Dossier d’œuvre architecture IA14000951 | Réalisé par
Lecherbonnier Yannick
Lecherbonnier Yannick

Chercheur à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Basse-Normandie de 1982 à 2001. Spécialité : patrimoine industriel. Chef du service Régional de l'Inventaire de Basse-Normandie de 2001 à 2016, puis de Normandie jusqu'en 2018.

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Dupont Stéphanie
Dupont Stéphanie

Chercheuse à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Basse-Normandie, puis de Normandie, depuis 2010. Spécialité : patrimoine industriel, co-référente du Label "Patrimoine de la Reconstruction en Normandie".

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  • patrimoine industriel, patrimoine industriel de l'arrondissement de Caen
usine de construction navale des Chantiers navals français, puis Chantiers navals de Caen, puis usine de construction automobile Saviem, puis Renault véhicules industriels (RVI), puis Renault Trucks
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Région Normandie - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Calvados - Ouistreham
  • Hydrographies l' Orne
  • Commune Blainville-sur-Orne
  • Lieu-dit Usine Paul Durlach
  • Adresse rue du Canal
  • Cadastre 2015 BK 1, 3, 5, 7, 9, 10, 11, 14, 15
  • Commune Colombelles
  • Cadastre 2015 BA 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 15, 16
  • Commune Hérouville-Saint-Clair
  • Cadastre 2015 BZ 32, 33, 34
  • Précisions oeuvre située en partie sur la commune Colombelles ; oeuvre située en partie sur la commune Hérouville-Saint-Clair

La société anonyme des Chantiers navals français (CNF) est fondée en octobre 1917. Détentrice de 250 hectares de terrain à Blainville longeant la rive droite du canal de Caen à la mer, elle entreprend à partir d'avril 1918 le creusement de six cales de construction (120 et 150 m) chacune équipée d'une grue Titan ; elles seront achevées deux ans plus tard. S'ajoutent à cet ensemble un atelier des coques, un quai d'armement et un port privé de 12 hectares, desservis par voie fluviale et par un embranchement ferroviaire raccordé à un réseau interne. En parallèle, la société procède à la création d'une coopérative, la "Navis", en 1918 et à l'ouverture d'une école d'apprentissage l'année suivante à Caen. Elle fait également édifier une cité ouvrière (environ 350 logements à terme) et un hôtel pour célibataires de 75 places sur la rive gauche afin de loger une partie du personnel, qui compte 1 500 ouvriers en 1920. Suite à l'accord passé avec la société anglaise Cowans Sheldon and Co Ltd, les Chantiers diversifient leurs activités par la fabrication de grues. Malgré la réalisation de quarante navires (cargos, navires-citernes, navires de guerre...), ils sont confrontés à une crise de la construction navale. En juin 1928, la société dépose son bilan mais obtient un concordat de ses créanciers. Une septième cale est aménagée vers 1931. L'établissement, qui occupe alors environ 600 personnes, cesse son activité en 1934. Cinq ans plus tard, le site est réquisitionné par la Marine française. La gérance est confiée, en 1940, aux Ateliers et Chantiers de France. Basés à Dunkerque (IA00123272), ces derniers constituent la Société d'études pour l'exploitation des chantiers de constructions navales (SEEC). Le personnel passe de plus de 1 800 employés au début du deuxième conflit mondial à 750 en 1944. Le suivi du dossier des dommages de guerre est confié à l'architecte caennais André Masure. En juillet 1945, l'exploitation est reprise par les CNF, qui prennent en septembre le nom de "Chantiers navals de Caen" (CNC). Ils assurent notamment la construction entre 1951 et 1952 de quatre navires de 6 500 tonnes pour le compte de la Société Algérienne de navigation Charles Schiaffino et Cie. La société est dissoute par anticipation en 1953. Toute activité cesse au milieu de l'année 1955, date de livraison du dernier navire commandé.

