Dossier d’œuvre architecture IA61002519 | Réalisé par
Maillard Florent (Contributeur)
Maillard Florent

Chercheur associé au Parc naturel régional du Perche depuis 2011, en charge de l'étude et de la valorisation du patrimoine bâti.

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  • enquête thématique régionale, architecture rurale du Parc naturel régional du Perche
ferme, actuellement maison
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Normandie - Inventaire général
  • (c) Parc naturel régional du Perche

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Parc naturel régional du Perche - Tourouvre
  • Commune La Lande-sur-Eure
  • Lieu-dit la Marsolière
  • Cadastre 1831 C 788  ; 2025 ZC 47, 48
  • Précisions nouvelle commune Longny-les-Villages

Sous l’Ancien Régime, la paroisse de La Lande est divisée en deux fiefs principaux, celui de La Lande et celui de La Lande-Marsolière. Ce dernier apparait toutefois assez tardivement dans la documentation car il n’en est fait mention qu’à partir du 16e siècle. Pour autant, son baillage dépendait directement du bailli de Feillet (sis en la paroisse voisine du Mage). Aucun manoir ou autre édifice seigneurial ne semble avoir été construit à la Marsolière.

Des vestiges de pan de bois (poutre maîtresse d’une ancienne dépendance présentant des mortaises vides aux extrémités) pourraient faire remonter les parties les plus anciennes de la ferme de la Marsolière au 17e siècle (cette poutre peut cependant constituer un remploi). La ferme apparaît sur la carte de Cassini datant du 3e quart du 18e siècle, sous le toponyme « Marsendière » (probablement une erreur du document). La ferme semble avoir été reconstruite dans sa globalité dans la 2e moitié du 18e siècle. La partie centrale du bâtiment principal, où les charpentes sont les plus anciennes (ferme à poinçon long et à cloisonnement en pan de bois) au niveau du logis et de l’ancienne dépendance (écurie), est sans doute la plus ancienne. L’extension s’est faite vers le sud-ouest à la fin du 18e siècle et au début du 19e siècle avec la construction d’une nouvelle dépendance (porcherie dans son dernier état) et de la grange. En retour d’équerre, deux étables et/ou écuries ont été construites en 1824, comme en atteste la date portée à même l’enduit à l’intérieur d’une des dépendances. Le plan cadastral daté de 1831 fait apparaître ces bâtiments de plan en « L ». L’ensemble appartient alors Jean-Louis Prudent Cousin, également propriétaire du moulin de La Lande. Suite à son décès survenu en 1832, la propriété passe à son fils Henry Prudent Cousin (? - 1832). Ce dernier est le commanditaire de la construction de l’ancienne grange édifiée en prolongement nord-est du bâtiment principal en 1837, comme l’indique la date portée figurant à même l’enduit du mur de refend sous la poutre faîtière. L’inscription « Déchan » accompagne cette date portée, faisant très probablement référence à Joseph Nicolas François Deschamps (1787-1840), charpentier et maçon, domicilié au hameau de la Braudière dans la même commune.

Une autre date portée (1858), avec une inscription (Désém ?) sur un autre mur de refend du comble du bâtiment principal, indique une réfection des enduits à cette période sans que le nom puisse être rapprocher d’un artisan du secteur.

En 1877, Désiré Haye devient propriétaire de la ferme qu’il transmet avant 1882 à son fils Victorien Alphonse Désiré Haye (1845- ?). Ce dernier procède à des réaménagements de la ferme à la fin du 19e siècle et au début du siècle suivant parmi lesquels des réfections de planchers (ancienne porcherie : solives sciées mécaniquement et hourdis en terre cuite) et la construction d’une chambre en retour au sud-ouest équipée d’une cheminée d’angle en marbre. Comme l’indique une mention des matrices cadastrales, il fait également édifier un second logis (bâtiment secondaire au nord-est du principal) en 1896 pour lui ou pour son fils, Léon Arsène Désiré Haye (1870-1950), Un mur de clôture est alors construit, séparant les deux cours de ferme. Le père et le fils habitent et exploitent chacun leur ferme à la Marsolière jusqu’en 1926 comme en atteste les listes nominatives de recensement de population. Dès 1931, une seule et nouvelle famille de cultivateurs, les Dutartre, précédemment établis à la ferme du Moulin de La Lande, exploite la ferme.

L’exploitation agricole cesse dans les années 1960-1970 et la ferme devient une maison, achetée dans les années 2010 par les propriétaires actuels.

  • Période(s)
    • Principale : 17e siècle , (incertitude)
    • Principale : limite 18e siècle 19e siècle
    • Principale : 19e siècle
    • Principale : 1er quart 20e siècle
  • Dates
    • 1824, porte la date
    • 1837, porte la date
    • 1858, porte la date
  • Auteur(s)

La ferme de la Marsolière se situe à environ 400 mètres à l’est du village de La Lande-sur-Eure. Initialement isolée, une maison a été construite de l’autre côté de la route à l’ouest au début des années 1980. Implanté à proximité du ruisseau de la Fortinière, l’édifice comprend deux bâtiments séparés de quelques mètres.

