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l’industrie textile du bassin hydrographique de l'Andelle

Dossier IA27003052 réalisé en 2016

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Aires d'étudesbassin hydrographique de l'Andelle, Eure, Seine-Maritime
Dénominationsfilature, tissage, usine d'impression sur étoffes, moulin à foulon
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L’industrie textile, liée au travail de la laine et du coton, est l’activité la plus présente dans le bassin de l’Andelle. Elle se concentre sur la portion aval de la vallée, entre Vascoeuil et Romilly-sur-Andelle, là où la force de la rivière augmentée par celle de ses affluents est la plus puissante. Elle se développe grâce à ce fabuleux potentiel hydraulique et au rayonnement de grandes villes drapières ou cotonnières voisines, telles qu’Elbeuf, Louviers, Les Andelys et Rouen.

L’activité lainière apparait dès le XVIIe siècle avec le développement des moulins à foulon, utilisés pour le dégraissage des draps. Ces établissements travaillent pour les fabricants d’Elbeuf et de Louviers, qui sont alors les principaux centres de fabrication de draps fins en France. En 1750, pas moins de 11 moulins à foulon sont en activité sur les seules communes de Romilly-sur-Andelle et Pont-Saint-Pierre ! Leur nombre est le même en 1860, mais ils se sont mécanisés et totalisent 64 machines à fouler et 45 machines à dégraisser. La mécanisation du foulage et le développement de l'énergie thermique favoriseront la réintroduction de cette opération au sein des établissements lainiers comme on l'observe à Elbeuf et Louviers. Les derniers foulons ont fonctionné jusque dans les années 1880, laissant place à de nouvelles industries. De rares témoins subsistent tel que le moulin du Barbeau à Pont-Saint-Pierre.

L’activité cotonnière démarre dans le bassin de l’Andelle, à la fin des années 1770, avec la fabrication d’indiennes, ces toiles de coton sur lesquelles étaient imprimés des motifs colorés. D’importants établissements, spécialisés dans la production de mouchoirs imprimés et de tissus d’ameublement s’implantent sur le cours de l’Andelle et de la Lieure, utilisant la rivière pour ses propriétés physiques, notamment pour les opérations de trempage, de lavage et de teinture. Le premier est fondé en 1778 à Charleval sur la Lieure par Martin Liesse un indienneur rouennais et emploie près de 300 ouvriers. En 1825, il existe entre Charleval et Romilly-sur-Andelle huit manufactures d’indiennes (qui consomment annuellement 24 000 pièces de calicot) et une à Lyons-la Forêt, installée depuis 1793 dans le couvent des Cordeliers par Louis Goutan, qui comme Martin Liesse fut employé par le fabriquant rouennais Noel Fleury avant de s'installer à son compte sur les bords de la Lieure. L'impression s'effectue alors de façon manuelle, suivant la technique dite sur table, à l'aide de planches en bois de buis sur lesquelles sont gravés les motifs désirés, le plus souvent des scènes mythologiques, historiques ou de la vie quotidienne. Les planches gravées sont ensuite enduites de couleur puis appliquées sur une table d'impression préalablement recouverte de mordant. Lorsque le motif nécessite plusieurs couleurs, l'impression utilise plusieurs planches, une par couleur. Les toiles imprimées sont ensuite lavées, puis séché sur pré à l'air libre et enfin lustrées au moyen de calandres, des machines à cylindres entrainées par la force hydraulique, avant d'être commercialisée à la halle de Rouen. Le personnel employé dans ces fabriques d'indiennes est constitué par une main d’œuvre masculine très qualifiée et au salaire élevé : des dessinateurs, graveurs, imprimeurs... L’industrie des indiennes se restructure brutalement à partir des années 1840 suite à l'introduction de la perrotine en 1836, elle-même supplantée par l'imprimeuse à cylindres dans la seconde moitié du XIXe siècle, qui mécanise l'impression. L'activité se concentre au sein d'établissements moins nombreux mais plus mécanisés utilisant une main d'oeuvre réduite et déqualifiée. Ainsi en 1860, on ne compte plus que 4 indienneries en fonctionnement dans le bassin de l'Andelle : celles fondées par Victor Sautelet, par Martin Liesse et par Victor Crepet à Fleury-sur-Andelle et Charleval et celle créée à Radepont par les frères Anty et reprise en 1840 par la société Daliphard-Dessaint et Cie qui est la dernière à rester en activité dans le bassin de l'Andelle. Au moment de sa fermeture, à la fin des années 1870, elle employait encore 500 ouvriers.

A la fin du XVIIIe siècle et au début XIXe siècle, la mécanisation du filage entraine la construction des premières filatures de coton et dans une moindre mesure de filatures de laine dans le bassin de l’Andelle où elles trouvent l’énergie hydraulique nécessaire pour faire mouvoir leurs machines. La première filature de coton (aujourd'hui disparue) est établie en 1793 à Fontaine-Guérard et la première filature de laine est créée en 1814 à Pont-Saint-Pierre. Ces usines sont pour la plupart construites sur des sites préexistants, occupés par d’anciens moulins (à blé ou à foulon) dont elles reprennent les chutes et dont elles effacent toute trace. Le phénomène s’amplifie à partir de 1820, lorsque la saturation des rivières autour de Rouen impose le déplacement l’activité cotonnière vers l’Andelle. Il se produit alors une véritable ruée vers l’eau et l’industrie du coton, la filature en tête, devient l’activité dominante du territoire. Outre le filage proprement-dit, on effectue également dans ces établissements des opérations préparatoires telles que l’épluchage, le cardage et l’étirage mais aussi le dévidage qui consistent à conditionner le fil en bobines avant de l'envoyer au tissage. En 1840, 26 filatures de coton sont en activité entre Perruel et Pont-Saint-Pierre. Leur nombre est le même en 1860 mais leur production a doublé du fait de la diffusion des mull-jennys (en remplacement des continus à filer) et de l'augmentation du nombre de broches par établissement (soit 248 900 broches pour l'ensemble des filatures de coton du bassin de l'Andelle en 1861). Le fil de coton produit dans le bassin de l'Andelle est un fil commun, épais (allant du n° 20 à 50 pour la trame), écru (sans teinture) destiné à la consommation locale c'est à dire à la fabrication de calicots et cretonnes. Cette industrie, très consommatrice de bras, a recours essentiellement, par économie, à une main d’œuvre féminine et enfantine (même après les lois du 22 mars 1841 et du 19 mai 1874 qui réglementent le travail des enfants), qui est rémunérée deux à quatre fois moins que les hommes. En 1847, les filatures du bassin de l'Andelle emploient 2 161 personnes, dont 687 hommes, 979 femmes et 495 enfants. Une étude menée en 1875 auprès des industriels du territoire montre que 350 enfants de moins de 16 ans travaillent encore en filature, dont 92 de moins de 12 ans. Pour tous ces ouvriers, enfants ou adultes, les conditions de travail en filature sont particulièrement difficiles. Le temps de travail et la pénibilité des horaires, qui sont les mêmes pour tous quelque soit l'age, en sont la première raison : 15 h passées à l’usine, de 7 h à 22 h en hiver, de 5 h à 20 h en été, avec 2 h seulement consacrées aux pauses repas. Ni congés, ni jours fériés et des dimanches qui ne sont pas forcément chômé. A la la pénibilité de ces très longues journées de travail s'ajoute celle de tâches répétitives menées à un rythme effréné dans des positions inconfortables et dans un environnement usinier souvent dangereux et malsain. Les registres d'état-civil montrent que les ouvriers qui travaillent dans les filatures de la vallée de l'Andelle sont recrutés dans un rayon de 10 km autour de l'usine. L’éloignement domicile-travail constitue alors une pénibilité supplémentaire car à la fatigue de la journée de travail s’ajoute celle des longs trajets (à pieds) pour gagner l'usine le matin et revenir au logis le soir.

