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chapelle Notre-Dame de Pitié (détruite)

Dossier IA61002778 réalisé en 2014

Fiche

Genreseigneurial
AppellationsNotre-Dame de Pitié
Dénominationschapelle
Aire d'étude et cantonParc naturel régional du Perche - Nocé
AdresseCommune : Perche en Nocé
Lieu-dit : Nocé, Courboyer
Cadastre : 1826 B 75 ; 2020 ZC 2
Précisionsanciennement commune de Nocé

Jehan de Courboyer, fils de Guyot Le Raygnel et de Marie de Cintrey, a fondé la chapelle manoriale le 3 novembre 1500 "en l'honneur de Dieu et de sa benoiste sacrée mère" et connue en 1731, à l'époque où me domaine était détenu par les Pilliers, sous le vocable de "Nostre Dame de Pitié". Le procès-verbal de visite de 1735, indique pour tout mobilier "deux mauvais bans presque de nulle valeur". Jusqu'en 1947, date de sa destruction, l'édifice traverse les phases de délaissement et de restauration comme les autres bâtiments du domaine. Au cours du 2e quart du XIXe siècle, alors que Courboyer est converti en ferme d'élevage, Fernand de Romanet de Beaune hérite du domaine. Il ne le conserve pas longtemps et s'en dessaisit dans les années 1870 au profit de deux exploitants agricoles. Dans le même temps, la chapelle et le reste des bâtiments suscitent l'intérêt des "antiquaires" grâce à l'action conjointe d'Olivier Romanet de Beaune, cousin de Fernand et archiviste-paléographe fondateur en 1900 de la Société percheronne d'histoire et d'archéologie, et de son condisciple à l’École des chartes, Henri Tournoüer, propriétaire voisin du château de Saint-Hilaire-des-Noyers et président de la Société historique et archéologique de l'Orne (SHAO). C'est dans ce contexte d'émulation savante, initiée à la suite d'Arcisse de Caumont sur le patrimoine normand et de grands chantiers de restauration dans l'Orne, que l'architecte Charles Wable (1846-1908) exécute en 1892-1893 une série de relevés et de restitutions idéales de la chapelle et des autres bâtiments qui est présentée à l'Exposition universelle de 1900. A cette date, l'édifice se dégrade consécutivement à sa reconversion agricole comme en témoignent les photographies : baies obturées, contreforts d'angle détériorés, parement fissuré. Charles Wable indique que les peintures murales "tombent en poussière sitôt qu'on les touche".

Malgré son inscription au titre des monuments historiques en 1929, l'édifice est abattu près de vingt ans plus tard. L'événement fait scandale et le propriétaire est condamné après la plainte déposée par Georges Massiot, fondateur de l'association des Amis du Perche avec l'appui du président de la Société historique et archéologique de l'Orne qui se porte partie civile. L'église paroissiale de Nocé abrite depuis un groupe sculpté représentant Notre-Dame de Pitié, du début du XVIe siècle, provenant de cette chapelle.

Une haie de hêtres matérialise aujourd'hui l'emplacement de la chapelle disparue.

Période(s)Principale : 1er quart 16e siècle
Dates1500, daté par source
Auteur(s)Personnalité : Courboyer Jehan de
Courboyer Jehan de

Fils cadet de Guyot Le Raygnel, seigneur de Courboyer, et de Marie de Cintray. Commanditaire supposé du manoir après avoir participé aux guerres d'Italie.


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commanditaire attribution par travaux historiques
Personnalité : Romanet de Beaune Fernand de
Romanet de Beaune Fernand de ( - 1843)

Fernand de Romanet de Beaune est le cousin d'Olivier Romanet (1859-1936) auteur d'une thèse de l’École des chartes sur la Géographie et la topographie féodales du Perche (1887) et fondateur de la Société percheronne d'histoire et d'archéologie dont il a assuré la présidence jusqu'à sa mort.


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propriétaire attribution par source
Personnalité : Bothereau Jean
Bothereau Jean

Propriétaire d'une partie des terres du domaine de Courboyer en 1873.


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propriétaire attribution par source
Personnalité : Guimond
Guimond

Le couple Guimond devient propriétaire du domaine de Courboyer et du logis manorial en 1877.


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Personnalité : Gourraut
Gourraut

Propriétaire du manoir de Courboyer dans les années 1970.


