Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, depuis 1992. Spécialité : patrimoine industriel.
- patrimoine industriel, patrimoine industriel des communes de la rive gauche de Rouen
- (c) IGN
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Seine-Maritime - Le Petit-Quevilly
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Commune
Le Petit-Quevilly
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Adresse
105 boulevard Charles de Gaulle
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Cadastre
1973
AX
271
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Dénominationsusine de mécanique de précision
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Précision dénominationusine de fermetures à glissières
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AppellationsLa Fermeture Eclair s. a.
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Parties constituantes non étudiéeslogement d'ouvriers
Au début des années 1920, Robert Hyde fils de l’industriel rouennais William Hyde, décide d’exploiter le brevet d’invention de la fermeture à glissière déposée en 1914 par l’ingénieur américain Gideon Sundbäck pour se lancer dans la production de fermetures éclair métalliques. Pour accomplir son projet, il s’associe à deux industriels rouennais, Roger Harlé et Philippe Davey et à trois industriels britanniques MM. Major, Lilanau et Finch. Ensemble ils fondent à Rouen, le 29 décembre 1924, la société anonyme la Fermeture éclair. Dotée d’un capital d’1 MF, elle a pour objectif la fabrication et la vente de ce système novateur de fermeture, diffusé en Europe pendant la Grande Guerre grâce à l’armée américaine. Elle installe son siège social à Rouen, rue Stanislas Girardin, et son dépôt de vente à Paris, rue du Sentier. Première entreprise française à produire des fermetures à glissière, elle doit assurer elle-même la conception et la fabrication des machines nécessaires à son activité, un équipement entièrement automatisé fonctionnant à grande vitesse avec une précision de l’ordre de 1/100e de millimètre. Elle créée pour cela un important atelier de construction mécanique qui doit fournir l’outillage aux ateliers d’assemblage installés à Petit-Quevilly, sur un terrain vacant situé à proximité de l’usine de produits explosifs Davey Bickford et Cie.
Le processus de fabrication des fermetures éclair comprend plusieurs étapes : la préparation des rubans textiles, le laminage et profilage des fils métalliques afin de leur donner la forme d'un V, le découpage des fils en sections de 1 mm d'épaisseur, l’estampage par frappe entre un poinçon qui forme la cavité de la maille et une matrice, le fixage et le sertissage des mailles sur le bord des rubans, la découpe et l’assemblage deux par deux et le polissage des rubans de fermeture, l’usinage et la pose des curseurs et des arrêts inférieurs et supérieurs, le pressage, le découpage, le chanfreinage…
L’entreprise connait très vite un vif succès étant donné les nombreux débouchés que trouvent les fermetures éclair, non seulement dans l’industrie de l’habillement, mais également dans l’aviation, l’automobile, la chaussure, la maroquinerie…. Pour satisfaire la demande, l’effectif de l’usine, de 300 personnes à son démarrage, dépasse les 400 employés à la veille de la Seconde Guerre mondiale, des femmes pour les deux tiers.
Stimulée par son succès, l’entreprise multiplie les innovations techniques, notamment l’introduction du plastique et de la couleur par le recours à des alliages spéciaux. L’usine de Petit-Quevilly s’impose dès lors comme la plus puissante de l’hexagone dans le domaine.
Durant la Seconde Guerre mondiale, l’usine est sous le contrôle de l’armée allemande, et doit fournir à l’occupant 60% de sa production. Pas moins de 450 personnes y sont employés à la fin de la guerre.
A la Libération, après une chute activité temporaire due aux problèmes de ravitaillement en charbon qui lui sert de combustible pour alimenter ses machines à vapeur, l’entreprise connait un formidable essor, avec un accroissement spectaculaire de la demande que l’usine de Petit-Quevilly ne peut satisfaire qu’à hauteur de 25%. Pour pallier cette situation, l’usine est agrandie dès 1948 par la construction de nouveaux bâtiments en béton armé, consistant en bureaux, cantine, services sociaux et en ateliers (dont un de 1 800 m²), dont la conception est confiée à l’architecte rouennais Raoul Leroy. Pour importer les machines modernes qui doivent les équiper, l’entreprise reçoit le soutien de l’Etat qui lui octroie les crédits et licences nécessaires. L’usine est alors en capacité de recevoir près d’un millier d’employés, un personnel de plus en plus spécialisé, comptant davantage de dessinateurs, de mécaniciens et d’ingénieurs… Grace à ces extensions et modernisations, la Fermeture Eclair conserve sa place de leader en France malgré une concurrence intérieure accrue, notamment celle de la toute jeune société Prestil qui s’impose rapidement comme le second producteur français. En 1955, l’usine produit plus d’1 M de mètres linéaires de fermetures à glissière par mois, ce qui représente la moitié de la demande française. En 1961, la production de l’usine dépasse les 600 millions d’unités par an.