En comparaison du coton, le filage de la laine reste anecdotique dans le bassin de l’Andelle, où seulement 4 filatures de laine sont recensées au cours du XIXe siècle. La mécanisation du filage de la laine, amorcée dans les années 1810, entraine le démarrage de l’activité sur le territoire, avec la construction des usines Mignot, en 1814-1815, à Pont-Saint-Pierre, associées à des moulins à foulons. Ces deux établissements, spécialisés dans la laine cardée, sont étroitement liés aux fabriques de Louviers et d’Elbeuf auxquelles est destinée leur production. L’une d’elle est d’ailleurs bâtie sur le modèle architectural de la filature Ternaux de Louviers. Les progrès de la mécanisation dans les années 1840, suite à l'adaptation de la mull-jenny au travail de la laine, n’a pas d’effet majeur sur l’orientation industrielle du territoire, toujours dominé par le coton, malgré la création de deux nouveaux sites de production sur les communes de Romilly-sur-Andelle, où se concentrent également les moulins à foulons. Ces quatre filatures sont des usines modestes qui totalisent un équipement de 6 800 broches et emploient 180 ouvriers, des chiffres dérisoires comparés aux filatures de coton. Aucune de ces usines n'a franchi le tournant du XXe siècle.

Les tissages de coton sont également présents sur le territoire, mais bien moins nombreux que les filatures, en raison du retard de mécanisation de l'activité qui contrairement à celle précoce du filage, n'interviendra véritablement que dans la seconde moitié du XIXe siècle. Jusqu'à cette date, le tissage est réalisé de façon artisanale et dispersée par une main d’œuvre rurale travaillant à domicile. Les premiers ateliers mécanisés sont le plus souvent greffés à une filature existante. Rares sont ceux qui, comme celui de Transières des frères Hilzinger à Charleval, fonctionnent exclusivement comme tissage. En 1840, la vallée de l'Andelle compte 3 tissages mécaniques établis à Fleury-sur-Andelle et à Charleval qui totalisent 800 métiers et produisent annuellement 8 millions de mètres de calicot. Vingt ans plus tard, en 1860, ils sont au nombre de 6, implantés à Fleury, Charleval, Romilly, comptent 1 400 métiers et produisent annuellement 14 millions de mètres de calicot.

A partir des années 1860-70, sous l’impulsion de puissants patrons tels que Auguste Pouyer-Quertier, Adolphe Peynaud, Charles Levavasseur... un phénomène de concentration s’opère dans l'industrie cotonnière. Les établissements sont moins nombreux mais plus grands, entièrement mécanisés et associent systématiquement filature et tissage. Malgré quelques ruptures, l’industrie cotonnière progresse jusqu’à la Grande Guerre, puis entame une longue période de décroissance. La dernière filature de la vallée, l’usine du Pont des Jardins à Charleval, reconvertie au travail du lin, a fermé en 2003.

Enfin, l'activité linière, dédiée exclusivement la préparation des fibres, est également présente dans le bassin de l'Andelle, notamment sur les rivières de la Lieure et du Fouillebroc. Mais, contrairement au travail de la laine et du coton, elle s'y développe de façon tardive, à partir des années 1930, suite à la mise en place d’un système de primes gouvernementales qui va relancer sur le territoire tout à la fois la culture et l’industrie linière (rouissage et teillage) alors que l'une et l'autre avaient quasiment disparu au début du siècle face à l'importation massive de lins russes. Les nouvelles usines de rouissage et de teillage qui s'implantent dans le bassin de l'Andelle, et dénommée localement "lineries", réutilisent généralement des sites hydrauliques délaissés. C'est le cas de la linerie fondée en 1940 par Georges Opsomer à Ménesqueville qui s'installe sur le site d'une ancienne scierie qui était à l'origine une filature de coton. Le développement de l'activité La rivière offre à ces établissements, non pas l'énergie permettant d'entrainer des moteurs hydrauliques, mais les grandes quantités d'eau nécessaires aux opérations de rouissage et de teillage. Ne subsiste aujourd'hui que les ateliers de la coopérative linière de Lisors comme témoignage bâti de cette activité passée.

Période(s)Principale : 17e siècle, 18e siècle, 19e siècle, 20e siècle
Auteur(s)Auteur : Guéroult François
Guéroult François (1745 - 1804)

Architecte rouennais, François Guéroult réalise en 1776 le premier théâtre des arts de Rouen (détruit par un incendie peu après son inauguration) qui était situé à l'emplacement des actuelles rues Grand-Pont et Charrettes.

En 1785, il fait construire à Louviers une tante filature de lature de laine (dite La Mécanique) pour la famille Defontenay.

En 1792, il est le maître d’œuvre de la première filature de coton hydraulique de la vallée de l'Andelle qu'il bâtit pour lui même à Fontaine-Guérard (Pont-Saint-Pierre).


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architecte, auteur commanditaire attribution par source
Personnalité : Levavasseur Charles
Levavasseur Charles (1804 - 1894)

Fils du baron Jacques Levavasseur, négociant armateur et filateur rouennais, anobli en 1815.

Marié en 1834.

A la mort de son père en 1841, il hérite d’une fortune considérable et de la filature de Radepont (son frère ainé James du titre de baron et des filatures de Rouen et du Cailly)

L’industriel : 2er filateur normand sous le 2nd Empire

Radepont : Filature acquise par son père le baron JL en 1822. A la mort de son père en 1842 en devient propriétaire.

Pont-Saint-Pierre : Filature (1860-1874) – 72 000 broches

L’homme politique :

-Député de Dieppe en 1842, de Rouen de 1846 à 1857

-Conseiller général de l’Eure

Profondément libéral : grande modération vis-à-vis du traité franco-britannique de 1860.

Le 12 janvier 1859, le baron Jacques Levavasseur est décoré de la croix de Chevalier dans l’ordre de la Légion d’Honneur. Sur sa demande manuscrite il se dit « …armateur et industriel à Rouen…membre de la chambre de commerce, ancien juge au tribunal de commerce, administrateur de la Banque, Consul de Hambourg, membre du Conseil municipal de Rouen et du Conseil général de la Seine-Inférieure… »


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personnage célèbre, propriétaire attribution par source
Personnalité : Peynaud Adolphe
Peynaud Adolphe (1805 - 1870)

L’industriel :

Dirige en qualité d'exploitant puis de propriétaire la filature et tissage les Jumelles à Fleury-sur-Andelle (27) à partir de 1837 - en association avec MM. Stroelin et Lecomte.

Fondateur d'une filature de 12 000 broches à Radepont (27) en 1842 - en association avec MM. Stroelin et Lecomte.

Fondateur la filature et tissage du Pont des Jardins à Charleval (27) en 1845.

Fondateur de la filature Saint-Georges à Romilly-sur-Andelle (27) en 1853.

