Dossier d’œuvre architecture IA50001349 | Réalisé par ;
Allavena Stéphane
Allavena Stéphane

Chercheur (Conservateur du patrimoine) à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Basse-Normandie de 2005 à 2012, en charge de l'étude sur la ville de Cherbourg-Octeville (Manche).

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  • inventaire topographique, Cherbourg-Octeville
hôpital de la Marine et de la Guerre, puis centre hospitalier des armées René Lebas, actuellement centre administratif
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Normandie - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Cherbourg-Octeville - Cherbourg
  • Commune Cherbourg-Octeville
  • Adresse 61 rue de l' Abbaye
  • Cadastre 2008 BH 374

La nécessité de disposer à Cherbourg d'un vaste hôpital militaire, capable d'accueillir les malades des troupes en garnison à l'arsenal et ceux des navires de la flotte française, est ressentie dès le dix-huitième siècle. A la fin de la Révolution, une telle institution est installée dans l'abbaye du Voeu, acquise par la Marine le 20 octobre 1791. L'ancien ensemble monastique, abandonné par les bénédictins depuis 1774, s'avère cependant trop petit et peu adapté. On projette donc en 1821 de construire à son emplacement un nouvel hôpital. En 1841 une étude est menée par l'ingénieur des Ponts et Chaussées Méry pour l'implanter dans l'arsenal, mais ce projet est abandonné après la révolution de 1848. Ce n'est finalement que le 9 août 1858, que l'empereur Napoléon III ordonne, lors de sa venue au port de Cherbourg, la construction d'un nouvel hôpital mixte de la Marine et de la Guerre, situé hors des terrains militaires. Neuf hectares sont acquis dans ce but en 1859 tandis qu'une commission élabore le programme précis de cette construction. Celle-ci s'appuie sur les établissements de Brest et de Rochefort, sur celui de Lariboisière à Paris ainsi que sur les réalisations antérieures de l'ingénieur Méry. Se basant sur ses recommandations, l'ingénieur des Ponts et Chaussées Pasquier-Vauvilliers réalise les plans. Il propose de construire un grand bâtiment, dit de l'administration, relié par des passerelles métalliques à quatre pavillons qui lui seraient perpendiculaires. Ils seraient complétés par des promenoirs, par le bâtiment des bains et par la chapelle. Ce grand complexe pourrait accueillir environ mille deux cents patients. Pour des raisons budgétaires, le comte de Chasseloup-Laubat, ministre de la Marine, décide que seuls deux pavillons seront construits, seules les fondations des deux autres étant mises en place. Le chantier débute au milieu de l'année 1865. Les travaux sont réalisés par les entrepreneurs Jules Bataille pour les objets métalliques et A. Courtignon puis Etienne-Dominique Montagnan pour les autres lots. Les ingénieurs des Ponts et Chaussées Brosselin puis Lestelle sont chargés du contrôle. Le 15 février 1869 la moitié est de l'hôpital est inaugurée et jugée apte à accueillir plusieurs centaines de malades en attendant l'achèvement complet des travaux. Ceux-ci sont terminés au mois de juin 1871. Le besoin d'un espace réservé aux malades contagieux se faisant sentir, un baraquement est installé sur la moitié sud des fondations du pavillon est prévu par Pasquier-Vauvilliers. Un édifice définitif est construit en deux campagnes pour le remplacer, en 1905-1907 et en 1909-1910. Conçus sous la direction de l'ingénieur des Ponts et Chaussées Paul Minard, directeur des Travaux Hydrauliques et futur concepteur du port en eau profonde de Cherbourg, il renferme quatre salles strictement isolées. Celles-ci ne sont cependant pas jugées suffisantes et, en 1911-1912, on ajoute un autre bâtiment sur les fondations ouest, réalisant ainsi l'ensemble du plan initialement prévu. On construit à la même époque, dans la cour ouest, une salle d'opérations. Durant la Première Guerre mondiale, l'hôpital accueille un total de 49 000 soldats blessés ou malades. Après la fin de la guerre, le rez-de-chaussée de l'aile ouest du bâtiment administratif est entièrement remanié pour accueillir le service de radiologie. De 1940 à 1944, les médecins de l'hôpital civil de Cherbourg, le service de Santé de la Marine, et celui de la Luftwaffe se partagent l'édifice. L'hôpital est désaffecté en 2002 et occupé depuis par divers services administratifs.

