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monastère de la chartreuse du Val-Dieu puis demeure

Dossier IA61001481 réalisé en 2019

Fiche

Œuvres contenues

  • tableau et son cadre : Rotrou III comte du Perche présentant le plan de la chartreuse du Val-Dieu à ses fils
  • tableau : Pierre II de Valois comte d'Alençon et du Perche et sa fille devant la chartreuse du Val-Dieu
Destinationsmaison
Parties constituantes non étudiéeschapelle, logis, porte
Dénominationscouvent
Aire d'étude et cantonParc naturel régional du Perche
AdresseCommune : Feings
Lieu-dit : le Valdieu
Cadastre : 1830 E1 6, 8 ; 2019 OE 64, 65

Rotrou III fonde en 1170 une maison de chartreux qui, par leur labeur et leurs prières, rendront à Dieu le Val antérieurement voué au diable. Érigé au nord de la forêt de Réno, dont il reçoit une partie assortie de terres et de privilèges, le monastère est saccagé à plusieurs reprises dès la guerre de Cent Ans. Les dispositions antérieures à la reconstruction partielle de 1760 sont connues par un tableau signé et daté "de Cany" en 1688 qui fait partie d’une série de « cartes » représentant plus ou moins fidèlement l’ensemble des maisons de l’Ordre. Dans l’axe de la composition, figure la porte fortifiée dite du comte Pierre en référence à Pierre II d’Alençon qui s’y était retiré à plusieurs reprises à la fin de sa vie. Au premier plan à gauche s’alignent les compartiments réguliers de l’hortus conclusus (jardin clos), et dans leur prolongement, au-delà de la cour d’honneur, le cloître majeur dont l’organisation reflète le mode de vie semi-érémitique des Chartreux. S’y adossent les ermitages, comprenant chacun une cellule donnant sur un jardin, où les frères passent l’essentiel de leur temps, n’en sortant que pour suivre les offices. D’où l’emplacement de l’église située à la jonction du grand cloître et du cloître mineur, bordé par des espaces de vie communautaires (chapitre, réfectoire, bibliothèque). L’édifice a été reconstruit par Pierre Le Muet (1591-1661), ingénieur et architecte du roi qui a œuvré sur le chantier du château de L’Aigle et du Val-de-Grâce à Paris. En dehors de cette reconstruction et de travaux antérieurs menés à la fin du 14e et au 16e siècles, mal documentés, la maison du Val-Dieu présente un plan conforme à l’organisation cartusienne médiévale.

Dès le deuxième quart du 18e siècle, la chartreuse fait l’objet d’une série de travaux. Le mur d’enceinte est ainsi réédifié de même que le cloître majeur. Le prieur dom Aimé des Champs recourt au R. P. Miserey, architecte de la congrégation de Saint-Maur, pour d’importants travaux de réaménagement du monastère. Précédant l’église, demeurée en place, et le grand cloître, les nouveaux bâtiments conventuels – le logement des hôtes et la bibliothèque – encadrent un jardin à la française fermé au nord par la porterie, par laquelle débuta la reconstruction en 1760, tandis que la basse-cour est transférée en lieu et place de l’ancien jardin, relégué plus au sud. Bâti selon un plan axial, le domaine gagne en symétrie, à l’instar des demeures classiques.

À la Révolution, le monastère est vendu comme bien national et la plupart des bâtiments disparaissent rapidement après leur démontage. Il en va de même pour le mobilier religieux disséminé dans les édifices paroissiaux voisins. Les églises de Mortagne-au-Perche, Loisé, Longny-au-Perche et Bellême reçoivent la chaire, les stalles ainsi que les lambris de style Louis XV qui ornaient le chœur de l’église du Val-Dieu, celle de Champs le maître-autel en marbre de Sienne, celles de Tourouvre et de Saint-Mard-de-Réno, les chasubles ornements. Quant aux ouvrages et lambris de l’ancienne bibliothèque, ils sont transférés à la bibliothèque d’Alençon.