Fondateur de la filature établie rue Neuve à Romilly-sur-Andelle (27) en 1855.

Introduit en 1847 des métiers anglais qu’il perfectionne et pour lesquels il dépose un brevet en 1851.

Le notable :

-Maire de Fleuy-sur-Andelle de 1844 à 1853.

-Étant également architecte, il équipe sa commune d’un presbytère, d’une école communale et d’une mairie, d’un asile et d’un bureau de bienfaisance dont il signe les plans.


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personnage célèbre, propriétaire
Personnalité : Pouyer-Quertier Augustin-Thomas
Pouyer-Quertier Augustin-Thomas (1820 - 1891)

Marié en 1847 à Blanche Delamare (fille d’un négociant rouennais)

L’influence britannique :

Après son instruction secondaire au collège royal de Rouen en section mathématiques préparatoires, il passe trois ans en Angleterre pour compléter ses connaissance théoriques par des études pratiques. C’est là qu’il apprendra les techniques de l’industrie textile mécanique.

L’industriel : 1er filateur normand sous le 2nd Empire

Exploite puis rachète les usines suivantes :

Fleury-sur-Andelle : - filature de Saint-Victor

Perruel : - filature la Rouge (15 000 broches avec renvideurs modernes) dans les années 1860.

Petit-Quevilly : - rachat de la filature de lin la foudre en 1859 qu’il transforme un complexe cotonnier de 56 000 broches avec tissage.

1864 : élabore un règlement concernant l’écoulement des eaux de l’Andelle afin que les filatures et tissages fonctionnent avec régularité.

Ultra protectionniste : il est très opposé au traité franco-britannique de 1860 : traité de libre échange qui offrait à l’Angleterre le débouché français à ses produits manufacturés, moins chers que ceux fabriqués en France au moment où la guerre de Sécession générait, suite au blocus des états cotonniers du sud, une pénurie de matière première.

De 1866 à 1891 : est le président du syndicat des usiniers de l'Andelle

L’homme politique :

- Conseiller général de l’Eure dès 1852

- Maire de Fleury-sur-Andelle de 1854 à sa mort en 1891

- Député de Seine-Inférieure de1857 à 1869

- Ministre des finances de Thiers le 25 février 1871, il prit part aux négociations du traité de Francfort avec Bismarck

- Sénateur de Seine Inférieur de 1871 à 1891


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personnage célèbre, propriétaire

Les usines textiles du bassin de l’Andelle relèvent de deux typologies architecturales distinctes, l’une fonctionnaliste, l’autre rationaliste.

La première réunit toutes les usines se présentant sous la forme de bâtiments à étages, à ossature poteaux-poutres (en bois ou en fonte) et dotées de façades largement vitrées. Cette morphologie fonctionnaliste est conditionnée par la nécessité d’optimiser l’éclairage naturel des ateliers (la lumière étant un élément essentiel dans l’activité textile) mais aussi par le système de transmission de l’énergie à l’intérieur de l’usine.

La seconde réunit les bâtiments couverts en shed qui sont des espaces unifiés à trame constructive régulière sur plan libre, généralement construits en rez-de-chaussée. Le principe de la toiture en shed repose sur des pentes de degrés inégaux, l’une aveugle, l’autre vitrée et généralement orientée au nord. Ce système d’éclairage zénithal, inventé dans les années 1820 par l’ingénieur britannique William Fairburn, permet d’apporter de la lumière au centre d’un atelier quel que soit sa surface au sol. Les premières usines en shed apparaissent en France dans les années 1850 et se généralisent dans les années 1870, lorsque le prix du verre diminue avec l'augmentation de sa production industrielle.

Malgré les principes d’utilitarisme et d’économie prônés par les théoriciens de l’architecture au XIXe siècle, certaines usines n’échappent pas à l'ostentation. C’est le cas de la filature-cathédrale de Pont-Saint-Pierre bâtie par le grand patron et homme politique Charles Levavasseur. Ici, le souci esthétique qui se manifeste dans le traitement des façades, sans modifier l’organisation fonctionnelle de l’espace intérieur, rend compte de la double fonction que peut revêtir l’usine. A la celle de production, s'ajoute alors une fonction symbolique de représentation du pouvoir politique ou économique. L’usine n’est plus seulement un outil de production, elle est le symbole de l’industrie triomphante et prospère, l’emblème de la puissance de son propriétaire.

Annexes

  • Situataion des fabriques d'indiennes de la vallée de l'Andelle en 1836 [suite à l'introduction de la perrotine] (AD Eure. 1 M 301).

    Extrait du rapport sur une espèce de coalition des ouvriers imprimeurs et des ouvriers des fabriques d'indiennes de la vallée d'Andelle par Beaugrand lieutenant de gendarmerie des Andelys, 23 mai 1836.

    La vallée d'Andelle compte neuf grandes fabriques d'indiennes lesquelles occupent 6 à 700 ouvriers, le plus grand nombre de ces derniers sont des imprimeurs sur indiennes. Ces dits imprimeurs comme un grand nombre de corps de métiers forment une corporation occulte et qui s'étend en France à tous les ouvriers de ce genre. Ils se réunissent en secret pour initier et recevant un aspirant (dit berlingot) dans leur réunion on y décide le renvoi ou le châtiment de deux des leurs qui refuseraient de faire cause commune dans une lutte d'ouvriers contre leurs maîtres lorsque ceux-ci veulent apporter quelque innovation dans leurs fabriques et surtout quand ces innovations leurs paraissent devoir causer quelques changements préjudiciables à leurs intérêts, par ce moyen d'association les maîtres sont pour ainsi dire sous la domination de ces ouvriers.

    Depuis peu, dans plusieurs fabriques, on vient d'introduire une nouvelle machine à imprimer [la perrotine mise au point en 1831 par Louis Perrot indienneur à Rouen et diffusée à partir de 1834] qui en fonctionnant fait plus d'ouvrage que 12 à 15 personnes mais comme les fabriques sont très actives pour le moment, cela n'ayant causé de diminution, ni dans le nombre des ouvriers, ni dans leurs salaires ils sont restés tranquilles mais non sans murmures.

    L'introduction de nouvelles machines à imprimer a donné aux fabricants qui en sont nantis, la possibilité de baisser leur prix de marchandises. Dès lors les autres fabricants qui n'en n'ont pas se sont trouvés dans l'impossibilité de soutenir la concurrence et monsieur Anty, fabricant à Radepont, se trouvant dans ce cas, il ne lui restait que deux moyens, celui de monter une machine appelée Perrotine ou de diminuer le prix de la journée de travail de ses ouvriers. Il a essayé ce dernier moyen afin, disait-il, de pouvoir continuer à occuper tout son monde. Les ouvriers s'y refusèrent.

    Là ressort dans toute sa force, le fâcheux inconvénient de l'association des corporations d'ouvriers, car ayant voulu mettre hors de la fabrique quelques ouvriers récalcitrants et meneurs, tous sont partis en masse (au nombre de 160) ce qu'ils appellent bloquer la fabrique.

