Dossier d’œuvre objet IM61004002 | Réalisé par
Delauney Sophie
Delauney Sophie

Responsable du service éducatif de l'Inventaire Basse-Normandie de 2007 à 2018. Recherches (Master2) sur les vitraux commémoratifs de la Première Guerre mondiale.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
;
Chéron Philippe (Contributeur)
Chéron Philippe

Chargé d'études à l'Inventaire général du patrimoine culturel depuis 1991. Ingénieur d'études (DRAC Haute-Normandie jusqu'à la loi de décentralisation), puis ingénieur et ingénieur principal, Région Normandie.

Spécialités : vitrail (correspondant du centre Chastel pour la Haute-Normandie), patrimoine rural, construction navale, patrimoine militaire (fortifications du mur de l'Atlantique dans le cadre du PCR mur de l'Atlantique), patrimoine aéronautique, patrimoines commémoratifs.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
  • enquête thématique régionale, vitraux commémoratifs et ex voto de la guerre de 1914-1918
  • recensement du vitrail
ensemble de deux verrières hagiographiques et commémoratives de la guerre de 1914-1918 : Pietà, Lapidation de saint Étienne
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Normandie - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Orne - Ferté-Frênel (La)
  • Commune La Ferté-Frênel
  • Adresse rue Grande Rue
  • Emplacement dans l'édifice baies 18, 20 (chapelle sud-ouest)
  • Dénominations
    verrière
  • Titres
    • Pietà
    • Lapidation de saint Étienne
  • Appellations
    de la guerre de 1914-1918

L'abbé Bouvet décide dès 1920 de transformer la chapelle latérale sud en sanctuaire dédié aux victimes paroissiales du premier conflit mondial. Il confie à l'atelier Louis Barillet le soin d'y concevoir le décor. Linceul mordoré en fond, croix lumineuse à la voûte, murs recouverts d'un suaire parsemé de grenades explosant et de croix de guerreLe programme sont dessinés et exécutés par le peintre et fresquiste Jean-Eugène Chapleau (1882-1969), collaborateur régulier de l'atelier. Complétant cet ensemble, une stèle de pierre ajourée porte les noms des 28 victimes. La commande des verrières échappe cependant à l'entreprise parisienne pour échoir à l'atelier Merklen. La Pietà est offerte par la famille Dubois en souvenir de son fils René Fafin, soldat du 104e R.I. décédé le 10 novembre 1918 en Allemagne des suites d'une diphtérie, contractée en captivité. La seconde, dédiée à saint Étienne, est donnée par la famille de Marcel Bayard, sergent du 301e R.I. tué dans la Meuse le 24 avril 1915. La dernière est offerte par la paroisse, mais le saint Sébastien ne présente quant à lui aucun caractère commémoratif. Le sanctuaire est béni le 5 septembre 1920, le jour même où est inauguré le monument aux morts municipal.

Les trois cloches de l'église portent les noms de victimes du conflit, de mobilisés et de réfugiés.

  • Période(s)
    • Principale : 1er quart 20e siècle
  • Dates
    • 1920, porte la date
  • Lieu d'exécution
    Édifice ou site : Pays-de-la-Loire,49,Angers
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Merklen Georges
      Merklen Georges

      Source : DELAUNEY Sophie. Inventaire critique des vitraux commémoratifs de la Première Guerre mondiale en Basse-Normandie, volume 1, master 2 Histoire de l'Art, 2014-2015.

      Ancien élève de l'École nationale des Beaux-Arts de Paris, décoré de la croix de guerre, Georges Merklen (1889-1925) reprend en 1919 le fonds de l’atelier angevin Clamens. Il connait un essor rapide, obtenant des commandes dans tout le Grand Ouest, grâce à une stratégie publicitaire agressive (un encart publicitaire est diffusé chaque semaine dans le quotidien Ouest-Éclair). Fort de son succès, il s’associe avec l'architecte André Mornet pour créer sur Angers un « consortium des artisans de l'art sacré » regroupant vitrail, mobilier, statuaire, mosaïque, fresques et architecture. En novembre 1923, il poursuit son expansion en rachetant l'atelier et toute la clientèle de François Haussaire, maître-verrier parisien. Il espère ainsi pénétrer le marché parisien qui lui reste fermé. Il participe en 1925 à l'exposition des Arts décoratifs où il présente l’une de ses plus belles œuvres exécutée au Djebel-Kouif, pour la chapelle construite par la Société des Phosphates de Constantine. En 1925 il décède brusquement à 36 ans et son atelier est repris par un architecte diplômé, Roger Desjardins, lui aussi ancien élève de l'École nationale des Beaux-Arts. Desjardins réutilisera quelque temps, en les réactualisant sensiblement, certains cartons de Merklen : celui du soldat mourant soutenu par deux camarades devant le Christ sur la croix exécuté par Desjardins pour l’église de Saint-Maur (Cher) reprend la composition générale de la verrière exécutée par Merklen à deux reprises dans la Manche, pour les églises Saint-Germain d’Héauville et Saint-Martin d’Isigny-le-Buat.