En 1830, le cadastre ne fait état que de la porterie et de la chapelle des Dames ou de Sainte-Anne, qui permettait aux femmes de suivre les offices. Reconverti en dépendance agricole, ce bâtiment a été réhabilité vers 1900. L’infirmerie, ainsi nommée sur la gravure de 1769, correspond à l’ancienne chapelle Saint-Vincent initialement réservée aux frères convers et aux domestiques. Ce bâtiment a été reconstruit symétriquement à la chapelle des Dames à peu près conformément au plan du siècle précédent, à l’instigation de Charles-Marie Saisson, général des Chartreux (1863-1877), lors de sa tentative de rétablissement de l’Ordre au Val-Dieu. La transformation de la porterie en logement dans la seconde moitié du 19e siècle a occasionné plusieurs modifications comme le bouchage des portes charretière et piétonnes. Le ponceau maçonné est un vestige de l’aménagement des jardins au 18e siècle qui départageait le premier parterre de la cour d’honneur par un fossé mis en eau. Une double rangée d’arbres en alignement délimite aujourd’hui ce premier parterre.

En 1976, la forêt de Réno-Valdieu bénéficie d’une inscription au titre des sites, érigée au niveau du classement en 2003. Entre temps, le nouveau propriétaire des lieux obtient en 1997 l’inscription au titre des monuments historiques des façades et toitures de la porterie, de l’ancienne apothicairerie et de la chapelle des Dames, de l’assiette du jardin fortifié, avec l'ensemble des vestiges enfouis et en élévation, comprenant notamment les murs d'enceinte, les fossés et les bornes, les vestiges des tours, les murs ruinés des bâtiments conventuels, ainsi que les éléments du système hydraulique progressivement réhabilités.

Période(s)Principale : 3e quart 18e siècle
Auteur(s)Personnalité : Rotrou III
Rotrou III (1135 - 1191)

Né en 1135, du comte Rotrou II le Grand (1099-1144) et de Mathilde, fille illégitime du roi Henri Ier d'Angleterre, Rotrou III est seigneur de Nogent-le-Rotrou, siège du pouvoir dynastique, et de Mortagne. Il devient le deuxième comte du Perche en 1144 au décès de son père, survenu lors du siège de Rouen. Durant sa minorité, son héritage est géré par le plus jeune fère de Louis VII, Robert Capet, second époux de sa mère, qui porte le titre de comte du Perche dans une charte de 1145. Quelques années après, à la fin des années 1140 ou au début de la décennie suivante, il épouse Mathilde (décédée en janvier 1184), fille de Thibaud IV, comte de Blois et de Chartres, et de Mathilde de Carinthie, ce qui lui permet de renforcer les liens du comté, affaibli, avec cette maison. C'est lui qui fonde en 1070 la chartreuse du Val Dieu au diocèse de Séez. En 1173-1174, il soutient Henri le Jeune puis se rallie à son père Henri II roi d'Angleterre qui lui confie des missions diplomatiques. Il participe à la troisième croisade (1187) et décède lors du siège de Saint-Jean-d'Acre en juillet 1191. Son fils Geoffrey III devient le troisième comte du perche (1191-1202).

Sources :

-Site internet Persée, Véronique Gazeau, Compte-rendu d'une thèse Le Perche, XIe-XIIIe siècle : Kathleen Thompson, Power and Border Lordship in Medieval France. The county of the Perche, 1000-1226, Annales de Normandie, 2005, n°1-2, p. 168-170, https://www.persee.fr/doc/annor_0003-4134_2005_num_55_1_1525, consulté le 21 avril 2020.

-Kathleen Thompson, Power and Border Lordship in Medieval France: The County of the Perche, 1000-1226, London : The Royal Historical Society ; Woodbridge ; Rochester, N.Y. : The Boydell Press, 2002 (Studies in History New Series, vol. 24). [https://books.google.fr]

-Kathleen Hapgood Thompson, The Counts of the Perche, ca. 1066-1217. Th. doct. : Histoire : Université de Sheffield : 1995. [http://etheses.whiterose.ac.uk/3520/1/364231.pdf]


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commanditaire, personnage célèbre attribution par source
Personnalité : Valois Pierre II de
Valois Pierre II de (1340 - 1404)