    Si les évènements ci-dessus, quoique graves, en restent là comme souvent cela arrive dans les fabriques de tous genres, le temps et quelques concessions des maîtres et des ouvriers y apporteront remède mais voici la gravité réelle, ces ouvriers imprimeurs n'ignorent pas que d'ici à peu tous les fabricants se trouveront dans l'obligation de se servir de ces nouvelles Perrotines afin de soutenir la concurrence de leurs confrères de toute la France qui en possèdent déjà, ce qui nécessairement causera dans chaque fabrique d'indiennes la suppression d'un grand nombre d'ouvriers imprimeurs, aussi on assure que ces derniers ont l'intention de suivre l'exemple de leurs camarades qui l'année passée ont détruit toutes les machines d'une fabrique d'imprimerie sur indiennes, sise à Puteaux (voir pour les détails les journaux de ce temps-là).

    Pour le moment tout est calme, et même une grande partie des ouvriers du sieur Anty est rentrée. Chez lui, par suite de petites concessions de ses ouvriers et de lui-même qui avait reçu de très nombreuses commandes pour la foire de Beaucaire, qu'il appelle la moisson de l'année, les ouvriers lui présentèrent un tarif de main d'œuvre qui fut accepté provisoirement se réservant ultérieurement d'y apporter les modifications après la foire de Beaucaire, s'il y avait lieu et nécessité pour lui.

    Ainsi jusqu'à cette foire de Beaucaire, il n'y a point de mouvement à redouter mais plus tard, il serait possible que ces dits ouvriers se disposassent fort à s'opposer à l'introduction des nouvelles machines et qui seraient portés à atteinte à la liberté de l'industrie soit à les briser. Cependant, je ne crois pas que cela arrivera. Quoi qu'il en soit, j'ai donné l'ordre au brigadier de Fleury d'y apporter la plus grande surveillance devant messieurs les maires , les fabricants enfin toutes les personnes qui pourraient donner des renseignements sur la position d'esprit et l'intention de cette classe d'ouvriers afin de prévoir à l'avance qui pourront survenir car dans le cas de révolte on ne saurait compter que sur les secours de la gendarmerie, ce pays n'étant composé en grande partie que d'ouvriers de fabrique, qui tous se soutiennent et composent la garde nationale ; il n'y a pas lieu de compter sur les secours de cette dite garde nationale, ordinairement si efficace dans presque toutes les autres circonstances.

    A présent, tout étant tranquille, ce rapport n'est destiné qu'à donner connaissance de ce qui s'est passé dans ces dites fabriques d'indiennes de la vallée d'Andelle et par prévision des évènements qui pourraient y survenir, dans tous les cas, s'il arrivait quelque chose, l'autorité en serait prévenue à l'avance et la gendarmerie emploiera tous ses moyens pour éviter une collision.

    Courrier du sous-préfet des Andelys, M. Davenière au préfet de l'Eure, 7 juin 1836.

    Je viens répondre à la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'adresser le 3 du mois courant relativement à une coalition d'ouvriers en indiennes qui a eu lieu dans la fabrique de monsieur Anty, commune de Radepont, à l'occasion de la baisse du prix de main d'œuvre. Il est vrai que les ouvriers imprimeurs de monsieur Anty auxquels ce chef d'établissement avait proposé une diminution de salaire d'un franc par journée lui ont demandé leurs livrets et ont déserté son établissement pendant quelques jours.

    Il est vrai, quelques-uns de ces ouvriers dans leur grand mécontentement contre les fabricants d'indiennes qui font usage d'une nouvelle machine dite La Perrotine ont tenu des propos de troubles et de désordre mais il est vrai aussi que la masse de ces ouvriers restée sourde à la voix de quelques meneurs et n'ayant pas trouvé d'ouvrage chez les autres fabricants est rentrée chez monsieur Anty après avoir consenti à subir une diminution de salaire de cinquante centimes par jour.

    Tout cela s'est fait sans qu'aucune plainte n'ait été adressée par les chefs d'établissement et sans que le maire de Radepont ni aucun de ceux des communes voisines m'en ait entretenu le moins du monde. La première et seule information que j'ai reçue m'a été fournie verbalement par l'officier commandant la gendarmerie de mon arrondissement.

    Comme j'avais à cette époque pris jour pour passer la revue des gardes nationaux du bataillon de Fleury-sur-Andelle, je saisis cette occasion pour interroger les maires qui assistaient à la réunion ainsi que plusieurs fabricants d'indiennes parmi lesquels se trouvait monsieur Anty lui-même. Tous me répondirent que la tranquillité publique n'ayant été ni troublée ni menacée, ils n'avaient pas cru devoir m'informer du mouvement qui avait eu lieu dans la fabrique de monsieur Anty. Après avoir recueilli tous les détails à ce qui s'était passé entre monsieur Anty et ses ouvriers et avoir reconnu que l'ordre public n'avait pas été compromis, je recommandais à messieurs les maires ainsi qu'aux chefs d'établissement de surveiller la conduite des ouvriers, de recueillir et faire recueillir tous les propos qui pourraient annoncer quelques mouvements parmi eux et de m'en donner avis, sans attendre que la tranquillité publique fut troublée et la sûreté des personnes et des propriétés compromise.

    Voilà, monsieur le préfet, comment a commencé et fini cette affaire dont vous avez été informé, je crois par le rapport du brigadier de gendarmerie de Fleury-sur-Andelle, rapport dont le contenu, peut-être un peu enflé, a pu exciter votre sollicitude. Depuis cette époque, la plus grande tranquillité règne parmi les nombreux ouvriers de la vallée d'Andelle. Tous vivent en bonne harmonie avec les chefs d'établissements, tous enfin gagnent beaucoup d'argent parce qu'ils ont plus de travail qu'ils n'en peuvent faire et que le pain est depuis longtemps à bon marché. Dans cet état de chose, je ne vois absolument rien qui puisse inspirer la plus légère crainte sur la classe ouvrière de cette riche vallée. S'il arrivait quelque évènement qui put changer cet état de bonheur et de prospérité, soyez bien convaincu, monsieur le préfet, que je ne serais pas le dernier à vous en donner avis, à moins que, je ne sais par quelle fatalité, je n'en fusse pas instruit moi-même.

  • Situation de l'industrie textile de la vallée de l'Andelle durant la crise de mai-juin 1848 (AD Eure. 1 M 246).

    Contexte :

    La crise économique sévit depuis 1846 et la monarchie est à bout de souffle. Louis-Philippe part en exil le 24 février 1848. Une république sociale s’installe qui proclame le suffrage universel, le droit au travail. La journée de travail est limitée à 10 heures à Paris et 12 heures en province. On emploie les chômeurs comme terrassiers dans les ateliers nationaux. Mais la période d’euphorie dure peu et les tensions sociales s’exacerbent.

    En vallée de l’Andelle, les troubles et les débordements ne seront jamais dramatiques. Et si la chronologie de ces évènements est aussi détaillée, c’est au préfet de la Seine Inférieure qu’on le doit. Il a cru bon d’alerter le ministre de l’Intérieur sans prévenir son collègue de l’Eure.

    Situation le 10 mars 1848 :

    M. Deschamps, Commissaire Général de la Seine Inférieure provoque une réunion des chefs et ouvriers de filature et tissage. Participent également à cette réunion ceux de la vallée de l’Andelle. On y décide des augmentations de salaire. A titre d’exemple, le salaire ouvrier à la journée de 11h passe 1F à 1,25F.

    Ces accords sont immédiatement dénoncés par les industriels de la vallée. M. Pouyer-Quertier, futur maire de Fleury-sur-Andelle et plus tard ministre des Finances, n’affirme-t-il pas, péremptoire, qu’un ouvrier peut vivre avec 1F !

