Dossier d’œuvre objet IM50002544 | Réalisé par ;
Aubin Lucas (Contributeur)
Aubin Lucas

Etudiant Sciences Po Aix (2024-2025), stagiaire Inventaire.

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  • recensement du vitrail
  • enquête thématique régionale, vitraux commémoratifs et ex voto de la guerre de 1914-1918
Verrière historiée et commémorative de la guerre de 1914-1918 : Pour l'humanité - pour la Patrie (baie 1)
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Normandie - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Manche - Isigny-le-Buat
  • Commune Le Petit-Celland
  • Emplacement dans l'édifice baie 1 (choeur)
  • Dénominations
    verrière
  • Titres
    • Pour l'humanité - pour la Patrie
  • Appellations
    de la guerre de 1914-1918

Verrière qui appartient à une commande d’au moins deux fenêtres, réalisée probablement peu après la première guerre mondiale. L’encadrement architecturé d’inspiration Renaissance est caractéristique des grandes verrières-tableau que produisait l’atelier Mazuet à cette époque. Sur le vitrail lui faisant face, le cartouche porte les noms des principaux donateurs. Mazuet réemploie une partie du carton utilisé pour la verrière de Dozulé, exécutée en 1909 pour commémorer le souvenir de la guerre de 1870. Au Salon de la Société des artistes français de 1895, le peintre Jean-Joseph Weerts propose une huile sur toile imposante (H. 3,85 m ; La 2,40 m), intitulée Pour l’humanité ; pour la patrie. Elle illustre le sort funeste de la cavalerie française lors des affrontements de 1870. Le pari est doublement osé pour l'artiste, car l’œuvre, mal orientée pour le concours, relève à la fois de la peinture religieuse et de la peinture dite militaire. Peu appréciée des critiques, elle provoque une certaine indifférence. Elle connaîtra cependant une seconde vie inattendue : sa gravure par Charles Baude (1853-1935) permet la réalisation d’estampes illustrant des vignettes religieuses. Des reproductions photographiques, imprimées au format de cartes postales, attirent l’attention de la presse et des cartonniers. Louis Mazuet est, semble-t-il, le premier maître verrier à avoir "transcrit" le sujet pour sa verrière de Dozulé.

  • Période(s)
    • Principale : 1er quart 20e siècle , (incertitude)
  • Lieu d'exécution
    Commune : Bayeux
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Mazuet Henri , dit(e) Henry Mazuet
      Mazuet Henri

      Lorsqu’Henri Mazuet succède en 1915 à son père Louis, décédé, l’atelier jouit d’une solide notoriété et d’un quasi monopole local. De dimension plutôt modeste (entre dix et vingt ouvriers à la fin du 19e siècle), il a échoué dans sa tentative de développer une production civile mais demeure le plus sollicité par les commanditaires catholiques. De prestigieuses réalisations pour le séminaire de Sommervieu (1866, détruites) ou la cathédrale de Bayeux (1901) lui ont d’ailleurs valu d’obtenir des commandes pour Jérusalem en 1895 et New York en 1909 (c’est à cette date qu’il anglicise son prénom et commence à signer Henry Mazuet).

      Indéniablement, la maison répond aux attentes de son public et la presse religieuse et locale ne tarit pas de louanges à l’égard des Mazuet, « scrupuleux disciples de l’illustre Viollet-le-Duc », capables de concevoir des verrières « en rapport avec le style de l’église restaurée […], dans une sobriété de lignes, un éclat et une harmonie de coloris dignes de tous les éloges » (La Semaine religieuse du diocèse de Coutances et d’Avranches, 1919). Sans surprise, l’atelier est sollicité pour des commandes commémoratives dès les premières années de la Grande Guerre.

