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moulin à blé, puis moulin à huile, puis fromagerie industrielle de la Société laitière des fermiers normands, puis des Laiteries de Bernières, puis de la Société Fromagère de Jort

Dossier IA14000975 réalisé en 1997

Fiche

AppellationsSociété laitière des fermiers normands, Laiteries de Bernières, Société Fromagère de Jort
Parties constituantes non étudiéesatelier de fabrication, bureau, atelier de réparation, garage, logement patronal, logement d'ouvriers, vestiaire d'usine
Dénominationsmoulin à blé, moulin à huile, fromagerie industrielle
Aire d'étude et cantonCalvados - Morteaux-Couliboeuf
Hydrographiesla Dives
AdresseCommune : Bernières-d'Ailly
Lieu-dit : le Bourg
Cadastre : 1813 A de l'Eglise 105 bis ; 2012 AB 55, 56, 182 ; 2012 ZD 23, 24

Jean Nicolas Couliboeuf est autorisé, le 29 novembre 1821, à établir un moulin à farine le long de la Dives. Louis Anatole Gabrie l'acquiert vers 1853 et le transforme quatre ans plus tard en moulin à huile. Les deux roues hydrauliques en place (4,22 m de diamètre) sont alors remplacées par une seule roue. Le moulin est réglementé le 26 mai 1859. Une chaudière de forme cylindrique à deux bouilleurs, fabriquée par Renaux fils (Rouen), et une machine à vapeur (système Woolf) d'une puissance de 8 CV sont installées en 1860 (appareils supprimés en 1868). Occupant une vingtaine d'ouvriers vers 1860, le moulin est démoli en 1869.

Le Nantais Julien Bessard du Parc fait construire une fromagerie sur ce site en 1883. Le 13 septembre 1890, il dépose la marque "Jort-Corneville". L'établissement est repris en 1892 par la Société Laitière des Fermiers Normands, fondée en 1890 à Ferrières-en-Bray (Seine-Maritime), sous la direction de Paul Vignioboul. La production est essentiellement tournée vers le camembert et le pont-l'évêque. L'usine dispose d'une turbine hydraulique et d'une machine à vapeur de 15 CV, remplacée vers 1907 par un moteur à gaz. Durant l'Entre-deux-guerres, 4 500 à 5 000 camemberts sont fabriqués quotidiennement, sept jours sur sept, par une trentaine d'employés. Ils sont notamment expédiés vers l'Angleterre ou les États-Unis. Un atelier de fabrication de "beurre laitier" complète le dispositif. Les ateliers sont peu touchés par les combats de la Deuxième Guerre mondiale. En 1955, Bernard Leboucher et son fils Philippe, descendant du fromager Georges Bisson (IA14000839), constituent la société à responsabilité limitée les "Laiteries de Bernières" et acquièrent la fromagerie l'année suivante. En 1972, celle-ci emploie 50 personnes ; alors équipée d'une laveuse de bidons, de deux écrémeuses, de deux tanks de refroidissement de 20 000 litres, d'une emballeuse automatique à fromages et d'un pasteurisateur, elle livre 2 600 000 fromages, commercialisés pour l'essentiel en France, notamment sous la marque "Jort" pour les camemberts au lait cru. Fabriqués dans le respect des normes de l'AOP Camembert de Normandie, 8 500 camemberts sont produits quotidiennement en 2014. Reprise par le groupe Vallée en 1994, la fromagerie de Bernières intègre trois ans plus tard le groupe Besnier, devenu en 1999 Lactalis. Depuis 2008, elle est administrée par la société en nom collectif "Société fromagère de Jort", qui emploie trente personnes en 2011.

