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magasin de munitions dit souterrain du Roule

Dossier IA50001651 réalisé en 2006

Fiche

Appellationssouterrain du Roule
Dénominationsmagasin de munitions
Aire d'étude et cantonCherbourg-Octeville - Cherbourg
AdresseCommune : Cherbourg-Octeville
Adresse : 219 avenue de
Paris
Cadastre : 2008 AM 16

La décision d’aménager dans les flancs de la colline du Roule un nouvel abri réservé à la modification et au stockage des torpilles, traditionnellement entreposées dans les ateliers de l’arsenal, est entérinée par le ministre de la Marine en 1928. Les plans, conçus par les ingénieurs des Ponts et Chaussées Robert de Beauchamp, directeur des Travaux maritimes, et Monsenergue, sont approuvés par l’autorité ministérielle le 26 novembre 1930.

Effectué par la Société Anonyme de Travaux Hydrauliques et Entreprises Générales (THEG), adjudicataire de l’opération depuis le 11 juillet 1933, le creusement de l'ouvrage s’achève en 1936 et la construction des logements de gardiens en 1939.

Le souterrain en béton armé s’étend alors sur 3000 m2. Il est bordé par neuf alvéoles, dont trois sont destinées au stockage des munitions, les six autres étant réservées à des ateliers. Les torpilles, fabriquées dans l’atelier aux torpilles de l’arsenal installé en 1886, sont acheminées dans les alvéoles par des wagons roulants. Elles sont ensuite disposées sur quatre étages, à raison d’une soixantaine par alvéole, puis évacuées, lorsqu’il y a nécessité, par un système de pont roulant. Officiellement mis en service en 1938 suite à l’installation d’une ligne téléphonique avec l’arsenal, le souterrain est occupé en 1940 par les Allemands qui le transforment en casernement. Il est repris par les Alliés le 25 juin 1944. En 1954, la partie orientale où se situaient la huitième et la neuvième alvéole fait l’objet d’importants travaux d’aménagement. La Marine y installe un poste de commandement avec appartements privés, destinés à servir d’abri en cas d’attaque atomique, reliés en 1962 à la partie supérieure de la montagne par un puits d’aération dont l’ouvrage de tête est doté de clapets de fermeture. Le centre de commandement et de repli arrête ses activités en 1989. Depuis, le tunnel est utilisé comme centre des transmissions de la Marine.

Période(s)Principale : 2e quart 20e siècle
Secondaire : 3e quart 20e siècle
Dates1928, daté par source
Auteur(s)Auteur : Robert de Beauchamp Martin Félix François René
Robert de Beauchamp Martin Félix François René (1892 - 1954)

Né le 11 novembre 1892 à Saint-Palais (Basses-Pyrénées) de Henri Robert de Beauchamp, contrôleur des Douanes, et de Marie Berthe Zélie Laurens-Pouget et mort le 15 janvier 1954 à Paris 7e (domicilié 28 rue des Saints-Pères). Ancien élève de l’École polytechnique (promotion de 1912), 78e en 1914, sortie 55e en 1919 date à laquelle il est nommé élève ingénieur dans le corps des Ponts et Chaussées. 1920 : ingénieur ordinaire de 3e classe. 1920 : détaché près du ministère des Colonies en qualité d'ingénieur des Travaux publics - Ponts et Chaussées en Indochine. 1er juillet 1924 : ingénieur ordinaire 1ère classe. 1928 : détaché près du ministère de la Marine, ingénieur en chef de 2e classe. 9 août 1930 : chevalier de la Légion d'honneur en qualité d'ingénieur ordinaire de 1ère classe des Ponts et chaussées directeur des travaux maritimes à Cherbourg. 1941: chargé du Service ordinaire des Deux-Sèvres. 2 août 1949 : officier de la Légion d'honneur en qualité d'inspecteur général des Ponts et Chaussées de 2e classe en charge de la 6e Inspection Générale.

Sources consultées le 15 novembre 2017 :

Site internet de l’École nationale des Ponts et Chaussées, Liste générale des élèves du corps et des élèves civils de l’Ecole des ponts et chaussées 1744-1930et des élèves des cours préparatoires 1875-1920, URL : https://www.enpc.fr/download/152794.

Site internet des Archives nationales d'outre-mer, Inspection générale des travaux publics, URL : http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/ark:/61561/wi598xrxzi.

Site internet des Archives nationales de France, base Leonore, URL : http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/leonore_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_98=NOM&VALUE_98=%27ROBERT%20DE%20BEAUCHAMP%27&NUMBER=8&GRP=0&REQ=%28%28%27ROBERT%20DE%20BEAUCHAMP%27%29%20%3aNOM%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=9&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=1&MAX3=100&DOM=All.

Site internet La jaune et la Rouge, revue de l'association des anciens élèves et diplômés de l’École Polytechnique, URL : http://www.lajauneetlarouge.com/annuaire-des-antiques?field_nom_annuaire_value=&field_prenom_annuaire_value=&field_promotion_annuaire_value_1=&tid=All&page=192.

Site internet unipef, bulletin du P.C.M., janvier février mars 1925, n°1-2, p. 66, URL : http://www.unipef.org/sites/unipef/files/PCM/avant1973/1925_01-Integrale.pdf.


