Dossier d’œuvre architecture IA61002506 | Réalisé par
Maillard Florent (Contributeur)
Maillard Florent

Chercheur associé au Parc naturel régional du Perche depuis 2011, en charge de l'étude et de la valorisation du patrimoine bâti.

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  • enquête thématique régionale, architecture rurale du Parc naturel régional du Perche
église paroissiale Saint-Jean-Baptiste
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Normandie - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Parc naturel régional du Perche - Tourouvre
  • Commune La Lande-sur-Eure
  • Lieu-dit La Lande-sur-Eure
  • Adresse rue de l'Église
  • Cadastre 1831 B 402, 403  ; 2025 220 B 193, 194
  • Précisions Longny-les-Villages
  • Dénominations
    église
  • Vocables
    saint Jean-Baptiste
  • Parties constituantes non étudiées
    cimetière, croix de cimetière, tombeau, mur de clôture, enclos funéraire

Sous l’Ancien Régime, la paroisse de La Lande fait partie du diocèse de Chartres, du doyenné de Brezolles et de l’archidiaconé de Dreux. Les saints patrons, avant 1900, sont saint Jean et saint Eutrope. D’après Pitard, sous l’Ancien Régime, l’évêque de Chartres et l’abbé de Saint-Laumer de Blois nomment tour à tour à la cure de La Lande.

Si la paroisse de La Lande est citée dès la première moitié du 9e siècle dans le polyptique d’Irminon, sous le toponyme Landas, l’église paroissiale semble remonter au 13e siècle concernant la nef et le chœur qui conservent des éléments architecturaux significatifs de l’époque romane. Témoignent de cette première phase de construction la structure générale du bâtiment aux chaînages d’angle en pierre de taille de grison, étayés au nord-est par des contreforts de même nature, tout comme les deux baies romanes au nord-est et au sud-est de la nef, ainsi que la corniche en quart de rond au nord du chœur.

La charpente de l’édifice a probablement subi une réfection complète dans la seconde moitié du 15e siècle ou dans la première moitié du siècle suivant. Les quatre fermes principales de la nef reposaient sur des poteaux en bois comme l’indiquent les mortaises vides aux extrémités des entraits. Ils ont peut-être été supprimés au 17e ou au 18e siècle lors d’une nouvelle campagne de restauration concomitante avec la construction du clocher. Ces modifications ont alors nécessité la construction de contreforts saillant en pierre de taille de roussard (trois au nord et au sud, quatre à l’ouest), afin de renforcer la structure de la nef.

Une litre funéraire encore visible, surtout en façade nord, semble antérieure à la construction des contreforts saillants. Trois emplacements se distinguent côté nord, où se trouvaient probablement les armoiries peintes du seigneur défunt comme sur l’église Saint-Maurice de Tardais, sise en la commune de Senonches (Eure-et-Loir).

Dans la seconde moitié du 19e siècle et au début du siècle suivant, une importante campagne de restauration est entreprise. À l’est de l’édifice, la sacristie, présente sur le cadastre de 1831 mais de dimensions restreintes, est agrandie en 1850 (date portée à même l’enduit au-dessus de la fenêtre est). Les petites baies romanes, mentionnées par Hector de Souancé dans sa description réalisée vers 1900 (voir annexe), sont supprimées à l’exception de deux situées au nord-est et au sud-est de la nef, simplement obstruées. Les autres ont été agrandies et deux nouvelles ont été créées pour mieux éclairer l’édifice. En brique enduite, elles sont surmontées d’arc en plein cintre pour la nef ou d’arc brisé pour le chœur. Détruit récemment, un petit appentis a été construit au même moment au nord-ouest, servant de réserve. Il subsiste les trous d’encadrement des solives au niveau de la litre funéraire ainsi que l’ancienne porte d’accès depuis la nef. La couverture, initialement en tuile plate (à l’exception du clocher en ardoise), a été refaite en ardoise. L’intérieur est réaménagé à cette même époque avec le remplacement de la fausse voûte lambrissée par une voûte en brique plâtrée et le renouvellement du mobilier liturgique.

Des travaux d’entretien sont signalés dans les archives vers 1890 (réparations au clocher réalisées par M. Hureau, charpentier à Neuilly-sur-Eure, pour 162,70 francs), ainsi que la fourniture d’une cloche neuve de 625 kg, réalisée par J. Robert fils, fondeur à Nancy (Meurthe-et-Moselle), pour 1 315 francs.

  • Période(s)
    • Principale : 13e siècle
    • Principale : Temps modernes
    • Secondaire : 19e siècle
    • Secondaire : 1ère moitié 20e siècle
  • Dates
    • 1850, porte la date

Située à l’extrémité nord-est du village, l’église paroissiale Saint-Jean-Baptiste est entourée du cimetière clos de murs. De plan allongé, l’édifice comprend une nef prolongée à l’est d’un chœur plus étroit et d’une sacristie. Un clocher dont le beffroi repose toujours sur des poteaux en bois cachés au rez-de-chaussée par un coffrage, s'élève à l'ouest de la nef.

