Dossier d’œuvre architecture IA14000989 | Réalisé par
Lecherbonnier Yannick
Lecherbonnier Yannick

Chercheur à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Basse-Normandie de 1982 à 2001. Spécialité : patrimoine industriel. Chef du service Régional de l'Inventaire de Basse-Normandie de 2001 à 2016, puis de Normandie jusqu'en 2018.

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Dupont Stéphanie
Dupont Stéphanie

Chercheuse à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Basse-Normandie, puis de Normandie, depuis 2010. Spécialité : patrimoine industriel.

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  • patrimoine industriel, patrimoine industriel de l'arrondissement de Caen
mine de fer de la Société française de recherches et d’exploitations pour favoriser le développement de la richesse minière en France, puis de la Société de mines et de produits chimiques
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Normandie - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Calvados - Bourguébus
  • Commune May-sur-Orne
  • Cadastre 2015 ZA 35, 36, 92, 100, 107 May-sur-Orne ; C 24 Feuguerolles-Bully ; 2015 AE 80, 83, 85, 197, 198 Saint-Martin-de-Fontenay ; 2014 AI 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30, 31 Saint-Martin-de-Fontenay ; 2012 AO 65 Fontenay-le-Marmion
  • Précisions oeuvre située en partie sur la commune Saint-André-sur-Orne et Saint-Martin-de-Fontenay ; oeuvre située en partie sur la commune Saint-Martin-de-Fontenay ; oeuvre située en partie sur la commune Fontenay-le-Marmion ; oeuvre située en partie sur la commune Rocquancourt
  • Dénominations
    mine
  • Précision dénomination
    mine de fer
  • Appellations
    Société française de recherches et d’exploitations pour favoriser le développement de la richesse minière en France, Société de mines et de produits chimiques
  • Parties constituantes non étudiées
    atelier de fabrication, salle des machines, silo, cantine, école professionnelle, logement patronal, logement d'ouvriers