Dans le cadre d'une opération de décentralisation décidée par la SAVIEM (Société anonyme de véhicules industriels et d'équipements mécaniques) - créée en 1955 par le rapprochement des entreprises Latil, Somua et de la division Poids Lourds de Renault -, le site est repris par sa filiale la Société industrielle de Blainville (SIB). L'adaptabilité des bâtiments, la possibilité d'extension, les liaisons faciles avec les usines de la région parisienne et la présence d'une main-d’œuvre locale sont mises en avant. Des travaux d'aménagement sont engagés en 1957, le premier camion livré le 29 octobre. De nouveaux bâtiments sont élevés contre l'ancien atelier des coques : ligne de montage (1958), atelier peinture-garnissage-assemblage (1960), parc à tôles (1960). L'usine occupe 480 ouvriers en 1959, 1 000 quatre ans plus tard. Pour permettre le transfert des activités des usines de Suresnes et Saint-Ouen, la construction d'une "usine de véhicules industriels" est entreprise en 1964, selon les plans de la Société d'études et de réalisations industrielles (SERI), filiale de Renault. Les anciennes cales sont supprimées. Le projet prévoit l'installation d'ateliers pour la production de boîtes de vitesses, de ponts-arrières et de trains avant et d'un magasin pour pièces de rechange. L'usine passe ainsi de 40 925 m2 couverts en 1960 à 164 000 m2 en 1965. Les chaînes de montage sont agrandies et l'outillage modernisé en 1970. Alors que l'établissement de Blainville compte 7 000 salariés en 1977, la SAVIEM fusionne l'année suivante avec le constructeur lyonnais Berliet (IA69000003 - IA69000004 - IA69000005) pour créer Renault Véhicules Industriels (RVI) ; les deux marques seront conservées jusqu'en 1980. Une ligne de cataphorèse est mise en place en 1983 et agrandie une dizaine d'années plus tard par une nouvelle ligne de peinture. En 2001, Renault V.I. devient l'une des filiales du groupe suédois AB Volvo, et prend l'année suivante le nom de Renault Trucks. Au milieu des années 2000, la société cède une partie de ses terrains à l'Etat et à la Chambre de commerce et d'industrie de Caen, qui fait démolir l'ancien atelier mécanique pour le remplacer par quatre bâtiments destinés principalement aux magasins avancés des fournisseurs de l'usine. De nouveaux investissements sont engagés en 2010 pour moderniser les lignes de garnissage et d'assemblage. Trois ans plus tard, l'assemblage des gammes de distribution effectué à Gand (Belgique) est transféré sur le site, dont l'organisation est répartie entre quatre secteurs d'activité : un centre de fabrication des cabines (tôlerie, peinture, garnissage), un centre de montage des véhicules industriels pour Midlum, un centre de faisceaux et un centre des équipements industriels. 2 500 personnes y travaillent à la fabrication de gammes de véhicules intermédiaires et hautes : Midlum, Premium et Magnum.

  • Période(s)
    • Principale : 1er quart 20e siècle
    • Principale : 2e moitié 20e siècle
  • Dates
    • 1918, daté par travaux historiques
    • 1958, daté par travaux historiques
    • 1960, daté par travaux historiques
    • 1963, daté par travaux historiques
    • 1964, daté par travaux historiques
    • 1965, daté par travaux historiques
    • 1970, daté par travaux historiques
    • 1982, daté par travaux historiques
    • 1994, daté par travaux historiques
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Caquot Albert
      Caquot Albert

      Ingénieur.

