est l'une des premières scènes de guerre que l'atelier exécuta pour répondre à la demande de vitraux commémorant les nombreuses victimes de la Grande Guerre. La facture est cette fois tout à fait représentative d'une série de vitraux produite par l'atelier à cette époque et probablement peints par la même main, particulièrement dans la Manche : Hérenguerville, IM50002679, Saint-Denis-le-Gast, Saint-Martin des-Champs, Contrières, IM50002667... On y relève une qualité de peinture assez exceptionnelle, puisant dans les camaïeux bleutés, un grand souci du détail et un sens aigu de la composition et de la mise en scène, digne de grands tableaux historicistes.

La signature L. Mazuet est celle de Léon Louis Mazuet, fondateur de l'atelier décédé en 1915. Son fils Henri, qui reprit l'atelier, continua quelque temps d'apposer la signature de son père au bas des verrières, avant de signer de son propre nom.

  • Période(s)
    • Principale : 1er quart 20e siècle
  • Dates
    • 1918, porte la date
  • Lieu d'exécution
    Commune : Bayeux
  • Auteur(s)
    • Auteur : peintre-verrier
    • Auteur :
      Mazuet Henri , dit(e) Henry Mazuet
      Mazuet Henri

      Lorsqu’Henri Mazuet succède en 1915 à son père Louis, décédé, l’atelier jouit d’une solide notoriété et d’un quasi monopole local. De dimension plutôt modeste (entre dix et vingt ouvriers à la fin du 19e siècle), il a échoué dans sa tentative de développer une production civile mais demeure le plus sollicité par les commanditaires catholiques. De prestigieuses réalisations pour le séminaire de Sommervieu (1866, détruites) ou la cathédrale de Bayeux (1901) lui ont d’ailleurs valu d’obtenir des commandes pour Jérusalem en 1895 et New York en 1909 (c’est à cette date qu’il anglicise son prénom et commence à signer Henry Mazuet).

      Indéniablement, la maison répond aux attentes de son public et la presse religieuse et locale ne tarit pas de louanges à l’égard des Mazuet, « scrupuleux disciples de l’illustre Viollet-le-Duc », capables de concevoir des verrières « en rapport avec le style de l’église restaurée […], dans une sobriété de lignes, un éclat et une harmonie de coloris dignes de tous les éloges » (La Semaine religieuse du diocèse de Coutances et d’Avranches, 1919). Sans surprise, l’atelier est sollicité pour des commandes commémoratives dès les premières années de la Grande Guerre.

      Outre le renom fondé sur « l’excellent travail au pinceau », son succès tient donc des choix iconographiques « sûrs », empruntés à la peinture et à la gravure du 19e siècle, qui rassurent les commanditaires. Pour les premières commandes commémoratives, Mazuet propose souvent des reprises de modèles religieux éprouvés, qui n’exigent pas de travail de création mais seulement d’adaptation aux baies. La proximité géographique de la maison lui permet d’offrir des tarifs compétitifs et d’évidentes facilités dans le processus de réalisation. Henri Mazuet se déplace systématiquement pour rencontrer les commanditaires, observer les caractéristiques stylistiques des édifices, prendre les mesures, discuter des sujets et négocier les prix.

      Source : Sophie Delauney (Vitraux de Normandie, une histoire de la Grande Guerre).

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      peintre-verrier signature

Baie libre en plein cintre.

  • Catégories
    vitrail
  • Structures
    • baie libre
  • Matériaux
    • verre transparent, peint, grisaille sur verre, jaune d'argent
    • plomb, réseau
  • Mesures
    • h : 203 centimètre
    • la : 125 centimètre
  • Iconographies
    • Christ en croix, soldats de la Grande Guerre, assis, debout, blessé fusil, casque, canon, infirmier
    • paysage : rochers
    • paysage : tranchées, ruines en flammes
    • Saint Georges, à cheval
  • Précision représentations

    Baie 5 : le Christ en Croix, apparaissant au milieu d'un champ de bataille, pose son regard bienveillant sur des soldats blessés qui l'implorent. On reconnaît à gauche l'uniforme d'un soldat britannique et à droite celui d'un infirmier militaire qui soutient un soldat français. À l'arrière-plan, les cadavres, les débris de canons et paniers tressés, les ruines d'un village en flammes et les tranchées rappellent la réalité des combats, tout comme au premier plan le casque troué. Inscription commémorative sur le cartouche au soubassement.

    Baie 8 : saint Georges, vêtu d'une armure étincelante et d'un manteau rouge, est monté sur son cheval blanc cabré, au pied d'un rocher. Il brandit son épée pour porter le coup final au dragon, qu'il a déjà atteint de son pieu. Inscription commémorative sur le cartouche au soubassement.

    Les deux scènes s'inscrivent dans une architecture décorative épousant la forme de la baie, et délimitée par une fine bordure rouge : deux pilastres, à chapiteau corinthien et panneau mouluré interrompu au centre par un fleuron d'acanthe, soutiennent un arc en plein cintre, orné de chapelets et de feuilles d'acanthe sur l'archivolte et d'un ange sur motifs de cuirs découpés en clé. Le soubassement à faux appareil et cartouche environné de motifs de cuirs découpés est séparé de la scène par une frise d'acanthe et de chapelets.

  • Inscriptions & marques
    • signature, peint
    • dédicace, peint
    • inscription concernant l'iconographie, peint
    • inscription concernant le donateur, peint
  • Précision inscriptions

    Signature et date : L. MAZUET - BAYEUX - 1918 (baie 5) ; dédicace : EN MEMOIRE DE GEORGES BOSSEY / MORT A L'ENNEMI A SENONCOURT / 10 JANVIER 1917 (baie 8), LA PAROISSE A SES ENFANTS / MORTS POUR LA FRANCE (baie 5).

  • Statut de la propriété
    propriété de la commune

Bibliographie

  • CHERON, Philippe, DELAUNEY, Sophie. Vitraux de Normandie, une histoire de la Grande Guerre, Images du patrimoine n° 301, éditions Lieux-dits, 2018, 136 p.

Date(s) d'enquête : 2014; Date(s) de rédaction : 2015, 2025
(c) Région Normandie - Inventaire général
Delauney Sophie
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Spécialités : vitrail (correspondant du centre Chastel pour la Haute-Normandie), patrimoine rural, construction navale, patrimoine militaire (fortifications du mur de l'Atlantique dans le cadre du PCR mur de l'Atlantique), patrimoine aéronautique, patrimoines commémoratifs.

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