La concession de la mine de May-sur-Orne est officialisée par décret du 5 mars 1895 au profit de Jules Ernest Chollet et Georges Samson. Un premier décret d'extension en date du 23 juillet 1907 porte son étendue à 839 ha, puis un second du 5 mars 1909 à 965 ha. Elle est amodiée en novembre 1895 à la Société française de recherches et d'exploitations pour favoriser le développement de la richesse minière en France. Cette dernière, par regroupement de sociétés, devient quinze ans plus tard la Société de mines et de produits chimiques (SMPC). Autour du siège dit de l'Orne, plusieurs descenderies sont successivement creusées pour extraire un minerai constitué d'hématite et de carbonate présentant une teneur de 46 à 51% de fer et de 14 à 16% de silice. L'exploitation s'exerce selon la méthode dite "des chambres-magasins". Employant 139 personnes en 1908, la mine produit 62 200 tonnes de minerai, passant à 100 189 tonnes en 1913. Suspendue entre août 1914 et mars 1916, elle reprend à 21 302 tonnes en 1916, pour retrouver son tonnage d'avant-guerre vers 1921. La production est vendue en France et expédiée en Angleterre et en Allemagne. En 1923, est achevé l'équipement d'un deuxième siège, dit Urbain-le-Verrier, à Rocquancourt sur la partie est du gisement. La construction du chevalement et du bâtiment de la recette est confiée aux Etablissements Leflaive (Rhône-Alpes, 42, Saint-Etienne) et Lafarge. Trois ans plus tard, il est permis à la SMPC de réunir les concessions de Saint-André, Maltot et Bully suite à adjudication après leur mise sous séquestre prononcée en 1914. Les installations, modernisées entre 1926 et 1934, permettent l'extraction annuelle de plus de 600 000 tonnes de minerai. Sur le siège de Saint-André, un chevalement en fer équipé de deux berlines et une recette sont notamment construits en 1931-1932 par la Société Venot, Peslin et Cie (Nord, 59, Onnaing). Durant la même période, cette dernière équipe également le siège de l'Orne d'un chevalement, doté d'un concasseur giratoire Allis-Chalmers (Etats-Unis), d'une salle des machines, d'ateliers... Les Sièges de l'Orne et de Saint-André sont reliés par câbles transporteurs à deux accumulateurs, d'une capacité de 1 200 T chacun, situés sur la rive gauche de l'Orne (commune de Bully) construits en 1932 et 1930 reliés par un embranchement à la voie ferrée Caen-Laval. Celui de Saint-André est équipé d'un concasseur Allis-Chalmers. Le Siège d'Urbain-le-Verrier est quant à lui raccordé au chemin de fer minier de Soumont-Caen. Les combats de la Deuxième Guerre mondiale endommagent les installations minières. Supervisés par l'ingénieur de la société Charles Riva et l'architecte caennais Raymond Dupuis, les travaux de Reconstruction sont engagés selon trois tranches faisant appel aux entreprises Venot, Alsthom, Ingersoll-Rand, Les Câbleries de Bourg, La Compagnie Electro-mécanique, Dynalum, Rep-Elec et Monzies. L'extraction est reprise sur le siège de l'Orne en avril 1946, à Saint-André en janvier 1948 et à Urbain-le-Verrier en mars 1950. Six ans plus tard, est engagée la modernisation de la mine : concentration de ses activités sur un puits central, construction sur le carreau d'un chevalement de 49 m de haut, d'une nouvelle salle des machines, d'un bâtiment de concassage secondaire (le concassage primaire étant assuré en fond de mine), de trois silos en béton armé d'une capacité unitaire de 1 500 T de minerai, d'un bâtiment pour le concassage tertiaire et quaternaire et de quatre silos de stockage terminaux pouvant chacun contenir 5 000 T de produit. Les Etablissements Venot et Cie assurent la plus grande partie des travaux. En 1957, 698 000 tonnes sont extraites, la société emploie alors 857 personnes. Mais la concurrence de minerai étranger engendre la diminution des contrats de vente. Faute de débouchés, la mine cesse son activité en 1968. Les chevalements sont démantelés et la renonciation aux concessions est prononcée le 4 décembre 1975. Les galeries sont utilisées jusqu'en 1991 par la société Géomines pour le stockage d'hydrocarbures. Le siège d'Urbain-le-Verrier est occupé, depuis 1967, par l'entreprise de recyclage GDE (Guy Dauphin environnement).

La société dispose d'une centaine de logements achetés dans les villages environnants pour loger son personnel ainsi que de deux petites cités ouvrières : la cité Albert Taraud comptant 16 logements à Rocquancourt, construite en 1926, et 12 logements à Saint-Martin-de-Fontenay. Elles sont complétées, entre 1951 et 1953, par 42 logements supplémentaires. Sur le siège de Saint-André, une cantine avec infirmerie et douches est reconstruite sur les vestiges de l'ancienne après la Deuxième Guerre mondiale, une seconde est ouverte à Fontenay-le-Marmion.

Après la fermeture de la mine en 1968, de nombreux bâtiments ont été démolis en particulier les quatre chevalements. Il ne reste que des éléments épars : salle des machines, deux ensembles de silos en béton sur le siège du Puits central, deux accumulateurs dont un concasseur sur Feuguerolles-Bully, cantine, école d'apprentissage, château d'eau et petits bâtiments sur le siège de Saint-André, cantine à Fontenay-le-Marmion et quelques maisons ouvrières dans l'ensemble du périmètre de la mine, dont le logement du directeur à May-sur-Orne devenu le musée de la commune.

  • Murs
    • béton enduit
    • résidu industriel en gros oeuvre
    • calcaire
  • Toits
    tôle ondulée, ardoise, tuile mécanique, tuile plate
  • Étages
    sous-sol, rez-de-chaussée, 1 étage carré, 2 étages carrés, étage de comble
  • Couvrements
    • charpente métallique apparente
  • Couvertures
    • toit à longs pans pignon couvert
    • toit à longs pans pignon découvert
    • toit à longs pans croupe
  • Énergies
    • énergie thermique produite sur place
    • énergie électrique achetée
  • État de conservation
    établissement industriel désaffecté, détruit, mauvais état
  • Statut de la propriété
    propriété privée
    propriété publique