Dossier de présentation du mobilier IM76006755 | Réalisé par
Chéron Philippe (Rédacteur)
Chéron Philippe

Chargé d'études à l'Inventaire général du patrimoine culturel depuis 1991. Ingénieur d'études (DRAC Haute-Normandie jusqu'à la loi de décentralisation), puis ingénieur et ingénieur principal, Région Normandie.

Spécialités : vitrail (correspondant du centre Chastel pour la Haute-Normandie), patrimoine rural, construction navale, patrimoine militaire (fortifications du mur de l'Atlantique dans le cadre du PCR mur de l'Atlantique), patrimoine aéronautique, patrimoines commémoratifs.

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  • inventaire topographique, boucles de la Seine normande
  • recensement du vitrail
Objets mobiliers de la chapelle du château de la Mailleraye-sur-Seine, chapelle seigneuriale
Auteur
Copyright
  • (c) Région Normandie - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Caux Seine Agglo - Port-Jérôme-sur-Seine

I/ Mobilier (Notes Cochet)

"Le mobilier de cette chapelle est fort intéressant : sur le maître-autel est un beau Christ en ivoire, et à la contre-table, du temps de Louis XIV, est un tableau de l'Assomption. Tout cela repose sur un grand autel de marbre rouge veiné de blanc. Les stalles qui entourent le chœur sont en chêne et du temps de Louis XIII. la chapelle est lambrissée avec des boiseries de la même époque. La tribune, en bois, où les châtelains assistent à la messe, est une fort belle boiserie de la fin du XVIe siècle et d'un effet très heureux. Le bénitier que l'on trouve à la porte est une ancienne piscine avec crédence, venant de l'abbaye de Jumièges. C'est un joli travail sculpté dans le style de la Renaissance, dont le frère se voit à l'église de Guerbaville. Dans cette chapelle nous avons remarqué des croix de consécration a demi effacées."

II/ Vitraux (Corpus)

La chapelle a le privilège d'avoir recueilli, après la Révolution, la majeure partie du décor vitré des 14e et 16e siècles provenant d’une église de l’abbaye de Jumièges. D’autres éléments de ce vitrage sont dispersés au Musée de l’abbaye de Jumièges et à l’églises paroissiale de Saint-Valentin de Jumièges, à Notre-Dame de Caudebec-en-Caux, et, vraisemblablement dans la collection Pitcairn en Pennsylvanie. A la Mailleraye, la création de la série la plus importante, au cours du second quart du 14e siècle, correspond vraisemblablement aux travaux de reconstruction de l’église Saint-Pierre de Jumièges à partir de 1332. Le remontage de ces vitraux dans la chapelle de La Mailleraye, vers 1840, est probablement dû au vitrier You-Renaud qui avait installé d’autres fragments de Jumièges dans une baie de l'église Notre-Dame de Caudebec-en-Caux. Cet ensemble de verrières, réalisé pour des fenêtres basses, se compose de fragments décoratifs, d'un saint Blaise, d'un évêque fort mutilé et de quatre figures d’apôtres et de prophètes (saint Barthélemy et saint Matthieu, Amos et Malachie). Ces derniers représentent les vestiges des vingt-quatre figures d'un Credo apostolique qui est l’un des plus anciens parvenu jusqu'à nous. Ces figures, logées dans des niches d'architecture tendues de damas, présentent une composition identique avec des inscriptions qui permettent de les identifier et de connaître quels sont les articles du Credo ou les versets bibliques défendus par chacun. La parenté de ces verrières avec celles de l'abbatiale Saint-Ouen de Rouen (chapelles rayonnantes), de la cathédrale de Rouen (chapelle de la Vierge) et de la cathédrale d’Evreux (chœur) est très étroite. Même les fragments décoratifs, les dais, les bordures, les grisailles et les deux fermaillets ornés d’un montreur d’ours et d’un centaure en sont très proches. Pour Jean Lafond, ils sont issus d’un centre de production installé à Rouen. Leur élégance raffinée les apparente aux plus belles miniatures parisiennes contemporaines et donne une idée des vitraux parisiens de cette époque presque entièrement détruits. La seconde série du 16e siècle correspond aux travaux de décoration entrepris par l’abbé François de Fontenay (1524-1549) à l’église Notre-Dame de Jumièges. Elle n’est représentée aujourd’hui que par la figure de saint Grégoire-le-Grand, autrefois mise en parallèle avec un saint Jean Chrysostome, qui faisait partie d'un ensemble de huit Docteurs de l’Église latine et de l’Église Grecque. Cette iconographie exceptionnelle qui ne s’est pas imposée en France, rappelle le parallèle, très apprécié au Moyen Age, entre les Évangélistes et les Docteurs de l’Église latine ou celui des prophètes et des apôtres évoqué dans la série du 14e siècle de la Mailleraye. Jean Lafond avait d’abord attribué cette œuvre, très marquée par l'art d'Engrand le Prince, à son élève direct, Romain Buron mais, en 1973, il l’attribue à Pierre le Prince qui serait aussi l’auteur du vitrail de Crillon dans l’Oise. A la même époque appartient l’épisode de la légende de Lorette qui aurait été réalisé pour une vitrerie domestique selon Jean Lafond mais ses dimensions ne l’excluent pas du vitrail religieux. Elle faisait partie d'une série comme le prouve le fragment inséré dans le coin supérieur droit qui provient d'un second épisode et le panneau conservé dans une collection particulière de l’arrondissement de Rouen. En 1942, un bombardement détruit la verrière de saint Jean Chrysostome et endommage très sérieusement les autres verrières qui seront alors déposées à Fougères-sur-Bièvre (Loir-et-Cher). De 1948 à 1955, l'atelier Gaudin est chargé des restaurations et de la création d'une verrière neuve représentant saint Jean Chrysostome. En 1953, les deux fermaillets du 14e siècle sont présentés à l'exposition "Vitraux de France" à Paris.