    Dès lors le travail diminue progressivement dans la vallée et en moins d’un mois, il n’est plus que de trois jours par semaine. A la mi-mai, les filatures ne sont que cinq ou six sur les quarante de la vallée à travailler.

    Fin avril, des combats de rue avaient fait 30 morts à Rouen.

    Situation le 13 mai 1848 :

    M. Fauquet, patron de filature à Perruel écrit au sous-préfet des Andelys, qu'il a tenté de revenir aux anciens salaires. Avertis, les ouvriers de M. Pouyer et autres au nombre de 60 ayant drapeau en tête sont entrés dans sa cour pour signifier que si les prix étaient changés, ils casseraient les carreaux. Un ouvrier, Denis Lamy, soupçonné d’avoir averti son patron, a été roué de coups. Ces désordres, estime-t-il, l’obligent à arrêter ses ateliers indéfiniment. Il a déposé une plainte en mairie. Il ne sait pas encore qu’elle restera sans suite.

    Situation le 22 mai 1848 :

    A Fleury-sur-Andelle, M. Villeneuve propose de nouvelles conditions de salaire pour la reprise du travail. Les ouvriers refusent, délèguent quatre femmes pour se rendre aux ateliers nationaux de Charleval avec pour mission de ramener son nombreux personnel à Fleury-sur-Andelle. Ils sont près de 300 à 11 heures devant la porte de M. Villeneuve, secouent la grille, menacent, crient. Un jeune homme exhibe une corde, munie d’un nœud glissant et destinée, clame-t-il, à pendre M. Villeneuve. Celui-ci accepte, sous la contrainte, de reprendre son activité aux conditions imposées par les ouvriers. Le bruit se répand alors qu’une démonstration du même genre doit se faire le lundi suivant à Pont Saint Pierre chez M. Cavelan. Elle partirait de Fleury-sur-Andelle et ils pourraient être 800. Le maire de Pont-Saint-Pierre, M. Mignot, propose ses services de médiation (le préfet lui rappellera qu’il ne pouvait le faire que comme simple citoyen). Les ouvriers de la filature de M. Lachèvre seraient tenus informés.

    Situation le 29 mai 1848 :

    ... ils [les ouvriers] sont entre 1000 et 1200 à se rendre chez M. Pallier à Romilly-sur-Andelle qui, estimant n’avoir guère d’autre choix, s’engage à respecter les accords Deschamps. Il en est de même à Pont-Saint-Pierre, aux Etablissements Delamare. Les manifestants se rendent ensuite chez M. Cavelan, qui prévenu à temps, s’est absenté. Une réponse doit être donnée le lendemain, mais on prévient que l’on reviendra en nombre s’il le faut. Le manufacturier se plaindra plus tard de perquisitions dans ses appartements, de bris de vitres et de menaces envers ceux de ses ouvriers qui travaillaient.

    Il est 4 heures de l’après midi lorsque les manifestants rencontrent à la sortie de la commune M. D'Houdemarre à la grille de son château. « Par peur, faiblesse ou désir de popularité », il offre à boire et à manger sur sa pelouse. On reprend la départementale pour Radepont. Une partie de ces ouvriers se présente alors aux fabriques d’indienne Dessaint et Daliphard. On souhaite que la toute nouvelle machine capable de produire d’un seul jet l’étoffe ne soit pas utilisée. Les débats sont pacifiques, le patron offre des rafraîchissements et tout le monde se retire dans le calme. On s’entendra le lendemain avec les maîtres fileurs.

    Dans le même temps, une autre partie des ouvriers a quitté la départementale et gagné le hameau de Fontaine-Guérard. Ils se sont introduits aux usines Levavasseur et ont détérioré de grandes machines. Les dégâts atteindraient 1500 F et les remises en état seraient longues. Le ministre de l’Intérieur adresse au préfet de l’Eure une lettre ainsi conçue « j’apprends de votre collègue que des attroupements se livrent à des actes de dévastation et de pillage et qu’on menace de pendre un fabricant…Je compte sur votre vigilance et votre fermeté ». Le ministre vient d’être averti de ces désordres par le préfet de la Seine-Inférieure.

    Ce même jour, le préfet reçoit un courrier de M. Fauquet possédant un établissement de filature employant 200 ouvriers à Perruel. Ce patron a consenti dans un premier temps à appliquer les accords Deschamps en travaillant 3 jours par semaine. Il a alors proposé une augmentation de 2 centimes sur les anciens salaires et le travail tous les jours, offre qui devait prendre effet la quinzaine finie. Elle a été refusée quelques jours plus tard et immédiatement un défilé de 60 à 80 personnes s’est présenté à sa filature. On a menacé de briser les carreaux. Revenant de Rouen, et voyant qu’il ne serait plus maître chez lui, il avait pris la décision de fermer sa filature le 13 mai. Et il retraçait le fil des derniers évènements dans la vallée.

    Dès lors, tout se précipite. Contrarié par l’initiative de son collègue, le préfet de l’Eure invite tous les maires, sans retard aucun, à informer la préfecture, le parquet en employant si besoin la gendarmerie, les gardes-champêtres, les express. La sous-préfecture des Andelys envoie des commissaires, demande des rapports, l’ouverture d’instructions judiciaires contre les meneurs.

    Un courrier des commissaires de Fleury-sur-Andelle parvient au préfet expliquant par le détail la situation et le contenu des accords Deschamps. Ce courrier qui est d’abord passé par la sous-préfecture date de quelques jours. Il annonce une manifestation importante pour le lundi suivant.

    Situation le 30 mai 1848 :

    Le préfet devant la gravité de la situation rédige personnellement le courrier. Il confirme au ministre l’importance des troubles mais ajoute, amer, que « les attroupements ont lieu en partie sur la Seine Inférieure et on peut dire avec raison qu’ils y prennent source ».

    Le préfet demande alors l’envoi d’une force militaire au général de brigade de Rouen. Il tance les uns et les autres : à l’adresse des commissaires communaux « réveillez le zèle des gardes nationales » et par allusion à la conduite de M. D'houdemarre « pitié pour les égarés mais sévérité pour les traîtres et les lâches ».

    Une dernière lettre est adressée à son collègue de la Seine Inférieure et ainsi rédigée «… ce qui me fait regretter que vous n’ayez pas pensé ou que vos occupations ne vous aient pas permis de m’aviser directement…. Aujourd’hui, je suis obligé de prendre des mesures d’urgence. »

    Les commissaires de Andelys rapportent au préfet des détails rétrospectifs sur l’affaire Cavelan et ajoutent qu’ils ont requis la gendarmerie qui se transportera à Pont Saint Pierre. Les manifestants, n’ayant pu rencontrer M. Cavelan, ont remis leurs exigences à la mairie qui a promis de faire suivre à l’industriel. Ces commissaires se déclarent étonnés que la mairie ait pu s’autoriser une telle conduite. Ils annoncent la rédaction et l'affichage d’une proclamation. M. Cavelan de son coté écrit aussi au préfet et relate les mêmes évènements.

    Il paraît sous forme d’affiche la proclamation adressée aux ouvriers et qui a été rédigée par les administrateurs des Andelys. Cette proclamation dénonce avant tout les ouvriers des ateliers nationaux accusés de ne rien produire et de semer le désordre chez les filateurs et en appelle au patriotisme, à l’intelligence et à la loyauté.