Pierre de Valois, né de Charles II d'Alençon et de Marie de La Cerda, reçoit le comté d'Alençon en 1367 après sa captivité anglaise (1361-1366) pour contribuer à la libération du roi Jean II le Bon. Il épouse Marie Chamaillart, vicomtesse de Beaumont-au-Maine, en octobre 1371 après avoir guerroyé en Aquitaine. Il poursuit les combats en Bretagne aux côtés de Du Guesclin. Le roi lui accorde par lettres du 26 décembre 1377 le comté du Perche et la seigneurie d'Exmes. Méconnu de ses vassaux, il doit développer une véritable stratégie pour rallier l'aristocratie normande. Il constitue un réseau de chevaliers, d'écuyers et de lettrés parmi lesquels ils recrutent chambellans, officiers et hommes de confiance pour administrer cet apanage princier très étendu, tout en s'appuyant sur ceux qui ont administré les circonscriptions imparfaitement pacifiées en l'absence de prince. Soutenu par le roi, il dote sa principauté de plusieurs institutions (chancellerie, trésorerie, chambre des comptes, échiquier) qui connaît un âge d'or.

D'après la tradition, Pierre II fait de fréquentes retraites à la chartreuse du Val Dieu à la fin de sa vie. Cultivant une piété mystique à l'instar de son ancêtre saint Louis, il formule le vœu de s'y faire inhumer auprès de sa fille peu avant son décès survenu à Argentan le 20 septembre 1404. Le 19 novembre 1865, le baron Cyrille Jules Patu de Saint-Vincent, membre de la Société des Antiquaires de Normandie, demande l'exhumation des restes des deux dépouilles des ruines de l'église abbatiale de la chartreuse afin de les enterrer provisoirement dans la crypte de l'église Saint-Barthélémy du Pin-la-Garenne, édifice qu'il a contribué à agrandir et embellir, en vue de les transférer en la basilique Saint-Denis. Suite au décès du baron, ce projet est resté lettre morte. Le 2 octobre 2013, les ossements sont redécouverts par Fabrice Morand, archéologue et Michel Ganivet secrétaire de l'association Pin Patrimoine et Nature. Après avoir été analysés par le laboratoire de paléopathologie de l'université de Caen, les ossements ont été reconditionnés dans un coffre en bois créé pour l'occasion et scellé par le maire Jacky Bertrand avec les rapports de fouilles puis enfouis sous l'autel de la chapelle dite des Combattants de l'église Saint-Barthélémy. La nouvelle sépulture a été inaugurée le 18 novembre 2013.

Sources consultées le 21 avril 2020 :

-site internet Sigilla, base numérique des sceaux conservés en France, http://www.sigilla.org/fr/sgdb/sigillant/26459

-site internet Persée, article de Franck Mauger, L'Hôtel de Pierre de Valois, prince des Lis, comte d'Alençon (1368-1404) et du Perche (1377-1404), Annales de Normandie, 2009, n°35, p. 97-113, https://www.persee.fr/doc/annor_0570-1600_2009_hos_35_1_2533

-blog Les amis du vieil Alençon, Jean-David Desforges, La nouvelle sépulture de Pierre II d'Alençon, 18 novembre 2017, http://les-amis-du-vieil-alencon.over-blog.com/2018/04/la-nouvelle-sepulture-de-pierre-ii-d-alencon.html

-Abbé Louis-Joseph Fret. Promenade à la Chartreuse du Val-Dieu et à l'abbaye de la Grande-Trappe de Mortagne, ou Scènes de mœurs percheronnes, revue et annotée par l'abbe A.-P. Gaulier. La Chapelle-Montligeon : impr.-libraire Notre-Dame de Notre-Dame de Montligeon, 1897.


