Dossier d’œuvre architecture IA76000422 | Réalisé par
Real Emmanuelle (Contributeur)
Real Emmanuelle

Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, depuis 1992. Spécialité : patrimoine industriel.

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  • patrimoine industriel, patrimoine industriel de l'agglomération d'Elbeuf
Usine de drap Thibault et Gariel, puis Thibault Frères
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Normandie - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Seine-Maritime - Elbeuf
  • Commune Elbeuf
  • Adresse 7 rue Neubourg , 37 rue du Général de Gaulle
  • Cadastre 1982 AV 119  ; 2022 AV 119, 179, 200, 221
  • Dénominations
    filature, tissage, usine d'apprêt des étoffes, usine de teinturerie
  • Précision dénomination
    filature de laine, tissage de laine
  • Appellations
    usine Thibault et Gariel, usine Thibault Frères
  • Destinations
    supermarché, immeuble à logements, commissariat de police
  • Parties constituantes non étudiées
    atelier de fabrication, logement patronal

La société Thibault est fondée en 1847 et fait construire la même année un bâtiment à étage servant de filature de laine cardée. Celle-ci est équipée, en 1867, d’une chaudière provenant du constructeur elbeuvien Joubert. En 1875, la filature est complétée par l’adjonction d’un atelier de plain-pied couvert en shed servant de tissage mécanique. Leurs différents métiers et machines sont entrainés par une machine à vapeur de système Woolf à balancier alimentée en 1882 par une nouvelle chaudière provenant du constructeur rouennais Windsor et fils. En 1889, l'usine de la nouvelle société Thibault Frères compte un effectif de 86 ouvriers. En 1900, les ateliers de filature et de tissage totalisent respectivement 1200 broches et 31 métiers. En 1912, une chaudière d'une capacité de 300 m³ est installée dans l’atelier de séchage des draps. Deux nouveaux ateliers, l’un dédié à l'épaillage de la laine, l’autre à la teinture des fils ou des étoffes sont édifiés par l'architecte Léon Laquerrière en 1923 pour compléter le site. Puis en 1930, un nouvel atelier d’apprêts des étoffes est installé. Il est équipé de dix machines à fouler, de six machines à tondre, calandrer, raser et griller les draps, et d’un appareil mécanique à 4 cylindres dédié au collage et au séchage des draps. A la même date, la filature totalise 2400 broches auxquelles s’ajoute un métier dévideur de fil de 60 broches, et le tissage compte 49 métiers mécaniques. L’effectif de l’usine atteint alors le chiffre de 230 personnes. L’établissement devient ainsi durant l’entre-deux guerre une usine totalement intégrée où sont réalisées toutes étapes du travail de la laine depuis la préparation de la matière première jusqu’à la finition des draps. Sa production orientée jusqu’alors vers la fabrication traditionnelle de draps épais de couleur sombre en laine cardée (drap de billard, drap d'uniformes, vêtements masculins...) doit être diversifiée pour faire face à la demande croissante en tissus légers. La société Thibault Frères se lance alors dans la fabrication d’articles de sport et de draps de laine peignée. Durant les bombardements de juin 1940, l’usine est gravement touchée : la filature est partiellement incendiée et les ateliers de tissage et d’apprêts sont totalement détruits, imposant l'arrêt de la production. La filature est relancée au lendemain de la guerre après de lourds travaux de reconstruction puis définitivement arrêtée juillet 1961 du fait de la concurrence des textiles synthétiques. Au moment de l’enquête, la filature est transformée en supermarché et en immeuble à logements et le bâtiment abritant les bureaux reconverti en commissariat de police.

  • Période(s)
    • Principale : 2e quart 19e siècle , daté par travaux historiques
    • Principale : 3e quart 20e siècle , daté par travaux historiques
    • Principale : 1er quart 20e siècle , daté par travaux historiques
    • Principale : 2e quart 20e siècle , daté par travaux historiques
  • Dates
    • 1847, daté par travaux historiques
    • 1875, daté par travaux historiques
    • 1923, daté par travaux historiques
    • 1930, daté par travaux historiques
  • Auteur(s)

La filature est constituée de deux corps de bâtiment édifiés en maçonnerie de brique et ossature bois sur un plan en T. Le corps principal comprend deux étages et un étage de comble avec fronton au dessus des trois travées centrales, toit à longs pans et pignons couverts, tuile mécanique en couverture. Le corps de bâtiment en retour compte trois étages et un étage de comble, toit à longs pans, croupe, ardoise en couverture. Le bâtiment des bureaux édifié sur rue comprend deux étages percés de baies en arc segmentaire ornées à leur sommet d'une coquille Saint-Jacques sculptée et de baies en arc plein cintre ornées à leur sommet d'une fleur sculptée, toit à longs pans, pignons couverts, ardoises en couverture.