Une série de contreforts épaulent la construction. Les plus anciens, bas et en pierre de taille de grison, sont cantonnés aux angles nord-est de la nef et du chœur. Les plus récents, hauts et assez saillants, en pierre de taille de grès roussard contrebutent la nef au nord, au sud et à l’ouest.

Percée au centre du pignon ouest, un portail à encadrement mixte (pierre de taille de grès roussard pour la partie basse des jambages, pierre de taille de grison pour le reste) surmonté d’un linteau en arc surbaissé, donne accès à l’intérieur de l’édifice, tout comme une porte secondaire située au sud-ouest.

Couverte d’une fausse-voûte en brique plâtrée, la nef est éclairée par quatre baies en plein cintre, deux au nord et deux au sud. Parmi les quatre fermes principales que compte la charpente de la nef, seule deux sont partiellement visibles.  Les entraits sont ornés de chanfreins alors que les poinçons longs, de section octogonale, possède un décor prismatique à la jonction avec l’entrait. À chaque extrémité des entraits, deux mortaises vides témoignent de la présence de poteaux en bois assemblés avec des jambes de force.

Quatre baies également, deux au nord et deux au sud, mais surmontées d’arc brisé, éclairent le chœur couvert d’une fausse voûte en brique plâtrée. Les verrières ornées de décor géométrique portent la date 1896 et sont issues de dons faits par Adrien Leroux de Chartres, par l’abbé Alfred Leroux, alors curé de Courgeoût, ainsi que par Marie Deshayes, épouse Norture, et Alcide Charron, tous deux marraine et parrain de la cloche.

Entourant le cimetière, des murs bahuts en moellons de silex sont percés de deux portails d'accès - l'un piéton au sud-ouest, l'autre charretier à l'ouest -, formés de piliers carrés en brique. Les sépultures les plus anciennes se concentrent à l'ouest et au sud. À l'ouest se trouve également la croix de cimetière dont l'emmarchement et le piédestal sont en brique, le socle en pierre de taille calcaire et la croix en fer forgée.

  • Murs
    • silex moellon enduit
    • grison moellon enduit
  • Toits
    ardoise
  • Plans
    plan allongé
  • Étages
    2 vaisseaux
  • Couvrements
    • fausse voûte en berceau brisé
    • fausse voûte en berceau plein-cintre
  • Couvertures
    • toit à longs pans croupe
    • flèche polygonale
  • État de conservation
    bon état
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler

Bien qu’elle ne soit pas protégée au titre des monuments historiques, l’église paroissiale Saint-Jean-Baptiste revêt un intérêt patrimonial important à l’échelle de la commune nouvelle de Longny-les-Villages et de tout le secteur nord-est du Parc du Perche, en raison de son environnement préservé, de son ancienneté et de la conservation d’éléments architecturaux originels. Son inscription permettrait à la commune de mieux appréhender la restauration globale de l’édifice et de ses abords, notamment du cimetière dont les sépultures les plus anciennes le nécessitent.

Non pris en compte lors de cette étude portant sur le patrimoine architectural, deux objets sont classés au titre des objets : un tableau figurant le Baptême du Christ et un ancien coffre Renaissance remployé en autel. Assez exceptionnel à l’échelle du Perche, ce dernier présente, sur trois faces, des personnages sculptés dont saint Pierre, saint Paul et saint Jean-Baptiste.

Documents d'archives

  • AD Orne. 2 O 220/3. La Lande-sur-Eure – bâtiments communaux (1816-1930).

    Archives départementales de l'Orne, Alençon : 2 O 220/3

Bibliographie

  • AUBERT, J. (abbé). Les églises de l'Orne et leurs oeuvres d'art. Lyon : Presses de Lescuyer, 1977.

    Direction Régionale des Affaires Culturelles, Caen
    p. 156-157
  • GUILLER DE SOUANCÉ, Hector. Dictionnaire topographique des communes du Perche (manuscrit non publié), ca. 1920.

    p. 1997-2002
  • PITARD, J.-F. Fragments historiques sur le Perche, statistique par commune et par ordre alphabétique. Paris : Res Universis, 1993 (fac-similé de l'édition de Mortagne : Daupeley frères, 1866).

    p. 239-240

Annexes

  • Extrait du dictionnaire des communes du Perche d'Hector Guiller de Souancé - La Lande-sur-Eure, vers 1900.
Date(s) d'enquête : 2025; Date(s) de rédaction : 2025
(c) Parc naturel régional du Perche
(c) Région Normandie - Inventaire général
Maillard Florent
Maillard Florent

Chercheur associé au Parc naturel régional du Perche depuis 2011, en charge de l'étude et de la valorisation du patrimoine bâti.

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