Photographe de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Normandie de 2009 à 2020.
- inventaire topographique, canton de Morteaux-Couliboeuf
- recensement du vitrail
- enquête thématique régionale, vitraux commémoratifs et ex voto de la guerre de 1914-1918
- enquête thématique régionale, monuments et objets en lien avec la guerre de 1870-1871
- (c) Région Normandie - Inventaire général
Dossier non géolocalisé
-
Aire d'étude et canton
Calvados - Morteaux-Couliboeuf
-
Commune
Vignats
-
Emplacement dans l'édifice
baies 2 et 4 (choeur)
-
Dénominationsverrière
-
Titres
- Apparition du Sacré-Coeur de Jésus à une femme éplorée
- La France reconnaissante envers l'Eglise.
-
Appellationsde la guerre de 1914-1918
La chapelle Saint-Nicolas, à l'origine église du bourg castral, fut reconstruite au 18e siècle, puis largement restaurée au début du 20e siècle : les arcs surbaissés des fenêtres, conservés en façade, disparurent à l'intérieur au profit de baies rectangulaires. Les sept vitraux de la nef et du choeur présentent une belle unité stylistique avec leur cadre architecturé néo-renaissant composé de deux pilastres à panneaux moulurés et chapiteau corinthien, soutenant un arc en plein cintre orné en son centre d'un motif de cuir découpé. Cette unité autorise à penser qu'ils appartiennent à une même commande, confiée à l'atelier bayeusain Mazuet peu de temps après la guerre.
Cinq, sans lien avec la guerre, illustrent des scènes de la vie de la Vierge, en remployant des cartons populaires de l'atelier. Ils portent les noms des donateurs, parmi lesquels la famille Fourquemain a perdu l'un des siens dans les combats : Émile Fourquemain, marsouin dans le Régiment d'infanterie coloniale du Maroc, fut tué à l'ennemi le 11 juillet 1916 dans la Meuse, où son corps fut inhumé.
A contrario, les deux verrières du souvenir, dont l'une porte la signature de l'atelier, offrent une iconographie commémorative inédite dans la production de l'atelier Mazuet. Représentant deux scènes historiques la défaite de 1870-1871 (baie 2) d'une part, la victoire de 1918 d'autre part (Baie 4), composées selon le même schéma, elles se font écho dans un cycle narratif. Aucune archive paroissiale ne permet d'en écrire l'histoire, mais l'absence de noms de donateurs et l'originalité des deux scènes laissent supposer que le curé est probablement à l'origine de la commande et du choix de l'iconographie. À noter que la signature L. Mazuet est celle de l'atelier du temps de son fondateur Léon-Louis, décédé en 1915. Son successeur, Henri Mazuet, continua de l'apposer quelques temps sur les verrières dont la commande avait été initiée avant la guerre.
-
Période(s)
- Principale : 1ère moitié 20e siècle
-
Lieu d'exécutionCommune : Bayeux
-
Auteur(s)
-
Auteur :
Mazuet Henri , dit(e) Henry Mazuetpeintre-verrierMazuet HenriCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Lorsqu’Henri Mazuet succède en 1915 à son père Louis, décédé, l’atelier jouit d’une solide notoriété et d’un quasi monopole local. De dimension plutôt modeste (entre dix et vingt ouvriers à la fin du 19e siècle), il a échoué dans sa tentative de développer une production civile mais demeure le plus sollicité par les commanditaires catholiques. De prestigieuses réalisations pour le séminaire de Sommervieu (1866, détruites) ou la cathédrale de Bayeux (1901) lui ont d’ailleurs valu d’obtenir des commandes pour Jérusalem en 1895 et New York en 1909 (c’est à cette date qu’il anglicise son prénom et commence à signer Henry Mazuet).
Indéniablement, la maison répond aux attentes de son public et la presse religieuse et locale ne tarit pas de louanges à l’égard des Mazuet, « scrupuleux disciples de l’illustre Viollet-le-Duc », capables de concevoir des verrières « en rapport avec le style de l’église restaurée […], dans une sobriété de lignes, un éclat et une harmonie de coloris dignes de tous les éloges » (La Semaine religieuse du diocèse de Coutances et d’Avranches, 1919). Sans surprise, l’atelier est sollicité pour des commandes commémoratives dès les premières années de la Grande Guerre.