  • Murs
    • brique
  • Toits
    ardoise, tuile mécanique
  • Étages
    3 étages carrés, étage de comble
  • Couvrements
    • charpente en bois apparente
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans pignon couvert
    • croupe
  • Énergies
    • énergie thermique produite sur place
  • État de conservation
    établissement industriel désaffecté
  • Techniques
    • sculpture
  • Représentations
    • fleur
    • coquille Saint-Jacques
  • Statut de la propriété
    propriété privée

Documents d'archives

  • AD Seine-Maritime. Série M. Sous-série 5M : 5 M 459. Bâtiments insalubres et dangereux.

    Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 5 M 459
    Demande d'autorisation pour l'établissement d'un atelier d'épaillage et d'un atelier de teinture, 1923.
  • AD Seine-Maritime. Série RP. Sous-série 12 RP 155. Dommages de guerre 1939-1945.

    Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 12 RP 155
  • AD Seine-Maritime. Série 8SP. Registre des déclarations d'appareils à vapeur de mars 1865 à février 1889.

    Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 8SP
    n°46, déclaration de chaudière, 1867.
  • AD Seine-Maritime. Série 8SP. Registre des déclarations d'appareils à vapeur de mars 1865 à février 1889.

    Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 8SP
    n°215, déclaration de chaudière et machine à vapeur, 1870.
  • AD Seine-Maritime. Série 8SP. Registre des déclarations d'appareils à vapeur de mars 1865 à février 1889.

    Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 8SP
    n°1357, élévation du timbre d'une chaudière, 1882.
  • AD Seine-Maritime. Série S ; sous-série : 8 SP : 8 SP 53. Registre des déclarations d'appareils à vapeur, février 1900 à mai 1913.

    Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 8 SP 53
    n"3224, déclaration de chaudière, 1912.
  • AD Seine-Maritime. Série 6 SP. Déclarations d'appareils à vapeur pour les communes de A à Y de l'arrondissement de Rouen pour la période 1877-1892.

    Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 6 SP
    Déclaration d'augmentation du timbre d'une chaudière, 1882.
  • AM Elbeuf. Série 2 F. Sous-série 2 F 213. Etablissements industriels, liste rédigée en 1889.

    Archives municipales, Elbeuf : 2 F 213
    Nombre d'ouvriers, 1889.
  • AM Elbeuf. Série G. Sous-série G 1309. Matrice des contributions foncières mobilières, registre des patentes de 1930.

    Archives municipales, Elbeuf : G 1309
    Machines et nombre d'ouvriers, 1930.
  • AM Elbeuf. Série G. Sous-série G 2016. Matrice cadastrale des propriétés bâties et non bâties de 1831 à 1882.

    Archives municipales, Elbeuf : G 2016
    folio 616
  • AM Elbeuf. Série G. Sous-série G 1284. Matrice des contributions foncières mobilières, registre des patentes de 1900.

    Archives municipales, Elbeuf : G 1284
    Machines en place, nombre d'ouvriers, 1900.

Bibliographie

  • MONNOT, Philippe. Elbeuf, ville manufacturière. Mémoire de 3e cycle. Unité pédagogique d'architecture n°6, Paris, 1978, 185 p.

    Archives municipales, Elbeuf
    p 133-134.
  • LAMY, Alain. Elbeuf se penche sur son passé. Saint-Aubin-Lès-Elbeuf, Temps Libre, 1989, 391 p.

    p. 307-310.

Périodiques

  • LEVAIN, ROUGERIE, STRAUS. Contribution à l'étude des mouvements de longue durée, la croissance de l'industrie lainière en France au XIXe siècle: ses allures et ses déterminants. In: Bulletin de l'Institut d'histoire économique et sociale de l'Université de Paris, n°12 dec 1983, p. 72.

    Etablissements Thibault Frères, plan de l'atelier de teinture et d'épaillage, par Laquerrière architecte, 1/200e, mai 1923.
  • Les cités normandes du draps, Elbeuf et Louviers. La Revue de Rouen, n°10, 1956, 30 p.

    Article, production de l'établissement.

Documents figurés

  • Bibliothèque municipale Rouen. Estampes topo. Fonds Fortin.

    Usine textile Thibault, entête de lettre, vers 1900.
Date(s) d'enquête : 1992; Date(s) de rédaction : 1993
(c) Région Normandie - Inventaire général
Real Emmanuelle
Real Emmanuelle

Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, depuis 1992. Spécialité : patrimoine industriel.

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