  • Auteur(s)
  • Précisions inscription

    Objets classés : Verrières 14e - 17e siècles ; statuette : Christ en croix (17e siècle) ; statue : Christ en croix (17e / 18e siècle ?) ; statue : sainte Geneviève (16e siècle) ; dalle funéraire (Cherles Gabriel marquis de Nagu & marquise, 1777, 18e siècle) ; autel (17e siècle) ; cloche (armoiries d'Harcourt, 18e siècle) ; inscription funéraire (18e siècle) ; inscriptions funéraires (Vicurnien Bonaventaure Victor de Rochechouart, marquis de Mortemart, 1823, de Nagu) ; Bénitier (15e / 16e siècle ?) ; statuette : Vierge à l'Enfant (16e siècle) ; clôture de chœur (15e / 16e siècle ?) ; tribune (15e / 16e siècle ?) stalles (15e / 16e siècle ?) ; colonne funéraire (2, Vicurnien Bonaventaure Victor de Rochechouart, Adelaïde Marie Céleste de Nagu, dame de Mortemart, 19e siècle).

Bibliographie

  • COCHET, Jean Benoît Désiré (Abbé). Les Églises de l'arrondissement d'Yvetot, Didron, 1852.

    p.115-120
  • France. Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France. Comité français du Corpus vitrearum, Laboratoire de recherche sur le patrimoine français (dir.), BLONDEL, Nicole, CALLIAS BAY, Martine, CHAUSSÉ, Véronique, GATOUILLAT, Françoise, HEROLD, Michel. Les vitraux de Haute-Normandie, Corpus Vitrearum. France, recensement des vitraux anciens de la France, 6. Paris : CNRS Éditions, Monum, Éditions du Patrimoine, 2001. 495 p.

    Région Haute-Normandie - Inventaire général du patrimoine culturel, Rouen
    p.322-324
Date(s) d'enquête : 2018; Date(s) de rédaction : 2018
(c) Région Normandie - Inventaire général
Chéron Philippe
Chéron Philippe

Chargé d'études à l'Inventaire général du patrimoine culturel depuis 1991. Ingénieur d'études (DRAC Haute-Normandie jusqu'à la loi de décentralisation), puis ingénieur et ingénieur principal, Région Normandie.

Spécialités : vitrail (correspondant du centre Chastel pour la Haute-Normandie), patrimoine rural, construction navale, patrimoine militaire (fortifications du mur de l'Atlantique dans le cadre du PCR mur de l'Atlantique), patrimoine aéronautique, patrimoines commémoratifs.

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Édifice
chapelle seigneuriale

chapelle seigneuriale

Commune : Arelaune-en-Seine
Lieu-dit : La Mailleraye-sur-Seine
Adresse : 2-6 quai Paul Girardeau