Dossier d’œuvre objet IM50002977 | Réalisé par ;
Aubin Lucas (Contributeur)
Aubin Lucas

Etudiant Sciences Po Aix (2024-2025), stagiaire Inventaire.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
  • recensement du vitrail
  • enquête thématique régionale, vitraux commémoratifs et ex voto de la guerre de 1914-1918
Verrière hagiographique et commémorative de la guerre de 1914-1918 : Apparition du Sacré-Cœur à Sainte Marguerite-Marie Alacoque, à la mémoire de Jules Euvremer
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Normandie - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Manche - Saint-Malo-de-la-Lande
  • Commune Montsurvent
  • Emplacement dans l'édifice baies 10 (transept)
  • Dénominations
    verrière
  • Titres
    • Apparition du Sacré-Coeur à sainte Marguerite Marie Alacoque
    • à la mémoire de Jules Euvremer
  • Appellations
    de la guerre de 1914-1918

L'Apparition du Sacré-Cœur à Sainte Marguerite-Marie Alacoque est la seule verrière commémorative sur une série de quatre verrières qui fut confiée à l’atelier Merklen d’Angers. Elles furent réalisées en 1923 et inaugurées en juillet 1924, sans l’abbé commanditaire qui venait de décéder.  

  • Période(s)
    • Principale : 1er quart 20e siècle
  • Dates
    • 1923, porte la date
  • Lieu d'exécution
    Commune : Angers
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Merklen Georges
      Merklen Georges

      Source : DELAUNEY Sophie. Inventaire critique des vitraux commémoratifs de la Première Guerre mondiale en Basse-Normandie, volume 1, master 2 Histoire de l'Art, 2014-2015.

      Ancien élève de l'École nationale des Beaux-Arts de Paris, décoré de la croix de guerre, Georges Merklen (1889-1925) reprend en 1919 le fonds de l’atelier angevin Clamens. Il connait un essor rapide, obtenant des commandes dans tout le Grand Ouest, grâce à une stratégie publicitaire agressive (un encart publicitaire est diffusé chaque semaine dans le quotidien Ouest-Éclair). Fort de son succès, il s’associe avec l'architecte André Mornet pour créer sur Angers un « consortium des artisans de l'art sacré » regroupant vitrail, mobilier, statuaire, mosaïque, fresques et architecture. En novembre 1923, il poursuit son expansion en rachetant l'atelier et toute la clientèle de François Haussaire, maître-verrier parisien. Il espère ainsi pénétrer le marché parisien qui lui reste fermé. Il participe en 1925 à l'exposition des Arts décoratifs où il présente l’une de ses plus belles œuvres exécutée au Djebel-Kouif, pour la chapelle construite par la Société des Phosphates de Constantine. En 1925 il décède brusquement à 36 ans et son atelier est repris par un architecte diplômé, Roger Desjardins, lui aussi ancien élève de l'École nationale des Beaux-Arts. Desjardins réutilisera quelque temps, en les réactualisant sensiblement, certains cartons de Merklen : celui du soldat mourant soutenu par deux camarades devant le Christ sur la croix exécuté par Desjardins pour l’église de Saint-Maur (Cher) reprend la composition générale de la verrière exécutée par Merklen à deux reprises dans la Manche, pour les églises Saint-Germain d’Héauville et Saint-Martin d’Isigny-le-Buat.

      Merklen fut particulièrement sollicité pour des commandes commémoratives, pour lesquelles il proposait des formules académiques parfaitement dans le goût de la France rurale : les plus courues étaient les verrières mixtes, comme à la Ferté-Frênel où il exécuta trois verrières en 1923 dans le cadre du programme décoratif, confié à Louis Barillet, de la chapelle dédiée aux victimes de la guerre. Outre un Saint Sébastien et une scène du Martyre de saint Etienne, Merklen réactualisa pour le vitrail de la guerre le thème de la Vierge de Pitié : figurée à mi-corps, de face, elle soutient un soldat mort, relevant de sa main gauche le coin du drapeau tricolore qui enveloppe la dépouille. L’inventaire général de Picardie a recensé une œuvre presque identique dans l’église de Genvry. Merklen proposait également des verrières-tableau traitées dans la grande tradition figurative, comme celle de Ducey qui réinterprète sans grande originalité le thème du soldat mourant recevant d’un aumônier militaire les derniers sacrements. Toutefois, le dessin traité dans une veine assez naïve et l’exécution sont de grande qualité : la composition s’équilibre d’une alternance de verticales et d’horizontales, la scène est animée d’une dynamique créée par des formes modelées à la grisaille légère et soulignées par un réseau de plomb assez lâche ; enfin les couleurs nuancées et chatoyantes n’occultent pas la lumière, donnant à l’ensemble une impression de grande douceur. À noter que Merklen devait probablement dessiner les visages des soldats à partir de photographies, tant ils paraissent réalistes. Le verrier avait fait sienne la technique de la copie, proposant aux commanditaires de faire leur choix à partir de reproductions d’œuvres célèbres : l’abbé Edmond Lesaulx, qui lui commanda deux verrières-souvenir pour l’église de Fermanville, opta ainsi pour la célèbre gravure de Weert Pour l’humanité et la Patrie, ainsi que pour la Vierge consolatrice de Bouguereau. En moins de 10 ans, Merklen s’est imposé dans tout le Grand Ouest comme l’un des maitres du vitrail commémoratif.

      Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
      peintre-verrier attribution par source

Baies libres en arc surbaissé

  • Catégories
    vitrail
  • Structures
    • baie libre
  • Matériaux
    • verre transparent, coloré
  • Précision dimensions

    dimensions non prises

  • Iconographies
    • scène, Apparition du Sacré-Coeur à sainte Marguerite Marie Alacoque
  • Précision représentations

    La scène s'inscrit sur toute la surface de la verrière. Seul un mince filet les borde. La scène religieuse représente Sainte Marguerite-Marie Alacoque, agenouillée en prière, illuminée par un halo de lumière, devant le Sacré-Cœur debout sur une nuée, également illuminé par un halo de lumière. La scène se déroule dans un décor d’église romane. À la base de la baie figure le portrait en médaillon, orné de laurier, du soldat Jules Euvremer, membre de la 28e division d'infanterie, tué le 22 août 1914 à Aiseau en Belgique, réalisé à partir d’un agrandissement photographique accompagné d'une inscription commémorative.

  • Inscriptions & marques
    • inscription concernant le donateur
    • inscription concernant l'auteur
    • inscription concernant le lieu d'exécution
    • date
    • dédicace
    • signature
  • Précision inscriptions

    Transcription baie 10 : "Mr. et Mme. EUVREMER en SOUVENIR de leur FILS TOMBE à AISEAU (BELGIQUE)" ; "G.MERKLEN ANGERS.1923"

  • Statut de la propriété
    propriété de la commune

Bibliographie

  • CHERON, Philippe, DELAUNEY, Sophie. Vitraux de Normandie, une histoire de la Grande Guerre, Images du patrimoine n° 301, éditions Lieux-dits, 2018, 136 p.

    p.17
Date(s) d'enquête : 2013; Date(s) de rédaction : 2013, 2025
(c) Région Normandie - Inventaire général
Aubin Lucas
Aubin Lucas

Etudiant Sciences Po Aix (2024-2025), stagiaire Inventaire.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.