Dossier d’œuvre architecture IA00021434 | Réalisé par ;
Pottier Gaëlle (Rédacteur)
Pottier Gaëlle

Chercheuse associée au Parc naturel des Boucles de la Seine Normande depuis 2014, en charge de l'inventaire du patrimoine bâti et des éléments de paysage associés.

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  • inventaire topographique, boucles de la Seine normande
église paroissiale Saint-Martin et Notre-Dame
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Caux Seine Agglo - Port-Jérôme-sur-Seine
  • Commune Vatteville-la-Rue
  • Lieu-dit
  • Cadastre 1938 D 149 ; 150
  • Dénominations
    église paroissiale
  • Vocables
    Saint-Martin ; Notre-Dame
  • Dossier dont ce dossier est partie constituante
  • Parties constituantes non étudiées
    enclos, cimetière

La construction de l'église de Vatteville-la-Rue a débuté dans la seconde moitié du 15e siècle par le chœur. Elle s'est poursuivie au début du 16e siècle par le transept, surmonté d'une tour-clocher, le tout édifié dans le style du gothique flamboyant. Un nouveau parti pris architectural, marqué par le style de la Renaissance, est amorcé au cours de la première moitié du 16e siècle avec la construction de la nef et de ses bas-côtés. La porte Saint-Martin sur le collatéral nord est datée de 1544, tandis que la porte Saint-Eustache sur le collatéral sud est datée de 1547. Le chantier s'achève à la fin du 16e siècle par la construction du portail occidental.

Les moines de l'abbaye de Fontenelle à Saint-Wandrille assuraient le patronage de cette église placée sous le vocable de Saint-Martin. Son décor témoigne des activités maritimes du port de Vatteville-la-Rue qui ont perduré jusqu'à l'endiguement de la Seine. Le bras sud du transept abrite une chapelle dédiée Saint-Clément, évêque de Rome et quatrième pape de l'Église, choisi comme patron des mariniers en référence à son martyr (jeté à la mer avec une ancre autour du cou). La verrière de Saint-Clément est accompagnée d'une inscription datant de 1528 mentionnant son donateur "maistre de la Roumaine" qui se réfère probablement à un événement maritime de l'époque. En 1765, la foudre tombe sur le clocher et provoque un incendie qui endommage gravement l’église (commémoré par une inscription sur un vitrail du bas-côté sud). Au cours du 18e siècle, la famille de Nagu, détentrice du marquisat de La Mailleraye, fait orner les murs intérieurs et extérieurs de l’église d’une litre funéraire peinte à leurs armes.

À la fin du 19e siècle, une vaste campagne de restauration est menée sur la partie supérieure du portail par Lucien Lefort, architecte en chef de la Seine Inférieure. L'église est classée Monument Historique en 1913. Dès lors, tous les travaux sont supervisés par l'architecte des Monuments Historiques. Une étude préalable à la restauration du clocher a été rédigée en mai 1990 par Dominique Moufle, architecte en chef des Monuments Historiques. Les vitraux, classés en 1908 en raison de leur caractère remarquable, sont déposés en 1938 et entreposés au château de Niort à la déclaration de la guerre. Ils n'ont été remis en place qu’en 1955.

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 15e siècle
    • Principale : 16e siècle
  • Dates
    • 1528, porte la date
    • 1547, porte la date
  • Auteur(s)
    • Personnalité :
      Delisle Michel
      Delisle Michel

      Michel Delisle, membre d'une famille de capitaines de navire implantée à Vatteville-la-Rue et maître de "La Roumaine" ayant offert en 1528 le vitrail dédié à ce vaisseau dans l'église de Vatteville-la-Rue.

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      donateur attribution par travaux historiques
    • Personnalité :
      De Nagu Adélaïde-Louise , dit(e) Marquise de Nagu
      De Nagu Adélaïde-Louise

      C’est en rachetant le comté d’Houdetot à la duchesse de Chaulnes qu’Adélaïde-Louise du Hamel de Melmont, née le 5 septembre 1740 au château d’Orcher près d’Harfleur, devient propriétaire du château de La Mailleraye le 30 décembre 1767. Épouse de Charles-Gabriel, marquis de Nagu, seigneur et patron du Marais Vernier, brigadier des armées du roi, ils eurent une fille unique : Adélaïde-Marie-Céleste de Nagu, née à Paris en 1761.