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personnage célèbre attribution par travaux historiques
Personnalité : Froger
Froger ( - 1184)

Issue de l'ordre canonial de Saint-Augustin, Froger est nommé le 20 décembre 1159 par le roi Henri II d'Angleterre, dont il est l'aumônier, à la tête de l'évêché de Séez suite au refus de la candidature d'Achart d'Avranches, alors abbé de Saint-Victor de Paris. Cette nomination lui vaut, sans doute à tort, les invectives d'Arnoul de Lisieux qui dénonce, au pape Alexandre III, ses tentatives de sécularisation du chapitre cathédral, qui n'aboutira que bien plus tard en 1547, son recours au népotisme et son supposé antipapisme. Du pape Alexandre III, Froger obtient l'autorisation de créer un archidiaconé séculier dans le but implicite de renforcer sa position face au chapitre régulier à la tête duquel il a été imposé par le duc-roi. Il prend une part active au conflit opposant Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry, au roi d'Angleterre. Il assiste au concile de Caen en 1182. Au cours de son épiscopat, il agit en bienfaiteur de l'hôpital Sainte-Croix de Séez et de l'abbaye de Mortemer au diocèse de Rouen. C'est dans le chœur de l'église de cette abbaye qu'il est inhumé à son décès survenu le 12 septembre 1184. A cette occasion, le Chapitre général de l'ordre cistercien ordonne la célébration de trois messes pour l'âme du défunt.

Sources consultées le 24 avril 2020 :

-site internet OpenEdition books, dates exactes de son épiscopat dans Marie Casset. Les Évêques aux champs, Châteaux et manoirs des évêques normands au Moyen Âge (XIe-XVe siècles). Nouvelle édition [en ligne]. Mont-Saint-Aignan : Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2007 (généré le 24 avril 2020). Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/purh/7124>. ISBN : 9791024010700. DOI : https://doi.org/10.4000/books.purh.7124.

-site internet Persée, René Crozet. L'épiscopat de France et l'Ordre de Cîteaux au XIIe siècle. Cahiers de Civilisation Médiévale, 1975, n°71-72, p. 263-268, https://www.persee.fr/doc/ccmed_0007-9731_1975_num_18_71_2012

-Pierre Desportes, Jean-Pascal Foucher, Françoise Lodé, laurent Vallière. Fasti Ecclesiae Gallicanae. Volume 9 : Diocèse de Sées. Brepols : Turnhout, 2005.

-site de Cairn.info, article de Grégory Combalbert, Formation et déclin d'un réseau réformateur. Hugues d'Amiens et les évêques normands, entre le pape et le duc (fin des années 1130-1164). Les Annales de Normandie, 2013, n°2, p. 3-48. https://www.cairn.info/revue-annales-de-normandie-2013-2-page-3.htm

-site internet Books.google, Recueil des statuts... pour le bon ordre de la discipline et de l'administration dans le Diocèse de Séez contenant une Notice abrégée sur les évêques de Séez. Sées : Jules Valin, 1844, p. XIII-XIV, https://books.google.fr/books?id=_SgPAAAAQAAJ&pg=PR1&dq=%C3%A9v%C3%AAque+de+s%C3%A9ez&hl=fr&ei=O3F-Tc-SG47q4gbOnYXsBQ&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=1&ved=0CCoQ6AEwAA#v=onepage&q=froger&f=false


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personnage célèbre attribution par travaux historiques
Auteur : Le Muet Pierre
Le Muet Pierre (1591 - 1669)

Pierre Le Muet naît le 7 octobre 1591 à Dijon dans une famille d'épée et de robe. Après avoir suivi une formation d'ingénieur militaire, il est nommé architecte du roi en 1616 à l'époque de la régence de Marie de Médicis. Sous la direction de l'ingénieur Pierre de Conty d'Argencourt, il assume la fonction de "conducteur des dessins des fortifications de Picardie" au titre de laquelle il participe à l'édification des places fortes. Il épouse en 1632 Marie Autissier, fille d'un maître maçon parisien. Le couple s'installe rue Dauphine. A Paris, il participe également à la construction de plusieurs édifices prestigieux tels que le Val-de-Grâce (dont il prend la conduite du chantier au décès de Jacques Lemercier en 1654), l’église des Petits-Pères et l’église Notre-Dame-des-Victoires (dès 1628) ainsi que de nombreux hôtels particuliers. "Il publie les modèles de sa Manière de bastir pour toutes sortes de personnes [1623] avant de commencer vers 1637-38 une seconde carrière d'architecte. Il participe à l'évolution rapide, technique, distributive et esthétique de la construction privée autour de 1640. Formé dans le style maniériste tardif, il développe un classicisme atticiste moins sophistiqué mais plus épuré que celui de Mansart" (Claude Mignot). En province, il ­édifie les châteaux de Luynes (Indre-et-Loire) et de L’Aigle (Orne). En Bourgogne, il supervise la transformation de l’ancienne place forte de Tanlay (Yonne) en un château de plaisance achevé vers 1650 pour le compte de son propriétaire Michel Particelli d’Émery, surintendant des finances de ­Mazarin. Il décède à Paris le 28 septembre 1669.


