Placée au débouché de l’estuaire de la Seine, la boucle de Brotonne forme un large méandre englobant la forêt domaniale du même nom, dont la topographie garde l’empreinte d’un méandre abandonné. Occupée par les hommes et traversée par plusieurs axes de communication dès l’époque gallo-romaine, cette boucle a été élue comme résidence royale dès le 6e siècle en raison de la présence d’une forêt dense et giboyeuse. Les rois mérovingiens, installés dans leur palais d’Arelaune, localisé sur l’actuelle commune de Vatteville-la-Rue, ont encouragé à leur tour la création des prestigieuses abbayes de Fontenelle et de Jumièges. Abandonnée au moment des raids vikings, les ducs de Normandie ont repris le contrôle de cette boucle à partir du 11e siècle. Longtemps choyée par les rois de France et d’Angleterre, la « terre royale » de Vatteville a progressivement perdu de son importance, à mesure que le marquisat de La Mailleraye étendait son influence sur la presqu’île de Brotonne.
Axe principal de communication entre la Manche et l’intérieur des terres, la présence de la Seine a favorisé l'essor du port de Vatteville-la-Rue au 16e siècle puis des chantiers de construction navale de La Mailleraye aux 18e et 19e siècles. L'endiguement mené à partir du milieu du 19e siècle a permis de conquérir plus de 8 000 hectares de prairies humides, tout en déconnectant les bourgs des rives du fleuve. Privés de son débouché maritime, l’activité de la presqu’île de Brotonne s’est recentrée sur les ressources de la forêt, de l’agriculture et de l’élevage. L’exode rural entraîne une chute démographique des villages de la presqu’île qui profite à Guerbaville, ancien nom de La Mailleraye-sur-Seine, officiellement adopté par décret du 29 janvier 1910.
Alors que la paroisse de Guerbaville est attestée dès 1225, La Mailleraye n’est encore qu’un hameau lié à son château et à son port. En 1906, la commune se compose de neuf hameaux et totalise un total de 1 164 habitants, dont 531 pour le centre de l’agglomération. Le centre-ville de La Mailleraye-sur-Seine concentre alors l’essentiel des commerces et des services à la population. La commune de Notre-Dame-de-Bliquetuit résulte, quant à elle, de la scission en 1779 de la paroisse de Bliquetuit. Une petite partie du territoire de Vatteville-la-Rue est alors rattachée à l’ancien hameau de Saint-Nicolas-de-la-Haye pour former la commune de Saint-Nicolas-de-Bliquetuit. Dernière modification en date, la commune nouvelle d’Arelaune-en-Seine, issue de la fusion de Saint-Nicolas-de-Bliquetuit avec La Mailleraye-sur-Seine, a été créée le 1er janvier 2016.
Chercheuse associée au Parc naturel des Boucles de la Seine Normande depuis 2014, en charge de l'inventaire du patrimoine bâti et des éléments de paysage associés.