Période(s)Principale : 1er quart 19e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Dates1821, daté par source
1857, daté par source
Auteur(s)Personnalité : Bessard du Parc Julien propriétaire attribution par travaux historiques
Personnalité : Société laitière des Fermiers Normands
Société laitière des Fermiers Normands
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propriétaire attribution par source
Personnalité : Leboucher Bernard propriétaire attribution par travaux historiques
Personnalité : Leboucher Philippe propriétaire attribution par travaux historiques

Situés dans une impasse, les bâtiments de la fromagerie sont pour la plupart édifiés en moellons de calcaire. En fond de cour, l'atelier de fabrication, à un étage carré enduit, est couvert d'un toit à longs pans en ardoise. Les ouvertures des hâloirs, rehaussées de briques rouges, reçoivent des linteaux métalliques ornés de décors floraux. Face à l'atelier, les bureaux, avec extension en brique, sont couverts en ciment-amiante. Le niveau de comble à surcroît du bâtiment de déchargement est en pan de bois.

L'ancien logement patronal, converti en espace collectif (vestiaires et salle de restauration), à un étage carré enduit, est couvert d'un toit à longs pans à croupe en tuile plate.

A l'entrée du site, se dressent trois logements d'ouvriers à un étage carré, couverts de toits à longs pans en ardoise ou en tuile plate. La fromagerie comprend également un atelier de réparation mécanique et un garage.

Murscalcaire moellon enduit
calcaire moellon
brique
bois pan de bois
Toitardoise, tuile plate, ciment amiante en couverture
Étages1 étage carré, comble à surcroît
Couverturestoit à longs pans pignon couvert
toit à longs pans croupe
Énergiesénergie hydraulique produite sur place
énergie thermique produite sur place
Statut de la propriétépropriété d'une société privée

Annexes

  • La fabrication des camemberts au sein de la Société fromagère de Jort, en 2011.

    La fabrication des camemberts au lait cru est élaborée sous quatorze jours. Après collecte, assurée par la fromagerie de Clécy, le lait est progressivement réchauffé pour atteindre les 12°C assurant une maturation primaire. Pour une maturation secondaire, il est ensuite monté en température jusqu'à 20°C, en quarante-cinq minutes à une heure. Mélangé à de la présure naturelle, son passage à 35°C permet ensuite d'obtenir la coagulation de la matière sous quarante-cinq minutes.

    Le lait est ensuite versé dans des moules. Cinq louches sont déposées manuellement dans chaque moule à intervalle d'une heure (soit deux litres de lait pour un camembert). Le soir, ces derniers sont retournés d'un quart de tour, puis d'un tour complet dans la nuit pour évacuer le petit lait. Pressés grâce à une plaque d'inox, les camemberts perdent l'oxygène qu'ils contiennent, favorisant l'apparition de bactéries. Une journée plus tard, les fromages sont démoulés, déplaqués et déposés sur des claies en inox. Ils sont salés sur chaque face et sur la tranche, le sel sec permet d'extraire le sérum et favorise le développement de la flore pénicillium. Une dose de celui-ci est également vaporisée sur chaque camembert, laissé ensuite au repos. Le lendemain, les fromages sont placés en hâloirs et retournés au bout de 2 à 3 jours. Emballés à J+14 du jour de la fabrication, ils sont affinés en frigo (1/2, 3/4, 4/4).

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Calvados. 1 J 80/15. [Société des Fermiers Normands] : état récapitulatif des stocks et des ventes, 1904-1905 Fabrication, stockage et vente de camemberts, bries, coulommiers, pont-l’évêque, port-salut et sous-produits Entrepôt de Puteaux, usines de Berjou (Orne), Gournay (Eure), Jort, Manneville : états mensuels, juin 1904-mai 1905.

  • AD Calvados. S 1104. Moulins et usines. Arrondissement de Caen. B.

    Bernières. Moulin Couliboeuf. 1821. - Moulin Béville de Vicques. 1843-1858.
  • AD Calvados. S 12845/2. Rivière de la Dives.

  • AD Calvados. S 12977. Service hydraulique, fiches de taxes et de dénomination d’usines, taxes statistiques, période quinquennale. 1860-1940.

