Dossier d’aire d’étude IA76004395 | Réalisé par
Pottier Gaëlle (Rédacteur)
Pottier Gaëlle

Chercheuse associée au Parc naturel des Boucles de la Seine Normande depuis 2014, en charge de l'inventaire du patrimoine bâti et des éléments de paysage associés.

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  • inventaire topographique, boucles de la Seine normande
présentation de l'aire d'étude de la boucle de Brotonne : Arelaune-en-Seine (La Mailleraye-sur-Seine, Saint-Nicolas-de-Bliquetuit), Notre-Dame-de-Bliquetuit, Vatteville-la-Rue
Auteur
  • Levalet François
    Levalet François

    Natif d'Avranches, François Levalet pratique la photographie par cerf-volant depuis le début des années 2000. Il sillonne la Normandie, la France et l'étranger. De ses campagnes, il publie de nombreux ouvrages ou organise des expositions tout en mettant son savoir-faire au service de l'archéologie.

    Site internet : www.francoislevalet.fr

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Copyright
  • (c) François Levalet, photographie aérienne par cerf-volant

Dossier non géolocalisé

  • Aires d'études
    Caux Seine Agglo, Caux Vallée de Seine
  • Adresse
    • Commune : Vatteville-la-Rue
    • Commune : Arelaune-en-Seine
      Lieu-dit : commune fusionnée après inventaire La Mailleraye-sur-Seine commune fusionnée après inventaire Saint-Nicolas-de-Bliquetuit
    • Commune : Notre-Dame-de-Bliquetuit

Les communes d'Arelaune-en-Seine, Notre-Dame-de-Bliquetuit et Vatteville-la-Rue épousent les contours du méandre au sein duquel le massif de Brotonne est enchâssé. La combinaison du couvert forestier et du passage de la Seine, qui retiennent les brumes matinales sur la vallée, fait de cette boucle un espace de transition entre le plateau du Roumois, au sud et le rebord du pays de Caux, au nord. Cette rive convexe, couramment qualifiée de « presqu’île », est un territoire singulier qui occupe une place à part entière, entre les boucles de la Seine situées en aval de Rouen, à l’est, et les paysages de l’estuaire, à l’ouest.

Boucle de Brotonne, vue aérienne par cerf-volant depuis La Mailleraye-sur-Seine. Boucle de Brotonne, vue aérienne par cerf-volant depuis La Mailleraye-sur-Seine.

Vatteville-la-Rue, élue terre royale, a longtemps vécu des ressources du fleuve jusqu’à ce que l’endiguement la déconnecte de ses activités fluviale et maritime. Son déclin a profité au développement du bourg de Guerbaville, devenu La Mailleraye-sur-Seine en 1910, puis Arelaune-en-Seine en 2016, tandis que l’exploitation de la forêt est restée une des ressources majeures du territoire. Entre les deux, les villages de Saint-Nicolas-de-Bliquetuit et de Notre-Dame-de-Bliquetuit, dissociés en 1779, se distinguent par leur superficie de marais et leurs bois communaux hérités de l’ancienne Commune du Mort. Sur ce territoire marqué par l’influence maritime tout autant que par la présence de la forêt, l’habitat traditionnel s’étire le long de la route des chaumières et se regroupe dans les bourgs et les hameaux disséminés sur les terrasses alluviales. Vatteville-la-Rue avec les marais et la Seine à l'arrière-plan, vue aérienne par drone. Vatteville-la-Rue avec les marais et la Seine à l'arrière-plan, vue aérienne par drone.

La boucle de Brotonne est protégée par arrêté ministériel du 24 novembre 1972 au titre des monuments naturels et sites protégés. En site inscrit, toute modification doit faire l’objet d’une déclaration quatre mois au préalable auprès de l’Architecte des Bâtiments de France et tout permis de démolir doit faire l’objet d’un avis préalable conforme (c’est à dire obligatoire) de l’Architecte des Bâtiments de France.

Massif de Brotonne, vue aérienne par cerf-volant depuis le Torp. Massif de Brotonne, vue aérienne par cerf-volant depuis le Torp.

Placée au débouché de l’estuaire de la Seine, la boucle de Brotonne forme un large méandre englobant la forêt domaniale du même nom, dont la topographie garde l’empreinte d’un méandre abandonné. Occupée par les hommes et traversée par plusieurs axes de communication dès l’époque gallo-romaine, cette boucle a été élue comme résidence royale dès le 6e siècle en raison de la présence d’une forêt dense et giboyeuse. Les rois mérovingiens, installés dans leur palais d’Arelaune, localisé sur l’actuelle commune de Vatteville-la-Rue, ont encouragé à leur tour la création des prestigieuses abbayes de Fontenelle et de Jumièges. Abandonnée au moment des raids vikings, les ducs de Normandie ont repris le contrôle de cette boucle à partir du 11e siècle. Longtemps choyée par les rois de France et d’Angleterre, la « terre royale » de Vatteville a progressivement perdu de son importance, à mesure que le marquisat de La Mailleraye étendait son influence sur la presqu’île de Brotonne.