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Personnalité : Soucaric Jean-Baptiste
Soucaric Jean-Baptiste

Prieur de la chartreuse du Val Dieu de 1725 à 1755.


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Personnalité : Champs Aimé (des)
Champs Aimé (des)

Prieur de la chartreuse du Val Dieu de 1755 à 1780, issu de la noblesse d'après Louis Joseph Fret. Sous son priorat ont été réédifiés la majeure partie de ses bâtiments.


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Auteur : Miserey R. P.
Miserey R. P.

Moine bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, missionné par le prieur dom Aimé des Champs pour établir les plans du nouveau monastère dont la reconstruction débute en 1760.


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Personnalité : Saisson Charles-Marie commanditaire attribution par source

Implantée au sud-est de la commune, l’ancienne chartreuse du Val-Dieu occupe une clairière en limite nord de la forêt de Réno-Valdieu et s’inscrit dans un vallon. Le domaine qui s'étend sur 50 hectares au sud de la porterie était initialement clôturé par un mur d’enceinte ponctué de tours et précédé d’un fossé en eau. Il en subsiste quelques éléments, notamment la tour dite aux lares. les bâtiments détruits ont laissé place à un vaste jardin organisé en parterres engazonnés délimités par une double rangée d'arbres en alignement. Un pont maçonné en grès enjambe des fossés mis en eau qui sépare les deux parterres correspondant aux anciennes cours commune et d'honneur (dite régulière). Le système hydraulique comprend plusieurs étangs reliés par un ruisseau artificiel. La plupart d'entre eux ont gardé leurs contours excepté celui situé en contrebas de la porterie, au nord-est, considérablement agrandi. Subsistent également trois fontaines maçonnées en élévation. Au-delà du périmètre correspondant au grand cloître, entouré d’une ceinture sylvestre, s’étendent des herbages, des champs et des bois.

Les bâtiments conservés s'élèvent de part et d'autre de la porterie (1760) qui en constitue l'élément majeur établi au nord. L’ancienne porterie, transformée en habitation dans la seconde moitié du 19e siècle, se démarque, avec la chapelle des Dames, par la qualité de mise en œuvre de ses matériaux. La sobriété de l’élévation, alliant le calcaire et la brique, est rehaussée par un enduit au clou et un décor sculpté raffiné qui surmonte les portes anciennement charretière et piétonnes représentant la Vierge à l’Enfant, saint Bruno fondateur de l’ordre et saint Jean-Baptiste patron de la vie érémitique. Elle est cantonnée de deux corps de bâtiment plus bas traités en moellons enduits avec des encadrements en brique, qui étaient dévolus à la buanderie, à l’aumônerie et à l’apothicairerie. Implantée perpendiculairement à l’ouest de la porterie, la chapelle des Dames se compose d'un vaisseau unique bâti sur un plan allongé terminé au sud par un chevet semi-circulaire. Comme pour la porterie, la brique y est largement employée pour former les encadrements des six fenêtres également réparties sur les flancs est et ouest, la corniche et le bandeau en continuité des linteaux et appuis de fenêtres. L’enduit plein couvrant les murs en moellons de silex et de roussard contraste avec les teintes chaudes de la brique. Cet ensemble architectural présente, au-delà du caractère rustique de son gros œuvre, un certain raffinement propre au 18e siècle. Afin de restaurer une certaine unité, les bâtiments plus récents (logement actuel du régisseur édifié à l'emplacement de l'ancienne apothicairerie, logement aménagé dans l'ancienne infirmerie des domestiques construite au sud-ouest de la porterie dans un angle du mur d’enceinte, remise bâtie sur les vestiges des anciennes écuries et toit à porcs sis à l'est en retrait de la porterie) ont été reconstruits au cours de la seconde moitié du 19e siècle dans des matériaux sensiblement identiques : murs enduits à pierre vue et brique plus rouge voire brune dite flammée. Le motif de bandeau a quant à lui été abandonné. Les toits présentent des formes diverses, à longs pans et à croupe, arrondie pour la chapelle Des dames et le logement du régisseur. Seule l'ancienne porterie est couverte en ardoise, la couverture des autres bâtiments étant en tuile plate.