      "Professeur des cours de résistance des matériaux, de matériaux de construction et de béton armé. Admis à l’École polytechnique à 18 ans, il choisit le corps des ponts et chaussées et sera dans la même promotion que Eugène Freyssinet. Il obtient son diplôme en 1905. Pour son premier poste, il est nommé à Troyes où il est en charge de l'assainissement. Ses centres d’intérêt l’orientent vers l’aéronautique et aussi vers le béton armé. Il quitte l’administration en 1912 et s’associe avec Armand Considère. Ils réaliseront ensemble plusieurs ouvrages en béton armé et des recherches dans ce domaine.La Première Guerre mondiale oriente ses recherches dans le domaine de l’aéronautique. Affecté à une compagnie d’aérostiers à Toul, il invente le ballon allongé (ou ballon M) moins sensible au vent. Il perfectionne les systèmes d’attache au sol par de nouveaux treuils. Ces inventions lui valent plusieurs décorations et d’être nommé directeur technique de l’aviation militaire par Georges Clemenceau. La paix revenue, il reprend ses fonctions de constructeur et d’entrepreneur au sein de l’entreprise Pelnard-Considère & Caquot. Il multiplie alors les inventions. En 1922, il devient professeur à l’École supérieure d’aéronautique, à l’École des mines puis à l’École des ponts et chaussées. La Société des ingénieurs civils de France l’élit à sa présidence.En 1928, il est chargé de la production aéronautique par le ministère de l’Air. Il démissionne en 1933 suite à des restrictions de crédits pour ses projets. Il est élu en 1934 dans la section de mécanique de l’Académie des sciences, institution qu’il présidera en 1952.En 1938, il est appelé à diriger les sociétés nationales d’aviation afin d’accroître leur production. Les résultats sont positifs mais la guerre éclate et il ne peut mener à bout sa mission. Il démissionne en 1940 et revient définitivement à la construction d’ouvrages d’art. En 1947 on célèbre son jubilé scientifique et il est élevé à la dignité de grand croix de la Légion d’honneur (1951). Bien qu’ayant quitté l’administration en 1912, il est honoré du grade d’ingénieur général par le ministre des Travaux Publics en raison de l’éminente illustration qu’il a contribué à donner à son corps d’origine.Deux grands projets le passionnent à la fin de sa vie : un pont à haubans sur la Manche (1967) et une usine marémotrice dans la baie du Mont Saint-Michel (1973-1976). Tout à la fois, ingénieur, scientifique, savant, il décède à 95 ans, le 27 novembre 1976."

      source : Ecole nationale des Ponts et Chaussées. Familles des Ponts. https://patrimoine.enpc.fr/famille_des_ponts?id=834. + https://patrimoine.enpc.fr/famille_des_ponts?id=834&show=doc (consulté le 27 février 2018).

      -------

      Voir également http://www.annales.org/archives/x/caquot.html

      http://www.sabix.org/bulletin/sabixb28.htm

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      ingénieur attribution par source
    • Auteur : architecte attribution par source
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    • Personnalité :
      Chantiers navals français (société anonyme)
      Chantiers navals français (société anonyme)

      A partir de septembre 1945 prend le nom de "Chantiers navals de Caen".

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      propriétaire, commanditaire attribution par source
    • Personnalité : propriétaire, commanditaire attribution par source
    • Personnalité : commanditaire, propriétaire attribution par source

Située sur la rive droite du canal de Caen à la mer, l'usine Renault Trucks s'étend sur 130 hectares, dont environ 25 couverts. Les bâtiments, en brique ou en béton en partie bardés d'essentage de tôle de couleur blanche, grise ou rouge, regroupent les ateliers de fabrication et de réparation, les bureaux, les espaces de stockage et le restaurant d'entreprise. Ils sont couverts de toits à longs pans, souvent dotés de lanterneaux, ou de toits en terrasse. Le site compte également un important réseau interne de voiries, une piste d'essai et de vastes stationnements pour le stockage des cabines et des véhicules finis. Un château d'eau en béton armé est établi sur la rive opposée, tout comme une partie des éléments de l'ancienne cité ouvrière dont l'ancien hôtel pour célibataires, qui, construit sur quatre niveaux en moellons de calcaire et couvert d'un toit à longs pans en tuile mécanique, a été remanié sur sa façade nord.

  • Murs
    • brique
    • béton enduit
    • béton essentage de tôle
    • béton béton armé
    • calcaire moellon
  • Toits
    tôle nervurée, ardoise, matériau synthétique en couverture, tuile mécanique
  • Couvrements
    • charpente métallique apparente
  • Couvertures
    • terrasse
    • toit à longs pans lanterneau
    • toit à longs pans pignon couvert
  • Énergies
    • énergie électrique achetée
  • Statut de la propriété
    propriété d'une société privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler