Dossier d’œuvre objet IM14006271 | Réalisé par
Delauney Sophie
Delauney Sophie

Responsable du service éducatif de l'Inventaire Basse-Normandie de 2007 à 2018. Recherches (Master2) sur les vitraux commémoratifs de la Première Guerre mondiale.

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  • recensement du vitrail
  • enquête thématique régionale, vitraux commémoratifs et ex voto de la guerre de 1914-1918
verrière figurée hagiographique et commémorative de la guerre de 1914-1918 : la bienheureuse Thérèse relevant un soldat blessé sur le champ de bataille à la Neuville en 1914 (baie 4).
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Normandie - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Calvados - Lisieux
  • Commune Lisieux
  • Adresse 37 rue du Carmel
  • Emplacement dans l'édifice baie 4 (mur est) de la chapelle de la Châsse de sainte Thérèse
  • Dénominations
    verrière
  • Titres
    • La bienheureuse Thérèse relevant un soldat blessé sur le champ de bataille à la Neuville en 1914
  • Appellations
    de la guerre de 1914-1918

Le vitrail de « la bienheureuse Thérèse relevant un soldat blessé sur le champ de bataille à la Neuville en 1914 » appartient à un programme de 9 verrières : commandées par les carmélites de Lisieux à l'atelier Champigneulle de Paris en 1920, elles vinrent orner la chapelle de la Châsse de sainte Thérèse construite au début des années 1920 dans le cadre des travaux d'agrandissement de la chapelle du Carmel. Chaque verrière devait illustrer un miracle de la sainte. La commande, très précise, suscita de nombreux échanges de lettres et de croquis entre le dessinateur, le verrier et les deux soeurs à l'origine du programme. Les religieuses, qui exigeaient des vitraux « archéologiquement exacts », fournirent aux artistes des photographies de Thérèse prises lorsqu'elle était encore au couvent, ainsi que des portraits dessinés par Mère Agnès, qui présentent des traits sensiblement affinés pour gommer l'aspect joufflu de son visage. Ces portraits deviendront l'image officielle de la sainte. La réalisation des cartons des verrières fut confiée à Jouvenot en 1920, artiste réputé pour être le spécialiste de la représentation des images thérésiennes, que les soeurs ont déjà sollicité à plusieurs reprises. L'artiste dut travailler à partir de croquis dessinés par Marie de Saint-Esprit, l'une des soeurs de Thérèse également entrée au couvent. Les dessins de Jouvenot furent ensuite transmis à l'atelier Champigneulle de Paris, avec ordre de les « faire copier fidèlement ». Les carmélites avaient pris soin d'envoyer en complément fusains et photographies de leurs projets, et de préciser nombre de détails sur le visage, la silhouette, la tenue et les manières de la sainte : il fallait notamment que « Soeur Thérèse soit toujours grande, élancée et gracieuse. Il faut la faire toujours souriante et très jeune », avec « un teint très blanc ». Champigneulle exigea néanmoins d'y apporter quelques modifications, alléguant que les croquis n'étaient pas préparés pour être exécutés en vitrail. Seuls les dessins des anges pour les oculus de réseau furent entièrement réalisés par l'atelier, suivant là encore les instructions très précises des soeurs. Les archives du Carmel ont conservé une partie de la correspondance entre l'atelier verrier et les soeurs, révélant les nombreux commentaires et retouches que les soeurs portèrent sur les propositions de mise en verre, concernant tant les couleurs que le dessin. L'ensemble de la commande fut facturé par l'atelier 45 830 Fr.

Concernant la verrière commémorative, la scène fut initialement légendée « La Bienheureuse relève et sauve sur le champ de bataille un soldat blessé qui allait mourir et l'invoquait avec instance ». Elle devait représenter un événement censé avoir existé : Roger Lefebvre, fervent dévot de Thérèse, incorporé au 224e régiment d'Infanterie, avait été blessé grièvement à la Neuville près de Reims le 17 septembre 1914. Agonisant, il implora la petite soeur de Lisieux de venir à son secours. Et le miracle se produisit : Thérèse lui apparaissant, il retrouva la force de se redresser et de courir jusqu'au premier poste de secours. Jouvenot proposa aux soeurs plusieurs essais, qu'elles retournaient après les avoir annotés et retouchés. Le dessin sur lequel ils s'entendirent fut envoyé en mai 1921 à Champigneulle, lequel découvrit que la scène reproduite était archéologiquement inexacte : Jouvenot y représentait les poilus en uniforme bleu horizon, alors qu'en septembre 1914, date à laquelle la scène est censée se dérouler, l'uniforme des fantassins était encore bleu et rouge garance. C'est donc Champigneulle qui, attentif aux détails historiques, corrigea le dessin en représentant les soldats de la scène en uniforme de 1914. Cette verrière, et plus largement l'ensemble de la commande, constitue un témoignage intéressant du souci d'exactitude iconographique qui caractérise les "vitraux archéologiques" de l'atelier Champigneulle de Paris (selon la définition qu'en fait Hervé Cabezas dans son article « Du vitrail archéologique », 1982).

La verrière est composée de deux lancettes (arc cintré légèrement surbaissé) surmontées d'un écoinçon et 2 ajours au tympan.

  • Catégories
    vitrail
  • Structures
    • lancette, 2
    • jour de réseau
    • oculus de réseau
  • Matériaux
    • verre transparent, peint, grisaille sur verre, jaune d'argent, émail sur verre
    • plomb, réseau
  • Précision dimensions

    non précisées

  • Iconographies
    • Sainte Thérèse de Lisieux : crucifix
    • soldats : blessé, allongé), caché
    • ange, palme des martyrs
    • paysage, tranchées
  • Précision représentations

    La scène se déploie sur les deux lancettes, sous une architecture décorative épousant la forme de la baie. Sainte Thérèse de Lisieux, nimbée de rayons et brandissant la croix, relève un poilu blessé (allongé, front bandé, uniforme de 1914 : képi rouge et bleu à large bord, capote bleue, pantalon rouge garance, brodequins prolongés par des jambières). En arrière-plan, quatre soldats (portant le même uniforme) se sont dissimulés dans une tranchée au milieu d'un paysage désolé. Dans l'oculus de réseau, un ange présente la palme des martyrs.

  • Inscriptions & marques
    • inscription concernant l'iconographie, peint
  • Précision inscriptions

    Transcription : LA BIENHEUREUSE RELEVE UN SOLDAT BLESSE / SUR LE CHAMP DE BATAILLE 1914.

  • Statut de la propriété
    propriété de la commune

Bibliographie

  • CHERON, Philippe, DELAUNEY, Sophie. Vitraux de Normandie, une histoire de la Grande Guerre, Images du patrimoine n° 301, éditions Lieux-dits, 2018, 136 p.

    p.97

Périodiques

  • CABEZAS, Hervé. Du vitrail archéologique. Revue d'Archéologie moderne et d'Archéologie générale, 1988, n°6.

Date(s) d'enquête : 2014; Date(s) de rédaction : 2015
(c) Région Normandie - Inventaire général
Delauney Sophie
Delauney Sophie

Responsable du service éducatif de l'Inventaire Basse-Normandie de 2007 à 2018. Recherches (Master2) sur les vitraux commémoratifs de la Première Guerre mondiale.

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