Dossier d’œuvre architecture IA76000538 | Réalisé par
Real Emmanuelle (Contributeur)
Real Emmanuelle

Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, depuis 1992. Spécialité : patrimoine industriel.

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  • patrimoine industriel, patrimoine industriel des communes de la rive gauche de Rouen
Usine d'explosifs Davey Bickford et Cie
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) IGN

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Seine-Maritime - Grand-Couronne
  • Commune Le Petit-Quevilly
  • Adresse Charles-de-Gaulle
  • Dénominations
    usine de produits explosifs
  • Précision dénomination
    usine de mèches de mineurs
  • Appellations
    Davey Bickford et Cie, Davey Bickford Smith et Cie

La société britannique Davey Bickford et Cie est fondée dans les années 1830 par l’ingénieur des mines Thomas Davey, associé à John Bickford et Georges Smith respectivement fils et gendre de William Bickford, l’inventeur de la mèche de sûreté pour mineurs, plus communément appelée cordeau Bickford. L’explosif est commercialisé en France à partir 1839. Face au succès immédiat rencontré, les associés décident d’installer une usine dans la région de Rouen, à la fois réputée pour son industrie chimique et proche de l’Angleterre. L’usine est établie à Petit-Quevilly, dans le quartier des chartreux, au début des années 1840 pour produire des fusées de sureté à l’usage des mineurs destinées aux marchés belge et français. Sa direction est confiée à Simon Davey, fils de Thomas. Dès sa mise en activité, l’usine tourne à plein régime pour alimenter l’industrie minière en plein essor. Près de quatre millions de mètres de fusées sont fabriqués durant les années 1860. Outre l’extraction minière, les explosifs sont également employés pour les grands travaux publics comme le percement du canal de Suez ou du tunnel du Mont-Cenis.

Le 19 juin 1875, un arrêté préfectoral autorise la fabrication de cartouches de poudre comprimée. Une nouvelle usine et un dépôt de poudre sont créés à proximité du site primitif. Leur gestion entraine la mise en place d’une nouvelle société fondée par Simon Davey et James Watson. Pour résister au souffle en cas d’exposition, les cinq ateliers de l’usine sont construits en épais murs de brique épaulés de puissants contreforts. Malgré ces précautions, une explosion se produit dans l’un des ateliers le 17 juillet 1878, tuant 4 ouvrières sans trop endommager les bâtiments de sorte que l’usine peut rapidement reprendre le cours normal de ses activités. Elle emploie alors 35 femmes travaillant exclusivement en atelier et 5 hommes chargés du service des machines à vapeur et du transport des produits finis. Sa production dépasse alors les 400 t de poudre agglomérée par an.

Le 4 novembre 1882, Simon Davey et James Watson s’associent à André Harley et Eugène Davey pour fonder une nouvelle société qui fusionne rapidement avec la société Davey-Bickford-Smith. Les deux usines voisines se trouvent ainsi réunies au sein de la même société qui totalise désormais un effectif de 150 personnes, dont ¾ de femmes. En 1889, après le décès de Simon Davey, la direction de l’entreprise est confiée à son gendre, André Harlé.

En 1906, l’invention du cordon détonnant par l’un des fils d’André Harlé donne un nouvel essor à l’entreprise : de nouvelles usines sont créées en France, à Héry (89) et Marseille, mais aussi en Espagne et en Belgique, non sans incidence sur le fonctionnement de celle de Petit-Quevilly qui subit une baisse d’activité et une réduction de son personnel. Elle ne compte plus que 84 employés à la veille de la Première Guerre mondiale.

L’activité de l’usine quevillaise est instantanément relancée dès le début du conflit, sur requête du ministère de la Guerre, pour équiper l’armée française en cordons détonants. Dans les années 1920, l’entreprise devenue la société Davey, Bickford Smith et Cie possède un capital de 6 MF. L'usine comprend alors un atelier pour le décapage du cuivre, deux fours, une forge, un atelier de fabrication des mèches, un atelier d'emboutissage, un atelier de fabrication des amorces électriques, un magasin industriel, parc à charbon, bureau, réfectoire et vestiaires. Le 26 octobre 1925, un arrêté préfectoral y autorise l'installation d'un dépôt permanent de poudre explosive noire. Celle-ci provient de Saint Chamas (13) et est fournie par l’Etat qui en détient le monopole.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, une licence du gouvernement est accordée à l’établissement pour produire du matériel d’armement, mais l’usine est rapidement réquisitionnée et placée sous contrôle de l’armée allemande. Devenue une cible majeure des bombardements alliés, l’usine subit d’importantes destructions qui nécessitent d’arrêter la production. L’activité reprend à un rythme normal au lendemain du conflit et connait une croissance importante durant les années 1950 : plus de 2 millions de mèches sont produites par mois en 1954. L’effectif de l’usine augmente à l’avenant et atteint le chiffre de 166 personnes en 1961.

L’arrêt de la fabrication du cordon Bickford en 1970 impose le transfert de l’activité de l’usine de Petit-Quevilly vers celle d’Héry. Le siège social est cependant conservé à Rouen. Les 150 salariés que comptait encore l’entreprises sont repris par la société Fermeture Eclair installée juste à côté. L’usine est entièrement détruite, le dépôt de poudre nettoyé et sur les hectares ainsi libérés la municipalité fait construire des immeubles de logements.

  • Période(s)
    • Principale : 2e quart 19e siècle , daté par travaux historiques
    • Principale : 3e quart 19e siècle , daté par travaux historiques
    • Principale : 1er quart 20e siècle , daté par travaux historiques
    • Principale : 2e quart 20e siècle , daté par travaux historiques
    • Principale : 3e quart 2e siècle , daté par travaux historiques , (détruit)
  • Dates
    • 1875, daté par travaux historiques
    • 1925, daté par travaux historiques
    • 1970, daté par travaux historiques
  • Énergies
    • énergie thermique
    • produite sur place
  • État de conservation
    détruit

Documents d'archives

  • AD Seine-Maritime. Série M. Sous-série 5M : 5M 673. Bâtiments insalubres, dangereux et incommodes de Petit-Quevilly.

    Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 5M 673
    Arrêté préfectoral du 19 juin 1875 autorisant la fabrication de cartouches de poudre comprimée.
  • AD Seine-Maritime. Série M. Sous-série 5M : 5M 674. Bâtiments insalubres, dangereux et incommodes de Petit-Quevilly.

    Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 5M 674
    Dépôt de dynamite autorisé en 1878.
  • AD Seine-Maritime. Série M. Sous-série 5M : 5M 673. Bâtiments insalubres, dangereux et incommodes de Petit-Quevilly.

    Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 5M 673
    Autorisation préfectorale du 26 octobre 1925 pour un dépôt permanent de poudre noire.

Bibliographie

  • Dictionnaires biographiques commerciaux et industriels. Département de la Seine-Inférieure. Rouen, Allain & fils, 1928-29, 557 p.

    S.A. Davey Bickford Smith et Cie
Date(s) d'enquête : 1996; Date(s) de rédaction : 1996
(c) Région Normandie - Inventaire général
Real Emmanuelle
Real Emmanuelle

Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, depuis 1992. Spécialité : patrimoine industriel.

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