Dossier d’œuvre architecture IA76005625 | Réalisé par
Pottier Gaëlle (Rédacteur)
Pottier Gaëlle

Chercheuse associée au Parc naturel des Boucles de la Seine Normande depuis 2014, en charge de l'inventaire du patrimoine bâti et des éléments de paysage associés.

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  • inventaire topographique, boucles de la Seine normande
ferme, actuellement centre d'élevage de chevaux
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande
  • (c) Région Normandie - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Caux Seine Agglo - Port-Jérôme-sur-Seine
  • Commune Vatteville-la-Rue
  • Adresse rue des Monts , 714 ruelle Bignon
  • Cadastre 2019 ZL 209 Longère avec chapelle et étable ; 2009 ZL 101 Chaumière ; 2019 ZL 206 Maison de ferme et écurie ; 2019 ZL 250 Ancienne charretterie et porcherie, actuellement gîtes, et bassin
  • Dénominations
    maison, ferme
  • Destinations
    haras
  • Parties constituantes non étudiées
    puits, maison, étable, écurie, charretterie, chapelle

La propriété actuelle s'étend sur plusieurs parcelles et se compose de plusieurs habitations et bâtiments agricoles d'époques différentes.

La maison la plus ancienne est une longère dont la construction peut remonter au 17e siècle. Elle a été restaurée et agrandie pour intégrer un petit bâtiment pouvant correspondre à une petite chapelle encore plus ancienne.

La maison de maître, visible depuis la voie publique, date de la fin du 19e siècle.

Plusieurs dépendances agricoles ont été restaurées et transformées en hébergements dont une ancienne charretterie datant du XVIIIe siècle, une porcherie et d'anciennes étables du 19e siècle. La construction des écuries, dont une partie pourrait remonter au Moyen Age, peut être datée grâce aux graffiti conservés à l'intérieur, qui remontent, pour les plus anciens, au 17e siècle. Ce bâtiment a été très remanié aux siècles suivants.

Une chaumière, également restaurée, a probablement été construite entre la fin du 17e siècle et le début du 19e siècle.

  • Période(s)
    • Secondaire : Moyen Age
    • Principale : 17e siècle
    • Secondaire : limite 18e siècle 19e siècle
    • Principale : 4e quart 19e siècle

La maison ancienne est une longère en pan de bois reposant sur un soubassement en moellon calcaire. Lors de sa restauration et de son agrandissement, elle a été raccordée à une construction plus ancienne en moellon calcaire dont deux petites baies en tiers-point laissent penser qu'il pourrait s'agir d'une ancienne chapelle. L'étage de comble aménagé est éclairé par des lucarnes modernes. Le toit à longs pans est couvert en ardoise.

La maison de maître s'élève sur un étage carré et un étage de comble. Sa façade arrière et ses pignons laissent apparaître les maçonneries en moellon calcaire enduit et chaînage de brique tandis que sa façade principale est revêtue d'un enduit. Un faux appareillage de pierre est appliqué sur le contour des baies, en plein cintre au rez-de-chaussée, rectangulaires à l'étage. La porte centrale est à deux vantaux. L'étage de comble, couvert d'une croupe en ardoise, est éclairé par deux lucarnes.

L'ancienne charretterie, transformée en gîte, et l'ancienne porcherie, en maison, sont bâties en pan de bois et reposent sur un soubassement en moellon calcaire. Leurs toits sont couverts en ardoises.

La chaumière, construite en pan de bois sur un soubassement en moellon calcaire, présente des guettes ou écharpes. Elle a été agrandie à l'arrière. Le toit couvert en chaume présente une demi-croupe débordante sur le pignon sud.

Les anciennes étables, autrefois en pan de bois, ont été en partie remontées en parpaing couvert d'un enduit. Le toit à longs pans comporte une lucarne pendante.

Les écuries, également en pan de bois, ont été en grande partie remontées en parpaing. Elles sont couvertes de tôle ondulée. Le pignon est présente un curieux appareillage de moellon calcaire disposé en opus spicatum, ce qui pourrait laisser supposer l'existence d'une construction antérieure beaucoup plus ancienne. À l'intérieur, les cloisons intérieures des stalles comportent des graffiti de bateaux ainsi que des inscriptions.

La propriété, actuellement reconvertie dans l'élevage de chevaux de Connemara et de selle français est entourée de grands herbages, comprenant un manège extérieur et un manège couvert, une allée de châtaigniers et une pièce d'eau paysagée.

  • Murs
    • bois pan de bois
    • calcaire moellon
    • brique
    • calcaire moellon enduit d'imitation
    • béton parpaing de béton
  • Toits
    ardoise
  • Étages
    1 étage carré, étage de comble, sous-sol, rez-de-chaussée, comble à surcroît
  • Couvertures
    • toit à longs pans croupe
    • toit à longs pans demi-croupe
    • toit à longs pans pignon couvert
  • Escaliers
    • escalier intérieur
  • Techniques
    • sculpture
  • Représentations
    • bateau
  • Précision représentations

    Analyse apportée par Anne-Sophie Auger-Sergent :

    « Le local d’exploitation présente un ensemble de graffiti de type et d’auteur différents dont l’état de conservation est inégal.