    Proclamation du 30 mai 1848 :

    Les administrateurs de l’arrondissement des Andelys à leurs concitoyens les ouvriers des filateurs.

    Nous avons appris avec un profond sentiment d’affliction l’inaction des ouvriers employés aux Ateliers Nationaux, les excursions de ces ouvriers se répandant dans les campagnes et mettant les citoyens à contribution, la désertion de leurs travaux pour se rendre en masse chez les filateurs et leur imposer des conditions de salaires. Nous avons vérifié le travail et la dépense des ateliers municipaux et nous avons constaté un travail presque nul et une dépense relative tellement considérable qu’aujourd’hui, à force de sacrifices, toutes les ressources sont épuisées ou sur le point de l’être.

    Au milieu de tant et de si graves circonstances, nous en appelons au bon sens, à la loyauté, à la dignité des ouvriers ; nous les adjurons de se pencher des embarras du commerce, de reprendre dans les fabriques prêtes à se rouvrir les travaux de leur profession, travaux plus lucratifs et plus honorables que ceux des ateliers nationaux créés à titre de subvention et dont la fermeture est imminente. En manifestant des exigences incompatibles avec la liberté des conventions, en employant la menace pour formuler vos prétentions, en faisant naître des appréhensions dans nos vallées, vous entretenez les défiances, vous prolongez la crise commerciale et empêchez la reprise des affaires.

    Tous les citoyens doivent par de communs efforts et des sacrifices communs, chacun selon ses moyens, ses forces et son intelligence, concourir à la prospérité commune. Montrez vous calmes et confiants, imposez silence à vos prétentions par voie d’intimidation, entendez vous amiablement ou par voie d’arbitrage avec vos patrons, et l’industrie se relèvera, et l’industrie, en se relevant, occupera et rémunèrera convenablement les travailleurs. Tel est, Citoyens, le concours que vous devez à la République, en attendant que ses représentants qui s’occupent actuellement et avec tant de sollicitude de l’amélioration de votre sort, aient terminé leurs travaux ; tel est le concours que nous réclamons et attendons de votre patriotisme, de votre intelligence et de votre loyauté.

    Plus de scènes de désordre, plus de ces rassemblements confus qui jettent l’inquiétude dans la population, plus de menaces et de violences ; l’autorité veille et ne les laissera pas impunis, appelée qu’elle est à faire respecter partout et par tous, les personnes et les propriétés, l’ordre et la liberté des transactions.

    Situation le 30 mai 1848 :

    Les commissaires administrateurs provisoires de l’arrondissement des Andelys Legendre, Monton, Roussel, Desfresches informent le préfet qu’ils viennent d’apprendre les évènements de Fontaine-Guérard. Ils regrettent leur optimisme affiché en particulier dans la proclamation qu’ils viennent de faire afficher. Et ces commissaires rapportent aussitôt au préfet une information qu’ils disent tenir de Mr Pallier. Les ouvriers devaient se rendre en masse le 31 mai à Gisors mais ils ont renoncé par le fait des poursuites commencées par le juge d’instruction et par l’avis que l’autorité de Gisors les attendrait de pied ferme. M. Monton, l’un des commissaires des Andelys doit se rendre demain dans la vallée de l’Andelle. M. Cavelan annonce au préfet son intention de fermer son établissement, réclame 200 hommes de troupe et demande la réorganisation de la garde nationale. Il accuse les ouvriers nationaux de former la plus grande masse des rassemblements.

    A Charleval, le courrier des commissaires est de même nature. L’envoi de la troupe est souhaité.

    Et ce jour, parvient enfin au préfet le courrier de M. Fauquet, le filateur de Perruel avec une quinzaine de retard.

    Situation le 1er juin 1848 :

    Le général de brigade de l’Eure informe le préfet qu’il fait partir 60 hommes à Gaillon, portant ainsi les effectifs à 150 hommes. Des renforts sont attendus à Évreux et il se tient prêt à envoyer la force partout où elle sera nécessaire.

    Les commissaires des Andelys informent le préfet qu’une instruction est ouverte par le tribunal des Andelys pour les évènements aux filatures Villeneuve, Cavelan et Levavasseur.

    De Fleury-sur-Andelle, l’un des commissaires municipaux fait savoir que les ouvriers doivent se présenter en masse dans tous les établissements un jour de la semaine pour faire signer aux patrons des engagements relatifs aux salaires.

    Le préfet de l'Eure fait ses doléances au ministre. Les ateliers nationaux sont aussi un sujet d’inquiétude « indépendamment des soins et démarches, cette malheureuse vallée nous occasionne des dépenses d’argent considérables. Nos ressources sont épuisées…..Les ouvriers réclament maintenant leurs paiements et sous peine de nouveaux désordres , il est indispensable de leur venir en aide.. ».

    Situation le 2 juin 1848 :

    La vallée est tranquille et dans les rassemblements, on s’est contenté de menaces. Il est regrettable que des instructions judiciaires n’aient pas été commencées plus tôt. Par suite de la faiblesse des autorités municipales, le plus grand désordre règne dans les ateliers nationaux. Mon intention était de congédier tout le monde et de ne reprendre ensuite que les ouvriers dont l’employeur aurait certifié son incapacité à leur fournir du travail. Hélas, les municipalités ne m’ont pas suivi devant la crainte d’un mouvement partant de Croisy-sur-Andelle. Des mesures énergiques sont indispensables… Des filatures d’autres vallées approvisionnent maintenant la place de Rouen. M. Pouyer-Quertier a été choisi pour vous expliquer en quoi les accords Deschamps sont inapplicables. Extrait du rapport de l’agent voyer en chef Richard au préfet de l'Eure.

    Situation le 3 juin 1848 :

    Les commissaires municipaux de Charleval informent le préfet sur le projet d’une manifestation de masse prévue pour le mardi 7 juin dans toutes les communes industrielles et qui devrait rejoindre les Établissements Davillier à Gisors.

    L’un des commissaires communaux de Radepont dit n’avoir qu’à se louer de l’esprit de la classe ouvrière. L’ordre règne dans les ateliers nationaux où les ouvriers se chargent eux-même de rétablir la discipline. Le maire de Douville-sur-Andelle assure pour sa part que les ouvriers de son village ne sont pas impliqués dans les actes de vandalisme à Fontaine-Guérard. Le préfet de l’Eure demande au général de brigade l’envoi d’une force militaire, réclamée par la population, et que le détachement soit assez fort et arrive assez tôt.

    Le préfet de la Seine Inférieure tente de justifier auprès de son collègue de l’Eure, qu’il sait fort contrarié, le courrier qu’il a adressé au ministre de l’Intérieur. Il ne peut nier que les filatures de Croisy-sur-Andelle et de la Haye, accusées d’être à l’origine des troubles, se situent dans son département. Mais on n’a pas donné suite à la plainte déposée en mairie de Perruel par M. Fauquet, le 13 mai. Et depuis, deux expéditions armées en forêt de Bord ont conduit à l’arrestation de 11 dévastateurs et d’un nommé d’Amfreville, originaire de la vallée de l’Andelle. Une expédition de la garde nationale et des troupes ira en reconnaissance demain dans la vallée. Une nouvelle proclamation serait souhaitable.