Outre le renom fondé sur « l’excellent travail au pinceau », son succès tient donc des choix iconographiques « sûrs », empruntés à la peinture et à la gravure du 19e siècle, qui rassurent les commanditaires. Pour les premières commandes commémoratives, Mazuet propose souvent des reprises de modèles religieux éprouvés, qui n’exigent pas de travail de création mais seulement d’adaptation aux baies. La proximité géographique de la maison lui permet d’offrir des tarifs compétitifs et d’évidentes facilités dans le processus de réalisation. Henri Mazuet se déplace systématiquement pour rencontrer les commanditaires, observer les caractéristiques stylistiques des édifices, prendre les mesures, discuter des sujets et négocier les prix.
Source : Sophie Delauney (Vitraux de Normandie, une histoire de la Grande Guerre).
-
Auteur :
Baie libre en plein cintre.
-
Catégoriesvitrail
-
Structures
- baie libre
-
Matériaux
- verre transparent, peint, grisaille sur verre, jaune d'argent
- plomb, réseau
-
Iconographies
- Christ : Sacré-Coeur, debout, bras levés, auréole, gloire
- femme, à genoux, épée brisée, éplorée
- paysage : rocher, basilique du Sacré-Coeur de Montmartre
- écu
- ornementation
- Vierge, debout, auréole
- croix : Sacré-Coeur
- allégorie, France femme
- étendard
-
Précision représentations
Baie 2 : la scène évoque la défaite française de 1870 face à la Prusse. Au registre inférieur, une jeune femme vêtue d'une robe bleue et d'une cape noire (que l'on pourrait voir comme étant l'allégorie de la France en tenue de deuil), est agenouillée auprès d'un écu. Sur celui-ci sont inscrits la date de 1870 et la carte de France, mais l'écu est cassé à l'emplacement de l'Alsace et du Nord de la Lorraine (signifiant l'amputation du territoire national après la défaite de Sedan). La femme, tête et mains reposant sur une épée brisée, pleure les départements perdus. À ses pieds, les barbelés symbolisent l'occupation allemande (symbole pour le moins anachronique puisque le fil de fer barbelé ne fut inventé qu'en 1874 aux États-Unis), tandis que le laurier en arrière-plan est en train de mourir. Au registre supérieur, au-dessus d'une nuée, le Sacré-Coeur de Jésus drapé dans son manteau rouge apparait dans une gloire rayonnante, les bras levés vers le ciel. Baie 4 : faisant suite à la baie 3, la scène représente la victoire de la France en 1918. Au registre inférieur, une femme, portant le manteau bleu, représente l'allégorie de la France. Agenouillée, elle tient dans sa main gauche l'étendard tricolore, tandis que repose sur son coude une épée. La main droite posée sur le coeur en signe de reconnaissance, elle regarde en direction de l'allégorie de l'Église : celle-ci, au registre supérieur, apparait sur un fond de gloire rayonnante, les bras ouverts en signe d'accueil. En arrière-plan, une croix géante porte le symbole du Sacré-Coeur : un coeur enflammé, brillant de la lumière divine, entouré d'une couronne d'épines. Aux côtés de la France, posés sur le rocher, le casque de poilu, l'écu cette fois-ci entier, marqué de l'inscription 1914-1918, et le laurier redevenu luxuriant symbolisent le sacrifice des soldats qui a permis la victoire, le retour des départements perdus dans le giron de la France et la renaissance nationale. Au soubassement de chaque baie, la même inscription commémorative est inscrite dans un cartouche mouluré.
-
Inscriptions & marques
- dédicace, peint
- signature, peint
-
Précision inscriptions
Signature : L. MAZUET (baie 4) ; dédicace : « RECONNAISSANCE 1914-1918 » (baies 2 et 4).
-
Statut de la propriétépropriété de la commune
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
Bibliographie
-
CHERON, Philippe, DELAUNEY, Sophie. Vitraux de Normandie, une histoire de la Grande Guerre, Images du patrimoine n° 301, éditions Lieux-dits, 2018, 136 p.
Responsable du service éducatif de l'Inventaire Basse-Normandie de 2007 à 2018. Recherches (Master2) sur les vitraux commémoratifs de la Première Guerre mondiale.
Responsable du service éducatif de l'Inventaire Basse-Normandie de 2007 à 2018. Recherches (Master2) sur les vitraux commémoratifs de la Première Guerre mondiale.