Dossier d’œuvre objet IM61004236 | Réalisé par
Delauney Sophie
Delauney Sophie

Responsable du service éducatif de l'Inventaire Basse-Normandie de 2007 à 2018. Recherches (Master2) sur les vitraux commémoratifs de la Première Guerre mondiale.

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Chéron Philippe (Contributeur)
Chéron Philippe

Chargé d'études à l'Inventaire général du patrimoine culturel depuis 1991. Ingénieur d'études (DRAC Haute-Normandie jusqu'à la loi de décentralisation), puis ingénieur et ingénieur principal, Région Normandie.

Spécialités : vitrail (correspondant du centre Chastel pour la Haute-Normandie), patrimoine rural, construction navale, patrimoine militaire (fortifications du mur de l'Atlantique dans le cadre du PCR mur de l'Atlantique), patrimoine aéronautique, patrimoines commémoratifs.

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  • enquête thématique régionale, vitraux commémoratifs et ex voto de la guerre de 1914-1918
  • recensement du vitrail
verrière hagiographique de la guerre de 1914-1918 : Sainte Thérèse sème une pluie de roses sur des soldats mourants et des civils affligés
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Normandie - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Orne - Nocé
  • Commune Perche en Nocé
  • Lieu-dit Nocé
  • Adresse rue de Courboyer , rue Saint-Martin
  • Emplacement dans l'édifice baie 6 (nef)
  • Précisions commune fusionnée après inventaire Nocé
  • Dénominations
    verrière
  • Titres
    • Sainte Thérèse sème une pluie de roses sur des soldats mourants et des civils affligés
  • Appellations
    de la guerre de 1914-1918

L'origine des vitraux commémoratifs dans cet édifice remonte au printemps 1918. Lors de la messe de Pâques, encouragé par les appels de l'évêque à célébrer les victimes de la guerre, le curé suggère d'élever dans l'église même un monument. Les fenêtres de la nef devant être restaurées, il sollicite ses paroissiens afin qu'ils financent l'achat de deux verrières du souvenir. Une première série de trois vitraux, dont un commémoratif, baie 6, est bénie le 6 juillet 1919. Mais en raison des difficultés financières d'après-guerre, le programme de vitrage demeure inachevé.

En 1923, grâce à une souscription destinée à compléter le décor vitré de l’église, cinq fenêtres du mur nord sont commandées à l'atelier angevin Merklen, dont la baie 9, dédiée à sainte Thérèse, qui commémore le souvenir de la guerre. Merklen réutilisera à la même époque une partie du carton pour le vitrail commémoratif de l’église Saint-Gobrien de Rohan (Morbihan).

  • Période(s)
    • Principale : 1er quart 20e siècle
  • Dates
    • 1923, porte la date
  • Lieu d'exécution
    Commune : Angers
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Merklen Georges
      Merklen Georges

      Source : DELAUNEY Sophie. Inventaire critique des vitraux commémoratifs de la Première Guerre mondiale en Basse-Normandie, volume 1, master 2 Histoire de l'Art, 2014-2015.

      Ancien élève de l'École nationale des Beaux-Arts de Paris, décoré de la croix de guerre, Georges Merklen (1889-1925) reprend en 1919 le fonds de l’atelier angevin Clamens. Il connait un essor rapide, obtenant des commandes dans tout le Grand Ouest, grâce à une stratégie publicitaire agressive (un encart publicitaire est diffusé chaque semaine dans le quotidien Ouest-Éclair). Fort de son succès, il s’associe avec l'architecte André Mornet pour créer sur Angers un « consortium des artisans de l'art sacré » regroupant vitrail, mobilier, statuaire, mosaïque, fresques et architecture. En novembre 1923, il poursuit son expansion en rachetant l'atelier et toute la clientèle de François Haussaire, maître-verrier parisien. Il espère ainsi pénétrer le marché parisien qui lui reste fermé. Il participe en 1925 à l'exposition des Arts décoratifs où il présente l’une de ses plus belles œuvres exécutée au Djebel-Kouif, pour la chapelle construite par la Société des Phosphates de Constantine. En 1925 il décède brusquement à 36 ans et son atelier est repris par un architecte diplômé, Roger Desjardins, lui aussi ancien élève de l'École nationale des Beaux-Arts. Desjardins réutilisera quelque temps, en les réactualisant sensiblement, certains cartons de Merklen : celui du soldat mourant soutenu par deux camarades devant le Christ sur la croix exécuté par Desjardins pour l’église de Saint-Maur (Cher) reprend la composition générale de la verrière exécutée par Merklen à deux reprises dans la Manche, pour les églises Saint-Germain d’Héauville et Saint-Martin d’Isigny-le-Buat.

