Dossier d’œuvre objet IM14006268 | Réalisé par
Delauney Sophie
Delauney Sophie

Responsable du service éducatif de l'Inventaire Basse-Normandie de 2007 à 2018. Recherches (Master2) sur les vitraux commémoratifs de la Première Guerre mondiale.

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  • recensement du vitrail
  • enquête thématique régionale, vitraux commémoratifs et ex voto de la guerre de 1914-1918
verrière historiée et commémorative de la guerre de 1914-1918 : Soldat et famille en prière devant sainte Thérèse de l'enfant Jésus (baie 19)
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Normandie - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Calvados - Dozulé
  • Commune Dozulé
  • Adresse rue Grande Rue
  • Emplacement dans l'édifice baie 19 (nef)
  • Dénominations
    verrière
  • Titres
    • Soldat et famille en prière devant sainte Thérèse de l'enfant Jésus
  • Appellations
    de la guerre de 1914-1918

Devenue trop petite pour accueillir toute la population, l'église Notre-Dame de Dozulé fut détruite et l'on construisit entre 1843 et 1848 le nouvel édifice, sur les plans des architectes Vérolles, puis Pelfrêne (son neveu qui prend le relais après sa mort), dans un style néo-gothique très inspiré de l'église de Dives-sur-Mer. Il fallut cependant attendre la fin du siècle pour que progressivement, à la faveur de dons, des verrières figurées remplacent les verres losangés initialement posés. L'ensemble des baies, malgré des commandes successives, présente une relative homogénéité stylistique, la grande majorité ayant été exécutée par l'atelier bayeusain Mazuet.

L'église renferme deux verrières commémoratives : la première fut offerte en 1909 par le Souvenir Français, association d'anciens combattants, pour commémorer la guerre franco-prussienne de 1870. La seconde, datée de 1927, vint clore le programme d'embellissement de la nef voulu par l'abbé Ferey, curé de la paroisse entre 1923 et 1931. Soucieux de rendre hommage aux victimes de la guerre, il avait fait ériger un nouveau maître-autel « monument souvenir ». Ce vitrail, offert par M. Léon Bourgeois, président du Comité du Souvenir français de Dozulé, comité qui finança également pour 2/3 le monument aux morts de la commune, fut exécuté par l'atelier Mazuet et béni en décembre 1927 lors de la mission prêchée dans la paroisse.

  • Période(s)
    • Principale : 2e quart 20e siècle
  • Dates
    • 1927, daté par source, porte la date
  • Lieu d'exécution
    Commune : Bayeux
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Mazuet Henri , dit(e) Henry Mazuet
      Mazuet Henri

      Lorsqu’Henri Mazuet succède en 1915 à son père Louis, décédé, l’atelier jouit d’une solide notoriété et d’un quasi monopole local. De dimension plutôt modeste (entre dix et vingt ouvriers à la fin du 19e siècle), il a échoué dans sa tentative de développer une production civile mais demeure le plus sollicité par les commanditaires catholiques. De prestigieuses réalisations pour le séminaire de Sommervieu (1866, détruites) ou la cathédrale de Bayeux (1901) lui ont d’ailleurs valu d’obtenir des commandes pour Jérusalem en 1895 et New York en 1909 (c’est à cette date qu’il anglicise son prénom et commence à signer Henry Mazuet).

      Indéniablement, la maison répond aux attentes de son public et la presse religieuse et locale ne tarit pas de louanges à l’égard des Mazuet, « scrupuleux disciples de l’illustre Viollet-le-Duc », capables de concevoir des verrières « en rapport avec le style de l’église restaurée […], dans une sobriété de lignes, un éclat et une harmonie de coloris dignes de tous les éloges » (La Semaine religieuse du diocèse de Coutances et d’Avranches, 1919). Sans surprise, l’atelier est sollicité pour des commandes commémoratives dès les premières années de la Grande Guerre.

      Outre le renom fondé sur « l’excellent travail au pinceau », son succès tient donc des choix iconographiques « sûrs », empruntés à la peinture et à la gravure du 19e siècle, qui rassurent les commanditaires. Pour les premières commandes commémoratives, Mazuet propose souvent des reprises de modèles religieux éprouvés, qui n’exigent pas de travail de création mais seulement d’adaptation aux baies. La proximité géographique de la maison lui permet d’offrir des tarifs compétitifs et d’évidentes facilités dans le processus de réalisation. Henri Mazuet se déplace systématiquement pour rencontrer les commanditaires, observer les caractéristiques stylistiques des édifices, prendre les mesures, discuter des sujets et négocier les prix.