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ingénieur civil attribution par source
Auteur : Monsenergue Henri Bernard
Monsenergue Henri Bernard (1904 - 1956)

Né le 5 juin 1904 à Angers (Maine-et-Loire), d'Auguste Pierre Monsenergue colonnel de cavalerie et d'Adrienne Pauline Léonie Daumoy, et mort le 2 octobre 1956 à Paris 5e (résidant 82 rue Claude-Bernard). 1922: Entrée à l’École Polytechnique, un an après son frère Henri Jean (1902-1974), en sort 8e en 1924 et intègre le corps des Ponts et Chaussées. 1925: entrée à l’École des Ponts et Chaussées. 1928 : ingénieur ordinaire en poste à l'arsenal de Cherbourg, résidant au n°46 rue Amiral-Courbet. 1943 : directeur des Travaux maritimes à Toulon jusqu'à sa mort, en charge des infrastructures du service des essences des armées dans le Sud-est. 1956 : ingénieur en chef, résidant 26 avenue Ortolan à Toulon (Var). Une place du quartier de l'arsenal de Toulon, aménagée en 1976, porte son nom.

Sources consultées le 15 novembre 2017 :

site internet de l’École nationale des Ponts et Chaussées, Liste générale des élèves du corps et des élèves civils de l'Ecole des ponts et chaussées 1744-1930 et des élèves des cours préparatoires 1875-1920, URL : http://www.enpc.fr/sites/enpc.fr/files/documents/eleves-corps-civils-1744-1930-maj-07-2016.pdf.

Site de l'unipef, Bulletin du P.C.M., janvier 1928, n°1, p. 24, URL : http://www.unipef.org/sites/unipef/files/PCM/avant1973/1928_01-Sommaire.pdf ; janvier-février 1930, n°1, p. 19, URL : http://www.unipef.org/sites/unipef/files/PCM/avant1973/1930_01-Integrale.pdf ; août 1957, n°8, p. 15, URL : http://www.unipef.org/sites/unipef/files/PCM/avant1973/1957_08-Integrale.pdf.

Site internet La Jaune et la Rouge, revue de l'association des anciens élèves et diplômés de l'Ecole Polytechnique, URL : http://www.lajauneetlarouge.com/annuaire-des-antiques?field_nom_annuaire_value=&field_promotion_annuaire_value=&&page=218.

Site internet de la Revue de l'Académie du Var, 2015, URL : http://www.academieduvar.fr/Produits/bulletinacad/Bulletin%202015.pdf.


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Auteur : Travaux Hydrauliques et Entreprises Générales Société anonyme
Travaux Hydrauliques et Entreprises Générales Société anonyme (1919 - 1945)

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la THEG (Travaux Hydrauliques et Entreprises générales) a collaboré avec les Allemands. "Située dans l'orbite de l'Union des Mines, cette importante maison avait, entre les deux guerres, acquise une excellente réputation dans le domaine des ouvrages en béton armé. ayant de surcroît beaucoup travaillé pour les administration militaire, elle fut rapidement contactée par les Allemands, pour le compte de qui elle accepta d'exécuter des chantiers. En 1942-43, elle ne travaillait plus guère que pour l'occupant. En octobre 1945 d'ailleurs, le comité de confiscation estimait à 12,622 millions de francs le montant des profits illicites réalisés par la société ; cette dernière écopait en outre d'une amende principe de 1 million de francs, levée plus tard en application de la loi d'amnistie de juin 1947." (extrait de l'article de Dominique Barjot, L'industrie française des travaux publics (1940-1945). In Histoire, économie et société, 1992, vol. 12, n°3, p. 425).

Autres sources consultées le 15 novembre 2017 :

Hervé Joly, Les archives des entreprises sous l'Occupation, conservation, accessibilité et apport, IFRESI, juin 2005, p. 195, 199, 201, 206, URL : https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00536942/document.


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Une arcade monumentale, où figurent les dates de début et de fin de la construction de l’édifice, donne accès au souterrain depuis l’avenue de Paris. Fermé par deux portes blindées, ce dernier est précédé par une cour irrégulière, délimitée par un mur de clôture, où se trouve, à droite, l’ancien logement des gardiens, à gauche, un haut fourneau en brique pour groupe électrogène. A l’intérieur, le souterrain comprend deux parties : l’ancien tunnel et le centre de commandement utilisé comme centre de transmission. Précédé par un premier accès doté sur la droite d’un abri avec groupe électrogène, le tunnel est un ouvrage équipé de rails, destinés à l’origine à l’acheminement des munitions, recouvert d’une voûte en béton armé. D’une longueur de 157 mètres, il est bordé par huit alvéoles, de 33 mètres de long sur 7 mètres de haut, désormais désaffectées, dont certaines ont conservé leur pont roulant. A l’est, le centre de commandement regroupe une succession de bureaux et d’appartements (dont une chambre réservée au préfet maritime) ainsi qu’une salle des cartes destinée à l’état-major. Il est relié au plateau de la colline du Roule par un puits d’aération d’une hauteur de 45 mètres fermé par un ouvrage de tête.

Mursgranite moellon
grès pierre de taille
béton
Toitbéton en couverture
Couvrementsvoûte en berceau segmentaire
Élévations extérieuresélévation à travées
Escaliersescalier intérieur

Ce souterrain est le dépôt de munitions le mieux conservé du port militaire de Cherbourg, depuis la disparition de l'ancienne poudrière de la place Henry Greville ainsi que celle des magasins à poudre situés au fort des Flamands ( IA50001368). Il constitue un excellent exemple du développement pris alors par la fortification enterrée et bétonnée. Le centre de commandement et son puits d'aération témoignent des nouveaux défis suscités par la Guerre Froide et la menace des attaques nucléaires.

Statut de la propriétépropriété publique, propriété du ministère de la défense
Intérêt de l'œuvreà signaler
(c) Région Normandie - Inventaire général (c) Région Normandie - Inventaire général - Allavena Stéphane
Allavena Stéphane

Chercheur (Conservateur du patrimoine) à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Basse-Normandie de 2005 à 2012, en charge de l'étude sur la ville de Cherbourg-Octeville (Manche).


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