Dossier d’œuvre architecture IA76000449 | Réalisé par
Real Emmanuelle (Contributeur)
Real Emmanuelle

Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, depuis 1992. Spécialité : patrimoine industriel.

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  • patrimoine industriel, patrimoine industriel de l'agglomération d'Elbeuf
  • patrimoine industriel, patrimoine industriel protégé MH
Filature et tissage de laine Godet, puis Beer Morel, puis imprimerie librairie Paul Duval
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Normandie - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Seine-Maritime - Elbeuf
  • Commune Elbeuf
  • Adresse 63 rue Guynemer , 92, 94 rue des Martyrs
  • Cadastre 1831 B 198 à 201  ; 1982 AN 74, 223, 224  ; 2022 AN 267, 268
  • Dénominations
    filature, tissage, imprimerie
  • Précision dénomination
    filature de laine, tissage de laine
  • Appellations
    filature et tissage Godet, filature et tissage Beer Morel, imprimerie librairie Paul Duval
  • Destinations
    immeuble à logements
  • Parties constituantes non étudiées
    atelier de fabrication, logement patronal, magasin de commerce, cour

Cette manufacture spécialisée dans la fabrication des draps de laine est attestée pour sa partie la plus ancienne (atelier Nord à usage de tissage et d’atelier d’apprêt) en 1775, date à laquelle décède Nicolas Godet, fabricant de draps, premier propriétaire connu, laissant les bâtiments à ses héritiers. En 1817, la manufacture fait l’objet d’extensions avec la construction à l'est du tissage existant d'un nouvel atelier à usage de filature mécanique entrainé par une machine à vapeur, et d'un nouveau logement patronal de style Louis Philippe, édifié sur la rue Saint-Jean, actuelle rue Guynemer.

De père en fils et frères les Godet se succèdent comme propriétaires jusqu'au décès de Marie-Nicolas Godet le 10 juin 1847. Son légataire universel aux termes d'un testament rédigé le 19 septembre 1845 est Henri François Armand Durécu. Cinq ans plus tard, ce dernier revend son établissement à M. Beer Morel, fabricant de draps, par acte passé devant maître Barrabé, notaire à Elbeuf, le 2 mars 1853. En 1855, Beer Morel emploie 155 ouvriers en atelier et 120 travaillant au dehors. Une machine à vapeur d'une force de 18 chevaux entraine les métiers de la filature. Durant les années 1860, l'usine est louée à Georges Prosper Cabourg, fabricant de draps qui l'exploite jusqu'en 1882.

L'activité drapière du site cesse définitivement au lendemain de la Première Guerre mondiale. En 1922, les ateliers de fabrication sont rachetés par l'imprimeur Paul Duval. En 1926, ce dernier fait construire un atelier de reliure et de transformation du papier, désormais détruit. Au moment de l'enquête, le tissage est en cours de transformation pour devenir un immeuble à logements. Le logis patronal est également reconverti un immeuble à logements. La filature, bien qu'inscrite à l'Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 1994 (tout comme le tissage) est détruite en 1999 par mesure de sécurité étant donné les risques que fait courir son insalubrité.

  • Période(s)
    • Principale : 18e siècle , daté par travaux historiques
    • Principale : 1er quart 19e siècle , daté par travaux historiques
    • Principale : 2e quart 20e siècle , daté par travaux historiques , (détruit)
  • Dates
    • 1926, daté par travaux historiques

A la date de l’enquête, le site comprend autour d'une cour allongée densément bâtie, le logement en façade sur la rue Guynemer à l'Ouest, un atelier de tissage et apprêt au Nord et fermant la cour, à l'Est une petite filature.

Le logement est un bâtiment en brique à 2 étages surmonté d’un étage de comble, présentant une façade ordonnancée de 7 travées.

L'atelier de fabrication Nord, en pan de bois hourdé de briques, avec croix de Saint-André aux allèges, s'élève sur 2 étages et se divise en 3 corps : le logement primitif (à l'Ouest), l'atelier proprement-dit au centre, simple en profondeur avec éclairage traversant. Les élévations Nord et Sud, masquées au premier niveau sont régulièrement percées de croisées au second niveau. Au troisième niveau sur la cour, les aisseliers dessinent de grandes baies cintrées, sous le haut-vent débordant du toit. A l'intérieur les ateliers conservent des sols en carreaux de terre cuite, des châssis coulissant avec verres en plat soufflés et des plafonds à poutres et solives. En prolongement de l'élévation Nord, une petite cour donne accès à une cave voûtée en sous-sol. Le troisième corps, plus large, prolonge l'atelier à l'Est. Il était mitoyen avec un bâtiment au Nord, détruit. L'élévation Nord aveugle, présente l'arrachement d'un mur pignon.