    Le graffito le mieux conservé désigne un navire à trois mâts du XVIIe siècle. Le traitement graphique est étonnant et inhabituel : l’essentiel est figuré avec des schématisations internes (emplantures des mâts) et externes (virures du bordé) de la coque qui marquent une connaissance technique navale, somme toute limitée. De nombreuses erreurs doivent être soulignées : emplacement du câble-chaîne de l’ancre, représentation de la guibre (figure de proue ?) et du gouvernail... La gravure n’est pas l’œuvre d’un terrien mais vraisemblablement celle d’un marin qui maîtrise mal son outil de gravure. Le gréement est celui d’un navire à trois mâts portant grand-mât et misaine à deux étages de voiles carrées (figurées ferlées ou non représentées) et un artimon latin surmonté d’un perroquet de fougue. Un mât de beaupré est représenté à l’avant. Tous présentent une schématisation de hunes, pommes de mât et de pavillons. Manœuvres dormantes et courantes sont partiellement figurées : haubans, martinet et balancines du mât d’artimon, étai du grand-mât de hune. La coque présente un pont à l’avant et plusieurs (schématisation simplifiée) à l’arrière. La tonture de ce dernier pourrait se rapprocher des navires d’origine hollandaise (ligue hanséatique), type fréquent en Seine au XVIIe siècle. La série d’incisions rondes rapportée sur le navire est étonnante : en matière de graffiti de navire, ce type de représentation désigne des sabords. L’emplacement et la multiplication de ces incisions ne correspondent pas à celles d’un vaisseau de guerre. Soulignons que leur traitement graphique est différent de celui des pommes des mâts. Ces incisions paraissent, dans ce sens, indépendantes du graffito de navire et ont été vraisemblablement exécutées postérieurement. Une ancre apparaît visiblement dans le gréement du navire (étai de grand-mât de hune). Deux graffiti de coque sont incisés sur le hourdis parallèle.

    Un autre petit navire du XVIIe siècle à trois mâts toutes voiles dehors (misaine et grand-mât portent deux étages de voiles carrées - grand-voile ferlée) et un artimon latin ferlé. Le mât de beaupré porte une voile de civadière, un perroquet de civadière et un mâtereau gréé d’un pavillon (rarement figuré en raison des limites latérales du support mais l’ensemble est mal positionné). Représenté par le travers, de la quille à la pomme du mât, ce petit vaisseau à trois ponts arrière (gaillard d’avant non figuré) arbore une série sabords schématisés par des carrés, conformes à la réalité, contrairement aux incisions rondes généralement utilisées pour représenter les sabords. L’ensemble est réduit à l’essentiel (haubanage, étais) avec une étrave et une représentation de la herpe et de l’éperon étonnante qui marque une méconnaissance des structures de construction de la coque de ces petits navires du XVIIe siècle (idem pour l’étambot et le gouvernail). Il est évident sur ce graffito que le gréement et les sabords – même représentés de manière schématique – sont l’essentiel pour l’auteur. Une chaloupe accompagne l’ensemble.

    Des inscriptions, personnage et comptes sont également visibles, dont une série d’incisions parallèles schématisant habituellement des comptes. Il manque ici l’incision horizontale classique sur ce type de graffito, fréquent dans les locaux d’exploitation de la presqu’île.

    Malgré l’état de dégradation du support et la disparition arrière du graffito, une autre représentation désigne un navire du XVIIe siècle. Les détails techniques (mâture, voilure, manœuvres courantes et dormantes...) montrent l’œuvre d’un auteur qui connaissait son sujet. Seuls subsistent les mâts de misaine, de grand-mât et de beaupré. La voilure (deux étages de voiles carrées) est ferlée. Les détails des manœuvres du gréement (balancines, étais, haubans...) dénotent avec la figuration de la coque plus réduite. S’agit-il d’une spécialisation de l’auteur à bord du navire ? La coque présente deux ponts à l’avant au-dessus du pont principal et une série d’incisions horizontales schématisant les virures du bordé. L’étrave est prolongée par la figuration d’un éperon et d’une figure de proue – ensemble de forme caractéristique des navires du XVIIe siècle. Une série de sabords de forme carrée complètent le bordé de la coque. »

    Un autre graffito de type et datation indéterminés. La gravure schématise un petit bâtiment à deux mâts. Le grand mât, non voilé est haubané. La coque, décorée d’une série de triangles, présente une forte tonture (arrière à tableau – gouvernail d’étambot et barre). La partie avant a disparu. »

  • Statut de la propriété
    propriété d'une personne privée
  • Sites de protection
    site inscrit, parc naturel régional
Date(s) d'enquête : 2019; Date(s) de rédaction : 2020
(c) Parc naturel Régional des Boucles de la Seine Normande
(c) Région Normandie - Inventaire général
Pottier Gaëlle
Pottier Gaëlle

Chercheuse associée au Parc naturel des Boucles de la Seine Normande depuis 2014, en charge de l'inventaire du patrimoine bâti et des éléments de paysage associés.

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