      Lorsque la Révolution éclate, Madame de Nagu choisit de rester au château de La Mailleraye avec sa fille la marquise de Mortemart et sa petite-fille. Appréciée des habitants auxquels elle fournissait des emplois en nombre, elle disposait également d’un sens politique aigu. Le 16 août 1793, Madame de Nagu est déclarée suspecte ainsi que son entourage par la municipalité de Guerbaville. Quelques jours plus tard, le château de La Mailleraye est placé sous la surveillance de gardes. Puis, en février 1794, Madame de Nagu est incarcérée avec sa fille, Madame de Mortemart, et sa petite-fille à Yvetot dans l’actuel manoir du Fay. Libérées le 28 novembre 1794, elles réintègrent le château de La Mailleraye où Madame de Nagu n’a de cesse de récupérer sa chapelle profanée afin de la remettre en état. À son décès, en 1826, elle y est enterrée tandis que la propriété du château est transmise à sa fille, la marquise de Mortemart.

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      donateur attribution par travaux historiques
    • Auteur :
      Moufle Dominique
      Moufle Dominique

      Architecte DPLG en 1971, ENSBA, diplômé du Centre d’Études Supérieures d’Histoire et de Conservation des Monuments Anciens en 1970. Architecte en Chef des Monuments Historiques, ichargé de 1973 à 1982 de la Creuse, de la Corrèze et de la Haute-Vienne et, de 1982 à 1997 du Val-de-Marne (sauf château de Vincennes) et jusqu’en 2005 de la Seine-Maritime (à l’exception de la Cathédrale de Rouen et de l’Archevêché). De 1997 à 2005, Château de Vincennes ; de 1998 à 2004 Cathédrale de Reims. En 1993, Inspecteur Général des Monuments Historiques pour les régions : Ile-de-France (Seine-Saint-Denis, Paris VIIe et Notre Dame de Paris), Midi-Pyrénées et Lorraine et monuments français à Rome jusqu’en 2004 (compagnie acmh).

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    • Auteur :
      Lefort Lucien
      Lefort Lucien

      Architecte départemental de la Seine-Inférieure. Élève ENSBA en 1873. 1877 : architecte adjoint de Louis Desmarets, architecte départemental de la Seine-Inférieure, puis architecte en chef. Un des membres fondateurs en 1886 de l'association des Amis des Monuments rouennais.

      Il construit de nombreux et importants monuments à Rouen : la basilique du Sacré-Coeur, l'aile du palais de justice, les touts marégraphes, la sacristie et le presbytère de Saint-Maclou, les écoles normales, les archives départementales, et agrandit le palais des Consuls.

      Architecte départemental, il construit des écoles et restaure des églises, dont les deux églises de Dieppe. Il bâtit aussi des châteaux (Saint-Pierre de Varengeville et Bosnormand, le château de Robert le Diable à Moulineaux) et la Chambre de Commerce de Dieppe. Hors département, il construit le marché couvert de Loigny et le théâtre municipal de Sens, sa ville natale.

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      architecte départemental attribution par source

L'église est bâtie en pierre de taille calcaire sur un plan en croix latine à trois vaisseaux : une nef centrale et deux collatéraux. Son chevet, tout comme les bras de son transept, est de forme polygonale. À la croisée du transept, le vaisseau est coiffé d'un clocher-tour massif de forme carrée, doté d'une balustrade et d'un toit pyramidal. Il est percé d'abat-son aménagés dans des baies en arcs brisés. Quatre gargouilles sont disposées aux angles de sa partie supérieure. Le chevet et le transept sont percés de baies en arcs brisés tandis que les bas-côtés sont éclairés par des baies en plein-cintre dotées de remplages gothiques. Le portail occidental, dans le style de la Renaissance, comporte deux portes en plein cintre réunies sous une balustrade. La façade est étayée par quatre contreforts surmontés de pinacles et le tympan est percé d'une rosace.

À l'intérieur, les sept travées de la nef reposent sur des colonnes à chapiteaux ioniques, la tribune à caissons sculptés et les bas-côtés sont construits dans le style de la Renaissance.

