La Chapelle seigneuriale est située sur le côté nord du chœur de l'église Elle fut construite vers 1632-1635, d'après un texte du 21 octobre 1871 de M. Anatole Loth, prêtre, Curé de . Hautot-le Vatois, conservé aux Archives Neuf fenêtres éclairent cette chapelle parmi lesquelles subsistent cinq magnifiques verrières du XVIIe siècle. Certaines sont datées de 1635. Les sujets représentent des anges en grisaille, portés sur des nuages, sur un fond de tenture damassée, effacée par le temps sur plusieurs verrières.
Au troisième plan, une vitrerie à bornes typiquement XVIIe siècle. Un rondel central aux monogrammes du Christ IHS), de la Vierge (AM) ou encore d'un ange jouant de la trompe. Ces verrières sont encadrées par des bordures réalisées avec des grisaillés, jaunes d'argent, sanguine (ou jean cousin) et des émaux bleus et mauves, technique caractéristique de cette époque.
Cochet donne une description précise de ces verrières et déjà à l'époque, I'Abbé Cochet indique que "plusieurs anges ont disparu." A travers sa description, on peut constater que d'une part, il restait six verrières : un ange tenant un encensoir existait encore à l'époque, et d'autre part, l'ordre des verrières était très différent de celui que nous connaissons aujourd'hui.
Ainsi, la verrière représentant deux anges placés sous un dais avec l'inscription, "Ecce panis Angelorum", était placée derrière l'autel. Cette verrière aujourd'hui très endommagée a été déplacée au-dessus de l'entrée de la chapelle et l'un des anges a presque entièrement disparu.
Néanmoins, la désorganisation la plus importante concernant ces verrières, s'est produite au niveau des bordures. Les verrières ont probablement connu plusieurs campagnes de dépose et de restauration qui expliquent ces modifications.
Ces bordures d'une grande richesse, tant au niveau des motifs que de la coloration, ont été réalisées à l'aide d'émaux mats, technique typiquement XVIIe. A l'origine, toutes ces bordures ont été conçues avec symétrie au sein de chaque verrière. Ce point important a guidé notre restauration afin de retrouver un ordre et une cohérence dans l'organisation des bordures. Il a fallu analyser chaque élément afin de retrouver l'ordre initial pour chaque verrière, en sachant que les fragments avaient pu être dispersés entre les verrières et que certaines informations avaient disparu. Les raccords, la taille par rapport aux divisions du passage des vergettes et la rive des panneaux nous ont également apporté des informations. Au fur et à mesure de la restauration, on a pu constater qu'un rythme régulier et répétitif se dévoilait sur l'ensemble : les mascarons et autres petits personnages se retrouvant placés quasiment au même niveau et redonnant cohérence à l'ensemble.
Ainsi que nous l'avons indiqué ci-dessus, l'ordre des verrières a été modifié, les pièces ont par conséquent été retaillées, des éléments ont même été enlevés pour s'adapter à la forme des fenêtres.
Dans notre restauration, nous avons essayé de rétablir la disposition et la dimension des bordures et des scènes, afin de restituer au plus près leur aspect initial.
De nombreuses pièces de bordures avaient été refaites en 1954. Même si ces pièces de restauration étaient de bonne qualité, elles avaient néanmoins été réalisées en conservant le désordre et la dispersion des pièces de bordures. Les lacunes avaient simplement été complétées. En restituant l'ordre initial des bordures, il n'a par conséquent pas été possible de conserver la plupart de ces pièces de restauration.
La disposition des verrières dans l'édifice n'a pas été modifiée. En effet, en replaçant les verrières dans leur disposition initiale, différents problèmes se seraient posés : d'une part à cause des verrières ayant aujourd'hui disparu (par exemple "ange tenant l'encensoir), d'autre part, le retable, placé dans la chapelle et ayant probablement amené les changements de dispositions des verrières, occultant les fenêtres situées derrière l'autel.
Lors des restaurations précédentes, les verrières ont été scellées au ciment gris aux deux faces, ce qui a nécessité une dépose extrêmement délicate.
Les verrières avant restauration présentaient une altération importante sur les faces intérieures et extérieures. Lors de notre intervention, après le démontage des panneaux nous avons entrepris un nettoyage très méticuleux pour éliminer les mousses et lichens tout en prenant soin de préserver les grisailles.
Ensuite, chaque élément a été observé afin de déterminer son emplacement, en sachant que de nombreuses pièces avaient pu être dispersées soit au sein de la verrière dans lesquelles elles se trouvaient, soit dans les autres verrières. Ce travail a été important, notamment au niveau des bordures considérablement désorganisées.
Certaines scènes étaient très lacunaires, particulièrement la baie n° 19. Une recherche documentaire a été entreprise pour retrouver les éléments disparus.
Une protection à l'aide d'un double-vitrage a été mise en place. Une nouvelle technique a été adoptée, permettant de rendre la verrière de doublage le plus invisible possible de l'intérieur de l'édifice.
Chercheur à la Sous-Direction des études, de la documentation et de l'Inventaire.