Dossier d’œuvre objet IM50002688 | Réalisé par
Delauney Sophie
Delauney Sophie

Responsable du service éducatif de l'Inventaire Basse-Normandie de 2007 à 2018. Recherches (Master2) sur les vitraux commémoratifs de la Première Guerre mondiale.

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Duplessis Marie
Duplessis Marie

Etudiante du Master II Histoire spécialité métiers du patrimoine historique et culturel, Université de Caen Normandie, stagiaire du 2 mars au 30 juin 2015. Chercheuse associée pour le Centre André Chastel (CNRS) de 2015 à 2016, spécialité vitrail. Chargée de projets pour la Région Normandie depuis 2020.

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Aubin Lucas (Contributeur)
Aubin Lucas

Etudiant Sciences Po Aix (2024-2025), stagiaire Inventaire.

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  • recensement du vitrail
  • enquête thématique régionale, vitraux commémoratifs et ex voto de la guerre de 1914-1918
ensemble de 4 verrières mixte hagiographiques et commémoratives de la guerre de 1914-1918 : Portraits soldats, Vierge consolatrice ; à la mémoire de Victor Leroyer, Julien Maillard, Victor Arondel, Isidore Chauvin, François Tennière, Auguste Bouillet
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Normandie - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Manche - Bréhal
  • Commune Les Chambres
  • Emplacement dans l'édifice Baies 5, 6, 7 et 8 (nef)
  • Dénominations
    verrière
  • Titres
    • Portraits de deux soldats de la Première Guerre mondiale
    • Vierge consolatrice
  • Appellations
    de la guerre de 1914-1918, à la mémoire de Victor Leroyer, à la mémoire de Julien Maillard, à la mémoire de Victor Arondel, à la mémoire de Isidore Chauvin, à la mémoire de François Tennière, A la mémoire d'Auguste Bouillet

Le village des Chambres est l'une des rares communes françaises à ne pas avoir érigé de monument aux morts communal. La paroisse et le Conseil municipal choisirent dans un premier temps d'installer dans l'église une plaque et un tableau commémoratifs. En 1924, il fut décidé de garnir les huit baies rectangulaires de vitraux, dont quatre viendraient commémorer les soldats du village tués au combat. Le conseil municipal se propose alors d’en financer une, les trois autres sont offertes par les paroissiens. La commande fut confiée à l'atelier Merklen, d'Angers, lequel exécuta un ensemble de modeste facture : sur les baies commémoratives où la grisaille ornementale occupe une large surface du verre, un petit dais architecturé reçoit sur les baies 5, 6, 8 deux portraits de soldats, peints d’après un agrandissement photographique et une petite scène historiée sur la baie 7 . 

  • Période(s)
    • Principale : 1er quart 20e siècle
  • Dates
    • 1924, porte la date, daté par source
  • Lieu d'exécution
    Commune : Angers
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Merklen Georges
      Merklen Georges

      Source : DELAUNEY Sophie. Inventaire critique des vitraux commémoratifs de la Première Guerre mondiale en Basse-Normandie, volume 1, master 2 Histoire de l'Art, 2014-2015.

      Ancien élève de l'École nationale des Beaux-Arts de Paris, décoré de la croix de guerre, Georges Merklen (1889-1925) reprend en 1919 le fonds de l’atelier angevin Clamens. Il connait un essor rapide, obtenant des commandes dans tout le Grand Ouest, grâce à une stratégie publicitaire agressive (un encart publicitaire est diffusé chaque semaine dans le quotidien Ouest-Éclair). Fort de son succès, il s’associe avec l'architecte André Mornet pour créer sur Angers un « consortium des artisans de l'art sacré » regroupant vitrail, mobilier, statuaire, mosaïque, fresques et architecture. En novembre 1923, il poursuit son expansion en rachetant l'atelier et toute la clientèle de François Haussaire, maître-verrier parisien. Il espère ainsi pénétrer le marché parisien qui lui reste fermé. Il participe en 1925 à l'exposition des Arts décoratifs où il présente l’une de ses plus belles œuvres exécutée au Djebel-Kouif, pour la chapelle construite par la Société des Phosphates de Constantine. En 1925 il décède brusquement à 36 ans et son atelier est repris par un architecte diplômé, Roger Desjardins, lui aussi ancien élève de l'École nationale des Beaux-Arts. Desjardins réutilisera quelque temps, en les réactualisant sensiblement, certains cartons de Merklen : celui du soldat mourant soutenu par deux camarades devant le Christ sur la croix exécuté par Desjardins pour l’église de Saint-Maur (Cher) reprend la composition générale de la verrière exécutée par Merklen à deux reprises dans la Manche, pour les églises Saint-Germain d’Héauville et Saint-Martin d’Isigny-le-Buat.