  • Murs
    • calcaire pierre de taille
  • Toits
    ardoise
  • Plans
    plan en croix latine
  • Étages
    3 vaisseaux
  • Couvrements
    • voûte d'ogives
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit à longs pans pignon découvert
    • croupe
  • État de conservation
    restauré
  • Techniques
    • vitrail
    • sculpture
  • Représentations
    • bateau
  • Précision représentations

    L'église Saint-Martin se caractérise par la richesse de ses vitraux : le chœur est éclairé par sept fenêtres à meneaux dont six sont ornées de vitraux datant des environs de 1470 (leur style a été rapproché d'un atelier rouennais ayant travaillé sur la cathédrale d’Évreux). La baie la plus importante comporte trois compartiments et sept sujets tirés de la vie de Saint-Martin, évêque de Tours. Les autres verrières du chœur représentent La Transfiguration, L'Ascension ou des épisodes de la vie des saints (saint Thomas, saint Nicolas, saint Hubert, sainte Catherine et sainte Barbe). Les verrières des bras du transept datent des années 1530-1540 et sont attribuées aux ateliers de l'église Saint-Vincent de Rouen (dont les verrières ont été déposées dans l'église Sainte Jeanne-d'Arc de Rouen). Elles montrent des scènes de la vie de la Vierge, accompagnés de portraits de donateurs et de représentations de vaisseaux du XVIe siècle. La chapelle Saint-Clément, aménagée dans le bras sud du transept, abrite un fragment de vitrail dédié à Saint Clément (Verrière de La Roumaine, baie n° 8), qui représente un navire de haute-mer à trois mâts, accompagné des restes d'une inscription du donateur : « L’an de grâce mille cinq cent vinct [(V)III], [P Pre ]] Delile Maistrede la roumaine et ses bourgeois ont doné ceste verriere en l’honneur de Dieu. Priez pour eulx ». Le bas-côté sud de l'église comporte des vitraux du début du XVIIe siècle, plutôt rares, dont certains en grisailles, qui représentent : la Vierge à l'Enfant, Saint-Jacques-de-Compostelle, Saint-Antoine-du-Désert, Saint-François d'Assise, Saint-Jacques-le-Mineur, la Vierge de douleurs avec une donatrice et sa fille (Colleaux, 1607), Notre-Dame de Pitié et ses donateurs.

    Analyse apportée par Anne-Sophie Auger-Sergent :

    « L’église de Vatteville-La-Rue présente un ensemble riche et significatif de graffiti datés du XVIe siècle au début du XXe siècle. Plus d’une centaine de gravures couvrent les appareillages de pierres calcaires (carrières de Vernon, St Leu et St Maximin dans l’Oise), de l’escalier d’accès au clocher et des faces intérieures et extérieures du monument. Les représentations gravées ont été incisées, à hauteur d’homme parfois en position assise à même le sol, après la construction du monument et non lors du transport fluvial des matériaux de construction. Leur répartition au sein de l’édifice répond avant tout à l’éclairement [lumière naturelle frisante principalement de fin de matinée]. Le faux appareillage peint et les stalles de bois du chœur (1ère phase de construction de l’église) masquent d’éventuelles gravures. Outre les graffiti de navires, quelques représentations humaines (têtes, femme priant, hommes, chevalier et son heaume) et animales (chevaux ou cervidés) côtoient des gravures d’édifice (tour), entrelacs, rosaces et fleurs de lys, présents dans d'autres édifices de la commune. L’unique graffito de moulin à vent, nombreux sur le site de Vatteville-La-Rue, semble associé et de facture similaire à un graffito de navire du XVIIe siècle (bas-côté Sud de la nef). Placés sur les points hauts, les moulins servaient d’amer et de point d’alignement pour la navigation en Seine.

