Dossier d’œuvre architecture IA76006605 | Réalisé par
Real Emmanuelle (Contributeur)
Real Emmanuelle

Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, depuis 1992. Spécialité : patrimoine industriel.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
  • patrimoine industriel, patrimoine industriel des communes de la rive gauche de Rouen
  • patrimoine industriel, patrimoine industriel reconverti de l'Eure et de la Seine-Maritime
FRAC de Haute-Normandie - reconversion du dépôt de la Compagnie des tramways de Rouen
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Normandie - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Seine-Maritime - Sotteville-lès-Rouen
  • Commune Sotteville-lès-Rouen
  • Adresse rue de Trianon
  • Cadastre 1982 AB 44
  • Dénominations
    salle d'exposition
  • Précision dénomination
    salle d'exposition d'art contemporain
  • Appellations
    FRAC de Haute-Normandie
  • Dossier dont ce dossier est partie constituante

Le projet de transformer l’ancien dépôt de la Compagnie des tramways de Rouen en espace de diffusion de l’art contemporain voit le jour au début des années 1990. Le bâtiment déjà mis disposition pour plusieurs expositions associant la municipalité de Sotteville-Lès-Rouen et le Fonds régional d'art contemporain de Haute-Normandie séduit unanimement les partenaires, les artistes et les visiteurs par la qualité de son architecture et de sa lumière, son ambiance et son état de conservation. Aussi, l’opportunité d’en faire le lieu d’exposition permanent des collections du Frac s’impose rapidement. Le projet porté par la ville de Sotteville-lès-Rouen reçoit l’appui de l’Etat, de la Région. 

En 1995, l’Etablissement public de la Basse-Seine, agissant comme pour le compte de la commune de Sotteville-lès-Rouen au titre du dispositifs de résorption des friches industrielles, rachète l’ensemble du site et se charge de la destruction des bâtiments qui ne sont pas concernés par le projet (à leur place sont édifiés des immeubles de logements). Le magasin conservé est revendu ensuite à la ville pour la somme de 186 200 F afin qu’elle puisse reprendre la maîtrise d’ouvrage de l’opération de reconversion. Le concours organisé en 1997 retient le projet de l’architecte parisien Claude Tautel qui, conformément aux exigences du programme, propose une intervention minimaliste.

Après un an de travaux, le Frac de Haute-Normandie est inauguré le 25 septembre 1998. Il est baptisé Trafic en mémoire de l’activité passée.

Au-delà de son aspect strictement culturel, le projet s’inscrit dans une politique de développement urbain qui conjugue requalification du quartier et la valorisation de patrimoine industriel fortement identitaire pour la ville. La situation du bâtiment, en entrée de ville, face au Jardin des Plantes de Rouen, constitue un atout majeur pour la visibilité et donc la fréquentation du nouvel espace. Inversement, le nouveau lieu d’exposition, tout en servant de signal urbain, devient un élément prépondérant du projet de revalorisation du quartier.

Le programme de reconversion de l’ancien dépôt de la Compagnie des tramways de Rouen en espace d’exposition d’art contemporain exige très explicitement que les caractéristiques industrielles du lieu (ses volumes, sa structure, sa lumière naturelle) soient conservées et que les transformations requises par le nouvel usage soient le plus discrètes possibles et mises en œuvre par des moyens simples et peu couteux.

L’ancien magasin est réorganisé de la façon suivante : le rez-de-chaussée et l’étage, soit 400 m² de surface au sol, sont transformés en salles d’exposition. Le sous-sol du bâtiment accueille sur 200 m² un centre de documentation, des locaux d’archives et l’espace pédagogique.

L’espace intérieur du magasin offre de larges volumes ponctués par les poteaux en béton et se compose d’un sous-sol, d’un rez-de-chaussée équipé d’une rampe d’accès direct et d’un étage sous toiture distribué en mezzanine. Les hauteurs des niveaux sont de 2,80 m pour le sous-sol, 3,50 m pour le rez-de-chaussée et 5 m pour le premier étage.

Les volumes intérieurs, éclairés par une verrière en toiture, sont simplement mis en valeur sans modifier la structure du bâtiment. Comme pour l’extérieur, l’essentiel des travaux a consisté à la réfection et la mise aux normes du bâtiment, notamment des garde-corps des coursives et des axes de circulation. Ainsi, l’ancien monte-charge installé au centre du magasin pour déplacer les pièces de tramway les plus lourdes est remplacé par un ascenseur moderne. Excepté cette transformation et la rénovation des sols et des murs, le rez-de-chaussée et le premier étage sont conservés dans leur état d’origine.

Une réflexion sur l’éclairage naturel du bâtiment conduit l’architecte à équiper la verrière d’origine, entièrement restaurée, d’un chapeau de verre feuilleté asymétrique, doté d’écrans déroulables, dans le but d’estomper la lumière zénithale jugée trop vive et trop directe pour un lieu d’exposition. Cette transformation constitue l’intervention majeure sur le bâtiment.

Les façades extérieures conservent leur aspect d’origine. Les principaux travaux portent sur la récupération du béton ancien, le rejointoiement des briques, la reprise des enduits, l’étanchéité des murs et de la couverture et le remplacement des menuiseries d’origine par de nouvelles en aluminium. Toutes les baies sont cependant condamnées sur la façade postérieure du bâtiment, rue de Trianon.

La rampe d’accès du magasin est conservée pour servir d’entrée principale des visiteurs et faciliter la livraison des œuvres. Elle est, pour cela, équipée d’une grande porte coulissante.

Le bâtiment annexe greffé à la façade principale conserve sa fonction de bureaux et abrite maintenant les bureaux de l’administration.

Enfin, le parvis extérieur autour du bâtiment (de 750 m² environ) est entièrement repavé comme l’était à l’origine la cour du dépôt des tramways. 

  • Murs
    • béton
  • Toits
    tuile mécanique, béton en couverture, verre en couverture, fer en couverture
  • Étages
    1 étage carré, étage de comble
  • Couvrements
    • charpente en béton armé apparente
  • Couvertures
    • toit bombé
    • toit à longs pans pignon couvert
  • État de conservation
    établissement industriel désaffecté
  • Statut de la propriété
    propriété publique

Bibliographie

  • REAL, Emmanuelle. Reconversions : l'architecture industrielle réinventée. Rouen : Conseil Régional de Haute-Normandie, coll. Images du patrimoine 281, 2013, 304 p.

    p. 190-195
Date(s) d'enquête : 1996; Date(s) de rédaction : 2013
(c) Région Normandie - Inventaire général
Real Emmanuelle
Real Emmanuelle

Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, depuis 1992. Spécialité : patrimoine industriel.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Articulation des dossiers