Dossier d’œuvre architecture IA61002514 | Réalisé par
Maillard Florent (Contributeur)
Maillard Florent

Chercheur associé au Parc naturel régional du Perche depuis 2011, en charge de l'étude et de la valorisation du patrimoine bâti.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
  • enquête thématique régionale, architecture rurale du Parc naturel régional du Perche
ferme, actuellement maison
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Normandie - Inventaire général
  • (c) Parc naturel régional du Perche

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Parc naturel régional du Perche - Tourouvre
  • Commune La Lande-sur-Eure
  • Lieu-dit le Vieux Village, La Lande-sur-Eure
  • Cadastre 1831 E 407  ; 2025 220 ZL 7, 8
  • Précisions Longny-les-Villages
  • Dénominations
    ferme
  • Destinations
    maison
  • Parties constituantes non étudiées
    cour, étable, écurie, bergerie, fournil, puits, toit à porcs, remise, grange, étang

Les bâtiments les plus anciens semblent être le logis principal et une grande partie du bâtiment principal d’exploitation en retour d’équerre. Ils pourraient dater du 17e siècle comme l’indiquent les empoutrements de planchers (poutres maîtresses et solives surdimensionnées du logis principal), les charpentes à fermes à poinçons longs et sous-faîtières, les vestiges de la structure en pan de bois des dépendances ainsi que les chaînages d’angle et les jambes harpées en brique orangée non calibrée du logis.

Au 18e siècle, la terre et la ferme du Vieux Village – tout comme celles des Tégnères, du Manoir, de la Lèverie et de la Fortinière, ainsi que le moulin de La Lande – dépendent d’une puissante famille seigneuriale, les d’Aligre, propriétaire notamment du château de la Rivière, sis à Pontgouin (Eure-et-Loir). Au moment de la Révolution, le Vieux Village, qui appartient à Étienne François d’Aligre (1727-1800), est affermé à un métayer nommé Pierre Rivard.

Vendu comme Bien national à Jean Pasquier (1764-1838), propriétaire cultivateur et maire de La Lande-sur-Eure à la date du premier cadastre (1831), la propriété reste dans la famille Pasquier jusqu’en 1868, puis passe par alliance à la famille Beaufils. L’année suivante, Étienne Albert Beaufils (1840-1904) déclare la construction neuve d’un second logis sur la parcelle E 407, probablement pour son frère Fortuné Alexandre Beaufils (1842-1897). Ces derniers sont qualifiés de propriétaires cultivateurs résidant tous deux au Vieux Village. Le logis principal est également remanié à la même période par l’agrandissement des portes et fenêtres avec l’emploi d’une brique rouge-bordeaux, plus épaisse et plus calibrée.

Parmi les deux frères, seul Étienne Albert Beaufils se marie et épouse Marie Madeleine Mabon avec qui il a une fille, Claire Francine Albertine Beaufils. En 1886, cette dernière épouse Jean Auguste Céleste Naveau à qui elle transmet la propriété. L’ensemble échoit en 1926 à André Joseph Eugène Drieux, industriel à Caudebec-lès-Elbeuf (Seine-Maritime), avant d’entrer en possession des actuels propriétaires dans les années 1980 qui construisent le hangar au nord-est et réhabilitent les logis.

  • Période(s)
    • Principale : 17e siècle
    • Principale : 2e moitié 19e siècle
  • Dates
    • 1869, daté par source
  • Auteur(s)

La ferme isolée du Vieux Village se situe à environ 700 mètres au sud-ouest du village de La Lande-sur-Eure. Elle est composée de deux logis et de bâtiments d’exploitation agricole répartis autour d’une cour ouverte.

Placé à l’ouest de la cour, le logis principal en rez-de-chaussée comprend deux pièces : une salle et une chambre initialement séparées par un couloir central. Deux types de briques – l’une orangée plus fine et moins calibrée, de facture plus ancienne ; l’autre mieux cuite, plus épaisse et calibrée et de teinte plus foncé – témoignent de deux campagnes de construction différentes. La brique plus ancienne est employée pour les chaînages d’angle et les jambes harpées soutenant les poutres maîtresses, tandis que la brique plus récente est utilisée pour les encadrements des baies et la corniche moulurée. À l’intérieur, les empoutrements des planchers sont conservés. Les sections importantes des pièces de bois employées pour les poutres maîtresses et les solives et le peu d’espaces entre les solives (entrevous) montrent à la fois l’ancienneté du bâtiment, le statut social élevé des bâtisseurs et la disponibilité de la ressource en bois. Le manteau en brique de la cheminée de la salle est également conservée. Un four à pain, dont l’entrée se trouve dans cette cheminée, se situe sous l’appentis au nord.

En prolongement du logis principal au sud se trouve un cellier ou une laiterie, ainsi qu’une ancienne écurie. Accolé en retour d’équerre à l’est, se situe le bâtiment principal d’exploitation, qui comprend deux vastes granges séparées par une étable et une écurie, et prolongées à l’est d’une remise. À l’arrière de la grange ouest, un auvent (appelé « porteau » dans le Berry) est placé, dont la reprise de maçonnerie montre la postériorité de l’ouvrage. Deux toits à porcs lui sont accolés à l’ouest. La grange conserve des vestiges significatifs d’une structure en pan de bois (partie basse de l’ancien pignon est, poteau cormier en façade arrière).