    Les quelques 70 graffiti à sujets maritimes, datés des XVIe à la fin du XIXe siècle, figurent des bateaux, allant de la simple coque au grand navire de guerre. Typologiquement, ils désignent des bâtiments de haute-mer et de cabotage (navire, caraque, galiote, heu, cotre, sloop, ketch, goélette, brigantin, brick, cuirassé), mis à part une rare représentation de bateau fluvial daté par inscription de 1705, similaire à celui figuré sur le tableau votif du vœu de Jean Galay provenant de la chapelle de Notre-Dame de Barre-y-Va, lieu de pèlerinage marin. Quelques gravures isolées sont datées, signées, portent le nom (Le Gob) ou indiquent la fonction du navire, telle la schématisation de sabords ou de filet de pêche. Tous les types de navires figurés étaient fréquents en Seine et construits dans les chantiers locaux, avec parfois des représentations d’éléments des techniques de construction navale hollandaise dont l’influence a été importante en Basse-Seine (XVIIe siècle). Contrairement aux édifices civils, la proportion de coque est très faible, élément qui indique une volonté de représenter le navire dans son entier sous le meilleur angle, et induit une notion de temps d’exécution plus importante. Le nombre des graffiti de navire incisés dans le monument est lié au contexte géographique qui a engendré de nombreuses activités fluviales et maritimes (pêche, cabotage, navigation hauturière). Une importante population d’armateurs et de capitaines de navire, ainsi qu’une structure portuaire, lieu de construction navale, sont attestées par les archives (registres du tabellionage de Rouen notamment) dès la fin XVe siècle. Si la pêche à Terre-Neuve constitue l’essentiel des destinations jusqu’à la fin du XVIIe siècle, les marins de Vatteville-La-Rue, en liaison avec les ports de Rouen, puis du Havre ont largement participé au grand commerce maritime normand et ce jusqu’à la fin du XIXe siècle, comme en témoignent les registres de l’État civil et de l’Inscription maritime.

    Le caractère votif des gravures (recherche de protection ou remerciement pour une grâce obtenue) est indéniable. Les populations maritimes, particulièrement exposées aux dangers et incertitudes de la mer (accidents, naufrages, maladies, noyades…) et plus localement à ceux de la navigation en Seine, étaient plus enclines à rechercher une protection divine. Se perdre en mer sans sépulture chrétienne équivalait à la perte de son âme, vouée à une errance éternelle. Dans l’église, la Vierge Marie, Saint Nicolas et Saint Clément, patron des marins de Vatteville-La-Rue étaient principalement intercédés jusqu’à la fin du XIXe siècle. Les chapelles qui leur sont dédiées contiennent, outre des graffiti de navire, des ex-voto suspendus (navire, ancre et bouée) et plusieurs vitraux de peintres verriers des écoles normandes (fin XVe et début XVIe siècles) offerts (puis restaurés) par les marins ou équipages de navire de la paroisse. »

  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Sites de protection
    site inscrit, parc naturel régional
  • Protections
    classé MH, 1913
  • Précisions sur la protection

    Site inscrit en 1972.

    Édifice classé par arrêté du 22 octobre 1913.

  • Référence MH

Documents d'archives

  • AD Seine-Maritime. Série 2O ; sous-série : 2O 2665. Vatteville-la-Rue. Administration et comptabilité communale.

    Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 2O 2665
  • AD Seine-Maritime. Série E ; sous-série : 3E 23. Vatteville-la-Rue.

    Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 3E 23
    52 : église

Bibliographie

  • COCHET, Jean Benoît Désiré (Abbé). Les Églises de l'arrondissement d'Yvetot, Didron, 1852.

    p. 125-140
  • Bulletin du Photo-club rouennais. Normannia, Documents sur la Normandie, 1er fascicule, 1895.

    Parc naturel régional des Boucles de la Seine normande
    "L'Eglise de Vatteville-la-Rue", textes d'Henri Gadeau de Kerville, phototype de Jules Lecerf
  • France. Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France. Comité français du Corpus vitrearum, Laboratoire de recherche sur le patrimoine français (dir.), BLONDEL, Nicole, CALLIAS BAY, Martine, CHAUSSÉ, Véronique, GATOUILLAT, Françoise, HEROLD, Michel. Les vitraux de Haute-Normandie, Corpus Vitrearum. France, recensement des vitraux anciens de la France, 6. Paris : CNRS Éditions, Monum, Éditions du Patrimoine, 2001. 495 p.

    Région Haute-Normandie - Inventaire général du patrimoine culturel, Rouen
    p. 431-435

Annexes

  • 20 2665 : église (1874-1937)
  • AD Seine-Maritime. 3E 23 / 52 : église
Date(s) d'enquête : 1975; Date(s) de rédaction : 1980, 2020
(c) Région Normandie - Inventaire général
(c) Parc naturel Régional des Boucles de la Seine Normande
Pottier Gaëlle
Pottier Gaëlle

Chercheuse associée au Parc naturel des Boucles de la Seine Normande depuis 2014, en charge de l'inventaire du patrimoine bâti et des éléments de paysage associés.

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