      Merklen fut particulièrement sollicité pour des commandes commémoratives, pour lesquelles il proposait des formules académiques parfaitement dans le goût de la France rurale : les plus courues étaient les verrières mixtes, comme à la Ferté-Frênel où il exécuta trois verrières en 1923 dans le cadre du programme décoratif, confié à Louis Barillet, de la chapelle dédiée aux victimes de la guerre. Outre un Saint Sébastien et une scène du Martyre de saint Etienne, Merklen réactualisa pour le vitrail de la guerre le thème de la Vierge de Pitié : figurée à mi-corps, de face, elle soutient un soldat mort, relevant de sa main gauche le coin du drapeau tricolore qui enveloppe la dépouille. L’inventaire général de Picardie a recensé une œuvre presque identique dans l’église de Genvry. Merklen proposait également des verrières-tableau traitées dans la grande tradition figurative, comme celle de Ducey qui réinterprète sans grande originalité le thème du soldat mourant recevant d’un aumônier militaire les derniers sacrements. Toutefois, le dessin traité dans une veine assez naïve et l’exécution sont de grande qualité : la composition s’équilibre d’une alternance de verticales et d’horizontales, la scène est animée d’une dynamique créée par des formes modelées à la grisaille légère et soulignées par un réseau de plomb assez lâche ; enfin les couleurs nuancées et chatoyantes n’occultent pas la lumière, donnant à l’ensemble une impression de grande douceur. À noter que Merklen devait probablement dessiner les visages des soldats à partir de photographies, tant ils paraissent réalistes. Le verrier avait fait sienne la technique de la copie, proposant aux commanditaires de faire leur choix à partir de reproductions d’œuvres célèbres : l’abbé Edmond Lesaulx, qui lui commanda deux verrières-souvenir pour l’église de Fermanville, opta ainsi pour la célèbre gravure de Weert Pour l’humanité et la Patrie, ainsi que pour la Vierge consolatrice de Bouguereau. En moins de 10 ans, Merklen s’est imposé dans tout le Grand Ouest comme l’un des maitres du vitrail commémoratif.

      Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
      peintre-verrier

Une lancette en plein cintre.

  • Catégories
    vitrail
  • Structures
    • en plein cintre
  • Matériaux
    • verre, peint, grisaille sur verre, jaune d'argent
    • plomb, réseau
  • Précision dimensions

    Non précisées

  • Iconographies
    • soldat de la grande guerre, mort
    • décor, croix, drapeau
    • ornementation, rinceaux
    • saint Etienne
    • Vierge
  • Précision représentations

    Baie 18 : la scène met en parallèle de façon très directe le sacrifice du soldat et celui du Christ dans une scène de Déploration. Le corps sans vie d'un soldat est enveloppé dans un drapeau régimentaire dont seules quatre lettres de la devise ou des faits d'armes apparaissent. La main droite de l'homme serre une croix de bois. Il repose dans les bras de la Vierge, nimbée d'or. Celle-ci maintient le drapeau à l'un de ses angles, tout en levant les yeux vers le ciel dans un signe d'imploration. Le dessin de la Vierge est une adaptation du tableau la Vierge consolatrice (1877) du peintre William Bouguereau (1825-1905) qui sera parfois intégralement réutilisé par l'atelier Merklen (Les Chambres (Manche) église de la Sainte-Trinité ; Genvry (Oise), église Saint-Clément).

    Baie 20 : dans un médaillon central sur fond de grisaille ornementale colorée, saint Étienne, figuré en jeune homme imberbe, portant la dalmatique, est jeté à terre sous les coups de pierres que lui assènent trois bourreaux.

  • Inscriptions & marques
    • date, peint
    • signature, peint
    • inscription concernant le donateur
    • dédicace
  • Précision inscriptions

    Baie 18 : G. MERKLEN / ANGERS. 1920 ; EN MÉMOIRE / DE RENE FAFIN

    Baie 20 : EN MEMOIRE DE / MARCEL BAYARD ET DES ENFANTS DE LA FERTE-FRESNEL / MORTS POUR LA FRANCE

  • État de conservation
    • bon état
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune

Bibliographie

  • CHERON, Philippe, DELAUNEY, Sophie. Vitraux de Normandie, une histoire de la Grande Guerre, Images du patrimoine n° 301, éditions Lieux-dits, 2018, 136 p.

  • TABOURIER, Louis. La fête du souvenir à la Ferté-Fresnel, 5 septembre 1920, imprimerie de Montligeon, La Chapelle-Montligeon, 1920.

Périodiques

  • La Semaine catholique du diocèse de Séez, n°30, 27 juillet 1923.

    n°39, 24 septembre 1920
Date(s) d'enquête : 2015;
(c) Région Normandie - Inventaire général
Delauney Sophie
Delauney Sophie

Responsable du service éducatif de l'Inventaire Basse-Normandie de 2007 à 2018. Recherches (Master2) sur les vitraux commémoratifs de la Première Guerre mondiale.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Chéron Philippe
Chéron Philippe

Chargé d'études à l'Inventaire général du patrimoine culturel depuis 1991. Ingénieur d'études (DRAC Haute-Normandie jusqu'à la loi de décentralisation), puis ingénieur et ingénieur principal, Région Normandie.

Spécialités : vitrail (correspondant du centre Chastel pour la Haute-Normandie), patrimoine rural, construction navale, patrimoine militaire (fortifications du mur de l'Atlantique dans le cadre du PCR mur de l'Atlantique), patrimoine aéronautique, patrimoines commémoratifs.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.