Dossier d’œuvre architecture IA76005923 | Réalisé par
Etienne Claire (Contributeur)
Etienne Claire

Chercheuse au Service Régional de l'Inventaire de Haute-Normandie de 1972 à 1978. Cheffe du Service Régional de l'Inventaire de Basse-Normandie et chercheur de 1978 à 1988. Chercheur au Service Régional de l'Inventaire de Haute-Normandie de 1988 à 2005, puis chef du dit Service et chercheur de 2005 à 2015. Spécialités : patrimoine rural, patrimoine urbain, patrimoine de la villégiature. Etude fondamentale de l'agglomération du Havre. Publications : Claire Etienne-Steiner.

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Pottier Gaëlle (Contributeur)
Pottier Gaëlle

Chercheuse associée au Parc naturel des Boucles de la Seine Normande depuis 2014, en charge de l'inventaire du patrimoine bâti et des éléments de paysage associés.

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Chéron Philippe (Enquêteur)
Chéron Philippe

Chargé d'études à l'Inventaire général du patrimoine culturel depuis 1991. Ingénieur d'études (DRAC Haute-Normandie jusqu'à la loi de décentralisation), puis ingénieur et ingénieur principal, Région Normandie.

Spécialités : vitrail (correspondant du centre Chastel pour la Haute-Normandie), patrimoine rural, construction navale, patrimoine militaire (fortifications du mur de l'Atlantique dans le cadre du PCR mur de l'Atlantique), patrimoine aéronautique, patrimoines commémoratifs.

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  • inventaire topographique, canton de Caudebec-en-Caux
  • inventaire topographique, boucles de la Seine normande
tuilerie et briqueterie, dite Argiles de Villequier ou Établissements céramiques de Villequier, puis société des produits silico-calcaires du Havre
Œuvre étudiée
Auteur (reproduction)
  • Chéron Philippe
    Chéron Philippe

    Chargé d'études à l'Inventaire général du patrimoine culturel depuis 1991. Ingénieur d'études (DRAC Haute-Normandie jusqu'à la loi de décentralisation), puis ingénieur et ingénieur principal, Région Normandie.

    Spécialités : vitrail (correspondant du centre Chastel pour la Haute-Normandie), patrimoine rural, construction navale, patrimoine militaire (fortifications du mur de l'Atlantique dans le cadre du PCR mur de l'Atlantique), patrimoine aéronautique, patrimoines commémoratifs.

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Copyright
  • (c) Région Normandie - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Caux Vallée de Seine - Port-Jérôme-sur-Seine
  • Commune Rives-en-Seine
  • Lieu-dit Villequier
  • Cadastre AH 0040 à 0058, 232, 322, 323
  • Précisions commune fusionnée après inventaire Villequier

La création des établissements céramiques

Les grandes tuileries et briqueteries de Villequier ont été créées en août 1874. M. Eugène Marcel, président du conseil d’administration de la société anonyme des argiles de Villequier, obtient l'autorisation de construire quatre fours à poterie (système Hoffmann) et à ciment de Portland. Sous la direction d’Étienne Pornet, elle devient une filiale de la grande tuilerie mécanique perfectionnée de Normandie au Fresne d'Argences (Calvados).

L’usine fonctionnait en toutes saisons. Elle employait une centaine d’ouvriers. 12 à 15 millions de produits de toute nature y étaient fabriqués dont 6 millions de tuiles. En 1887, Étienne Pornet déclare expédier « en moyenne annuellement 7 000 tonnes de produits céramiques, reçu 12 000 tonnes de charbon pour la consommation de notre usine. C’est donc un mouvement annuel de 8000 tonnes de marchandises dont les 9/10 vont au cabotage... »

Le matériau d'approvisionnement était une argile de première qualité, extraite à l’aide de godets tirés par des chevaux.

La modernisation des installations

En 1879, la fabrique est modernisée avec un matériel plus puissant. L’argile, soigneusement préparée et travaillée, par des procédés les plus perfectionnés, cuite à une très haute température, ne se déformant pas au séchage ni à la cuisson, donnait des produits sans rivaux comme régularité de forme et de dimension, légèreté, solidité et résistance à l’action des gelées. Elle était également transformée en briques, poteries, statues, pots de fleurs et sujets divers.

