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station de pompage

Dossier IA14001046 réalisé en 2011

Fiche

Dénominationsstation de pompage
Aire d'étude et cantonCalvados - Creully
Hydrographiesla Seulles
AdresseCommune : Vaux-sur-Seulles
Lieu-dit : les Près dessus la rivière
Cadastre : 2014 A 205

Après le Débarquement en Normandie, les troupes de l'armée britannique construisent plusieurs stations de pompage destinées à assurer l'alimentation en eau des troupes et des aérodromes, dont les pistes doivent être arrosées de nuit pour éviter aux moteurs des avions d'être endommagés par les poussières déplacées lors du décollage. Equipées de moteurs diesel Hercules Power et de pompes Sulzer (marques anglaises), les stations de pompage sont reliées aux aérodromes et au point d'eau potable par un double réseau de pipeline. Trois sont encore en place, à Saint-Gabriel-Brécy, Bény-sur-Mer et Vaux-sur-Seulles.

La station de Vaux-sur-Seulles a été construite par la 78e Road Construction Company, dépendant de la 16e Airfiel Construction Group. Elle était équipée de deux pompes et desservait l'aéroport B7 de Martragny.

Période(s)Principale : 2e quart 20e siècle
Dates1944, porte la date
Auteur(s)Auteur : Forces armées britanniques

Le bâtiment, en moellons de calcaire, est le plus endommagé des trois édifices restants (absence de couverture, murs détruits). Une pierre portait les inscriptions "7/1944" "BLA" (British Liberation Army).

Murscalcaire moellon
État de conservationmauvais état, vestiges

Annexes

  • AGENCE DE L’EAU SEINE-NORMANDIE ; BAUDUIN, Philippe, HEINTZ, André, POISSON, Emmanuel… [et al.]. L’eau à la source de la victoire, 1944. [S.l.] : Editions SAECNO, 1994, 112 p. pp. 68-73.

    "Les stations de pompage, monuments historiques

    Ces quatre stations étaient situées :

    - sur la Mue, avec deux pompes à Moulineaux, près de Fontaine-Henry ;

    - sur la Thue, avec deux pompes à Pierrepont, près de Lantheuil ;

    - et surtout, sur la Seulles, avec quatre pompes à Saint-Gabriel d'une part et deux pompes à Vaux-sur-Seulles, d'autre part.

    Chaque pompe, de marque Sulzer, avait un débit de 100 000 litres à l'heure. Ensemble, elles débitaient près de 15 millions de litres d'eau chaque nuit sur les aérodromes. Leur moteur, de fabrication Hercules, avait été acheté et testé par l'armée britannique dès 1943. Ces équipements, transportés depuis l'Angleterre par avion Dakota jusqu'à Coulombs, étaient tous en service le 15 juillet 1944. L'une de ses pompes, prélevée à Saint-Gabriel, fonctionne encore aujourd'hui à la station de pompage de secours des pompiers de Creully.

    Montés sur une chape de béton, pompes et moteurs étaient protégés hors d'eau dans des constructions rustiques, bâties en pierre de taille extraite à proximité et couvertes : le bardage du toit de Saint-Gabriel est constitué d'un assemblage de planches emballant à l'origine les moteurs et portant les numéros d'identification et de contrôle. Ces détails sont dus à Philippe Bauduin, à qui les recherches en ce domaine ont valu le surnom de "Mister Pump House" auprès des autorités des musées militaires anglais.

    A partir de ces quatre stations, des canalisations de 4 à 6 pouces (10 à 15 cm) de diamètre distribuaient l'eau dans les cinq aérodromes empoussiérés. Ces kilomètres de tuyaux parcouraient la campagne, traversaient les routes, tantôt enterrés en tranchées, tantôt suspendus en passerelles aériennes. Cet arrosage nocturne a enfin permis d'imprégner suffisamment le sol pour en dompter la poussière tout au long du jour suivant.

    Un grand réservoir fut en outre aménagé sur la Gronde, entre Coulombs et Lantheuil.