      Merklen fut particulièrement sollicité pour des commandes commémoratives, pour lesquelles il proposait des formules académiques parfaitement dans le goût de la France rurale : les plus courues étaient les verrières mixtes, comme à la Ferté-Frênel où il exécuta trois verrières en 1923 dans le cadre du programme décoratif, confié à Louis Barillet, de la chapelle dédiée aux victimes de la guerre. Outre un Saint Sébastien et une scène du Martyre de saint Etienne, Merklen réactualisa pour le vitrail de la guerre le thème de la Vierge de Pitié : figurée à mi-corps, de face, elle soutient un soldat mort, relevant de sa main gauche le coin du drapeau tricolore qui enveloppe la dépouille. L’inventaire général de Picardie a recensé une œuvre presque identique dans l’église de Genvry. Merklen proposait également des verrières-tableau traitées dans la grande tradition figurative, comme celle de Ducey qui réinterprète sans grande originalité le thème du soldat mourant recevant d’un aumônier militaire les derniers sacrements. Toutefois, le dessin traité dans une veine assez naïve et l’exécution sont de grande qualité : la composition s’équilibre d’une alternance de verticales et d’horizontales, la scène est animée d’une dynamique créée par des formes modelées à la grisaille légère et soulignées par un réseau de plomb assez lâche ; enfin les couleurs nuancées et chatoyantes n’occultent pas la lumière, donnant à l’ensemble une impression de grande douceur. À noter que Merklen devait probablement dessiner les visages des soldats à partir de photographies, tant ils paraissent réalistes. Le verrier avait fait sienne la technique de la copie, proposant aux commanditaires de faire leur choix à partir de reproductions d’œuvres célèbres : l’abbé Edmond Lesaulx, qui lui commanda deux verrières-souvenir pour l’église de Fermanville, opta ainsi pour la célèbre gravure de Weert Pour l’humanité et la Patrie, ainsi que pour la Vierge consolatrice de Bouguereau. En moins de 10 ans, Merklen s’est imposé dans tout le Grand Ouest comme l’un des maitres du vitrail commémoratif.

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      peintre-verrier attribution par source, signature
    • Personnalité :
      sainte Thérèse de Lisieux , dit(e) sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus
      sainte Thérèse de Lisieux

      Sainte normande. Elle est béatifiée en 1923 et canonisée en 1925 par le pape Pie XI.

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      personnage célèbre attribution par analyse stylistique

Une lancette en arc brisé.

  • Catégories
    vitrail
  • Structures
    • lancette, 1
  • Matériaux
    • verre, peint, grisaille sur verre, jaune d'argent
    • plomb, réseau
  • Précision dimensions

    Non précisées

  • Précision représentations

    sainte Thérèse, représentée en pied, apparaît sur une nuée et sème des roses afin d'apaiser les souffrances d'une famille endeuillée. Soldats mourants, cathédrale de Reims en flammes, arbres calcinés et ruines évoquent le champ de bataille. Au premier plan, une famille cherche le réconfort au pied d'une tombe avec croix de bois parsemée de roses. Au sommet de la verrière, des rayons lumineux éclairent une pluie de roses qui descend du ciel.

  • Inscriptions & marques
    • signature, peint
    • date, peint
    • dédicace
  • Précision inscriptions

    G. MERKLEN 1923

    Je ferai tomber une pluie de roses / Bienheureuse Thérèse de l’Enfant Jésus

  • Statut de la propriété
    propriété de la commune

Documents d'archives

  • YVRARD, Eric. Histoire de l’église de Nocé, notes dactylographiées, 1997.

Bibliographie

  • CHERON, Philippe, DELAUNEY, Sophie. Vitraux de Normandie, une histoire de la Grande Guerre, Images du patrimoine n° 301, éditions Lieux-dits, 2018, 136 p.

  • GOUGET Georges. Nocé au temps passé. L’Église, chapelles et confréries, Nocé

Périodiques

  • La Semaine catholique du diocèse de Séez, n°30, 27 juillet 1923.

Date(s) d'enquête : 2015; Date(s) de rédaction : 2015, 2019, 2021
(c) Région Normandie - Inventaire général
Delauney Sophie
Delauney Sophie

Responsable du service éducatif de l'Inventaire Basse-Normandie de 2007 à 2018. Recherches (Master2) sur les vitraux commémoratifs de la Première Guerre mondiale.

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Chéron Philippe
Chéron Philippe

Chargé d'études à l'Inventaire général du patrimoine culturel depuis 1991. Ingénieur d'études (DRAC Haute-Normandie jusqu'à la loi de décentralisation), puis ingénieur et ingénieur principal, Région Normandie.

Spécialités : vitrail (correspondant du centre Chastel pour la Haute-Normandie), patrimoine rural, construction navale, patrimoine militaire (fortifications du mur de l'Atlantique dans le cadre du PCR mur de l'Atlantique), patrimoine aéronautique, patrimoines commémoratifs.

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