      Outre le renom fondé sur « l’excellent travail au pinceau », son succès tient donc des choix iconographiques « sûrs », empruntés à la peinture et à la gravure du 19e siècle, qui rassurent les commanditaires. Pour les premières commandes commémoratives, Mazuet propose souvent des reprises de modèles religieux éprouvés, qui n’exigent pas de travail de création mais seulement d’adaptation aux baies. La proximité géographique de la maison lui permet d’offrir des tarifs compétitifs et d’évidentes facilités dans le processus de réalisation. Henri Mazuet se déplace systématiquement pour rencontrer les commanditaires, observer les caractéristiques stylistiques des édifices, prendre les mesures, discuter des sujets et négocier les prix.

      Source : Sophie Delauney (Vitraux de Normandie, une histoire de la Grande Guerre).

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      peintre-verrier attribution par source, attribution par analyse stylistique

Baie libre en plein cintre à une seule lancette en arc lobée.

  • Catégories
    vitrail
  • Structures
    • baie libre, en plein cintre
    • lancette, 1
  • Matériaux
    • verre transparent, peint, grisaille sur verre
    • plomb, réseau
  • Précision dimensions

    non précisées

  • Iconographies
    • scène, Christ en Croix, soldats, ruines, canons, champ de bataillle
  • Précision représentations

    La scène s'inscrit dans un cadre architecturé d’inspiration Renaissance, avec notamment des motifs à rinceaux dorés. Au milieu d’un paysage de guerre, le Christ en Croix, illuminé par un halo de lumière rouge et or, avec l'inscription "I.N.R.I" (Iesus Nazarenus Rex Iudaeorum), apparaît à un groupe de soldats morts ou agonisant portant l'uniforme bleu horizon. Au premier plan, l’un d’entre eux, revêtu de l’uniforme des cuirassiers de la cavalerie française de 1914, a la jambe immobilisée sous un cheval à terre, mais il continue de tenir fièrement le drapeau tricolore. Cette figure se rencontre également sur certaines verrières de Champigneulle. À l’arrière-plan on aperçoit deux soldats en prière, émergeant d’une tranchée. Au fond, un village en flammes se détache d’un horizon vallonné, en ruines, où l'on peut apercevoir notamment un canon d'artillerie.

    Mazuet réutilise ici le carton dessiné pour Dozulé. Le sujet principal a conservé toute son actualité, l’uniforme de la cavalerie n’ayant guère évolué entre 1872 et 1914. La verrière à lancette unique et l’absence de meneau permettent de replacer le Christ en position centrale. Mazuet choisit cependant une Crucifixion différente, issue des fonds de son atelier. S’il conserve le personnage de gauche, le cuirassier et son cheval, il redessine tous les éléments secondaires. Des fantassins vêtus d’uniformes bleu horizon, des ruines, des collines désolées peuplent désormais le fond de paysage.

    Le soubassement architecturé porte un cartouche sur lequel figurent les 24 noms des soldats du village morts à la guerre ainsi qu'une inscription commémorative. Sur le vitrail lui faisant face, le cartouche porte les noms des principaux donateurs. 

  • Inscriptions & marques
    • dédicace
    • inscription concernant le destinataire
    • inscription concernant l'iconographie
  • Précision inscriptions

    Baie 1 : "I.N.R.I" [Jésus de Nazareth Roi des judéens / Roi des Juifs] ; (liste de 24 noms) ; "A LA GLORIEUSE MEMOIRE DES SOLDATS DU PETIT-CELLAND"

  • État de conservation
    • mauvais état
  • Précision état de conservation

    baie 1 abîmée : quelques verres cassés.

  • Statut de la propriété
    propriété de la commune

Bibliographie

  • CHERON, Philippe, DELAUNEY, Sophie. Vitraux de Normandie, une histoire de la Grande Guerre, Images du patrimoine n° 301, éditions Lieux-dits, 2018, 136 p.

    p.75
  • DESQUESNES  Rémy. La Basse-Normandie dans la Première Guerre mondiale, Conseil Régional de Basse-Normandie, Alençon, 1999, 151 p.

Date(s) d'enquête : 2013; Date(s) de rédaction : 2013, 2025
(c) Région Normandie - Inventaire général
Aubin Lucas
Aubin Lucas

Etudiant Sciences Po Aix (2024-2025), stagiaire Inventaire.

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