    La station de Pierrepont alimenta en eau la grande blanchisserie de l'armée britannique, mais elle a disparu.

    Les trois autres stations de pompage construites au début de l'été 1944 existent encore. Elles offrent à nos yeux un intérêt historique indéniable, compte tenu du rôle capital qu'elles ont joué dans un moment critique de la bataille de Normandie. Sans elles, et sans l'eau déversée sur les pistes d'atterrissage, le ravitaillement aérien en armes, matériel et vivres, le transport des renforts et la maîtrise de l'air auraient été gravement compromis.

    Entre la route nationale 13 et Vaux-sur-Seulles, la station de ce village n'est plus qu'un socle de béton supportant quelques pans de murs en ruines. Datée simplement "7/1944" et portant l'inscription "BLA" pour "British Liberation Army", elle témoigne du travail de la 78e Road Construction Company (Royal Engineers) appartenant au 16e Airfield Construction Group (ACG).

    Plus en aval sur la Seulles, la station de pompage de Saint-Gabriel est aujourd'hui une maison de campagne, connue des gens du pays sous le nom de "Bâtisse aux Anglais". Elle fut construite en six semaines par les "Pioneers" de la 222e Company et par les "Sappers" de la 653e Road Construction Company rattachés au 13e ACG. Dans la pierre de taille de son pignon (visible du chemin), sont gravées une date - "1944" - et la devise en lettres grecques "ARISTON MEN UDOR". Ces trois mots sont ceux du premier vers de la Première Olympique, écrite et chantée par le poète lyrique grec Pindare (521-441 avant Jésus-Christ), dont une ode fut gravée en lettre d'or au fronton du temple d'Athéna. Leur signification (discutée) serait, d'après la traduction de Julien Travers (1855), professeur de grec à l'université de Caen : "Le premier élément, c'est l'eau" ou "Le principe de tout, c'est l'eau". Cette devise figurait déjà sur le linteau de la salle des pompes des célèbres bains romains de la ville de Bath (Somersetshire), dans le sud-ouest de l'Angleterre. Il faut dire que le lieutenant-colonel A.C. Rankin, des Royal Engineers, spécialiste des sols et commandant les compagnies qui ont construit cette station de pompage, était un fin lettré qui avait fait ses humanités au Clifton College de Bristol, près de Bath !

    La station de Moulineaux, près de la chapelle anglaise à Fontaine-Henry, est un bâtiment plus modeste, également en pierre de taille. Il servait encore récemment d'écurie ou d'étable. Sur sa façade se trouvent gravées encore une fois une date - "July 1944" - et une devise - "CARPE DIEM" -, du poète latin Horace, que l'on traduit par "Profite du jour présent".

    Ces deux dernières stations de pompage, dans la simplicité de leur appareil de pierre et à travers l'intention sous-tendue par les devises qui les ornent, inscrites dans des circonstances pour le moins exceptionnelles, traduisent à la fois l'humour britannique et la volonté particulière de leurs auteurs, de dépasser la gravité du moment pour en laisser en souvenir le témoignage fort de leur passage en Normandie."

Références documentaires

Bibliographie
  • AGENCE DE L'EAU DE SEINE-MARITIME ; BAUDUIN, Philippe, HEINTZ, André, POISSON, Emmanuel. L’eau à la source de la victoire, 1944. [S.l.] : Editions SAECNO, 1994. 112 p.

  • BAUDUIN, Philippe. Keep in mind : La Bâtisse aux Anglais. [S.l.] : [Edition hors commerce], 2001. 32 p.

Périodiques
  • BAUDUIN, Philippe. Juin 44, 20 aérodromes pour la victoire. Icare, Revue de l’aviation française, n°113, juin 1985.

Liens web

(c) Région Normandie - Inventaire général (c) Région Normandie - Inventaire général - Dupont Stéphanie
Dupont Stéphanie

Chercheuse l'Inventaire général du patrimoine culturel de Basse-Normandie, puis de Normandie, depuis 2010. Spécialités : patrimoine industriel, patrimoine de la Reconstruction.


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