    Situation le 4 juin 1848 :

    La sous-préfecture des Andelys avise Évreux que les ouvriers menacent de désarmer les gardes nationaux à domicile et de s’emparer de leurs armes.

    Les commissaires de Fleury-sur-Andelle préviennent le préfecture qu’il est arrivé 180 hommes tant de la ligne que de la garde mobile. Leur arrivée imprévue a causé une grande agitation et des habitants refusent de les héberger. Un émissaire du préfet est présent.

    Situation le 5 juin 1848 :

    Prévenu, le préfet de la Seine Inférieure, M. Dussard vient en personne à Fleury-sur-Andelle, à deux heures du matin, accompagné de 400 hommes de ligne et quelques gendarmes et dragons. Il trouve le pays calme et les autorités espèrent que l’insulte faite à la troupe sera réparée avant le départ prévu pour le 7.

    Les maires des communes se réunissent pour se concerter sur le casernement et la répartition des forces militaires dans la vallée. Ils savent que la troupe n’a pas découragé le grand rassemblement prévu pour le lendemain. Ils souhaitent son maintien jusqu’au complément d’instruction et la réorganisation des ateliers nationaux. La reprise du travail n’est pas assurée et les arrêts Deschamps sont toujours en vigueur.

    PROCLAMATION du 6 juin 1848 :

    Le commissaire administrateur provisoire de Département de l’Eure.

    Aux ouvriers de la vallée de l’Andelle. Citoyens travailleurs, frères. Des désordres ont eu lieu dans votre vallée. J’en ai été profondément affligé. C’est au moment où l’Assemblée Nationale, traite la France, s’occupe d’améliorer le sort de l’ouvrier laborieux, que vous venez, en troublant la tranquillité publique, rendre la tâche plus difficile. Les travaux allaient recommencer, vous avez tout arrêté. Cependant les ateliers nationaux ne pourront être ouvert encore longtemps. Ils vous enlèvent à des travaux plus lucratifs et plus utiles, et l’état s‘épuise. Au nom de votre propre intérêt, au nom de la sainte fraternité qui doit faire vibrer votre cœur comme il fait battre le mien, repoussez loin de vous de coupables conseils. Les hommes qui appellent au désordre ne veulent ni le bonheur de la France ni le votre. Les insensés voudraient tuer et nous fermer à jamais l’avenir.Retournez à vos ateliers, retournez à vos travaux des campagnes. N’imposez pas à vos au fabricant des conditions chimériques et inexécutables. Telles sont les paroles que nous avons cru devoir adresser à nos frères travailleurs. Quant aux fauteurs de désordre, qui cherchent à égarer leurs camarades, qu’ils le sachent bien, l’autorité veille et fera respecter la tranquillité publique, les propriétés et les personnes. L’administration toute paternelle, mais sans faiblesse, aura pour devise : protection à l’infortune, pitié pour l’erreur et l’égarement, mais juste et inflexible sévérité pour le crime qui attaque l’existence de toute une population, la sûreté de tout un pays. Salut et fraternité - Le commissaire administrateur délégué FLEAU.

    M. Monton, le commissaire d’arrondissement, réunit tous les maires à Fleury-sur-Andelle. Il s’inquiète des sentiments patriotiques avant les prochaines élections. Les décision suivantes sont prises :

    - réduire à 300 les hommes stationnés à Charleval, Fleury-sur-Andelle et Pont-Saint-Pierre.

    - réorganiser et réduire considérablement les ateliers nationaux.

    - activer l’instruction judiciaire

    On apprend qu’à Radepont un coup de feu a été tiré sur un garde national. On a arrêté le coupable qui jure à la plaisanterie.

    Situation le 7 juin 1848 :

    Par courrier, le ministre de l’intérieur approuve les mesures prises par le préfet de l’Eure. En accord avec les autorités de la Seine Inférieure qui estiment l’ordre rétabli et contre l’avis des maires, les troupes quittent Fleury-sur-Andelle vers 6 heures du matin. On rassure les maires en affirmant qu’en cas de nécessité et sur appel aux autorités de Rouen, les troupes peuvent intervenir en quelques heures.

    Situation le 8 juin 1848 :

    M. Monton fait son rapport au préfet. « Dimanche dernier, la troupe venue de Rouen a été accueillie avec empressement par la partie saine de la population, mais avec un sentiment bien prononcé de répulsion et même avec une certaine rumeur de la part des petits artisans et de la classe ouvrière qui forment la majeure partie de la population ». Il évoque ensuite la venue de la troupe : « Soit que cette augmentation de force eut fait réfléchir ou que les meneurs se fussent éloignés, la population de Fleury-sur-Andelle a montré toute sorte de bon vouloir pour recevoir, loger et héberger les militaires et fraterniser avec eux le verre à la main ». Et à propos de la grande manifestation du mardi qui devait se rendre à Gisors « empêchée par le bruit répandu que la répression de toute tentative de désordre était arrêtée par l’autorité ».... « Hier, une promenade militaire dans les communes a porté ses fruits en intimidant les meneurs, en ramenant au sentiment de leur devoir les ouvriers égarés, en leur donnant à tous conscience de la force, de la vigilance et de la volonté de l’autorité ».

    Situation le 9 juin 1848 :

    L’agent voyer en chef Richard annonce la tranquillité. Il a commencé la désorganisation des ateliers nationaux et terminera demain celles de Charleval et Tannebrune. Il arrive de Rouen où il a reçu du préfet l’assurance de l’abrogation des accords Deschamps. Le préfet lui a fait part de sa surprise devant « la faiblesse extrême et le défaut d’énergie des maires de ces communes. Ils ont laissé faire car eux-mêmes fabricants redoutaient les ouvriers » .

    Situation le 10 juin 1848 :

    Le préfet de l’Eure propose à son collègue de la Seine Inférieure un accord commun sur un nouveau règlement qui serait soumis aux maîtres et aux ouvriers représentés par des délégués de chaque localité. Le ministre est informé que «l’instruction contre les fauteurs de troubles se continue avec activité ; les coupables sont désignés à l’autorité par les ouvriers eux-mêmes qui s’empressent de reconnaître qu’ils avaient été égarés». Le commissaire Monton affiche sa satisfaction. Le calme est revenu, consolidé chaque jour par les mouvements de troupe. Les filatures rouvrent et les ateliers nationaux ferment. Les résultats des élections sont « favorables » et la confiance reviendra si Paris revient à l’ordre. Les troubles de l’Andelle semblent alors terminés.

  • Liste des filatures en activité [sur l'Andelle -de Perruel à Romilly- et sur la Lieure] en 1869 (AD Eure. 6 M 1243).