Mursbrique
calcaire pierre de taille
calcaire moellon enduit
Toitardoise, tuile plate
Plansplan rectangulaire régulier, jardin régulier
Étages1 étage carré
Couvrements
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Couvertures
Escaliersescalier dans-oeuvre

Jardinsmassif d'arbres
État de conservationbon état, restauré
Techniquessculpture
ReprésentationsVierge à l'Enfant saint Jean-baptiste
Précision représentations

La Vierge à l'Enfant surmonte l'ancienne porte charretière, tandis que saint Bruno fondateur de l'ordre des Chartreux et saint Jean-Baptiste, patron de la vie érémitique surmontent les anciennes portes piétonnes.

Statut de la propriétépropriété privée, L'actuel propriétaire M. Etienne Bréton a acquis le site en 1997.
Intérêt de l'œuvreà signaler
Éléments remarquablesbâtiment conventuel, chapelle, jardin, étang, site archéologique, borne, fossé de clôture de jardin, enceinte
Sites de protectionsite inscrit, parc naturel régional
Protectionsinscrit MH partiellement, 1997/12/18
Précisions sur la protection

inscription par arrêté du 18 décembre 1997 : Façades et toitures de la porterie, de l'ancienne pharmacie et de la chapelle des Dames (cad. E 64) ; assiette du jardin fortifié, avec l'ensemble des vestiges enfouis et en élévation, comprenant notamment : les murs d'enceinte, les fossés et les bornes, les vestiges des tours, les murs ruinés des bâtiments conventuels, ainsi que les éléments du système hydraulique (cad. E 64 à 66, lieudit Le Valdieu, 67, lieudit Grande Cour, 68, lieudit Les Fontaines, 69, lieudit Les Fosses, 70, lieudit Grande Pièce du Valdieu, 102, lieudit Etangs du Bas de la Ligne).

Site inscrit par arrêté du 8 janvier 1976 : 5 870 hectares comprenant le massif forestier de 2 000 hectares (dont 1 600 hectares de forêt domaniale) et ses abords qui s'étend de Boissy-Maugis au sud à la commune de Feings au nord, de la vallée de Villette à l'ouest à celle de la Commeauche à l'est. 9 communes dont celle de Feings sont concernées par cette protection. En juillet 2003, une mesure de classement intervient sur la quasi-totalité du site. Seules 25 enclaves autour de hameaux et de villages sont exclues du classement. En avril 2006, la forêt domaniale ainsi que les vallées de la Commeauche et de la Jambée sont désignées en zone Natura 2000 au titre de la Directive Oiseaux. Elles intègrent la Zone de Protection Spéciale « Forêts et étangs du Perche » qui s’étend sur près de 48 000 hectares sur les départements de l’Orne et de l’Eure-et-Loir.

Sources consultées le 23 avril 2020 :

-Site internet POP Culture, https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA61000004

-site internet de la DREAL, http://www.donnees.normandie.developpement-durable.gouv.fr/pdf/SITES/61091f.pdf

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Orne. H 2621-2622. Chartes de fondation de la chartreuse du Val Dieu. Copie.

  • AD Orne. 1 Q 1133. Biens des abbayes, couvents, prieurés : correspondance, soumissions d’acquérir, procès-verbaux d’estimation, contrats de vente (1789-1815).

  • BM Alençon. ms lat. 0108. Cartulaire de la chartreuse du Val-Dieu. 1226-1421, 144 f°.

  • Direction régionale des affaires culturelles de Normandie (site de Caen). Dossier de protection de l'abbaye du Val-Dieu, Feings.