      Source : Sophie Delauney (Vitraux de Normandie, une histoire de la Grande Guerre).

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      peintre-verrier
    • Personnalité : donateur
    • Personnalité :
      Le Souvenir Français (1887 - )
      Le Souvenir Français

      Le Souvenir Français est créé en 1887 par François-Xavier Niessen. Originaire d’Alsace, François-Xavier Niessen s’est installé à Neuilly-sur-Seine quelques années avant la guerre de 1870. Il y exerce la profession de précepteur. Il reste très lié à la communauté alsacienne lorraine qui se développe de manière très importante après 1871 à Paris. Il crée en 1873 la Société de prévoyance et de secours mutuelle des Alsaciens-Lorrains. Il en sera le secrétaire général jusqu’à son décès en 1919. Parallèlement, il élargit ses centres d’intérêt à la sauvegarde de la mémoire des combattants de 1870. A cette date, cette sauvegarde est assurée par deux structures,  l’Etat, qui par la loi du 4 avril 1873 a encadré la création d’ossuaires et de tombes, et une association catholique « l’Œuvre des tombes et des prières ». Créée par le père Joseph,  cette association construit des monuments et des stèles en Allemagne pour sauvegarder la mémoire des prisonniers de guerre français et en France, en particulier en Alsace Moselle et dans la région parisienne. Elle organise de nombreuses messes en hommage aux combattants.

      https://le-souvenir-francais.fr/notre-histoire/

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      commanditaire attribution par source

La verrière se divise en deux lancettes en arc brisé, surmontées d'un écoinçon.

  • Catégories
    vitrail
  • Structures
    • lancette, 2
    • jour de réseau
  • Matériaux
    • verre transparent, peint, grisaille sur verre, jaune d'argent
    • plomb, réseau
  • Iconographies
    • Vierge à l'Enfant, assise, de trois quarts, couronne
    • Christ, debout, de face
    • Sainte Thérèse de Lisieux, agenouillée, couronne de roses
    • figure, homme, femme, enfant, debout personnages
    • soldat, agenouillé, trois quarts dos, en prière
    • paysage, village, église
    • ange
  • Précision représentations

    La scène, se déployant sur les deux lancettes, commémore les poilus revenus vivants de la guerre. Dans le registre supérieur, inscrit sous un double dais architecturé à tourelles et fleurons, la Vierge à l'enfant et le Christ apparaissent à sainte Thérèse de Lisieux. La jeune sainte (canonisée depuis 1925) est représentée de façon conforme à l'image popularisée. En robe brune du Carmel, agenouillée aux pieds de la Vierge, elle tient dans sa main droite une guirlande de roses et offre de sa main gauche une fleur à l'Enfant Jésus. La nuée sur laquelle elle repose est parcourue de petits anges ailés, rappelant l'esprit d'enfance de la jeune sainte, qui a placé sa vie religieuse sous l'invocation de la Sainte Enfance. Dans le registre inférieur, un couple d'agriculteurs et leur fillette sont debout en prière. A côté d'eux, leur fils en tenue de poilu est agenouillé : il parait remercier la Vierge de lui avoir laissé la vie sauve. En arrière-plan, le village et l'église de Dozulé. Surplombant les lancettes, l'écoinçon central porte le blason du Souvenir Français, commanditaire de la verrière. Le soubassement en faux appareil porte l'inscription du donateur et de la date. La scène est réellement originale, rares sont en effet les donateurs qui firent le choix de commémorer non pas les victimes mais les survivants de la guerre.

  • Inscriptions & marques
    • inscription concernant le donateur, peint
    • date, peint
  • Précision inscriptions

    Inscription concernant le donateur : DON DE M. ET MME LEON BOURGEOIS 1927.

  • Statut de la propriété
    propriété de la commune

Bibliographie

  • CHERON, Philippe, DELAUNEY, Sophie. Vitraux de Normandie, une histoire de la Grande Guerre, Images du patrimoine n° 301, éditions Lieux-dits, 2018, 136 p.

Date(s) d'enquête : 2014; Date(s) de rédaction : 2015
(c) Région Normandie - Inventaire général
Delauney Sophie
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Responsable du service éducatif de l'Inventaire Basse-Normandie de 2007 à 2018. Recherches (Master2) sur les vitraux commémoratifs de la Première Guerre mondiale.

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