Également en rez-de-chaussée, le logis secondaire se trouve au nord de la cour et comprend deux pièces (salle et chambre). Sous un appentis au nord, un fournil lui est accolé qui conserve sa voûte. Un cellier et une écurie prolongent le logis à l’ouest.

À l’extrémité nord-est de la cour, une petite dépendance comprend deux étables et deux toits à porcs. À l’opposé, à l’ouest, se trouve une dernière dépendance servant initialement de bergerie.

Un puits de plan carré est placé au nord-ouest de l’ensemble.

À l’exception des quelques vestiges de pan de bois précédemment cités, les murs sont en moellons de silex et, de manière sporadique, de grison (surtout la dépendance nord-est) couverts d’un enduit plein ou à pierre vue. Les encadrements des baies, les chaînages d’angle, les corniches et les souches de cheminée sont en brique. Les toits à longs pans sont couverts en tuile plate.

  • Murs
    • silex moellon enduit
    • grison moellon enduit
    • torchis pan de bois
    • brique
  • Toits
    tuile plate
  • Étages
    en rez-de-chaussée
  • Couvertures
    • toit à longs pans
  • État de conservation
    bon état
  • Statut de la propriété
    propriété privée

Le toponyme « le Vieux Village » soulève des interrogations : proximité avec le bourg qui n’est peut-être pas si ancien (13e siècle pour la datation approximative des parties les plus anciennes de l’église paroissiale Saint-Jean-Baptiste) alors que la paroisse de La Lande est attestée dès le 9e siècle. Il est possible que l’ancienne paroisse ait pu se situer au Vieux Village avant d’être déplacée au « nouveau » village, bien qu’aucun vestige antérieur au 17e siècle n’y soit présent.

Contrairement aux autres secteurs de la commune, le parcellaire est composé de parcelles d’assez grandes dimensions (tout comme le parcellaire aux Tégnères). Ce qui tend à montrer qu’il n’y a pas eu, sous l’Ancien Régime, de divisions familiales car le lieu relevait alors d’une seigneurie.

La ferme du Vieux Village revêt un intérêt patrimonial à l’échelle de la commune nouvelle de Longny-les-Villages en raison de son ancienneté, de la conservation d’éléments anciens et de son histoire relativement bien connue.

Image non consultable
Image non consultable
Image non consultable
Image non consultable
Image non consultable
Image non consultable
Image non consultable
Image non consultable
Image non consultable
Image non consultable
Image non consultable
Image non consultable
Image non consultable
Image non consultable
Image non consultable
Image non consultable
Image non consultable
Image non consultable
Image non consultable
Image non consultable
Image non consultable
Image non consultable
Image non consultable
Image non consultable
Image non consultable
Image non consultable
Image non consultable
Image non consultable

Documents d'archives

  • AD Orne. 1 Q 1165. La Lande-sur-Eure – archives révolutionnaires : biens d'émigrés Chambon-Troussauville et Daligre (E.F.).

    Archives départementales de l'Orne, Alençon : 1 Q 1165
  • AD Orne. 3 NUM EC RP 220. La Lande-sur-Eure - registres paroissiaux : baptêmes, mariages et sépultures (1614-1792).

    Archives départementales de l'Orne, Alençon : 3 NUM EC RP 220
  • AD Orne. 3 NUM EC TD 220. La Lande-sur-Eure - état civil : tables décennales (1793-1942).

    Archives départementales de l'Orne, Alençon : 3 NUM EC TD 220
  • AD Orne. 3 NUM EC EC 220. La Lande-sur-Eure - état civil : naissances, mariages et décès (1793-1942).

    Archives départementales de l'Orne, Alençon : 3 NUM EC EC 220
  • AD Orne. 3 NUM LN 220/M1505_08. La Lande-sur-Eure : listes nominatives des recensements de population (1901).

    Archives départementales de l'Orne, Alençon : 3 NUM LN 220/M1505_08
  • AD Orne. 3 NUM LN 220/M1505_12. La Lande-sur-Eure : listes nominatives des recensements de population (1926).

    Archives départementales de l'Orne, Alençon : 3 NUM LN 220/M1505_12
  • AD Orne. 3 NUM LN 220/520W34_24. La Lande-sur-Eure : listes nominatives des recensements de population (1946).

    Archives départementales de l'Orne, Alençon : 3 NUM LN 220/520W34_24
  • AD Orne. 3 P 3-220/1 => 3 P 3-220/6. La Lande-sur-Eure – matrices cadastrales (1831).

    Archives départementales de l'Orne, Alençon : 3 P 3-220/1 => 3 P 3-220/6

Bibliographie

  • GUILLEMIN, Denis (dir.), LÉGER, Christian (dir.), SIGURET, Philippe (dir.), FERNON, Jean-Paul (dess.), COMMENCHAL, David (phot.). Nouvel armorial du Perche, Perche-Gouet et confins. Perche-en-Nocé : la Mésange Bleue Édition, décembre 2023. 913 p.

    p. 167-168

Documents figurés

  • AD Orne. 3 P 2-220/1 => 3 P 2-220/8. La Lande-sur-Eure – plans cadastraux (1831).

    Archives départementales de l'Orne, Alençon : 3 P 2-220/1 => 3 P 2-220/8
Date(s) d'enquête : 2025; Date(s) de rédaction : 2025
(c) Parc naturel régional du Perche
(c) Région Normandie - Inventaire général
Maillard Florent
Maillard Florent

Chercheur associé au Parc naturel régional du Perche depuis 2011, en charge de l'étude et de la valorisation du patrimoine bâti.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.