L'atelier Est est partiellement masqué par des ateliers en shed au Sud et par une remise au Nord, qui néanmoins n'altèrent pas cet atelier sur lequel simplement, ils s'appuient. Il s'agit d'un vaste bâtiment rectangulaire en maçonnerie comprenant un passage couvert à son extrémité Ouest. Il comprend un rez-de-chaussée, deux étages carrés et un étage d'attique. Le bâtiment est en façade au Nord sur l'ancien jardin du Cercle des Commerçants et comprend 5 travées sur 4 niveaux. Le premier est en appareil calcaire régulier à bossage. Le second, en brique, avec chainage d'angle harpé de calcaire, au-dessus du cordon est percé de fenêtres à deux meneaux, sous un fronton triangulaire. Le troisième, moins haut, également en briques est percé de fenêtres triples amorties par des cintres. La corniche de calcaire, fortement marquée est portée par des modillons en talon. Le niveau de l'attique est en pan-de-bois largement ouvert par des châssis vitrés. Les élévations latérales et Sud sont en brique, sans ornement et reprennent des percements semblables. Toit d'ardoise à longs-pans à croupe.

L'atelier de fabrication à usage d'imprimerie est en rez-de-chaussée, couvert en sheds, tuile mécanique et verre en couverture. Surface totale du site : 1 000 m².

  • Murs
    • bois pan de bois enduit
    • brique
    • calcaire
    • essentage de tôle
  • Toits
    tuile mécanique, tuile plate, ardoise, verre en couverture
  • Étages
    2 étages carrés, étage de comble
  • Couvrements
    • charpente en bois apparente
    • charpente métallique apparente
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans pignon couvert
    • shed
    • croupe
  • Énergies
    • énergie humaine produite sur place
    • énergie thermique produite sur place
  • Typologies
    pan de bois ; Reconversion
  • État de conservation
    établissement industriel désaffecté, restauré, détruit après inventaire
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Éléments remarquables
    atelier de fabrication
  • Protections
    inscrit MH, 1994/03/15
  • Précisions sur la protection

    atelier nord, bâtiment de la filature et cour de la manufacture, y compris les constructions adventices à démolir (cad. AN 223, 224) ; façades et toitures du logis sur rue (cad. AN 74) : inscription par arrêté du 15 mars 1994.

  • Référence MH

Deux ateliers de fabrication sont inscrits au titre des Monuments Historiques depuis 1994. Sur ces deux bâtiments ne subsiste aujourd'hui que l'atelier construit en pan de bois.

Documents d'archives

  • AD Seine-Maritime. Série M ; sous-série : 8 M 45. Rapport du Comité cantonal d'Elbeuf à la commission impériale d'exposition universelle de Paris de 1855.

    Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 8 M 45
  • AD Seine-Maritime. Série M ; Sous-série 5 M : 5 M 452. Etablissements industriels dangereux et insalubres de la ville d' Elbeuf (1841-1922).

    Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 5 M 452
  • AD Seine-Maritime. Série 8SP. Registre des déclarations d'appareils à vapeur de mars 1865 à février 1889.

    Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 8SP
    Déclaration de chaudières, 1869.
  • AM Elbeuf. Série 2 F. Sous-série 2 F 213. Etablissements industriels, liste rédigée en 1889.

    Archives municipales, Elbeuf : 2 F 213
    Nombre d'ouvriers en 1889.
  • AM Elbeuf. Série G. Sous-série G 2015. Matrice cadastrale des propriétés bâties et non bâties de 1831 à 1882.

    Archives municipales, Elbeuf : G 2015
    Folio 124
  • AM Elbeuf. Série G. Sous-série G 2018. Matrice cadastrale des propriétés bâties et non bâties de 1831 à 1882.

    Archives municipales, Elbeuf : G 2018
    Folio 1747
  • Archives intercommunales d'Elbeuf. Série G. Sous-série G 1575. Contributions, patentes, état nominatif des fabricants, filateurs et marchands avec mention du nombre de métiers en 1822, 1825, 1833, 1840. Liste des manufacturiers et fabricants pour 1829. Registre des demandes de patentes 1834-1846. Liste de tous les patentés commerçants, dressée par la Chambre de commerce de Rouen, le 23/03/1849. Matrice supplémentaire des patentes pour l'année 1857.

    Archives municipales, Elbeuf : G 1575
  • ARCHIVES PRIVEES. Acte de vente 2 mars 1853, entre Durécu et Beer, par devant Maître Barrabé, notaire à Elbeuf.

  • ARCHIVES PRIVEES. Contrat de bail - état des lieux des ateliers loués par Cabourg à Beer fils ainé et Cie, 22 septembre 1864.

Bibliographie

  • REAL, Emmanuelle. Elbeuf, ville drapière. Connaissance du patrimoine de Haute-Normandie. Inventaire Général ADAGP. Collection Itinéraires du Patrimoine n° 50 (revu et augmenté), 2004, 64 p.

  • REAL, Emmanuelle. L’industrie et la ville : l’exemple d’Elbeuf XVIIe-XXe siècles. In : La draperie en Normandie du XIIIe siècle au XXe siècle. Mont-Saint-Aignan : Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2003, p. 407-428.

Périodiques

  • REAL, Emmanuelle, WALLEZ, Elisabeth. Du repérage à la protection. In : Bulletin de la Société d’Histoire d’Elbeuf, 1993, p. 25-30.

Date(s) d'enquête : 1992; Date(s) de rédaction : 1993, 2022
(c) Région Normandie - Inventaire général
Real Emmanuelle
Real Emmanuelle

Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, depuis 1992. Spécialité : patrimoine industriel.

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