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Personnalité : Massiot Georges-Jules
Massiot Georges-Jules (1875 - 1962)

Radiologue de formation, Georges-Jules Massiot travaille avec Arthur-Honoré Radiguet (1850-1905), dont il est le gendre, au sein de la société parisienne Radiguet et Massiot (Paris) créée le 6 octobre 1899 et issue de la société Radiguet fondée en 1805 par Marie-Honoré Radiguet (1791-1867), repreneur en 1830 de la maison Chevalier, pour la fabrication de verres optiques de précision, production élargie en 1872 aux modèles réduits (destinés à l'enseignement professionnel) de machines et appareils mécaniques et électriques puis au matériel pour les laboratoires de radiologie. Le 15 octobre 1899, la société s'agrandit par l'achat de la société Molteni (44 rue du Château d'Eau), fondée en 1782 et spécialisée dans les appareils de projection et les diapositives sur verre destinées à l'enseignement. En 1910, elle adopte la raison sociale Massiot et Cie (à Courbevoie) dont l'activité est attestée au milieu des années 1930. Source : site internet du ministère de la culture https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/IM39002313, consulté le 23/03/2020. Massiot est connu pour avoir joué un rôle pionnier dans la création de la radiologie de guerre durant le premier conflit mondial. Sa société est en effet la première à avoir équipé les camions d'installations radiographiques. Elle poursuit son activité durant l'entre-deux-guerres en fabriquant des tables de radiologie et en commercialisant dès 1948 le premier tomographe universel. En 1960, la société s'associe à Philips dont elle devient une filiale avant d'intégrer la multinationale. Source : article de Patrice Guérin du 15 février 2011 intitulé Radiguet & Massiot successeur de Molteni http://diaprojection.unblog.fr/2011/02/15/radiguet-massiot-successeur-de-molteni/, consulté le 23/03/2020.

Parallèlement à ses activités professionnelles, Georges Massiot s'investit dans la défense du patrimoine de Nogent-le-Rotrou dont il est originaire. Le 23 avril 1947, il fonde avec Pierre Daupeley l'association Les Amis du vieux Nogent. Il en assure la présidence jusqu'à sa mort en 1962. En 1948, elle accueille en son sein le chanoine Jean Aubry, de Mortagne-au-Perche, et Maître Edouard Leboucher, de Saint-Mard-de-Réno. La société savante change plusieurs fois de nom : Les Amis du vieux Nogent et du Perche en 1956 puis Les Amis du Perche le 4 septembre 1967. Depuis le 12 mai 1990, elle fait partie de la Fédération des amis du Perche dont le siège se trouve à Rémalard et qui regroupe d'autres associations de défense du patrimoine historique et naturel actives sur le territoire de l'ancien comté du Perche et du Perche Gouët. Depuis 1957, elle édite un bulletin trimestriel Les Cahiers percherons, organise des colloques historiques et publie des ouvrages tout en participant avec le Parc naturel régional du Perche et l’Écomusée du Perche (dont l'association a contribué à la création en 1972) à la transmission des connaissances et à la sensibilisation au patrimoine.


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personnage célèbre attribution par source

La chapelle était positionnée non loin du logis manorial dans l'angle sud-est de la haute-cour sur un terrain en pente. Le souvenir de son élévation nous est conservée par les relevés de Charles Wable et les photographies anciennes. Sa façade à pignon découvert est dominée par un clocheton à arcs géminés destiné à recevoir deux cloches. Le décor se concentre autour de l'arc en accolade qui souligne la porte d'entrée et sur les rives du toit (crochets). Formée d'un vaisseau unique entièrement contreforté, la chapelle s'étend sur deux travées se terminant par une abside à trois pans percés d'une baie à remplage gothique trilobé. La voûte sur croisées d'ogives retombent sur les piliers engagées reposant sur de hautes bases buticulaires. Le comble fait office de colombier comme à la chapelle du manoir du Grand Brolles en Condeau. La sobriété de l'élévation extérieure contraste avec l'abondance du décor peint intérieur rapportée par Henri Tournouër en 1890 : "Sur mes murs, de tous côtés des fresques, saints isolés ou vastes compositions ; au-dessus la porte, la scène du Jugement Dernier ; de côté, une chasse de saint Hubert ; plus loin, saint Christophe portant l'enfant Jésus sur ses épaules". D'après Charles Wable, la facture en est naïve.