Le bâtiment principal, en rez-de-chaussée, possède une façade principale orientée au sud-est. Il comprend, du sud-ouest au nord-ouest, une grange à porteau, deux anciennes dépendances (porcherie ou étable, puis écurie), l’ancien logis (à deux pièces, salle et chambre), un espace anciennement cloisonné, qui servait de chambre, et une ancienne grange complétée d’une laiterie ou d’une laverie à l’arrière. Perpendiculaire à la salle, au sud-est, se situe une autre chambre. Deux dépendances, également en retour d’équerre à l’ouest, prolongent le bâtiment de deux dépendances (étables ou écuries) alignées et d’un toit à porcs. Seule la chambre de l’extension sud-est conserve sa cheminée, recouverte de plaques de marbre noir et placée à l’angle sud de la pièce. Les autres cheminées sont des ajouts contemporains. L’ancienne dépendance servant initialement d’écurie possède toujours sa poutre maîtresse, percée de mortaises vides aux extrémités (vestiges d’un ancien pan de bois ?) et une partie de son solivage d’origine. Sous le comble, la charpente comprend plusieurs fermes qui témoignent de l’évolution à des époques différentes. La plus ancienne, à poinçon long et entrait retroussé, possède un cloisonnement en pan de bois hourdée en torchis ; les plus récentes sont à poinçon court, entrait retroussé, blochets et jambettes.

Le bâtiment secondaire, situé au nord-est du principal, est également en rez-de-chaussée mais sa façade sur cour est orientée au sud-ouest. Il comprend deux corps de bâtiment juxtaposés et prolongés d’un appentis contre la façade postérieure. Le logis est à pièce unique, encadré d’un possible atelier au nord-ouest et d’une chambre au sud-est. Dans la cheminée de la salle se trouve l’entrée du four à pain dont la voûte subsiste, visible au fond de l’appentis postérieur à usage de remise.

Le départ d’un mur de clôture proche de l’ancienne grange, en façade sud-est du bâtiment principal, témoigne de la division tardive de la cour suite à la construction du second logis. De même, la petite cour antérieure, au nord-ouest, comprise entre les bâtiments et la route, devait être divisée en deux comme le montrent les deux portails charretiers et le portail piéton percés dans le muret surélevé d’une grille.

Les murs des bâtiments sont en moellons de silex couverts d’un enduit plein. Les encadrements des baies, les chaînages d’angle, les corniches et les souches de cheminée sont en brique. Les toits à longs pans sont couverts en tuile plate.

  • Murs
    • silex moellon enduit
    • brique
  • Toits
    tuile plate
  • Étages
    en rez-de-chaussée
  • Couvertures
    • toit à longs pans
  • État de conservation
    bon état
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler

Malgré les remaniements successifs, cette ancienne ferme conserve quelques éléments architecturaux caractéristiques du 17e siècle, tels que des vestiges de pan de bois et une ferme à poinçon long. En partie reconstruite et modifiée à l’époque contemporaine, elle illustre un phénomène socio-économique important dans les campagnes : la construction sur site d’un second logis (voire d’une seconde petite ferme) pour un membre de la famille, le père ou le fils, qui reste sur place tout en conservant son indépendance, même économique, comme l’indiquent les divisions des cours et la répartition des bâtiments d’exploitations.

Documents d'archives

  • AD Orne. 3 NUM EC TD 220. La Lande-sur-Eure - état civil : tables décennales (1793-1942).

    Archives départementales de l'Orne, Alençon : 3 NUM EC TD 220
  • AD Orne. 3 NUM EC EC 220. La Lande-sur-Eure - état civil : naissances, mariages et décès (1793-1942).

    Archives départementales de l'Orne, Alençon : 3 NUM EC EC 220
  • AD Orne. 3 NUM LN 220/M1505_08. La Lande-sur-Eure : listes nominatives des recensements de population (1901).

    Archives départementales de l'Orne, Alençon : 3 NUM LN 220/M1505_08
  • AD Orne. 3 NUM LN 220/M1505_12. La Lande-sur-Eure : listes nominatives des recensements de population (1926).

    Archives départementales de l'Orne, Alençon : 3 NUM LN 220/M1505_12
  • AD Orne. 3 NUM LN 220/520W34_24. La Lande-sur-Eure : listes nominatives des recensements de population (1946).

    Archives départementales de l'Orne, Alençon : 3 NUM LN 220/520W34_24
  • AD Orne. 3 P 3-220/1 => 3 P 3-220/6. La Lande-sur-Eure – matrices cadastrales (1831).

    Archives départementales de l'Orne, Alençon : 3 P 3-220/1 => 3 P 3-220/6
  • AD Orne. S 2326. La Lande-sur-Eure – règlement d'eau de l'étang et du moulin de La Lande (1856-1863).

    Archives départementales de l'Orne, Alençon : S 2326

Bibliographie

  • GUILLER DE SOUANCÉ, Hector. Dictionnaire topographique des communes du Perche (manuscrit non publié), ca. 1920.

Documents figurés

  • AD Orne. 3 P 2-220/1 => 3 P 2-220/8. La Lande-sur-Eure – plans cadastraux (1831).

    Archives départementales de l'Orne, Alençon : 3 P 2-220/1 => 3 P 2-220/8
Date(s) d'enquête : 2025; Date(s) de rédaction : 2025
(c) Parc naturel régional du Perche
(c) Région Normandie - Inventaire général
Maillard Florent
Maillard Florent

Chercheur associé au Parc naturel régional du Perche depuis 2011, en charge de l'étude et de la valorisation du patrimoine bâti.

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