  • Direction régionale des affaires culturelles de Normandie (site de Caen). Dossier autorisations de travaux : création de vitraux pour la chapelle des Dames de la chartreuse du Val-Dieu. 28 juillet 1999.

  • Médiathèque de l'architecture et du patrimoine. D/1/61/16-4. Dossiers des édifices de l'Orne protégés au titre des Monuments historiques, Feings : Ancienne chartreuse du Val-Dieu.

  • Médiathèque de l'architecture et du patrimoine. D/1996/25/751-17. Dossiers de recensement d’édifices dits « Casier archéologique », Normandie, Orne, Feings, Ancienne chartreuse du Val-Dieu, ca. 1930 - ca. 1960.

Documents figurés
  • AD Eure-et-Loir. 2 Fi 363/02. Plan de mise au net des levés (avec métré) préalable au plan géométrique des bois de la Chartreuse du Val-Dieu.

  • AD Orne. 65 B 105. Plan géométrique des bois de la Chartreuse du Val-Dieu à Feings.

  • AD Orne. 21 Fi. Fonds Le Mâle.

Bibliographie
  • ANIEL, Jean-Pierre. Les Maisons de chartreux : des origines à la chartreuse de Pavie. Paris : Arts et métiers graphiques ; Genève : Droz, 1983. (Bibliothèque de la Société française d'archéologie ; 16).

  • Arrest du Conseil d'Etat du Roi, qui déclare le sieur Évêque de Lisieux & les religieux de la Chartreuse du Val-Dieu, respectivement sujets au payement des droits manuels, & des Huit sous pour livre sur les dix-huit minots de franc-salé, pour lesquels ils sont employés dans les États du Roi, du 23 mars 1774. Paris : Imprimerie royale, 1774, 8 p.

  • AUBRY, Jean. Feings et le Val-Dieu – Regards sur le passé… monographie communale. (s.l.) : (s.d.), 1982.

  • BART des BOULAIS. Recueil des antiquitez du Perche, comtes et seigneurs de la dicte province : ensemble les fondations, batimens des monasteres et choses notables du dict païs. Publié (...) et annoté par M. Henri Tournouër. Mortagne : Pichard-Hayes, 1890 (Documents sur la province du Perche, 1re série, n°1). [fac-similé de l'édition de Mortagne, 1613, Gallica].

    p. 196-200
  • BOUDET, Philippe, DREUX-BRÉZÉ, Ghislain de, GALICIER, Albert et al. Guide des abbayes et prieurés du Perche et de ses confins. Rémalard : Amis du Perche, 2016.

  • CAGNIANT, Geneviève. La chartreuse du Val-dieu au Perche. Son chartrier et son domaine jusqu'à la fin du XIIIe siècle. Th. doct. : École nationale des chartes : 1975.

  • DESVAUX, Albert (abbé). La chartreuse du Val-Dieu. In La Normandie monumentale et pittoresque. Orne. Deuxième partie. Le Havre : Lemale & Cie, 1897.

    p. 192-195
  • DESVAUX, Albert (abbé). Le Mobilier d'art du Val-Dieu. Mortagne : impr. de Vve G. Meaux, 1901.

  • DESVAUX, Albert (abbé). A travers le Corbonnais et le Perche chartrain. Société Historique et Archéologique de l'Orne, 1905, t. XXIV. [Gallica].

    p. 90-98
  • EXCOFFON, Sylvain. Les chartreuses et leurs limites (XIe-XVe siècle). In ACTES DES CONGRES DE LA SOCIÉTÉ DES HISTORIENS MÉDIÉVISTES DE L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR PUBLIC (37 ; 2006 ; Mulhouse). Construction de l'espace au Moyen Age : pratiques et représentations. Paris : Publications de la Sorbonne, 2007.

    p. 87-101
  • PITARD, J.-F. Fragments historiques sur le Perche, statistique par commune et par ordre alphabétique. Paris : Res Universis, 1993 (fac-similé de l'édition de Mortagne : Daupeley frères, 1866).

    p. 201-204
  • FRET, Louis Joseph. Antiquités et chroniques percheronnes. Volume III. Paris : Le Livre d'histoire, 2001 (fac-similé de l'édition de 1840). [Google Books].

    p. 393-407
  • LEFEBVRE, F.-A. (Abbé). Saint Bruno et l’Ordre des chartreux. Paris : Librairie catholique internationale de l’OEuvre de Saint-Paul, 1883, tome 2.

    p. 233-234
  • MIGNOT, Claude. Pierre Le Muet architecte (1591-1669). [s; l.] : [s. n.], 1991, 3 vol. Th. doct. : Histoire de l'art : Paris 4 : 1991.

