L'hécatombe que provoque la guerre dans le village décide l'abbé Frédéric Patrice (1847-1928), en charge de la paroisse depuis 1885, à entreprendre l'un des plus ambitieux programmes de verrières commémoratives de la région. Il obtient aisément le concours de la municipalité et des paroissiens et confie la commande à l'atelier Champigneulle.
Quatre premiers vitraux sont inaugurés le 26 septembre 1918. Il faut attendre plusieurs mois pour que soit posée, au-dessus du portail, la dernière verrière commémorative financée par trente familles qui versèrent chacune 100 francs. Dix-neuf des trente-neuf victimes que compte le village n'y figurent pas, certaines familles ayant refusé de payer ou de confier le portrait photographique à un atelier qui n'était pas régional. Le vitrail est inauguré et béni par Monseigneur Bardel, évêque de Séez, le 26 juin 1921, jour du jubilé de l'abbé Patrice, en présence de plus de 3 000 personnes. Son exécution semble avoir été précipitée : plusieurs erreurs furent commises sur les noms et circonstances de décès.
Les portraits n'ont pas résisté au temps, sans doute en raison d'une mauvaise cuisson. En 2014, l'atelier Loire, à qui fut confiée la restauration des verrières, est parvenu à restituer les portraits. Conformément à la déontologie actuelle, ils ont été repeints et recuits sur un verre incolore indépendant, apposé contre l'original, afin que la restauration soit réversible.
Responsable du service éducatif de l'Inventaire Basse-Normandie de 2007 à 2018. Recherches (Master2) sur les vitraux commémoratifs de la Première Guerre mondiale.