Murscalcaire moellon enduit
calcaire pierre de taille
Toittuile plate
Plansplan allongé
Étages1 vaisseau
Couvrementscharpente en bois apparente
Couverturestoit à longs pans pignon découvert
croupe polygonale
État de conservationdétruit
Techniquespeinture
Représentationsle Jugement dernier saint Hubert saint Christophe
Mesures:
Statut de la propriétépropriété d'un établissement public
Sites de protectionparc naturel régional

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Orne. 1 G 997. Chapelle de Courboyer.

  • MAP. 0081/061/036. Correspondance : menace de démolition ; démolition de la chapelle ; jugement contre le propriétaire ; construction sans autorisation d'une cuve à fumier ; règlement comptable de l'affaire, manoir de Courboyer (Nocé), 1946-1955.

Documents figurés
  • AD Orne. 3 P 2-309/3. Plan cadastral de 1826 de la commune de Nocé, section B.

  • AD Orne. 314 J 13. Projet de restauration du manoir de Courboyer par Charles Wable.

  • AD Orne. 442 J. Fonds Henri Tournoüer.

Bibliographie
  • GAUTIER-DESVAUX, Elisabeth (réd.), MAILLARD, Florent (réd.), MERRET, Patrick (phot.). Le manoir de Courboyer à Nocé. Lyon : Lieux-dits, 2015. (Parcours du patrimoine n°395). 32 p.

  • GUILLEMIN, Denis, LEPAREUR, Florence. Courboyer à la fin du XIXe siècle ou le rêve médiéval. Nocé : Parc naturel régional du Perche, 2005, 14 p.

  • CHARMA, Antoine, LE HERICHER Edouard, SICOTIERE (de la), Léon, TRAVERS Julien. La Normandie illustrée, monuments, sites et costumes de la Seine-Inférieure, de l’Eure, du Calvados, de l’Orne et de la Manche, dessinés d’après nature, Nantes, Charpentier père, fils & Cie., 1852, 2 vol.

    p. 47
Périodiques
  • BARD, Patrick, BARRIER, Pascal, CHÉHU, Frédéric, et al. Manoirs du Perche. Pays du Perche, 2015, n° hors-série, 122 p.

  • CHALIGNÉ-LEPAREUR, Florence. Le manoir de Courboyer. Annuaire des cinq départements de la Normandie, Association normande, Congrès de Bellême, 2009, p. 71-96.

  • CRESTE, Georges. Excursion de la société, compte-rendu. Bulletin de la Société percheronne d’histoire et d’archéologie, Bellême, Levayer, 1924, t. XXII, p. 99-102.

  • DESVAUX, abbé. Quelques curiosités archéologiques du Perche. Bulletins de la Société percheronne d’histoire et d’archéologie, Bellême, 1906, t.V, p. 185-186.

  • GOUGET, G. Nocé au temps passé. Manoirs et logis seigneuriaux. Le Perche Libéré : « IV. Courboyer » (21 janvier et 4 février 1956) ; et tiré à part, Mortagne, R. Danguy, s.d., 25 p.

  • SIGURET, Philippe. Les Manoirs du canton de Nocé. Cahiers percherons, n°1, 1957, p. 5-11.

  • TOURNOUËR, Henri. Courboyer. Bulletin de la Société historique et archéologique de l’Orne, t. XIX, 1900, p. 340-351.

(c) Région Normandie - Inventaire général (c) Région Normandie - Inventaire général ; (c) Parc naturel régional du Perche (c) Parc naturel régional du Perche - Billat Hélène
Billat Hélène (1968 - )

Entrée à la Direction de l'inventaire général du patrimoine culturel de Basse-Normandie en 2013 en qualité de chercheur : architecture civile et religieuse (abbaye aux Dames et hôpitaux de Caen), patrimoine rural (village du Mont Saint-Michel), objets mobiliers civils et religieux étudiés dans le cadre d'inventaires topographiques et ponctuels. Suivi scientifique de l'étude du patrimoine bâti du Parc naturel régional du Perche.


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- Maillard Florent
Maillard Florent

Chercheur associé au Parc naturel régional du Perche depuis 2011, en charge de l'architecture rurale du PNR.


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