      Merklen fut particulièrement sollicité pour des commandes commémoratives, pour lesquelles il proposait des formules académiques parfaitement dans le goût de la France rurale : les plus courues étaient les verrières mixtes, comme à la Ferté-Frênel où il exécuta trois verrières en 1923 dans le cadre du programme décoratif, confié à Louis Barillet, de la chapelle dédiée aux victimes de la guerre. Outre un Saint Sébastien et une scène du Martyre de saint Etienne, Merklen réactualisa pour le vitrail de la guerre le thème de la Vierge de Pitié : figurée à mi-corps, de face, elle soutient un soldat mort, relevant de sa main gauche le coin du drapeau tricolore qui enveloppe la dépouille. L’inventaire général de Picardie a recensé une œuvre presque identique dans l’église de Genvry. Merklen proposait également des verrières-tableau traitées dans la grande tradition figurative, comme celle de Ducey qui réinterprète sans grande originalité le thème du soldat mourant recevant d’un aumônier militaire les derniers sacrements. Toutefois, le dessin traité dans une veine assez naïve et l’exécution sont de grande qualité : la composition s’équilibre d’une alternance de verticales et d’horizontales, la scène est animée d’une dynamique créée par des formes modelées à la grisaille légère et soulignées par un réseau de plomb assez lâche ; enfin les couleurs nuancées et chatoyantes n’occultent pas la lumière, donnant à l’ensemble une impression de grande douceur. À noter que Merklen devait probablement dessiner les visages des soldats à partir de photographies, tant ils paraissent réalistes. Le verrier avait fait sienne la technique de la copie, proposant aux commanditaires de faire leur choix à partir de reproductions d’œuvres célèbres : l’abbé Edmond Lesaulx, qui lui commanda deux verrières-souvenir pour l’église de Fermanville, opta ainsi pour la célèbre gravure de Weert Pour l’humanité et la Patrie, ainsi que pour la Vierge consolatrice de Bouguereau. En moins de 10 ans, Merklen s’est imposé dans tout le Grand Ouest comme l’un des maitres du vitrail commémoratif.

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      peintre-verrier

Larges baies rectangulaires.

  • Catégories
    vitrail
  • Structures
    • baie libre
  • Matériaux
    • verre transparent, peint, grisaille sur verre
    • plomb, réseau
  • Précision dimensions

    non précisées

  • Iconographies
    • portrait, soldat, Première Guerre mondiale
    • figure, Vierge, Première Guerre mondiale, soldat, cadavre
  • Précision représentations

    Sous une double arcature ornementée au centre de la verrière, les baies 5, 6 et 8 comprennent deux portraits peints de soldats morts durant la Première Guerre mondiale, complétés d'une dédicace. Une mention de donation est inscrite au bas de la baie. Dans la baie 7, sous une arcature ornementée, une Vierge consolatrice, figurée à mi-corps, de face, auréolée d'or, soutient un soldat mort qui tient dans sa main un petit crucifix. Les yeux levés vers le ciel en signe d'imploration, elle relève de sa main gauche le coin du drapeau tricolore qui enveloppe la dépouille. Autour d'eux, de larges palmes de laurier symbolisent le sacrifice des hommes pour la patrie. À l'arrière-plan, une croix de bois se déploie sur un fond rouge. Une inscription commémorative figure au bas de la baie avec la mention de donation. Les quatre verrières sont ornées dans le reste de la baie d'un fond en grisaille et de filets colorés, encadré d'une bordure rouge à fleurons.

  • Précision inscriptions

    Transcription baie 5 : "TESNIERE FRANÇOIS / MORT POUR LA FRANCE / LE 1ER MAI 1917" "BOUILLET AUGUSTE / MORT A CHERBOURG LE 26 JANVIER 1916" "DON DES JEUNES GENS / DE LA PAROISSE 1924" ;

    baie 6 : "LEROYER VICTOR / TUE A VERDUN / LE 12 AOUT 1914" "MAILLARD JULIEN/ CONSEILLER MUNICIPAL TOMBE / A SOUAIN LE 24 OCTOBRE 1914" "DON DES JEUNES FILLES / DE LA PAROISSE 1924" ;

    baie 7 : " LA PAROISSE DES CHAMBRES / A SES MORTS GLORIEUX 1914-1918" "OFFERT PAR ALBERT LEVASSEUR / ET SON EPOUSE MAI 1924" ;

    baie 8 : "ARONDEL VICTOR / TOMBE A CHARLEROI / LE 6 SEPTEMBRE 1914" "CHAUVIN ISIDORE / TUE A BETHANVILLE / LE 5 MAI 1916" "DON DU CONSEIL / MUNICIPAL".

  • État de conservation
    • bon état
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune

Bibliographie

  • CHERON, Philippe, DELAUNEY, Sophie. Vitraux de Normandie, une histoire de la Grande Guerre, Images du patrimoine n° 301, éditions Lieux-dits, 2018, 136 p.

Date(s) d'enquête : 2015; Date(s) de rédaction : 2016, 2025
(c) Région Normandie - Inventaire général
Delauney Sophie
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Etudiante du Master II Histoire spécialité métiers du patrimoine historique et culturel, Université de Caen Normandie, stagiaire du 2 mars au 30 juin 2015. Chercheuse associée pour le Centre André Chastel (CNRS) de 2015 à 2016, spécialité vitrail. Chargée de projets pour la Région Normandie depuis 2020.

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Aubin Lucas
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Etudiant Sciences Po Aix (2024-2025), stagiaire Inventaire.

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