Après moulage, ces objets étaient acheminés vers les fours par un réseau de wagonnets sur rails. 

L’usine, située sur la rive droite de la Seine, au bord du fleuve, permettait de charger steamers et voiliers pour les pays d’Outre Mer, caboteurs pour les côtes de France, péniches et chalands pour la Haute Seine. Un wharf permettait l’embarquement rapide des marchandises. Enfin, d’autres expéditions se faisaient par chemin de fer à la gare de Caudebec en Caux. 

Dans une monographie de 1888, la production de la fabrique bat son plein et s'ouvre à des visiteurs extérieurs : "Arrivés à l'établissement, considérez la falaise d'argile kimméridienne qui s'élève à 40 mètres au-dessus de la Seine et s'enfonce à une profondeur de plus de 30 mètres. Cet immense gisement découvert en 1866 est exploité par une société anonyme. On laisse visiter les personnes munies de cartes (s'adresser au directeur M. Pornet). L'établissement, qui fabrique spécialement des tuiles et des briques, a vendu, ces dernières années, des terres cuites artistiques exécutées par un ouvrier du nom de Vernay. Les étrangers regretteront de ne plus trouver à Caudebec ces souvenirs de voyage." De petits sujets décoratifs en terre cuite étaient effectivement vendus dans une boutique de Caudebec, cité touristique du bord de Seine. Façonnés par le modeleur et sculpteur Antoine Vernay, originaire de Calvados, elles offraient une vitrine commerciale à la fabrique de Villequier. Antoine Vernay reçoit la médaille d'or à l'exposition de Caen en 1883 pour sa collaboration artistique avec les établissements céramiques de Villequier. En 1888, il occupe la place de chef d'atelier dans une fabrique concurrente de poteries d'art située à Touques (Calvados), les Arts Céramiques.

La fin d'une épopée

La briqueterie a disparu en 1895, pour des raisons économiques et sans doute par une difficulté d'accès à la matière première. Une partie  des ouvriers employés se sont reconvertis dans l'agriculture. D’autres furent réemployés dans la tuilerie d’Argences et dans les briqueteries du Havre qui comptait encore 18 établissements en activité en 1914, dont ceux de Sanvic et de Bléville ont continué à produire jusqu'en 1939.

Le 24 juillet 1926, les terrains de la fabrique de Villequier furent vendus par adjudication et séparés en 5 lots :

- Un grand terrain de 30 ha comprenant les carrière, vergers, maisons ouvrières, beau bois taillis, etc.

- Un verger de cerisiers nommé la cour Duvrac situé près de la mairie

- Une maison et cour plantée, près de la sente de Norville

- Une maison et un jardin près de l’église.

- Une cour masure et une cour plantée section de Bébec

  • Période(s)
    • Principale : 4e quart 19e siècle
  • Dates
    • 1874, daté par source
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      E. Pornet & Cie (1874 - 1894)
      E. Pornet & Cie

      Tuilerie et briqueterie portant le nom de son directeur, Etienne Pornet. La briqueterie tuilerie de Villequier est une filiale de la tuilerie et briqueterie dite "Tuilerie mécanique perfectionnée de Normandie" (Argences, Calvados).

      L'entreprise obtient des diplômes d'honneur, médailles d'or et d'argent aux expositions du Havre 1881, d'Alençon 1881, de Saint-Lô 1882, de Caen 1883, de Rouen 1884, de Paris 1889.

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      céramiste signature, attribution par source

Description des moyens de production en 1879 :

" (...) Les carrières sont reliées à l'atelier de préparation des terres par un petit chemin de fer système Decauville. (...). De nouveaux et puissants appareils sortant de chez l'un des premiers mécaniciens spécialistes pour tuileries, M. Pinette, viennent d'être installés. Ils se composent de gros cylindres dégrossisseurs et raffineurs, de forts malaxeurs bien compris qui donnent à la terre une préparation aussi parfaite que possible. (...). L'outillage producteur, composé d'une machine à briques en donnant 15.000 par jour, de presses à tuiles en donnant 8.000 par jour, de presses à carreaux, de machines à tuyaux, à boisseaux, etc., est mis en mouvement par une machine verticale à condensation de 50 chevaux.

