Dossier d’œuvre architecture IA76006604 | Réalisé par
Real Emmanuelle (Contributeur)
Real Emmanuelle

Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, depuis 1992. Spécialité : patrimoine industriel.

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  • patrimoine industriel, patrimoine industriel des communes de la rive gauche de Rouen
  • patrimoine industriel, patrimoine industriel reconverti de l'Eure et de la Seine-Maritime
Centre national des arts de la rue dit atelier 231 - reconversion des ateliers de chaudronnerie et de machines-outils de la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Normandie - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Seine-Maritime - Sotteville-lès-Rouen
  • Commune Sotteville-lès-Rouen
  • Adresse Buddicum , 1 rue Denis Papin
  • Cadastre 1982 AR 96
  • Dénominations
    salle de spectacle
  • Précision dénomination
    centre de création artistique
  • Appellations
    atelier 231
  • Dossier dont ce dossier est partie constituante

En 1991, la municipalité Sotteville-lès-Rouen décide de créer un important festival annuel des arts de la rue baptisé Viva Cité et d’ouvrir, pour consolider le projet, un lieu de création et de diffusion artistique et de résidence pour les compagnies. Son choix se porte d’emblée sur les anciens ateliers ferroviaires construits en 1878 par la Compagnie de l’Ouest et désaffectés depuis les années 1970.

Le projet s’inscrit dans un double processus patrimonial et urbain. Il s’agit à la fois de conserver un lieu emblématique de l’industrie sottevillaise et d’amorcer la requalification d’une vaste zone ferroviaire en friches. En 1997, après de longues négociations avec la SNCF (pour fixer le prix d’acquisition), la ville sollicite l’intervention de l’Etablissement Public de la Basse Seine pour assurer l’achat et le portage foncier du site. Celui-ci comprend trois ateliers (vastes nefs contigües) édifiés en 1878 et un petit laboratoire plus tardif greffé sur la façade ouest. L’ensemble représente une surface bâtie de 2485m².

Le programme prévoit, dans les anciens ateliers, des salles de création artistique et de représentation, un espace de stockage et plusieurs ateliers de menuiserie, peinture, fer, couture pour la fabrication des décors, accessoires et costumes… Le laboratoire est quant à lui dédié à l’accueil, la restauration et l’hébergement des artistes. Les locaux de l’administration aménagés dans les vestiaires de l’usine ne sont pas inclus dans l’opération. La reconversion des bâtiments est confiée, après concours, à deux architectes parisiens Laurent Israel et Bernard Grimaud. Le projet se veut minimaliste, tant du point de vue économique qu’architectural. Les bâtiments doivent subir le minimum de travaux, garder leur dimension patrimoniale et néanmoins répondre aux besoins des artistes.

Après 11 mois de travaux, le centre national des arts de la rue est inauguré en novembre 1998 en présence Catherine Trautmann, ministre de la culture de l’époque - le ministère via la DRAC  ayant largement soutenu l’opération. Le lieu est baptisé Atelier 231, en mémoire de la célèbre locomotive à vapeur Pacific 231 et de son modèle réduit réalisé par Jean-Paul Goude pour les festivités du bicentenaire de la révolution française qui est aujourd’hui conservé sur place.

Conformément aux exigences du maître d’ouvrage, les deux architectes proposent une intervention minimale reposant sur la réfection des façades et toitures, la mise aux normes (incendie, ERP…) des bâtiments et sur la réalisation d’aménagements fonctionnels simples, adaptées aux nouvelles fonctions. Leur travail optimise le potentiel du lieu (architecture, infrastructure, volume, espace, lumière naturelle…) et s’efface derrière le site à préserver tout en lui donnant un nouveau sens.

L’ancienne chaudronnerie, baptisée la Halle, constitue un lieu idéal de création pour les artistes de rue. Dans cette grande nef centrale de 1360 m², l’intervention architecturale est véritablement minimale. Le sol est simplement ragréé en béton (sans reprise des fondations) et des cloisons en parpaing brut utilisant la trame du système porteur poteaux-poutres l’isolent des nefs latérales. Sa structure métallique d’origine est conservée et volontairement laissée apparente et accessible. Elle constitue un « outil » indispensable au processus de création artistique, servant de points d’accroches aux grilles techniques (de son, de lumière…). Les ponts roulants sont également réutilisés pour déplacer les éléments de décors et le gros matériel. Les grandes portes coulissantes ouvrant sur l’extérieur sont elles aussi conservées. Elles permettent l’accès de gros véhicules à l’intérieur du bâtiment. La verrière zénithale d’origine est entièrement restaurée pour assurer l’éclairage naturel du nouveau lieu de création artistique. Enfin, avec de telles dimensions (75 m de longueur, 18 m de largeur et 9 m de hauteur), la Halle s’apparente à une rue couverte où les artistes peuvent travailler dans des conditions réelles de jeu.

L’ancien atelier des machines-outils (la nef latérale sud) reçoit les quatre ateliers de création plastique : les ateliers fer, bois, peinture de 75 m² chacun et l’atelier couture de 33 m². Ici, l’intervention architecturale se borne à séparer les différents espaces de travail par des cloisons en parpaing but montée à mi-hauteur du bâtiment afin de laisser apparente sur toute sa longueur l’élégante charpente métallique d’origine. La réutilisation du mobilier industriel encore en place (lavabos, horloge, luminaires…) et le principe des conduits techniques apparents (plomberie, électricité, chauffage) renforcent le caractère industriel du lieu auquel les artistes de rue se montrent particulièrement sensibles.

L’ancien atelier des tenders, de plus petite dimension (475 m²) et en charpente bois, est reconverti en atelier de création artistique et en salle d’exposition. Cet espace baptisé « Le tender » se transforme à l’occasion de représentations en salle de spectacle de 800 places. La question des normes (ERP, incendie) y a nécessité des travaux plus conséquents : la création de sorties de secours, la mise en place d’exutoires de fumées et le renforcement des fermes en bois par des pièces métalliques dûment floquées pour assurer la stabilité au feu du bâtiment.

La construction d’un espace de dégagement et de liaison ouvrant sur les deux niveaux de l’ancien laboratoire (devenu l’espace d’accueil en rez-de-chaussée et les chambres des artistes au premier étage) constitue la principale transformation apportée à la grande nef.  

Le choix de matériaux bruts ou industriels (métal, caillebotis, parpaing…) pour les aménagements contemporains contribue à la qualité et à l’économie du projet. Ainsi, les fenêtres et les portes métalliques, les escaliers en caillebotis sont en parfaite adéquation avec l’esprit du lieu. La convivialité des espaces et leur pleine appropriation par les artistes montrent avec évidence la réussite de cette reconversion.

  • Murs
    • brique
    • béton
  • Toits
    tuile mécanique, tôle ondulée, verre en couverture
  • Étages
    2 étages carrés
  • Couvrements
    • charpente métallique apparente
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • terrasse
    • toit à longs pans pignon couvert
    • pignon découvert
    • lanterneau
  • État de conservation
    établissement industriel désaffecté
  • Statut de la propriété
    propriété publique

Bibliographie

  • REAL, Emmanuelle. Reconversions : l'architecture industrielle réinventée. Rouen : Conseil Régional de Haute-Normandie, coll. Images du patrimoine 281, 2013, 304 p.

    p.196-203
Date(s) d'enquête : 1996; Date(s) de rédaction : 2015
(c) Région Normandie - Inventaire général
Real Emmanuelle
Real Emmanuelle

Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, depuis 1992. Spécialité : patrimoine industriel.

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