Axe principal de communication entre la Manche et l’intérieur des terres, la présence de la Seine a favorisé l'essor du port de Vatteville-la-Rue au 16e siècle puis des chantiers de construction navale de La Mailleraye aux 18e et 19e siècles. L'endiguement mené à partir du milieu du 19e siècle a permis de conquérir plus de 8 000 hectares de prairies humides, tout en déconnectant les bourgs des rives du fleuve. Privés de son débouché maritime, l’activité de la presqu’île de Brotonne s’est recentrée sur les ressources de la forêt, de l’agriculture et de l’élevage. L’exode rural entraîne une chute démographique des villages de la presqu’île qui profite à Guerbaville, ancien nom de La Mailleraye-sur-Seine, officiellement adopté par décret du 29 janvier 1910.

Alors que la paroisse de Guerbaville est attestée dès 1225, La Mailleraye n’est encore qu’un hameau lié à son château et à son port. En 1906, la commune se compose de neuf hameaux et totalise un total de 1 164 habitants, dont 531 pour le centre de l’agglomération. Le centre-ville de La Mailleraye-sur-Seine concentre alors l’essentiel des commerces et des services à la population. La commune de Notre-Dame-de-Bliquetuit résulte, quant à elle, de la scission en 1779 de la paroisse de Bliquetuit. Une petite partie du territoire de Vatteville-la-Rue est alors rattachée à l’ancien hameau de Saint-Nicolas-de-la-Haye pour former la commune de Saint-Nicolas-de-Bliquetuit. Dernière modification en date, la commune nouvelle d’Arelaune-en-Seine, issue de la fusion de Saint-Nicolas-de-Bliquetuit avec La Mailleraye-sur-Seine, a été créée le 1er janvier 2016.

  • Sites de protection
    parc naturel régional, site inscrit

Un territoire insulaire ?

Le terme « presqu’île », fréquemment employé pour désigner la boucle de Brotonne, fait ressortir le caractère insulaire du territoire. Pourtant ce sentiment d’isolement est autant dû à l’obstacle de la forêt qu’à la ceinture du fleuve. La configuration des méandres de la Basse-Seine a joué un rôle déterminant dans la fixation des populations et des passages d’eau. Les gros bourgs, établis en rive concave cernée de coteaux boisés, sont desservis par une vallée affluente leur permettant de communiquer avec le plateau. Il en est ainsi de Caudebec-en-Caux avec les vallées de l’Ambion et de la Sainte-Gertrude ou de Duclair avec la vallée de l’Austreberthe sur la rive droite du fleuve. En rive convexe, les plaines alluviales, dédiées à l’agriculture, ne sont émaillées que de petits villages et de hameaux. Leurs habitants sont alors dépendants du bourg "d’en face" pour effectuer leurs démarches administratives ou faire leur marché. Le samedi matin, tous les habitants de la presqu’île se pressaient au passage de Saint-Nicolas-de-Bliquetuit pour se rendre de Caudebec-en-Caux.

Entre Seine et forêt

Le fleuve et la forêt sont les deux marqueurs incontournables du paysage de la boucle de Brotonne. Les limites de l’ancien lit majeur du fleuve sont matérialisées par le coteau soulignant la première terrasse alluviale qui surplombe les marais. Cette frange bâtie, mise à l’abri des crues, s’étire le long de la D65 reliant entre eux les bourgs et les hameaux. À l’arrière, la plaine agricole forme un espace ouvert composé de grandes parcelles cultivées et occupé par quelques hameaux déconnectés des bourgs. Le massif de Brotonne, dont la production de bois a longtemps été réservée à la ville de Rouen, couvre aujourd'hui, avec les bois privés et communaux attenants, une surface totale de 8 500 ha, gérée par l'Office National des Forêts.

Des villages-rue

Les villages de Notre-Dame, Saint-Nicolas-de-Bliquetuit et de Vatteville-la-Rue appartiennent à la catégorie des villages-rue, qui se caractérisent par une urbanisation linéaire. Le « chemin du roi » qui traverse les communes de Vatteville-la-Rue, Saint-Nicolas et Notre-Dame-de-Bliquetuit souligne le contour de la terrasse alluviale le long de laquelle sont implantées les maisons les plus anciennes. Jusqu’à la création des communes nouvelles, Vatteville-la-Rue était la commune rurale la plus étendue du département de la Seine-Maritime. Si l’habitat a perdu son contact direct avec la Seine depuis les endiguements du XIX e siècle, il en conserve la marque dans son étirement sur près de neuf kilomètres.

Bibliographie

  • POTTIER, Gaëlle. La boucle de Brotonne : Arelaune-en-Seine, Notre-Dame-de-Bliquetuit, Vatteville-la-Rue. (Au fil des patrimoines). Notre-Dame-de-Bliquetuit : Parc naturel régional des Boucles de la Seine normande, décembre 2020. 96 pages.

    Parc naturel régional des Boucles de la Seine normande
Date(s) d'enquête : 2019; Date(s) de rédaction : 2021
(c) Parc naturel Régional des Boucles de la Seine Normande
(c) Région Normandie - Inventaire général
Pottier Gaëlle
Pottier Gaëlle

Chercheuse associée au Parc naturel des Boucles de la Seine Normande depuis 2014, en charge de l'inventaire du patrimoine bâti et des éléments de paysage associés.

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