Ce puissant moteur peut faire au besoin le double de force avec une chaudière en plus. Le séchage se fait pour la brique sous des petits hangars pouvant en contenir 300.000. Celui des tuiles et produits divers à lieu dans deux étages de séchoirs ayant chacun 80 mètres de long sur 40 m. de large situés au-dessus du four Hoffmann.

Ce magnifique four, à feu continu, occupe le rez-de-chaussée de ce grand bâtiment, se compose de 16 compartiments et donne d'excellents résultats, au point de vue de l'économie du combustible consumé et de la bonne cuisson. Ce four, malgré ses vastes proportions, devient aujourd'hui insuffisant pour cuire toute la production de l'usine, et un four spécial, pour la cuisson des produits de poterie, est en ce moment en construction."

  • État de conservation
    détruit
  • Statut de la propriété
    propriété d'une société privée
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Documents d'archives

  • AD Seine-Maritime. Cadastre Napoléonien, Villequier, Section B, 2e feuille, 1818.

  • AD Seine-Maritime. Série S. Sous série 3S : navigation intérieure. 3S 114 : Villequier (1855-1920)

    Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 3S 114
    société des argiles de Villequier
  • AD Seine-Maritime. Série M, sous-série 5M, 5M 859, établissements dangereux et insalubres : Villequier.

    Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 5M 859
    Poterie
  • AD Seine-Maritime. Série S ; sous-série 8 S : 8S 45 : surveillance des carrières (1891-1897)

    Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 8S 45

Bibliographie

  • POTTIER, Gaëlle. Rives-en-seine : Villequier, Caudebec-en-Caux, Saint-Wandrille-Rançon (Au fil des patrimoines). Notre-Dame-de-Bliquetuit : Ethnothèque, musée des Boucles de la Seine Normande, juin 2025. 96 pages.

    Parc naturel régional des Boucles de la Seine normande

Périodiques

  • Le Panthéon de l'industrie, Revue hebdomadaire illustrée des Expositions et des Concours, 1er janvier 1879.

    p.286-287

Annexes

  • AD Seine-Maritime, 5M 859 : poterie (1874)
  • AD Seine-Maritime, 3S 114 : société des argiles de Villequier (1877-1890)
  • Le Panthéon de l'industrie, 1er janvier 1879 (extraits).
  • 8S 45 : surveillance des carrières (1891-1897)
  • AD Seine-Maritime, 3S 114 : pétitions (1903-1904)
Date(s) d'enquête : 1993; Date(s) de rédaction : 1993, 2024
(c) Région Normandie - Inventaire général
(c) Parc naturel Régional des Boucles de la Seine Normande
Etienne Claire
Etienne Claire

Chercheuse au Service Régional de l'Inventaire de Haute-Normandie de 1972 à 1978. Cheffe du Service Régional de l'Inventaire de Basse-Normandie et chercheur de 1978 à 1988. Chercheur au Service Régional de l'Inventaire de Haute-Normandie de 1988 à 2005, puis chef du dit Service et chercheur de 2005 à 2015. Spécialités : patrimoine rural, patrimoine urbain, patrimoine de la villégiature. Etude fondamentale de l'agglomération du Havre. Publications : Claire Etienne-Steiner.

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Pottier Gaëlle
Pottier Gaëlle

Chercheuse associée au Parc naturel des Boucles de la Seine Normande depuis 2014, en charge de l'inventaire du patrimoine bâti et des éléments de paysage associés.

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Chéron Philippe
Chéron Philippe

Chargé d'études à l'Inventaire général du patrimoine culturel depuis 1991. Ingénieur d'études (DRAC Haute-Normandie jusqu'à la loi de décentralisation), puis ingénieur et ingénieur principal, Région Normandie.

Spécialités : vitrail (correspondant du centre Chastel pour la Haute-Normandie), patrimoine rural, construction navale, patrimoine militaire (fortifications du mur de l'Atlantique dans le cadre du PCR mur de l'Atlantique), patrimoine aéronautique, patrimoines commémoratifs.

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