Dossier d’œuvre architecture IA76000438 | Réalisé par
Real Emmanuelle (Contributeur)
Real Emmanuelle

Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, depuis 1992. Spécialité : patrimoine industriel.

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  • patrimoine industriel, patrimoine industriel de l'agglomération d'Elbeuf
Usine de confection Weill Bernheim et Kinsbourg, puis Manufacture Elbeuvienne du Vêtement
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Normandie - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Seine-Maritime - Elbeuf
  • Commune Elbeuf
  • Adresse 36 rue du Général de Gaulle
  • Cadastre 1982 AV 13,214  ; 2022 AV 16, 167, 280, 281
  • Dénominations
    tissage, usine de confection
  • Précision dénomination
    tissage de laine, usine de confection d'articles en drap de laine
  • Appellations
    s.n.c. Weill Benrheim et Kinsbourg, Manufacture Elbeuvienne de Vêtements s. a.
  • Destinations
    immeuble à logements, usine de chaudronnerie, usine d'équipement industriel
  • Parties constituantes non étudiées
    bureau, conciergerie, atelier de fabrication, magasin industriel, cour, synagogue

Au lendemain de la guerre de 1870, comme les familles Blin et Fraenckel… MM. Weill Kingsbourg et Bernheim, fabricants alsaciens de confession juive font le choix de transférer à Elbeuf leur activité de confection en drap de laine cardée pour éviter les clauses douanières imposées par le traité de Francfort. Plutôt que de s’engager dans la construction d’une nouvelle usine, ils optent pour la location d’un site existant : un tissage dit « fabrique de draps avec maison, ateliers, remise et écurie" construit au milieu du 19e siècle, sur les parcelles 817, 818 et 819 de la section B du cadastre napoléonien, par le fabricant elbeuvien Octave Augé. Pour développer leur activité, les trois associés fondent en 1878 la société en nom collectif Weill Kingsbourg et Bernheim, rachètent la même année les bâtiments loués ainsi que les ateliers voisins édifiés au milieu du 19e siècle par le fabricant Stanislas Laquerrière (parcelle 821, section B, registre des augmentations et des diminutions 1836-1882). Dans le même temps, ils font construire de nouveaux ateliers de fabrication couverts en shed ainsi que, chose rarissime, une synagogue privée dédiée à leur usage personnel et à celui de leurs ouvriers. En 1912, la société spécialisée dans la confection de prêt à porter masculin (pardessus, vestons, costumes) dit de "façon supérieure" en drap de laine cardée, déclare employer pour une main d'œuvre de confession juive essentiellement, ce qui explique la présence d’un tel lieu de culte au sein même d’une usine. Cette synagogue est ausi l'expression d’une politique paternaliste désirant, par la pratique religieuse dans l’univers du travail, asseoir l'image de la "grande famille" en lui donnant une véritable cohésion. En 1930, l’usine de confection emploie un effectif de 160 personnes, des femmes essentiellement. La sollicitude paternaliste est une nouvelle fois exprimée en 1947 quand M. Bernheim installe, dans le bâtiment sur rue, une crèche pour les enfants de son personnel. La même année l'entreprise Weill Kingsbourg et Bernheim devient la "Manufacture elbeuvienne du vêtement" après rachat de la majorité des actions par M. Hommery qui en devient le PDG. De nouveaux ateliers couverts en shed sont édifiés au titre des dommages de guerre. En 1974, l’usine de confection emploie un effectif de 350 personnes dont 90% de femmes mais rapidement la crise du textile aggrave la situation de l'entreprise qui réagit par une compression du personnel à 260 employés, jusqu'en avril 1977 date de la fermeture de l'usine. Les ateliers situés en fond de parcelle sont rachetés par la société Schocher Industrie qui exploite une usine de chaudronnerie et d'équipement industriel dans le voisinage et réutilisés comme entrepôts industriels. Le bâtiment sur la rue abritant les bureaux et la crèche est transformé un immeuble à logements. La synagogue est délibérément détruite par le propriétaire, en 1995, pour mettre un terme au projet de protection au titre de monument historique du lieu de culte.