    Filatures de coton dans l’Eure : 504 024 broches - dont en activité : 469 306 broches

    Filatures de coton dans l’arrondissement des Andelys en activité : 220 048 broches

    Nombre d’ouvriers dans les filatures de coton dans l’arrondissement des Andelys : 2 460 ouvriers

    Filatures de laine dans l’Eure : 155 606 broches - dont en activité : 154 106 broches

    Filatures de laine dans l’arrondissement des Andelys en activité : 10 650 broches

    Nombre d’ouvriers dans les filatures de laine dans l’arrondissement des Andelys : 326 ouvriers

    Romilly-sur-Andelle : Filature de laine de M. Bellemère - 1 800 broches

    Romilly-sur-Andelle : Filature de coton de M. Peynaud - 10 000 broches

    Romilly-sur-Andelle : Filature de coton de M.Lecomte - 10 400 broches

    Pont-Saint-Pierre : Filature de laine de M. Lancelevée - 4 500 broches

    Pont-Saint-Pierre : Filature de laine de M. Ragault - 4 350 broches

    Pont-Saint-Pierre : Filature de coton de M. Leseigneur - 9 700 broches

    Pont-Saint-Pierre : Filature de coton de M. Levavasseur - 30 900 broches

    Radepont : Filature de coton de M. Lachèvre - 18 216 broches

    Fleury-sur-Andelle : Filature de coton de M. Pouyer Quertier - 10 160 broches

    Fleury-sur-Andelle : Filature de coton de M. Stoesser - 6 100 broches

    Fleury-sur-Andelle : Filature de coton de M. Lainé - 12 812 broches

    Charleval : Filature de coton M. Fontaine - 2 700 broches

    Charleval : Filature de coton M. Grancher - 7 160 broches

    Charleval : Filature de coton M. Marchandon - 9 800 broches

    Charleval : Filature de coton M. Peynaud - 11 000 broches

    Perruel : Filature de coton M. Fauquet - 14 700 broches

    Perruel : Filature de coton M. Pouyer Quertier - 16 340 broches

    Menesqueville : Filature de coton M. Dupont - 1 500 broches

    Menesqueville : Filature de coton M. Grancher - 8 200 broches

    Rosay-sur-Lieure : Filature de coton M. Gerard - 1800 broches

    Vascoeuil : Filature de coton de M. Pouyer Quertier - 10 300 broches

  • Enquête industrielle 1866 : Nombre d’habitants par commune et nombre d’ouvriers du textile par commune [sachant que tous les industriels n’ont pas répondu à l’enquête et que les ouvriers travaillant hors du secteur textile ne sont pas comptabilisés] (AD Eure. 9 M 3).

    Romilly-sur-Andelle : 1369 habitants / 253 ouvriers

    Pont-Saint-Pierre : 949 habitants / 295 ouvriers

    Radepont : 906 habitants / 550 ouvriers

    Charleval : 14445 habitants / 704 ouvriers

    Fleury-sur-Andelle : 1454 habitants / 420 ouvriers

    Perriers-sur-Andelle : 990 habitants /171 ouvriers

    Perruel : 380 habitants / 286 ouvriers

    Menesqueville : 288 habitants / 155 ouvriers

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Eure. Série M ; Sous-série 1 M : 1 M 301. Coalition des ouvriers de la vallée de l’Andelle en 1836.

    Extrait du rapport sur une espèce de coalition des ouvriers imprimeurs et des ouvriers des fabriques d'indiennes de la vallée d'Andelle [suite à l'introduction de la perrotine] par Beaugrand lieutenant de gendarmerie des Andelys, 23 mai 1836.
  • AD Eure. Série M. Sous-série 1 M : 1 M 246. Agitation sociale dans la vallée de l’Andelle 1848.

    Situation de l'industrie textile durant la crise de 1848.
  • AD Eure. Série M ; Sous-série 9 M : 9 M 3. Enquêtes administratives et industrielles (1837-1881).

    Enquête industrielle 1866 : nombre d’habitants par commune et nombre d’ouvrier du textile par commune.
  • AD Eure. Série M. Sous-série 6 M : 6 M 1243. Statistiques commerciale et industrielle (1859-1880).

    Liste des filatures en activité [sur l'Andelle -de Perruel à Romilly- et sur la Lieure] en 1869.
  • AD Eure. Série M ; Sous-série 10 M : 10 M 22. Travail des enfants dans les usines (1841-1938).

    Rapport de l'ingénieur des Mines sur la travail des enfants dans les filatures [de laine et de coton] de la commune de Pont-Saint-Pierre, 8 décembre 1869.
Bibliographie
  • VILLERME, Louis-René. Tableau de l'état physique et moral des ouvriers employés dans les manufactures de coton, de laine et de soie. Paris, 2 vol., 1840, 451 p.

  • BN Paris-Richelieu-Louvois. O 600. Enquête industrielle, 1847.

  • PASSY, Louis. Rapport sur le progrès de l'Agriculture et de l'Industrie dans l'arrondissement des Andelys. 1862.

    p. 61-75
  • Chambre de Commerce de Rouen. Exposé de la situation des industries du coton et des produits chimiques dans la Seine-Inférieure & l'Eure, 1859-1869. Rouen, Impr. Ch.-F. Lapierre, 1869.

  • DUCHEMIN, Pierre. La baronnie de Pont-Saint-Pierre. Gisors : Imprimerie typographique de "l'Echo républicain", 1894. 269 p.

    Chapitre VI. Les moulins à foulon- Le règlement de la rivière Andelle (1757)
  • COMMEAU, F. La crise des industries textiles de la vallée de l’Andelle. Mémoire de stage de l’ENA. 1952.

  • MALEZIEUX Jacques. Le lin en France. In : L'information géographique, volume 27, n°2, 1963. pp. 47-59.

  • WETZEL, Lise. Les enfants à l’usine : le témoignage d’une ouvrière de filature au début du siècle. Actes du XVIe congrès des sociétés historiques et archéologiques de Normandie, 1984.

    p. 299-313
  • LECOEUR, Eric. Moulins et usines de la vallée de l'Andelle : recherches d'histoire et d’archéologie industrielle, 1780-1880. Thèse sous la dir de Jean-Pierre Chaline. Université de Rouen, 1989.

  • BARJOT, Dominique. Les patrons du Second empire. Anjou, Normandie, Maine. Paris : Picard, 1991. 255 p.

  • CHASSAGNE, Serge. Le coton et ses patrons. France, 1760-1840. Paris : EHESS, 1992.

  • TAUPIN, Robert. Moulins et usines à Charleval. 1997.

  • BECCHIA, Alain (dir). La draperie d'Elbeuf (des origine à 1870). PUR : Rennes, 2004. 544 p.

  • DORE, Mylène. Quand les toiles racontent des histoires – les toiles d’ameublement normandes au XIXe siècle. Rouen : Ed. des Falaises, 2007, 247 p.

  • CATHERINE, Éric. Balade au fil de l'eau. À la rencontre des moulins. Filatures et fonderies de la vallée de l'Andelle. Éditions Mémoires et Cultures, 2009. 143 p.

  • REAL, Emmanuelle. La filature Levavasseur, une cathédrale de l'industrie unique en France. Note de service illustrée, 2018.

Périodiques
  • VIDALENC, Jean. Quelques témoignages sur les Pays de la forêt de Lyons et de la vallée de l’Andelle dans la première moitié du 19e siècle. Etudes Normandes, n° 2, 1980.

  • BELHOSTE, Jean-François. L'Andelle, une grande vallée textile normande. L'archéologie industrielle en France, 2008, n°53.

Multimedia
  • REAL Emmanuelle, COUCHAUX Denis, Kollmann Christophe. L'Andelle industrielle. Exposition itinérante du service Patrimoines, Région Normandie, 2018.

Liens web

(c) Région Normandie - Inventaire général (c) Région Normandie - Inventaire général - Real Emmanuelle
Real Emmanuelle

Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, depuis 1992. Spécialité : patrimoine industriel.


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