  • AD Calvados. 3Z 381. Situation industrielle et commerciale. 1806-1924.

  • SOCIETE LAITIERE DES FERMIERS NORMANDS. Registre de comptabilité intitulé "Journal", 1er août 1894 au 30 avril 1895. Papeterie Imprimerie, Fabriques de registres, Ancienne maison Hamelin, 1 et 3 rue Guillaume le Conquérant Caen, E. Lanier" [numéro de type de registre manuscrit à l'encre : 33233], 600 p.

  • SOCIETE LAITIERE DES FERMIERS NORMANDS. Registre de comptabilité intitulé "Grand livre n°1", 10 mai 1897 au 30 avril 1898. Papeterie des Jeûneurs, 41 rue des Jeûneurs, 43, Paris L. Henriette et H. Durand Fabrique de registre" [numéro de type de registre manuscrit à l'encre : 33233], 700 p. numérotées.

Documents figurés
  • AD Calvados. 3P 1959_032_033. Plan cadastral napoléonien. Bernières-sur-Dives. Section A de l’Église. 1813.

  • Papier à en-tête de la Société Laitière des Fermiers Normands. (AD Calvados. S 12977).

Bibliographie
  • JACOB, Philippe. Les grandes heures des laitiers en Normandie, entre les années 1850 et 1920, et leur évolution jusqu’au milieu du XXe siècle. Caen : Centre régional de culture ethnologique et technique (CRéCET) ; Luneray : Editions Bertout, 1991. 317 p. ISBN 2-86743-131-X.

  • MINISTERE DE LA GUERRE, COMITE CONSULTATIF D'ACTION ECONOMIQUE DE LA 3e REGION, SOUS-COMITE DU CALVADOS ; SCHEIKEVITCH, Antoine. Enquête sur la situation des industries dans le département du Calvados. Premier volume. Caen : Henri Delesques, Imprimeur-Editeur, 1918. XXI-370 p.

    p. 150-163.
  • PONSOT, Philippe. Bâtiments et équipements des usines à huile du Calvados, 1785-1883. In CONGRES RÉGIONAL DES SOCIÉTÉS HISTORIQUES ET ARCHÉOLOGIQUES DE NORMANDIE (1988 ; L’Aigle). L’homme et l’industrie en Normandie, du néolithique à nos jours. Alençon : Société Historique et Archéologique de l’Orne, 1990, p. 347-362.

  • ROGER-GERVAIS, Gérard. L’Esprit du camembert. Turquant : Cheminements, 2005. 150 p. ISBN 2844783791.

  • Annuaire technique régional – Calvados. Saint-Brieuc : Imprimerie Moderne, 1972.

    B 428 - Laiteries de Bernières.
Périodiques
  • MINISTERE DE L’AGRICULTURE DE BELGIQUE. Rapport sur les fromageries de la Société laitière des fermiers normands Jort – Couliboeuf – Gournay – Puteaux. Bulletin de l’agriculture, vol. 15. 1899.

  • Calvados. Le camembert Jort est fabriqué depuis 1883. Ouest-France, 15 juillet 2014.

  • Camembert AOC Jort : Le fromage mythique naît à Bernières-d'Ailly. Passerelle, Journal d'information de la Communauté de communes du Pays de Falaise, n°3, juillet 2007, p. 8.

Liens web

(c) Région Normandie - Inventaire général (c) Région Normandie - Inventaire général - Lecherbonnier Yannick
Lecherbonnier Yannick

Chercheur à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Basse-Normandie de 1982 à 2001. Spécialité : patrimoine industriel. Chef du service Régional de l'Inventaire de Basse-Normandie de 2001 à 2016, puis de Normandie jusqu'en 2018.


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- Dupont Stéphanie
Dupont Stéphanie

Chercheuse l'Inventaire général du patrimoine culturel de Basse-Normandie, puis de Normandie, depuis 2010. Spécialités : patrimoine industriel, patrimoine de la Reconstruction.


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