  • Période(s)
    • Principale : milieu 19e siècle , daté par travaux historiques
    • Principale : 4e quart 19e siècle , daté par travaux historiques
    • Principale : 2e quart 20e siècle , daté par travaux historiques
    • Principale : 4e quart 20e siècle , daté par source , (détruit)
  • Dates
    • 1878, daté par travaux historiques
    • 1947, daté par travaux historiques
    • 1995, daté par source

L’usine est située dans la partie ouest de la ville au sein d’un îlot triangulaire délimité par les rues du Cour, du Général de Gaulle et Cousin Corblin, cette dernière étant percée en 1854. Elle y occupe une surface totale de 3640,34 m2 pour une surface bâtie de 3237,14 m2.

Elle est constituée de deux types de bâtiment correspondant à deux périodes de construction : des ateliers à étages bâtis au milieu du 19e siècle sur un plan en U autour d’une cour intérieure, des ateliers couverts en shed bâtis en cœur de parcelle à la fin du 19e siècle et après la Seconde Guerre mondiale.

La synagogue, placée à l'arrière de l’atelier de fond de cour et insérée au sein de ce bâti industriel très dense avec lequel elle communique directement, constitue l’élément exceptionnel du site. De cette synagogue, il ne subsiste que le volume, les balcons formés par le plancher de l’atelier en shed voisin venant en surplomb pour former les donnant sur l'intérieur de la synagogue, les pilastres décorés de cannelure et de chapiteaux, les piliers d'angle portant des décors sculptés représentant des personnages masculins et féminins jouant d'instruments de musique, contrairement aux percepts de la tradition hébraïque qui rejette les représentations figurées. Son toit voûté en forme d'ogive est constitué de pavés de verre hexagonaux.

  • Murs
    • brique
  • Toits
    tuile mécanique, ciment amiante en couverture, verre en couverture
  • Étages
    3 étages carrés
  • Couvrements
    • charpente en bois apparente
    • charpente métallique apparente
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • verrière
    • toit à longs pans pignon couvert
    • toit en carène
    • shed
  • Énergies
    • énergie thermique produite sur place
    • énergie électrique achetée
  • État de conservation
    établissement industriel désaffecté, menacé
  • Statut de la propriété
    propriété privée

Documents d'archives

  • AD Seine-Maritime. Série U. Sous-série 6U : 6U 113. Registre du commerce.

    Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 6U 113
    Création de la SNC Weill Kingsbourg et Bernheim, 1878.
  • AD Seine-Maritime. Série RP. Sous-série 12 RP 129. Dommages de guerre 1939-1945.

    Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 12 RP 129
  • AD Seine-Maritime. Série F. Sous-série 2F 211. Grèves de 1947.

    Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 2F 211
  • AM Elbeuf. Série G. Sous-série G 1309. Matrice des contributions foncières mobilières, registre des patentes de 1930.

    Archives municipales, Elbeuf : G 1309
    160 ouvriers, 1930.
  • AM Elbeuf. Série W. Sous-série 45W 19. Rapports et plans relatifs aux permis de construire.

    Archives municipales, Elbeuf : 45W 19
    Plan d'ensemble et élévation, 1947.

Bibliographie

  • Elbeuf, urbanisme et architecture des origines à nos jours. Pochette pédagogique.- Elbeuf: Archives municipales d'Elbeuf, 1989. 64 p.: ill., cartes, plans; 30 cm.

    Archives municipales, Elbeuf
    p. 28-33.
  • MONNOT, Philippe. Elbeuf, ville manufacturière. Mémoire de 3e cycle. Unité pédagogique d'architecture n°6, Paris, 1978, 185 p.

    Archives municipales, Elbeuf
    p.131-132, 185-188.

Périodiques

  • Seine-Inférieure. L’Illustration économique et financière, n° spécial, 1923.

    p. 130-131.
  • Journal Paris-Normandie, 15 avril 1977. Article.

    La Manufacture elbeuvienne du vêtement fermera ses portes à la fin du mois.
Date(s) d'enquête : 1992; Date(s) de rédaction : 1993
(c) Région Normandie - Inventaire général
Real Emmanuelle
Real Emmanuelle

Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, depuis 1992. Spécialité : patrimoine industriel.

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