Malgré ces excellents résultats, l’entreprise met en place dès les années 1950 une politique visant à diversifier son activité en s’ouvrant davantage vers la métallurgie et la chimie. Un département de mécanique est créé et des ateliers se spécialisent dans la fabrication d’accessoires pour l’aéronautique. Parallèlement, l’usine se lance dans la production de réservoirs, de citernes et de conteneurs souples à base de tissus enduits destinés aux travaux publics, aux industries chimiques, à l’agriculture et à l’aéronautique. Mais cette activité est reprise dès le 1er juillet 1970 par la société Kléber-Colombes et transférée dans son usine de Caudebec-lès-Elbeuf. Malgré ce transfert, l’usine de Petit-Quevilly compte alors près de 1200 personnes et constitue encore le 1er employeur de la commune.
La situation se dégrade rapidement durant les années 1970 du fait de la concurrence étrangère, celle notamment de l’entreprise japonaise YKK implantée en France depuis 1969. En 1973, la Fermeture Eclair est rachetée par la firme allemande Opti qui relance une politique de diversification. Un quart de l’activité de l’usine est alors réorienté vers le moulage de pièces métalliques sous pression, la fabrication de lunettes solaires, l’automation et la mécanique générale. Néanmoins pour renforcer sa position sur son secteur initial, la Fermeture Eclair rachète en 1976 son concurrent Pestil qui détient deux usines l’une à Bernay (27), l’autre Choisy-le-Roi (94), et devient la société Eclair-Prestil. Mais la stratégie fait long feu et la nouvelle société est confrontée à des difficultés économiques insurmontables dès 1981.
Le 1er décembre 1982, Eclair-Prestil est rachetée par le groupe suisse Petrotec qui ambitionne de devenir le leader de la fermeture à glissière en France. Cette stratégie échoue également et l’entreprise continue à perdre des parts de marché. Pour autant, l’usine de Petit-Quevilly compte encore un effectif de 610 salariés en 1987. Après plusieurs dépôts de bilan, l’usine est finalement mise en redressement judiciaire en novembre 1988. Faute de repreneur, la fermeture définitive de l’usine est prononcée en mai 1989, laissant près de 350 employés au chômage et 30 000 m2 de friche dont 13 700 m² de surface bâtie.
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Période(s)
- Principale : 1er quart 20e siècle , daté par travaux historiques
- Principale : milieu 20e siècle , daté par travaux historiques
- Principale : 3e quart 20e siècle , daté par travaux historiques
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Dates
- 1924, daté par travaux historiques
- 1948, daté par travaux historiques
- 1973, daté par travaux historiques
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Auteur(s)
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Auteur :
Leroy Raoularchitecte attribution par travaux historiquesLeroy RaoulCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Architecte DPLG, rue de Fontenelle à Rouen, architecte en chef du département de Seine-Maritime de 1949 à 1976
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Auteur :
L'usine compte une vingtaine de bâtiments. Les ateliers les plus anciens sont en brique en rez-de-chaussée et couvert en shed. Ceux édifiés dans les années 1950, tout comme le bâtiment des bureaux, sont en béton, couvert d'un toit en terrasse et s'élèvent sur deux étages. Les entrepôts industriels construits en rez-de-chaussée sont en brique, couvert d'un toit à longs pans et pignon découvert. Autour de l'usine ont été édifiées plusieurs maisons jumelées ou individuelle avec jardinet, à l'attention d'une partie du personnel encadrant et ouvrier.
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Murs
- brique
- béton béton armé
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Toitsardoise, tuile mécanique, verre en couverture, béton en couverture
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Étages2 étages carrés
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Couvrements
- charpente métallique apparente
- charpente en béton armé apparente
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Couvertures
- terrasse
- shed
- toit à longs pans pignon couvert
- pignon découvert
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Énergies
- énergie électrique achetée
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État de conservationétablissement industriel désaffecté, détruit après inventaire
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Statut de la propriétépropriété privée
- (c) IGN
- (c) IGN
- (c) IGN
- (c) IGN
- (c) IGN
- (c) Chambre de Commerce et d'Industrie Rouen Métropole
- (c) IGN
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Collection particulière
Périodiques
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CHOPART, Jacques. 8 400 000 m de "Fermeture éclair" sortent chaque année d'une grande usine rouennaise. Revue de Rouen, n°8, 1953, p. 10-20.
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CHOPART, Jacques. La reconstruction a transfiguré la banlieue sud-ouest de Rouen. Revue de Rouen, n°1, 1995, p. 18
Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, depuis 1992. Spécialité : patrimoine industriel.
Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, depuis 1992. Spécialité : patrimoine industriel.