  • PARAVY, Pierrette (dir.). Les cartes de Chartreuse : désert et architecture. Grenoble : Editions Glénat, 2010.

  • PREVOST, Gustave-Amable. Armorial général de France (édit de novembre 1696). Généralité d'Alençon, publié d'après le manuscrit de la Bibliothèque nationale avec introduction, notes et tables. Rouen : A. Lestringant ; Paris : A. Picard, 1922-1924, 2 vol.

  • RACINET, A. Histoire du Val-Dieu. Bellême : imprimerie de E. Giroux, 1883, 30 p. (Gallica)

  • LA SICOTIERE, Léon de, POULET-MALASSIS, Auguste. Le département de l'Orne archéologique et pittoresque. Laigle : J.-F. Beuzelin, 1845.

    p. 169-176
  • SIMON, Georges-Abel. Un moine architecte : Dom J.-B. Miserey. Caen : L. Jouan et R. Bigot, 1933.

  • SOUANCE, Hector de, TOURNOÜER, Henri. Armorial de la province du Perche 1696-1701... d'après le Grand-armorial de d'Hozier conservé à la Bibliothèque Nationale. Mortagne : impr. de l’Écho de l'Orne, 1897-1903. [Gallica]

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  • THOMPSON Kathleen. The Counts of the Perche, ca. 1066-1217. Th. doct. : Histoire : Université de Sheffield : 1995.

    p. 24-26, 163
  • VÀN HÁO, Lê. Feings – Structures et problèmes d’un village français – Essai d’ethnosociologie. Th. doct. : Lettres et Sciences Humaines : Paris 4 : 1961.

Périodiques
  • BERTAUX, Jean-Jacques. Chroniques des études normandes. Annales de Normandie, n°3, 1975.

    p. 216-217
  • CLERGUE, Bruno, GAUSSERON, Élisabeth. Dans les vestiges du val de Dieu. in Pays du Perche, 2015, n°22, p. 21-30.

  • GAUSSERON, Elisabeth. Dans les vestiges du val de Dieu. Pays du Perche, n°22, 2015.

    p. 21-30.
  • GÉRAUD, Hercule. Visite à la bibliothèque et aux archives d'Alençon. Bibliothèque de l’École des chartes, 1840.

    p. 535-551
  • SIGURET, Philippe. Abbayes et prieurés du Perche : Sainte-Gauburge, le Val-Dieu, la Trappe et les Clairets. Cahiers Percherons, 1958, n°8.

    p. 14-29
  • SIGURET, Philippe. Trésors des églises du canton de Mortagne. Cahiers percherons, 1964, n°23.

    p. 37-39
  • TABOURIER (Abbé). La chartreuse de la Val-Dieu (Perche). Bulletin de la Société historique et archéologique de l’Orne, 1953, n°25.

    p. 6-7

Liens web

(c) Région Normandie - Inventaire général (c) Région Normandie - Inventaire général ; (c) Parc naturel régional du Perche (c) Parc naturel régional du Perche - Billat Hélène
Billat Hélène (1968 - )

Entrée à la Direction de l'inventaire général du patrimoine culturel de Basse-Normandie en 2013 en qualité de chercheur : architecture civile et religieuse (abbaye aux Dames et hôpitaux de Caen), patrimoine rural (village du Mont Saint-Michel), objets mobiliers civils et religieux étudiés dans le cadre d'inventaires topographiques et ponctuels. Suivi scientifique de l'étude du patrimoine bâti du Parc naturel régional du Perche.


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- Maillard Florent
Maillard Florent

Chercheur associé au Parc naturel régional du Perche depuis 2011, en charge de l'architecture rurale du PNR.


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