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 19e siècle
    • Secondaire : 20e siècle
  • Dates
    • 1865, daté par source, porte la date
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Brosselin Gustave Pierre
      Brosselin Gustave Pierre

      Date de retraite : 1902.

      Source : Archives nationales de France consulté le 5 octobre 2017, Ministère des travaux publics, Ingénieurs des Ponts-et-Chaussées (1748-1932), Inventaire-index (F/14/11466), URL : http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr/chan/chan/fonds/edi/sm/sm_pdf/F14%20Ingenieurs%20Ponts.pdf

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      ingénieur civil attribution par source
    • Auteur :
      Lestelle Alfred Charles
      Lestelle Alfred Charles

      Né le 3 avril 1843 à Mulhouse (Haut-Rhin), son père Thomas également ingénieur civil. 1863 : École Polytechnique. 1865 : Ecole des Ponts et Chaussées. Il débute à Metz, puis après 1870, à Cherbourg. Détaché à la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest, il s’occupe de la construction de plusieurs lignes.

      Sources consultés le 9 novembre 2017 :

      Site internet de l’École centrale École polytechnique, Anciens élèves, URL : http://bibli-aleph.polytechnique.fr/F/?func=find-b&request=LESTELLE+Alfred+Charles+1863&find_code=WPE&adjacent=N&local_base=BCXC2

      Site internet de l’École nationale des Ponts et Chaussées, Liste générale des élèves du corps et des élèves civils de l’École des ponts et chaussées 1744-1930, URL : http://chaire-ville.enpc.fr/sites/default/files/eleves_corps_civils_courspreparatoires_1744_1930_maj06.07.2016.pdf.

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      ingénieur des Ponts et Chaussées attribution par source
    • Auteur :
      Méry de Bellegarde Edouard Henri François
      Méry de Bellegarde Edouard Henri François

      Né le 6 mai 1805 à Mondaye (seine-et-Maritime), date de décès à vérifier. 1823 : École Polytechnique. 1825-1826 : École des Ponts et Chaussées. 1845 : ingénieur ordinaire faisant fonction d'ingénieur en chef. 1846 : ingénieur en chef, sous-directeur des travaux hydrauliques, membre de la Société académique de Cherbourg. Publie un mémoire en 1840 intitulé "Sur l’équilibre des voûtes en berceau" (Annales des Ponts et Chaussées, 1840, vol. 1, p. 51-70, Gallica). Retraite le 13 mai 1865. Frère de Amédée-Louis (1802-1866), également ingénieur des Ponts et Chaussées.

      Sources consultées le 9 novembre 2017 :

      Almanach royal et national pour l'année 1845, Paris : Chez A. Guyot et Scribe, 1845, ouvrage numérisé par Google, p. 178 ; 1846, p. 185.

      Marthe Felletin, Inventaire-index des ingénieurs des Ponts-et-Chaussées, Paris : Archives nationales de France, 1993, 2008, p. URL : http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr/chan/chan/fonds/edi/sm/sm_pdf/F14%20Ingenieurs%20Ponts.pdf.

      Site internet de l’École nationale des Ponts et Chaussées, Liste générale des élèves du corps et des élèves civils de l’École des ponts et chaussées 1744-1930 et des élèves des cours préparatoires 1875-1920, URL : https://www.enpc.fr/download/152794.

      Autres sources :

      Site internet de Bestrema, consulté le 9 novembre 2017, URL : http://bestrema.fr/epure-de-mery/.

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      ingénieur des Ponts et Chaussées attribution par source
    • Auteur :
      Pasquier-Vauvilliers Jean Baptiste Félix
      Pasquier-Vauvilliers Jean Baptiste Félix

      Ingénieur en chef de première classe des Ponts et Chaussées, adjoint à l'inspection générale des travaux maritimes, Pasquier-Vauvilliers est désigné en qualité de Commissaire au gouvernement, pour assister le ministre de la Marine et des colonies devant la Chambre des députés et devant le Sénat, dans la discussion du projet de loi relatif à la création d'un port à la Pointe-des-Galets (Ile de la Réunion) et à l'établissement d'un chemin de fer reliant ce port à Saint-Pierre et à Saint-Benoît. Date de retraite : 26 mai 1885.

      Sources :

      Site internet Mnesys, L'Union républicaine du Finistère, 7 février 1877, consulté le 6 octobre 2017, URL : http://mnesys-viewer.archives-finistere.fr/accounts/mnesys_cg29/datas/medias/collections/bibliotheque/presse/4MI077/FRAD029_4MI_077_1877_02_02_001_1877_02_28_004.pdf.

      Archives nationales de France consulté le 6 octobre 2017, Ministère des travaux publics, Ingénieurs des Ponts-et-Chaussées (1748-1932), Inventaire-index, cote : F/14/2294/2.

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      ingénieur civil attribution par source
    • Auteur :
      Minard Paul
      Minard Paul

      Source :

      Site internet Académie de marine consulté le 6 octobre 2017, URL : http://www.academiedemarine.com/refondateurs/Minard.php.

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    • Personnalité :
      Bonaparte Charles-Louis-Napoléon
      Bonaparte Charles-Louis-Napoléon

      Empereur sous le nom de Napoléon III (1851-1870).

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    • Personnalité :
      Chasseloup-Laubat Prosper de
      Chasseloup-Laubat Prosper de

      Justin Napoléon Samuel Prosper, comte, puis 4e marquis de Chasseloup-Laubat, né à Alexandrie (Italie) le 29 mai 1805 et mort à Versailles (Yvelines) le 29 mars 1873. Ministre de la marine et des colonies du 24 novembre 1860 à 1869.

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    • Auteur : entrepreneur attribution par source
    • Auteur :
      Courtignon Alexandre
      Courtignon Alexandre

      Né le 29 septembre 1827 à Paris. Décédé le 24 février 1890 à Cherbourg. Marié le 16 décembre 1851 avec Adèle Huet (1830-1892) à Chartres. Entrepreneur de l'église Notre-Dame-du-Voeu, Cherbourg.

      Source : site internet Geneanet, consulté le 9 novembre 2017, URL : https://gw.geneanet.org/pdelaubier?lang=fr&n=courtignon&nz=de+laubier&ocz=0&p=alexandre&pz=pierre.

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      entrepreneur attribution par source
    • Auteur : entrepreneur attribution par source

L'hôpital maritime est organisé selon un plan en grille. Au nord, parallèlement à la rue de l'Abbaye, prend place le grand bâtiment d'administration, long de 202 mètres, dont la façade de style éclectique s'inspire des réalisations de la Renaissance italienne et de l'architecture classique française. Au sud, séparée de ce dernier par la rue Basse, une grande cour centrale est bordée sur ses quatre côtés par deux grands « pavillons de malades », le bâtiment des bains et la chapelle. Des galeries de circulation encadrent le jardin intérieur qui s'y trouve. Trois passerelles métalliques couvertes relient cet ensemble au grand bâtiment administratif. De part et d'autre les deux derniers « pavillons de malades » forment deux cours latérales. Celle qui se trouve à l'est est divisée en plusieurs espaces par des murs. L'autre est en grande partie occupée par le pavillon Kedraudren.

  • Murs
    • calcaire pierre de taille
    • granite pierre de taille
    • schiste moellon enduit
  • Toits
    ardoise
  • Plans
    plan symétrique
  • Étages
    sous-sol, 3 étages carrés, étage de comble
  • Couvrements
    • charpente métallique apparente
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit à deux pans
    • toit brisé en pavillon
    • dôme polygonal
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours en charpente métallique
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours
  • Jardins
    parterre de gazon
  • État de conservation
    désaffecté
  • Techniques
    • ferronnerie
    • sculpture
  • Représentations
    • armoiries
  • Précision représentations

    Le pavillon central du bâtiment d'administration est couronné sur sa façade principale, au nord, par un fronton. En son centre prennent place les armoiries de l'Empire, encadrées par les attributs de la Marine et de la Guerre.

  • Statut de la propriété
    propriété publique
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler

L'hôpital maritime de Cherbourg, unique survivant des hôpitaux de port du XIXe siècle, depuis la disparition de Clermont-Tonnerre à Brest et Saint-Mandrier à Toulon, se signale par son organisation, son plan réfléchi et structuré. Il marque un moment de la réflexion sur la conception de l'hôpital. Celle-ci inclut la recherche d'une plus grande fonctionnalité, d'un plus grand confort de vie du malade, et l'apparition des théories hygiénistes qu'illustre la présence des promenoirs. L'ensemble est également à signaler dans l'histoire des techniques en raison de l'utilisation du fer dans les charpentes et de la fonte dans les escaliers. Enfin, son environnement est globalement très peu modifié, étant uniquement entamé par l'adjonction d'extensions dans une cour intérieure ou en bordure du parc.